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dimanche 12 octobre 2025

Play Dirty (2h05, 2025) de Shane Black

Avec Mark Wahlberg, LaKeith Stanfield, Rosa Salazar, Keegan-Michael Key, Chukwudi Iwuji, Nat Wolff, Gretchen Mol, Thomas Jane, Tony Shalhoub, Hemky Madera, Alejandro Edda. 

Shane Black est de retour. Nous aimons la verve de ses personnages, c'est-à-dire ses dialogues. Ici au service d'une bande dessinée dans le milieu des gangsters et mafieux qui s'affrontent autour d'un magot et du casse du siècle. Emballé avec une multitude de séquences d'actions avec des tonnes de tôles froissées ; c'est un festival de pyrotechnie, avec une quantité importante de CGI porn dont la patine évoque le dessin animé, tout comme l'ensemble du film.

Tout ceci n’est pas nouveau, mais la dynamique des personnages, leur bagout et la violence rendent l'ensemble amusant. Le style est l'irréalisme et la bande dessinée. Tout y est invraisemblable. Le nombre de morts violentes est impressionnant et fait sourire ; c'est une violence déréalisée, gratuite et perpétuelle, exagérée. Le taux de mortalité est très élevé dans ce film. La vie humaine individuelle ne compte pas, comme dans le monde communiste, c'est le collectif qui compte.
Le personnage de Mark Wahlberg n'est pas particulièrement intéressant ni sympathique. Il est juste un prétexte. Ceux qui le sont sont ceux qui l'entourent. C'est un film de bande, de collectif.
Il manque au film de la subversion : c'est son principal défaut, il est très académique dans ses thèmes. Sous des impressions de film cool et décalé, ce qu'il n'est pas. Mais dans son genre, c'est brillant. 
poster du film Bande-annonce Play Dirty 

dimanche 4 décembre 2022

Trop Belle Pour Toi (1h31, 1989) de Bertrand Blier

Avec Josiane Balasko, Gérard Depardieu, Carole Bouquet, François Cluzet, Roland Blanche, Myriam Boyer, Denise Chalem, Didier Bénureau, Philippe Loffredo, Stéphane Auberghen, Jean-Louis Cordina, Jean-Paul Farré.

Bertrand Blier adore secouer la vie de la bourgeoisie, la fissurer voire la casser, pour voir ce qu'il y a en dessous.  Avec le prisme de l'amour (il y a ici une très belle histoire d'amour), du sexe et du rapport amoureux. Secouer des choses établies. Secouer des choses qui aliènent. Ici c'est Gérard Depardieu qui s'éprend de sa nouvelle secrétaire, Josiane Balasko. Il est d’abord perturbé. Puis il succombe. Puis il culpabilise. Puis il se perd. Sa femme elle, Carole Bouquet, n'entend pas se laisser faire.

Le film contient de très belles scènes d'amour entre Gérard Depardieu et Josiane Balasko. Et le film dans son ensemble est de toute beauté. Les acteurs ont beau être connus, de grosses stars, le talent de Bertrand Blier est de nous faire croire à cette histoire, à ces déchirements. Bertrand Blier est un dialoguiste hors pair et le film est passionnant. Autre talent de Bertrand Blier, ce n'est jamais mièvre, et ne n'est jamais vu ailleurs, alors que l'intrigue n'est pas nouvelle, loin de là.

Un film passionnant.

Bande-annonce Trop belle pour toi

dimanche 6 novembre 2022

Big Fish (2h05, 2003) de Tim Burton

Avec Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup, Jessica Lange, Helena Bonham Carter, Alison Lohman, Robert Guillaume, Marion Cotillard, Steve Buscemi, Danny DeVito.

Les tics et le bestiaire de Tim Burton peuvent susciter l'intérêt, ou l'ennui, cela dépend des goûts. Cela dépend aussi des films. Son univers est cohérent. Ce Big Fish est dans la veine personnelle. Il s'agit d'une histoire plutôt sympathique qui permet à Tim Burton de créer un conte qui perturbe cette Amérique profonde. Il y a les lieux qui font peur. Il y a des personnages surnaturels et sympathiques, ou pas. Et des êtres plus ou moins effrayants, typiques du bestiaire de Tim Burton, mélangés aux clichés de la vie parfaite ou supposée rêvée.

Ensuite, l'histoire convie une empathie mesurée pour les différents personnages, avec en tête Billy Crudup et Ewan McGregor. Le personnage d'Albert Finney est lui plus problématique, et surtout la raison de l'intrigue, c'est-à-dire très fonctionnel, et ne suscite aucune empathie. Quant à Jessica Lange, elle est moins que fonctionnelle. Le film à au moins l'intérêt de convier une distribution riche et en général réussie.

Le film est sauvé par sa conclusion, pas prévisible, mais évidente, et tout ce qui précède n'a aucune raison d'exister si ce n'est de préparer cette fin qui est une libération des personnages et de l'arc dramatique.

À noter une très belle musique de Danny Elfman.

Big fish [Blu-ray]