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lundi 31 octobre 2022

La Peine Du Talion (The Man from Colorado, 1h40, 1948) de Henry Levin

Avec Glenn Ford, William Holden, Ellen Drew, Ray Collins, Edgar Buchanan, Jerome Courtland, James Millican, Jim Bannon, William 'Bill' Phillips.

Western au scénario riche et intéressant où un ancien officier nordiste, sanguinaire, avide de gloire, qui devient le juge d'une petite ville du far-west. Sous ses attraits de respectabilité se cachent un tyran et un fou que Glenn Ford interprète très bien, avec des regards de folie lors de certains plans.

En face de lui il y a un de ses anciens officiers, William Holden, ami pendant la guerre de Sécession, qui devient Marshall et qui affronte régulièrement le juge, lui qui essaie d'être juste dans cet univers où la justice se met en place progressivement. Il y a évidemment des tensions entre les deux. Liée à la guerre de Sécession, puis à la précarité des gens pauvres ensuite. Tensions accentuées, car ils convoitent tous deux Ellen Drew, la fille d'un riche local (personnage terne dont nous ne comprenons pas l'intérêt qu'elle suscite pour William Holden, voire Glenn Ford, mais son appartenance à une famille riche fait partie de ses calculs nous imaginons).

Il s'agit d'un scénario passionnant (signé Robert Hardy Andrews et Ben Maddow) où les accès de folie de Glenn Ford sont très bien interprétés, simplement par un regard et une interprétation fiévreuse. Qui d'ailleurs écrase un peu le lisse William Holden, gendre parfait, qui néanmoins n'intéresse pas Ellen Drew.

La Peine du Talion [Édition Collection Silver Blu-Ray + DVD]

samedi 4 avril 2020

3h30 Pour Yuma (3:10 to Yuma, 1957) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Van Heflin, Felicia Farr, Leora Dana, Henry Jones, Richard Jaeckel

Ce film de Delmer Daves est une curiosité, sans être pleinement convaincant.
15.10 do Yumy PosterLe sujet concerne le transport vers le train de 3h10 à Yuma d'un méchant interprété par Glenn Ford; ceci étant fait par Van Heflin, fermier, qui a besoin d'argent, et se retrouve seul à transporter le méchant, car personne d'autre ne veut le faire (ceux qui l'aidaient le quittent un à un). C'est un canevas de scénario déjà vu et fait et qui le sera encore.
Le scénario prend son temps pour installer ses différents personnages en préalable, avec d'un côté le fermier qui galère et de l'autre le bandit un peu insouciant, mais conscient dans certains nombres de valeurs.
Nous sommes étonnés aussi de la séquence avec Felicia Farr, scène de séduction où la relation avec Glenn Ford se termine au lit, plutôt moderne et un peu surprenante par rapport au reste de l'histoire et ce qui va suivre. Si ce n'est pour montrer et caractériser le personnage de Glenn Ford, qui après la dureté du début du film, montre une expérience et un recul sur la vie.
Nous sommes moyennement convaincus par la fin du film où finalement Glenn Ford aide Van Heflin qui possède une éthique et une certaine morale. Et accepte d'aller en prison.
La photo du film en noir et blanc aide beaucoup à l'ambiance et au ton âpre du film.


vendredi 16 août 2019

Le Souffle De La Violence (The Violent Men, 1955) de Rudolf Maté

Bande-annonce Le Souffle de la violence - Édition SpécialeAvec Glenn Ford, Barbara Stanwyck, Edward G. Robinson, Dianne Foster, Brian Keith, May Wynn, Warner Anderson, Basil Ruysdael, Lita Milan, Richard Jaeckel.


Un western à la fois riche (Harry Kleiner au scénario) et rapide, sans trop de mousse dramatique (96 minutes). Le canevas est standard: un grand propriétaire (un cattle baron, Edward G. Robinson en infirme qui fait trop confiance à sa femme) veut posséder toute la vallée pour ses bêtes. Il est prêt à tout, avec l'aide de son frère (Brian Keith, grimé en brun avec moustache mexicaine), allant jusqu'à incendier les maisons et tuer ceux qui ne veulent pas lui vendre. Le héros, Glenn Ford (impeccable dans son interprétation rentrée qui fait passer des émotions avec des expressions minimales), s'en moque tant qu'il n'est pas concerné directement, et en plus il finira par travailler pour le grand propriétaire: héros qui ne le devient que mis au pied du mur et uniquement parce qu'il se trouve concerné.
https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/469-le-souffle-de-la-violence.htmlÀ la manette il y a la femme du grand propriétaire, Barbara Stanwyck, parfaite en égoïste menteuse prête à tout pour posséder tous les terrains et manipulant adroitement son mari et son frère (qui est aussi son amant): le Mal incarné. La chérie de Glenn Ford n'est pas en reste en femme égoïste et manipulatrice, mais Glenn Ford fini pas la plaquer pour la fille du grand propriétaire (Dianne Foster, le seul personne constant et... contre la violence).
Tout ceci est mené tambour bâtant avec meurtres dans le dos (Richard Jaeckel dans le rôle du tueur), incendies, embuscades, un enchainement de violences et de meurtres réguliers.
Beaucoup de décors extérieurs requis pour les déplacements entre les différents lieux.
Pour les scènes d'intérieur en studio chez le cattle baron ou chez Glenn Ford, d'affreuses toiles peintes pour figurer l'extérieur à travers les fenêtres font un peu tache.
Au total le film porte bien le titre français, ainsi que le titre original étendu: the violent women and men.


