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jeudi 24 mars 2022

Alvarez Kelly (1h56, 1966) de Edward Dmytryk

Avec William Holden, Richard Widmark, Janice Rule, Patrick O'Neal, Victoria Shaw, Roger C. Carmel, Richard Rust, Arthur Franz.

Bonne surprise que ce film d'Edward Dmytryk. Le scénario est riche et convie une histoire intéressante avec de multiples rebondissements sur une thématique originale. Car il s'agit ici me montrer les affrontements entre les nordistes les Confédérés qui se disputent un troupeau de vaches qui servira à nourrir d'un côté un régiment et de l'autre une ville assiégée. Il y a donc de forts enjeux à prendre possession du troupeau. Qui est une chose, mais il faut ensuite savoir diriger les vaches et le troupeau.

C'est là qu'il y a William Holden, entre les deux camps, qui interprète un Mexicain, en fait un Texan, qui amène le troupeau, mais qui se retrouve kidnappé par un camp, puis par l'autre. Il est au milieu de tous et toutes et est motivé par l'argent, et les femmes, car il trouvera son intérêt grâce aux personnages féminins qu'il va croiser. D'abord Victoria Shaw puis Janice Rule, fiancée de Richard Widmark, mais qui va le quitter; des éléments de comédie romantique et de triangle amoureux sont bien intégrés à l'action.
Le scénario contient de multiples rebondissements. Le film repose essentiellement sur la relation entre Richard Widmark et William Holden qui est très mécanique, mais qui fonctionne au final, via leur relation aux personnages féminins.
Cet ensemble fonctionne et se révèle réussi.
Alvarez Kelly [Édition Spéciale]

samedi 9 octobre 2021

La Lance Brisée (Broken Lance, 1h36, 1954) de Edward Dmytryk

Avec Spencer Tracy, Robert Wagner, Jean Peters, Richard Widmark, Katy Jurado, Hugh O'Brian, Earl Holliman, E.G. Marshall.

Edward Dmytryk n'est pas un grand cinéaste. Et le confirme avec ce pensum boursouflé et prétentieux. Le film dure 96 minutes, mais paraît interminable. La Lance Brisée est un film pénible. Il est dénué de subtilité: les personnages sont monolithiques et prévisibles.

Les décors, les paysages sont laids; par moment d'horribles incrustations et matte paintings font taches. La musique casse les oreilles. Il n'y a aucun point de vue dans la mise en scène. Les enchaînements sont balourds ou trop longs.

À ce manque de dynamique dans le montage s'ajoute son principal défaut: les personnages n'évoluent pas. Ils sont les même du début à la fin: aucune évolution, aucune remise en question. Spencer Tracy est lourdingue, son personnage crétin. Robert Wagner est monolithique. Richard Widmark en torve, l'est du début à la fin. Jean Peters et Kathy Jurado sont les potiches de services, sans charisme ni brio. 

Un bon gros navet.

La Lance brisée


L'Homme Aux Colts D'Or (Warlock, 2h01, 1959) de Edward Dmytryk

Avec  Richard Widmark, Henry Fonda, Anthony Quinn, Dorothy Malone,  Dolores Michaels, Wallace Ford, DeForest Kelley, Richard Arlen, Tom Drake.

L'Homme Aux Colts D'Or n'est pas très intéressant sur la forme, mais suscite l’intérêt grâce à son histoire et son scénario. La forme est ultra classique, illustrative, légèrement molle (certaines coupures arrivent trop tard) voire poussive.

Néanmoins, l'histoire est palpitante, car elle garde une part de mystère et possède une superbe distribution.

Dans une ville, Warlock, un méchant propriétaire terrien fait sa loi (Tom Drake). Les habitants décident de payer un Marshall mercenaire, c'est-à-dire un tueur professionnel (Henri Fonda, qui a des colts à crosse d'or, que nous ne verrons qu'à la fin du film), pour faire la loi, contre grasse rémunération et hébergement. Il est accompagné de son fidèle acolyte (Anthony Quinn), ange gardien, handicapé (il a un problème à une jambe et boîte), mais aussi menteur et torve, dont la principale préoccupation est de protéger Henry Fonda, de manière obsessionnelle. Se mêle à ce trio, un ancien de la bande de méchants (Richard Widmark, toujours excellent dans des personnages torturés), qui ne l'est finalement pas et qui prend le poste de Sheriff, pour contrer Tom Drake, mais aussi s'assurer que la loi est respectée par Henri Fonda. Ajoutons Dorothy Malone (interprétation manquant de subtilité) qui traque Henri Fonda par vengeance, et pour cela séduit Richard Widmark, mais tombe plus ou moins amoureuse de lui. Ajoutons Dolores Michaels (un peu pâlotte et fade), qui elle fait succomber Henri Fonda, au grand regret d'Anthony Quinn, qui se suicidera.

Cet ensemble est donc une bonne base pour un scénario et pour un bon film, même si le réalisateur est fade.

