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mercredi 11 novembre 2020

Terminator: Dark Fate (2019, 2h08) de Tim Miller

Avec Linda Hamilton, Arnold Schwarzenegger, Mackenzie Davis, Natalia Reyes, Gabriel Luna, Diego Boneta, Ferran Fernández, Tristán Ulloa, Tomás Álvarez, Tom Hopper.

L'intérêt ou le truc facile pour cette franchise est l'utilisation du paradoxe temporel qui permet à chaque épisode d'inventer, de créer, tout et n'importe quoi. C'est-à-dire de ne pas du tout tenir compte des épisodes précédents ou suivants, ou d'en tenir compte si on le souhaite. Cet épisode se situe après le deuxième de franchise (Terminator 2: Le Jugement Dernier - 1991- de James Cameron). Il se permet le réutiliser le personnage de Linda Hamilton (qui ressemble à une momie) et d'introduire encore le personnage d'Arnold Schwarzenegger dans une deuxième partie du film.

Il faudrait que les producteurs se rendent compte qu'Arnold Schwartzenneger n'intéresse plus personne et que son personnage devient lourdingue et sans intérêt pour la franchise. Cette volonté de l'introduire, de forcer son utilisation, ne sert pas la franchise, au contraire. 

Le reste de la distribution fonctionne, et le côté monsieur et madame tout le monde des personnages arrivent à ancrer le film dans des éléments du réel, notamment sur la partie mexicaine.

Cet épisode ressemble à une série B gorgée d'argent pour enchaîner les séquences d'actions à l'ancienne (fusillades et tôles froissées, avec un support du CGI porn pour l'énormité). Les séquences d'action s'empilent et s'enchaînent de manière plutôt laborieuse pour certaines et nous comprenons bien que c'est le cahier des charges que toutes les huit minutes une séquence d'action doit se dérouler.
L'utilisation du CGI porn est criante et par moment les images font penser à un dessin animé: cela apparaît à plusieurs reprises et laisse penser que le film a manqué d'argent pour peaufiner les images numériques. 
L'histoire ici introduit de nouveaux concepts qui permettront encore d'autres suites qui vont arriver qu'elles soient sous forme film ou série et d'exploiter le filon grâce encore une fois à ce paradoxe temporel qui permet de faire tout ce que l'imagination permet.
Au total le film possède un côté vieille école (années 80/90) au niveau des séquences d'action dans la lignée du premier et deuxième épisode. Mais cela donne une impression de répétition laborieuse et pénible, qui n'arrive pas à se hisser au niveau des autres épisodes. Et en tout cas bien loin du meilleur épisode de la franchise, qui est le magnifique numéro 3 (Terminator 3: Le Soulèvement Des Machines, 2003), qui est à la fois noir et tragique, probablement grâce à la qualité de ses acteurs et son côté science-fiction kitsch.
 
Terminator: Dark Fate Poster

samedi 18 janvier 2020

Mortal Engines (2018) de Christian Rivers

Avec Hera Hilmar, Robert Sheehan, Hugo Weaving, Jihae, Ronan Raftery, Leila George, Patrick Malahide, Stephen Lang.
Bande-annonce Mortal Engines
Intéressante tentative de renouveler le CGI porn et de le faire sortir des horreurs commises en son nom (les hommes en collant de Marvel et compagnie, la guerre des étoiles pour les bébés - Star Wars - ou les Transformers - liste non exhaustive, sans parler des Peter Jackson -).
Un univers futuriste dystopique (évidemment) qui permet un mélange de steampunk, de gothique, de film d'horreur. Nous y retrouvons la noirceur et la saleté qu'affectionne Peter Jackson.
La direction d'acteur n'est pas subtile. Hugo Weaving est très bon, mais son personnage est creux et l'acteur manifestement surqualifié. Nos deux héros principaux sont bien incarnés: Hera Hilmar et Robert Sheehan sont très bons et leur alchimie fonctionne, c'est un point fort pour le film.
Le personnage du robot Shrike (avec la voix de Stephen Lang), bien que surprenant lorsqu'il apparait, arrive à être humain lors de la scène de sa mort et lors du flashback où nous est montré quelle a été sa relation avec la petite fille: nous y retrouvons un univers détraqué avec de l'émotion typique de Peter Jackson.
Que manque-t-il au film?  Un peu plus de lisibilité dans l'histoire: il y a des villes qui se déplacent, et qui mangent de plus petites villes. Il y a des villes montgolfières. Et il y a un mur avec une autre civilisation (visiblement indochinoise, un peu ridicule à la fin - probablement mis là pour le public asiatique) qui apparait dans un dernier tiers. Un peu plus de lumières: le film est très sombre, littéralement.
Le film contient de bonnes idées. Mais le montage de deux heures est pour le coup, pour une fois, peut être un peu court: beaucoup de choses sont effleurées ou arrivent sans préparation et il est évident que cet univers est conçu comme une nouvelle franchise et une infinité de développements possibles (suites, spin-off).
À noter que la musique de Junkie XL est très peu inspirée, voire casse les oreilles (ou mal utilisée dans le mixage son).

