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jeudi 30 juin 2022

Le Justicier: L'Ultime Combat (Death Wish V: The Face of Death, Un Justicier Dans La Ville 5, 1h35, 1994) de Allan A. Goldstein

Avec Charles Bronson, Saul Rubinek, Lesley-Anne Down, Michael Parks, Chuck Shamata, Kevin Lund, Robert Joy, Miguel Sandoval, Kenneth Welsh, Lisa Inouye,  Erica Fairfield.

Ce cinquième de franchise voit la tranquillité de notre architecte justicier perturbée, car sa chérie du moment est embêtée par son ex. Son ex est un psychopathe meurtrier, interprété par Michael Parks dans un rôle de méchant, sadique et amusant. Évidemment, c'est le principe de la franchise, la police étant inopérante, et gangrénée, Charles Bronson lui-même va devoir faire le ménage. Ici par contre, contrairement aux précédents épisodes, les armes restent simples, pistolet, fusil, et il n'y a donc pas de surenchère par rapport aux épisodes de la série (le char et le missile auraient été requis).

Les qualités de polar sont présentes, et il n'est pas possible de considérer cet épisode ni les autres d'ailleurs, comme bâclé. Scénario bien ficelé avec de multiples rebondissements, décors multiples et variés, acteurs bons autour de Charles Bronson, qui est peut-être un peu plus expressif que la moyenne de la franchise. Le film se déroule dans le milieu de la mode kitsch et pas du tout chic des années quatre-vingt, avec une dose de vulgarité qui fait plaisir à voir). Tout cela fonctionne et n'est pas fait à la va-vite. C'est peut être pour cela que la franchise peut gêner, car cette thématique de la justice faite soi-même est montrée dans cette franchise avec des moyens, une histoire et une démarche réfléchie, avec une mise en avant de l'autodéfense assumée.

Ville 4 & 5 Braque Les Dealers + Le Justicier : l'ultime Combat [Blu-Ray]

 


dimanche 6 février 2022

La Ballade de Buster Scruggs (The Ballad of Buster Scruggs, 2h13, 2018) de Ethan Coen et Joel Coen

Avec Tim Blake Nelson, James Franco, Liam Neeson, Harry Melling, Tom Waits, Bill Heck, Zoe Kazan, Brendan Gleeson, Jonjo O'Neill, Saul Rubinek, Tyne Daly.

Quelle surprise ! Le dernier film des frères Coen ensemble est leur premier film avec de l'émotion, avec des personnages émouvants, avec des personnages qui suscite de l'émotion.

Trois segments sont marquants dans cet ensemble, qui est une suite de courts métrages westerniens: celui avec l'homme tronc et Liam Neeson, celui avec le convoi de caravanes vers l'Oregon et le dernier dans la diligence avec les chasseurs de primes.

Le lien commun de ces courts-métrages est l'ironie chère aux frères Coen, mais pas nécessairement basée sur des personnages laids, veules, stupides, primaires comme tous leurs autres films.

Le segment avec l'homme tronc et le spectacle ambulant est poignant, avec aucun dialogue (hormis le discours de Harry Melling de représentation en représentation, et le passage au bordel - de peu d'intérêt -). Liam Neeson y montre qu'il est un grand acteur. Le segment avec Zoe Kazan et Bill Heck est le plus réussi, car le plus riche, avec malheureusement une conclusion poignante et ironique.

Le premier segment est sympathique, avec son cowboy chantant et sa touche western spaghetti. Celui avec James Franco (en hommage à Sergio Leone pour une part) et celui avec Tom Waits est le plus ironique pour le premier et le plus documentaire pour le second (où nous apprenons les techniques de prospection de l'or). Le dernier segment avec les personnages dans la diligence est le plus théâtral et presque fantastique, grande réussite aussi, surchargé de dialogues qui font mouche et même avec des chansons: chacun des cinq personnages dispose d'un long monologue qui est pour chacun jubilatoire à sa manière; d'ailleurs ils ne suscitent pas l'empathie du spectateur, mais le brio de l'exercice de style saute au yeux du spectateur.

Bien vu et belle réussite pour ce film où l'on n'attendait pas les frères Coen. Ils finissent leur duo en beauté et arrivent pour la première fois à réaliser quelque chose d'émouvant avec de beaux personnages.

La Ballade de Buster Scruggs