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samedi 13 mai 2023

Sacremento (In Old California, 1h28, 1942) de William C. McGann

Avec John Wayne, Binnie Barnes, Albert Dekker, Helen Parrish, Patsy Kelly, Edgar Kennedy, Dick Purcell, Harry Shannon, Charles Halton, Emmett Lynn.

Ce western de la Republic est une bonne surprise. D’abord pour le personnage qu'interprète John Wayne, un pharmacien, qui ne tire pas un seul coup de feu pendant tout le film et ne tue personne. Ce n'est donc pas un John Wayne de série, typique. Ensuite l'histoire, qui mélange habilement les relations difficiles de John Wayne avec le méchant en titre, Albert Dekker (qui a tendance à plisser un peu trop les yeux), car ils convoitent tous les deux Binnie Barnes, l'un sans le savoir, l'autre très ostensiblement. Puis l'arrivée de l'or découvert en Californie et de la folie qui va avec vont modifier la donne. Le méchant restant le méchant bien sûr.

À noter qu'il est coécrit par trois scénaristes, dont deux femmes. L'une d'elles ayant été gagman à la Universal (Frances Hyland). Le relief comique est assuré par Edgar Kennedy et Patsy Kelly, qui ne font pas dans la subtilité, mais qui contribuent à l'originalité de ce western. 

Le tout monté avec rythme où les choses se déroulent vite, sans temps mort. Avec de multiples décors. Pour servir ces différentes intrigues, où bien que tout se devine, le film est conduit avec efficacité en combinant divertissement et dynamisme.

Sacramento [Blu-Ray]

dimanche 25 décembre 2022

California Terre Promise (California, 1h37, 1947) de John Farrow

Avec Ray Milland, Barbara Stanwyck, Barry Fitzgerald, George Coulouris, Albert Dekker, Anthony Quinn, Frank Faylen, Gavin Muir, James Burke, Eduardo Ciannelli, Roman Bohnen, Argentina Brunetti.

Magnifique western et superbe découverte. Le film contient son lot de scènes téléphonées (la relation entre Barbara Stanwyck et Ray Milland) et prévisibles, mais tout coule naturellement. Le film contient aussi des éléments historiques intéressants (la naissance de la Californie), un Technicolor magnifique et un ensemble de personnages secondaires plus fouillés que la moyenne: Barry Fitzgerald en philosophe qui cite la bible et le bon sens, George Coulouris en personnage fiévreux et amoureux touchant, Anthony Quinn dans un rôle très court, mais substantiel.

Quant au personnage de Ray Milland, ce n'est pas le héros de western standard. Il est souvent battu (frappé). Il est victime des évènements et n'est pas le moteur de l'histoire. Mais son personnage fonctionne, grâce à son passé et grâce à Barry Fitzgerald! 

Le film montre très bien la médiocrité des pudibonds à travers la manière dont ils traitent l'indépendante et ambitieuse Barbara Stanwyck. Barbra Stanwyck est lumineuse et sa relation avec Ray Milland tout au long du film reste intéressante de bout en bout, même si très téléphonée voire à la limite du ridicule. Mais finalement cela fonctionne et lorsque cela se conclut le spectateur n'est que plus satisfait.

Le le film est exempt de tout sentimentalisme. Cela en fait un film étonnant qui progresse vite, dense, et en 97 minutes. Le film possède des dialogues très riches et très au-dessus de la moyenne qui servent à la fois immédiatement dans la scène, mais aussi qui portent un sous-texte très intéressant.
John Farrow visiblement adore les plans-séquences: le film en est parsemé. Ils servent très bien en général la situation et l'intrigue en amenant une certaine tension tout en étant fluide ou naturel.
 
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samedi 27 juillet 2019

L'Aventurier du Rio Grande (The Wonderful Country, 1959) de Robert Parrish

Avec Robert Michum, Julie London, Gary Merrill, Albert Dekker, Jack Oakie, Charles McGraw, Anthony Caruso, Mike Kellin, Victor Manuel Mendoza, Jay Novello, John Banner.