Alita: Battle Angel (2019) de Robert Rodriguez

Avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Keean Johnson, Jeff Fahey, Leonard Wu, Casper Van Dien, Ed Skrein.

Bande-annonce Alita : Battle AngelUn classique instantané, qui montre que le CGI porn peut avoir de la substance (confère les contre-exemples: franchise Star Wars et franchise Marvel). Ici nous apprécions le mélange d'une multitude de choses déjà vues ailleurs: des cyborgs, une dystopie, des robots et des jeux du cirque, des éléments gothiques qui rappellent les ruelles de Londres et Jack Éventreur, des chasseurs de primes, un monde d'en haut et un monde d'en bas. Mais le tout lié par un bon scénario où le personnage principal devient vite attachant, accompagné par des personnages tout aussi intéressants: Christoph Waltz en Docteur Frankenstein du futur (dans sa meilleure interprétation), par exemple.
Tout cela est montré avec une utilisation des images numériques qui sert le sujet, le film et la dramaturgie.
C'est lorsque l'on met tout cela ensemble que la saveur unique du film résulte. Le film contient la pâte de James Cameron avec son héroïne sexuée ou la séquence sous l'eau, mais aussi les apports du cinéma d'horreurs (avec quelques éléments de gore) que nous avons déjà vu chez Robert Rodriguez. Ce qui donne un mélange plus que sympathique.
Ajoutons à cela des séquences de bravoure spectaculaires, pour donner un blockbuster (qui n'en a pas été un: le film est un bide commercial en salle) au-dessus de la moyenne pour toutes les raisons que nous venons d'évoquer.
Par ailleurs: l'échec commercial était prévisible; Jennifer Connelly (sublime, comme à chaque fois) est dans la distribution (elle n'a tourné que dans des bides commerciaux, malheureusement). Sa présence dans une distribution est une garantie d'échec commercial. Ajoutons à cela un film par moments assez sombre, et des scènes de gore numérique (la scène où le chasseur de prime se fait couper le visage par Alita est tragi-comique), un chien tué. Cela fait beaucoup de choses négatives pour une frange du grand public.

samedi 4 mai 2019

Mad Max: Fury Road - Black & Chrome (2017) de George Miller

Avec Tom Hardy, Charlize Theron, Zoë Kravitz, Nicholas Hoult, Rosie Huntington-Whiteley, Riley Keough, Nathan Jones, Josh Helman, Hugh Keays-Byrne, Megan Gale.

Mad Max : Fury Road - Version cinéma + Black & Chrome Edition - Édition boîtier SteelBookCette version du film permet de le revoir en noir et blanc, mais dans un noir et blanc qui réduit la définition, enlève des détails de l'image pour ne laisser sortir peut-être des choses essentielles, ou pas, mais qui changent quand même la perception du film.
Même l'histoire, qui est la même, en ressort resserrée, tendue. Et comme le film est plutôt monochromatique, le noir et blanc donne une perception au film qui est assez nouvelle. Le film fait penser plus à un western ou un film historique (nous pensons par moment à un péplum).
Cette version en noir et blanc fait ressortir finalement les éléments essentiels de la dramaturgie tout en abrasant des points de détails qui finalement disparaissent. Ce qui donne au film un impact différent, peut-être plus immédiat, plus prioritaire, dans le sens où ce sont les émotions et les événements prioritaires qui sont mis en avant. De ce fait le film gagne en émotions notamment dans toutes les scènes de la deuxième moitié du film qui impliquent les personnages féminins qu'ils ont rencontrés au cours de l'histoire ou celui de Charlize Theron. Il semblerait aussi que dans cette version des plans de dialogues ont été rajoutés.
Le film reste un chef-d'œuvre et semble même encore plus fort avec cette version vidéo en noir et blanc.