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mercredi 10 juin 2026

Disclosure Day (2h25, 2026) de Steven Spielberg

Avec Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Eve Hewson, Colman Domingo, Wyatt Russell, Elizabeth Marvel, Henry Lloyd-Hughes, Michael Gaston, Elliot Villar. 

Le film est constitué de deux parties, inégales. La première, avec plusieurs arcs dramatiques qui finissent par se rejoindre, traités sous la forme d'un thriller où le spectateur est embarqué dès les premières secondes dans des intrigues qu'il ne comprend pas, où Josh O'Connor, Emily Blunt et Colin Firth se débattent chacun de leur côté avec des évènements dont nous n'avons pas encore les explications. Cette partie est brillante et cloue le spectateur à son fauteuil avec suspenses, intrigues, humour. Il y a ensuite une bascule où les choses sont expliquées, trop tôt, et la suite est prévisible, sans brio, conviant tous les chromos de Steven Spielberg, mélangé avec les marronniers de tout film politique, jusqu'à une conclusion prévisible et donc peu surprenante. 
Les deux personnages principaux, Josh O'Connor sont très bien écrits. Emily Blunt crève l'écran dès qu'elle apparaît : très grande performance. Le personnage de Colin Firth est pas très intéressant, bien que David Koepp essai de développer son histoire pour le rendre humain, mais cela ne marche pas. 
Nous pouvons apprécier la dimension anti-trumpiste du film, le message sur la vacuité et le manque d'empathie des humains envers les étrangers, la peur de l'étranger.
Dans les points qui nous ont un peut ennuyés, la durée du film. Le film dure 15 minutes de trop, la deuxième partie, très mécanique dans ses rebondissements et tensions pour résoudre les conflits, nous empêche pas de regarder notre montre. Et nous pouvons noter que la musique de John Williams est fonctionnelle et peu reconnaissable. Elle ne fera pas date.

poster du film Bande-annonce Disclosure Day 

jeudi 20 février 2025

Poltergeist (1h54, 1982) de Tobe Hooper

Avec Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Beatrice Straight, Dominique Dunne, Oliver Robins, Heather O'Rourke, Michael McManus, Virginia Kiser, Martin Casella, Zelda Rubinstein.

Le film séminal des maisons hantées au cinéma de ces quarante-cinq dernières années. Une famille, avec enfants bien sûr (sinon ce ne serait pas intéressant), vit dans une maison où des évènements bizarres apparaissent. Le scénario commence comme une gentille comédie familiale, très bien écrite, puis des éléments de fantastiques apparaissent, puis le film bascule avec des éléments d'horreur.

La distribution est de niveau élevé. Avec la petite fille, Heather O'Rourke, qui fait peur au naturel (bon choix d'actrice : elle parait bizarre naturellement). Avec JoBeth Williams et Craig T. Nelson tout en dynamiques et dans une très belle prestation pour chacun d'eux : de la dynamique de couple, de l'humour, à la surprise, puis la résignation.

Une des forces est l'utilisation de la télévision à écran cathodique et de son écran de points gris et blancs qui ont toujours eu un impact sur les enfants : le bruit que faisait le poste et la tentative d'essayer de comprendre ce que pouvait signifier ce grouillement de points, et la possibilité aléatoire d'apparition de choses "lisibles" ou signifiantes.

Cette distribution de qualité, cette utilisation des décors, la cellule familiale confrontée à l'horreur, sont des composantes de l’œuvre de Tobe Hooper. Tout en se disant que le producteur Steven Spielberg, aussi coscénariste, est lui aussi souvent préoccupé par la cellule familiale, peut-être moins par l'horreur, mais sûrement par des éléments crus, voire gore. Et bien sûr, Zelda Rubinstein, qui emmène avec elle des éléments d'irréalité et fantastique, de par son physique particulier et sa voix elle aussi très particulière.

La musique de Jerry Goldsmith complète le tableau : joyeuse et puissante sur la première partie du film. Puis adaptées à la tension avec cette montée progressive dans le fantastique et l'horreur. 

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dimanche 23 octobre 2022

Lincoln (2h30, 2012) de Steven Spielberg

Avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn, Joseph Gordon-Levitt, James Spader, Hal Holbrook, Tommy Lee Jones, John Hawkes.

Steven Spielberg et son scénariste (Tony Kushner) arrivent à rendre passionnante la grande histoire et la petite histoire.