HOMME AUX COLTS D'OR

jeudi 16 juillet 2020

Le Brigand Bien-Aimé (The True Story Of Jesse James, 1957) de Nicholas Ray

Avec Robert Wagner, Jeffrey Hunter, Hope Lange, Agnes Moorehead, John Doucette, Alan Hale Jr., Alan Baxter, John Carradine, Rachel Stephens, Barney Phillips,

Le Brigand Bien-aimé [Édition Limitée Blu-Ray + DVD]

Un western tragique, où la poursuite n'a pas pour but d'être spectaculaire, ou l'attaque de la banque, catastrophique, ne se déroule pas comme prévu (et d'ailleurs elle évoque celle du début de La Horde Sauvage - 1969 -, avec un des protagonistes en cache-poussière, dont un passant à travers une vitrine en métal pour pouvoir s'échapper; Jesse James aurait-il inspiré Sam Peckinpah?). Une histoire où les voisins  sont des informateurs et incendient, où c'est un proche qui abattra dans le dos Jesse James, pour de l'argent, ou un autre proche est lui pendu à un arbre.
Une histoire torturée donc, avec ces frères James qui vont toujours plus en avant dans les attaques de banques ou de train, et qui bien sûr veulent raccrocher.
Histoire torturée par le montage qui fait des retours arrière et retours en avant, ce qui permet de maintenir le spectateur captif. Les retours en arrière permettent les explications.
L'histoire germe dans les tragédies de la fin de la Guerre de Sécession où les frères James, anciens sudistes (mais pas esclavagistes, quand même) décident de piller les banques Nordistes. Bien mal acquis ne profite jamais dit le proverbe, c'est bien la vie des frères James. Jamais un répit, toujours en fuite.
Les deux acteurs principaux portent haut la main leurs deux personnages, le jeune Robert Wagner, et Jeffrey Hunter, parfait.
Nous sommes moins convaincus par l'histoire sentimentale avec Hope Lange, qui finalement a le seul intérêt de permettre de réduire la tragédie en fournissant des éléments positifs au personnage et au drame, mais ce sont les seuls. Tout le reste n'est que ratages et drames. Un film sur des perdants.

vendredi 26 juin 2020

Pickup On South Street (Le Port De La Drogue, 1953) de Samuel Fuller

Avec Richard Widmark, Jean Peters, Thelma Ritter, Murvyn Vye, Richard Kiley, Willis Bouchey, Milburn Stone.

Le Port de la Drogue [Blu-Ray]Un fil noir dans la tradition du Noir, justement, avec Richard Widmark en pickpocket qui vole sans le savoir des microfilms que des espions communistes recherchent, mais aussi la police, qui cherche à démasquer le réseau communiste en question. Nous sommes en pleine Guerre Froide. Et le méchant pickpocket s'avère être moins méchant et pernicieux que les espions communistes voir la police. Bien que tous ensemble ils ne constituent aucunement des personnages recommandables.
Le film est un film de propagande anticommuniste, quand même, et ce sont eux les méchants et pas le pickpocket. À noter qu'il n'est pas question de drogue dans film (le titre français), mais lors de sa sortie en France le film a été doublé et titré pour ne pas froisser le Parti Communiste français alors très populaire..
C'est bien un film Noir où le monde est plus ou moins pourri et où les échanges entre les personnages sont basés sur l'argent. Sauf pour les communistes.
Entre les espions communistes, la police, le pickpocket, la fille informatrice (Thelma Ritter), et la victime du pickpocket (Jean Peters), aucun des personnages n'est positif. C'est là que le film est intéressant: tout en voulant peindre des communistes méchants (et qui font travailler une jeune femme pour transporter des microfilms et ne font pas le job eux-mêmes), les autres ne basent leurs échanges que sur  des chose monnayées. L'émoi amoureux soudain du personnage de Jean Peters ne nous convainc pas et parait forcé. Peut-être que Samuel Fuller s'en est rendu compte et a voulu introduire un élément positif, l'amour. Peu convaincant au total..
À mois que ce ne soit la direction d'acteur, qui n'est pas subtile, loin de là, qui donne cette impression. Mais la direction d'acteur est rarement subtile chez Samuel Fuller. 
Le format 4/3 du film et son noir et blanc (avec beaucoup de noir) sont magnifiques et les acteurs sont souvent cadrés en gros plan: Richard Widmark, Jean Peters ou le communiste. Ce qui donne du poids aux images.

vendredi 2 novembre 2012

Comment Epouser Un Millionnaire (1953) de Jean Negulesco

Avec Betty Grable, Marilyn Monroe, Lauren Bacall, David Wayne, Rory Calhoun, Cameron Mitchell, Alexander D'Arcy, Fred Clark, William Powell.


Bande-annonce Comment épouser un millionnaireUn des premiers films tournés en Cinémascope il me semble (le film a été tourné en 1953). Production MGM oblige: décors de studio et peintures murale pour représenter les décors extérieurs, et beaucoup de transparences. Ce qui donne un coté kitsch très prononcé au film. Pas dénué de charme.
Ensuite, le cinémascope étant un format large, nous avons en permanence des scènes ou des séquences qui utilisent l'espace de l'écran, et donc une composition de l'image distribuée sur toute la largeur de l'écran (dans l'esprit "tu l'as vu mon format large"; voir le prologue insipide avec l'orchestre), et aussi avec un certain nombre de panoramiques ou de mouvements pour bien montrer la largeur.
Bon , l'histoire, l’ingénierie sociale des personnages est très très datée.
De même la crédibilité: Lauren Bacall qui s'obstine à repousser un millionnaire qu'elle pense être un pompiste alors qu'il peut se payer manifestement des choses de son standing.
Marilyn est mignonette en blonde myope un peu cruche.
Grâce à l'ensemble de ses défauts, une curiosité.