Bande-annonce L'Aventurier du Rio Grande - Édition SpécialeRobert Mitchum interprète un gringo au Mexique, travaillant pour les Mexicains, mais recherché coté américain, et qui passe son temps entre les deux. C'est un peu cela le sujet du film: Martin Brady, alias Robert Mitchum, parfait dans le rôle d'un paumé qui ne sait pas où se poser: coté américain ou coté mexicain, ayant des attirances et des rejets de chaque côté, attirances ou rejets professionnels ou sentimentaux. Martin Brady n'est pas un héros (dès la deuxième séquence, il  tombe de son cheval et se retrouve avec une jambe dans le plâtre). Il essaie de survivre dans un monde de frontière entre le Texas et le Mexique. Il subit les évènements et ne maîtrise rien. C'est un antihéros.
Le Mexique est présenté sous une forme beaucoup plus riche que d'habitude: des gens riches bienveillants ou qui complotent, des gens pauvres accueillants, de multiples décors. Toutes les scènes au Mexique sont des réussites. Souvent le mexicain à Hollywood est soit un méchant, soit un voleur, soit le comique de service. Ici à travers les différentes séquences et les belles images nous découvrons ce "wonderful country" du titre original.
Ajoutons les personnages cotés américain du Rio Grande avec Gary Merrill en officier neurasthénique qui combat les Commanches, avec Julie London (hypnotique: elle avale le spectateur dans chacun de ses plans, y compris ce pauvre Martin Brady) la femme de l'officier ou Albert Dekker en capitaine des rangers. Qui tous incarnent des seconds rôles très vites caractérisés et reconnaissables. Avec de belles lignes de dialogues, en particulier dans la bouche de Julie London, quand elle dit à Martin Brady/Mitchum: "vous n'êtes pas un homme" ou "nous sommes ce que nous faisons".
Un western classique et atypique à la fois donc. Où  Robert Mitchum est parfaitement à l'aise en tant que cabossé dans ces entre-deux (états, femmes, employeurs, styles de vie).

vendredi 22 décembre 2017

Les tueurs (The Killers, 1946) de Robert Siodmak

Avec Burt Lancaster, Ava Gardner, Edmond O'Brien, Albert Dekker, Sam Levene,  Virginia Christine, Vince Barnett, Jeff Corey, Jack Lambert, Charles McGraw, William Conrad, Queenie Smith, Phil Brown, Donald MacBride, Charles D. Brown, Harry Hayden, Bill Walker.
Les Tueurs

Un classique du film de gangsters. Et du film Noir. Le film commence par une séquence où deux tueurs débarquent dans une petite ville étasunienne, et abattent de sang-froid Burt Lancaster, qui visiblement s'y attend et ne fait rien pour y échapper. Cette première séquence impressionne, par des dialogues mordants et secs, par sa violence, par l'utilisation du noir profond dans les décors (le film est en noir et blanc).
Ensuite le film est une enquête conduite par l'assureur (Edmond O'Brien) qui souhaite comprendre, car il y a une bénéficiaire à l'assurance sur la vie qu'avait contractée Burt Lancaster. Nous y retrouvons le petit gang qui prépare un casse, qui se déroule, et avec de multiples trahisons, et avec une femme fatale.
La femme fatale est interprétée par Ava Gardner, dont l'interprétation n'est pas convaincante du tout: elle joue mal.
Edmond O'Brien quant a lui, avec son personnage plutôt cynique, que nous croyons au début avoir de l'empathie pour Burt Lancaster, est juste un truc de scénariste pour que le spectateur suive l'enquête. Sa motivation se révèle plutôt financière et ridicule et sans aucune empathie pour le pauvre Burt Lancaster. Tout cela est très cynique, et noir, justement.