La petite histoire personnelle d'Abraham Lincoln avec sa femme et ses fils. La petite histoire des tractations de l'équipe d'influenceurs pour convertir certains démocrates de voter pour l'amendement que souhaite faire passer Abraham Lincoln.

Le film a le mérite de montrer les petits évènements et petites tractations qui sont sous-jacents aux évènements majeurs: les discussions pour convertir les futurs votants, les tractations avec les républicains, dont Tommy Lee Jones, les tractations avec la délégation sudistes pour négocier la fin de la guerre.

La scène la plus forte est lorsqu’après le vote, Tommy Lee Jones rentre chez lui et où nous rendons compte que sa gouvernante noire est aussi sa compagne. Belle révélation qui donne une saveur au film, le montage insistant bien avant cette scène sur les états d'âme de la servante de la femme de Lincoln.

Sinon, Daniel Day Lewis est impressionnant, avec sa petite voix, ses petits mots et blagues.

Le scénario est fort, car il ne traite pas le personnage comme quelqu'un qui a une réflexion démentielle et une puissance intellectuelle phénoménale ni comme quelqu'un de terre à terre, vulgaire et prolétaire. Mais un mélange des deux, où la mise en scène essaie de montrer toutes les composantes du personnage. Le montage est d'ailleurs un peu trop insistant par moment.

La musique de John Williams est réussie, subtile lorsqu'il le faut, et pléonasmique lorsqu'il le faut.

Sally Field est le gros défaut du film. Son personnage est peu intéressant. Elle ressemble plus à la mère de Lincoln que sa femme. Son interprétation manque de subtilité. Et ses états d'âme n'apportent pas grand-chose à l'ensemble de l'intrigue.

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dimanche 10 avril 2022

Le Monde Perdu (The Lost World: Jurrasik Park, 2h09, 1997) de Steven Spielberg

Avec Jeff Goldblum, Julianne Moore, Pete Postlethwaite, Arliss Howard, Richard Attenborough, Vince Vaughn, Peter Stormare, Vanessa Chester.

Outre le brio de la mise en scène de Steven Spielberg, le film recèle de multiples éléments qui le rendent passionnant.

D’abord, il s'agit d'un film de jungle, un vrai, qui n'est pas sans évoquer King Kong avec son bateau qui ramène  le T-Rex à la fin pour en faire une attraction de foire.

Ensuite le scénario qui gère ses rebondissements en séquences d'anthologie, mais aussi une multitude de personnages (beau travail de David Koepp, qui est potentialisé par l'histoire de Michael Crichton), avec une contribution importante grâce à son humour ironique du personnage de Jeff Goldblum; il aide grandement le film. Les autres personnages étant très fonctionnels. La séquence d'anthologie est celle qui implique les deux T-Rex et le camion qui tombe dans le vide. Séquence d'anthologie qui fonctionne dans sa durée avec ses multiples rebonds.

Du côté des effets spéciaux, qu'ils soient numériques ou devant caméra, pour donner des tyrannosaures impressionnants, ils assurent le spectacle et égaient l’œil. Et nous constatons que les effets devant caméras produisent quelque chose de plus impressionnant, plus carné, que les dinosaures tout numériques, qui finalement font toujours dessin animé, et font numériques. Mais ce n'est pas grave, car le King Kong (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack est une marionnette animée, et cela fonctionne parfaitement.

Le type casting fonctionne à merveille, ceux qui ne sont pas rasés, les chauves, les adipeux, les cheveux longs, les porteurs de lunette, meurent inexorablement. À l'exception de Pete Postlethwaite, qui est chauve et britannique, qui ne sera pas une victime du T-Rex, mais une victime de lui même. Bonne idée, car le personnage possède un peu d'empathie.

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samedi 4 mai 2019

Pentagon Papers (The Post, 2017) de Steven Spielberg

Bande-annonce Pentagon PapersAvec Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson, Bob Odenkirk, Tracy Letts, Bradley Whitford, Bruce Greenwood, Matthew Rhys, Alison Brie, Carrie Coon, David Cross, Jesse Plemons, Michael Stuhlbarg, Zach Woods, Pat Healy, Austyn Johnson, Deirdre Lovejoy, Philip Casnoff.