dimanche 17 février 2019

Cow-Boy (1958) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Jack Lemmon, Anna Kashfi, Brian Donlevy, Dick York, Victor Manuel Mendoza, Richard Jaeckel, King Donovan, Vaughn Taylor, Donald Randolph, James Westerfield, Eugene Iglesias.

Cow-boy - Blu Ray
Comme son titre l'indique, le film nous raconte la vie des gardiens et conducteurs d'un troupeau de bovins, au mode de vie nomade dans l'ouest faisant transiter les troupeaux du Mexique (ici) vers la grande ville où il y a le marché au bétail, et l'opéra. À la tête, le patron, c'est Glenn Ford, dans un rôle plutôt expressif, mais dont l'interprétation toujours un peu rentrée lui donne une force certaine. Jack Lemmon est le citadin qui souhaite retrouver l'élue de son coeur, Mexicaine dont le père refuse qu'elle s'amourache d'un valet de chambre (situation au début de Jack Lemmon).
Tout ce beau monde au grès du déplacement du troupeau aura des hauts et des bas, des désillusions, des drames. Le tout avec un arrière-plan presque documentaire: nous suivons la vie des ces gardiens de vaches, à travers les évènements qui rythment les déplacements: la nuit, les repas, un décès, les Indiens, les animosités, gestion des animaux qui représentent des dollars.
Bref le film n'est pas dans ses décors, qui ne sont pas travaillés picturalement, mais dans les personnages, leurs noirceurs et obsessions et comment elles évoluent au cours du récit (Edmund H. North et Dalton Trumbo au scénario). D'une manière générale, l'ensemble du casting est plutôt bien écrit et fait interagir un ensemble de personnages de manière habile.
Beau travail pour un western plus riche que la moyenne.

samedi 16 février 2019

L'Homme de Nulle Part (Jubal, 1956) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Ernest Borgnine, Rod Steiger, Valerie French, Felicia Farr, Basil Ruysdael, Noah Beery Jr., Charles Bronson, John Dierkes, Jack Elam, Richard Burton.

L'Homme de nulle part Blu-rayL'homme de nulle part, c'est Jubal, Glenn Ford (tout en retenu dans une interprétation sobre et puissante), qui est retrouvé gisant sur un chemin de terre par un propriétaire (beaucoup de terres et beaucoup de vaches) interprété par Ernest Borgnine, qui lui propose immédiatement un travail dans son ranch. Rejoindre le ranch veut dire susciter l'intérêt de la femme d'Ernest Borgnine (Valérie French, brune), susciter l'intérêt, c'est-à-dire la détestation, du revendiqué contremaitre (Rod Steiger, dans un jeu tout en extériorisation et outrances - il en fait des tonnes comme tous les malades de l'Actors Studio -). Détestation, car il sent le mouton (nous sommes dans le monde des garçons de ferme qui s'occupent du bétail bovin) et donc détesté des cowboys (les vaches ont besoin d'espaces, les moutons de clôtures), mais aussi, car il est un rival pour la femme du patron. Et assez vite Valerie French lui fait des appels sans dissimulation.
Le patron le nommera assez vite contremaître, c'est-à-dire son second, ce qui n'introduira pas de l’apaisement. Intrigues amoureuses, rivalités de pouvoirs, recherche d'une famille pour Jubal (très belle scène où il explique ce qui est arrivé à son père et comment s'est comporté son père): un cocktail qui fonctionne bien. À cela, ajoutons des pèlerins pas trop intégristes dont une des jeunes femmes (Felicia Farr, blonde) tombe instantanément amoureuse de Jubal. Ce qui encore n'est pas fait pour apaiser les tensions.
Le tout est dans un ensemble de décors naturels magnifiques, filmés avec un format panoramique avec de très belles couleurs. Avec une impression de documentaire sur la vie dans un ranch et la vie de cette communauté (le syndicat des propriétaires de la vallée).
Le scénario est bien écrit: chaque personnage, même les secondaires sont écrits de manière à les caractériser plutôt finement et à ce qu'ils enrichissent la dramaturgie (le personnage de Charles Bronson par exemple).
Au total ce western, très bavard et sans grande scène d'action, est un classique instantané.