Steven Spielberg dans sa veine film historique contemporain reste très fort (nous avons en souvenance son formidable Munich, 2005). Nous ne saurions critiquer un film ou tout est parfait à tous les niveaux. Scénario, distribution, interprétation, décoration, photographie, etc. Pour servir une histoire dans les médias: comment le Whashington Post s'est refait une crédibilité en enquêtant et publiant sur un scandale d'état concernant la Guerre du Vietnam.
Mais il manque quelque chose au film pour avoir une forte hystérésis. En y réfléchissant, le problème fondamental est le sujet lui-même. Cette histoire qui indique que les présidents américains ont caché la réalité sur la guerre du Vietman est sympathique, mais déjà vue à maintes reprises, et finalement pas très spectaculaire: les politiques et gouvernements mentent, c'est atavique. Donc de ce côté-là, la dramaturgie fait pschit. Il y a aussi le personnage de Meryl Streep, femme patronne d'un journal, dans un environnement misogyne, qui donne un autre intérêt au scénario. Et il y a aussi le fonctionnement d'un journal vu de l'intérieur.
Au total, le film est sympathique, mais manque d'ambition (sujet).



mercredi 3 avril 2019

Ready Player One (2017) de Steven Spielberg

Bande-annonce Ready Player OneAvec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Lena Waithe, Simon Pegg, Mark Rylance, T.J. Miller, Hannah  John-Kamen, Philip Zhao, Win Morisaki, Ralph Ineson, Susan Lynch, Clare Higgins, Laurence Spellman, Perdita Weeks.


Ready Player One est symptomatique de certaines grosses productions étasuniennes. De leurs qualités, et de leurs défauts.
Dans les qualités, il y a l'installation de l'univers, fouillé et dystopique ici, avec une multitude de détails qui le rendent crédible, sur les transports, dans les décors, dans les machines impliquées dans la relation entre les personnages. Il y a aussi le brio technique, incluant une bonne direction d'acteur. Ainsi que le travail sur l'image: une bonne partie du film est un dessin animé, et le reste est un mélange de dessins animés dans lequel sont intégrés des acteurs filmés.
Dans les défauts, il y a l'obligation d'avoir une histoire centrée sur la volonté de domination d'un méchant dans un univers où il y a une organisation totalitaire. Histoire qui une fois installée (protagonistes, la quête, ceux qui vont aider les héros, ceux qui vont embêter les gentils) devient vite ennuyeuse et sans intérêt. Le spectateur se consolant sur le brio technique du dessin animé. Ou alors avec les clins d'oeil ludiques vers les personnages de films (une multitude de personnages de films des années 80 et 90 apparaissent dans le dessin animé) ou de films cités (en l’occurrence, une longue séquence ludique à Shining de Stanley Kubrick). Mais la progression dramatique confine à l'ennui.
Après un début qui suscite l'intérêt, le film nous perd dans son histoire de méchant et de gentils. Il ne reste plus que le brio technique et les références à d'autres films qui pullulent dans les images.
Nous pouvons nous demander quel est l'apport de Steven Spielberg dans cette production. Surement les thématiques de la famille véhiculée par le héros. Mais finalement nous nous en moquons. C'est peut-être un peu moins stupide qu'une production Marvel...

vendredi 27 septembre 2013

CHEVAL DE FER (2011) DE STEVEN SPIELBERG



On se demande bien ce qu'est venu faire Steven Spielberg dans ce film… Remplis de clichés, mièvre, et très  niais.
Même si les séquences de reconstitution de la guerre de 14-18 sont spectaculaires et les plus intéressantes du film, cela ne permet pas de valider le film dans son intégralité. Tout, à partir fr l'Irlande au début est prévisible, lourd. L’acteur principal a le charisme d'une huître, et l'on devine quelque part tout ce qui va se passer pour la suite.
Le film n’est à aucun moment surprenant.
On se demande si Spielberg ne s'est pas dit au moins faire une fois je vais faire un film dans ma carrière pour mes petits-enfants ou mes arrière-petits-enfants qui pourront regarder tant qu'ils ont moins de six ans. Ou alors prépare-t-il son CV pour rejoindre Disney.
Et ceci indépendamment de sa qualité technique où tout est parfait:   décors et reconstitution en particulier. La musique est beaucoup trop présente et souvent lourdingue. Que ce soit John Williams qui la signe importe peu.
Peut-être Spielberg était-il obligé de faire ce film?