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mercredi 11 février 2026

Baahubali 2 : The Conclusion (2h47, 2017) de S.S. Rajamouli

Avec Prabhas, Rana Daggubati, Anushka Shetty, Sathyaraj, Ramya Krishnan, Tamannaah Bhatia, Nassar, Subbaraju, Meka Rama Krishna.

Ce film est dans la lignée de son prédécesseur puisqu'il en est la pure  continuité narrative. Son prédécesseur durant déjà 3h30 celui-ci rajoute 15 minutes pour durer 3h45, mais c'est pour le même plaisir jubilatoire. Intrigue de cours, batailles gigantesques, animaux exotiques, combat homérique avec des scènes magnifiques, mais aussi des moments de comédie, et des montages séquences chantées qui s'insèrent dans la dramaturgie et apporte repos ou de belles images pour les yeux. C'est quelque part un bréviaire de la super production où se mêlent le drame intime et le drame cosmogonique ici en l'occurrence un empire, mais avec le drame familial tout comme le drame de la parole donnée. Quelque part Baahubali (alias Prabbas) apparaît comme un superhéros à sa manière puisqu'il a une force terrible et démentielle, et très irréelle bien sûr. Parce qu'il n'y a pas une parcelle de réalité et de réalisme dans cet univers. Tout est hypertrophié et factice. Jusqu'aux voix de nos personnages principaux. Super-héros d'ailleurs un peu naïf parce que son frère, le super méchant, alias Rana Daggubati, est vraiment torve et calculateur, en permanence. Et ce brave Prabbas ne devine jamais ce qui se trame et n'anticipe jamais ses comportements, ce qui est un signe de naïveté, voire de bêtise. Notre Baahubal parait d'ailleurs un petit peu bébête par moment. Mais ce n'est pas grave, car c'est ce qui fait le charme du personnage : un gros bourrin au grand cœur et à la grandeur d'âme, mais qui a le QI d'une chaise pliante.

Les deux films sur cette légende de Baahubali sont un spectacle jubilatoire qui change des routines des fictions occidentales.

poster du film Bande-annonce Baahubali 2 : La Conclusion 

La Légende de Baahubali : Première Partie (Baahubali: The Beginning, 2015, 2h39) de S.S. Rajamouli

Avec Prabhas, Rana Daggubati, Anushka Shetty, Tamannaah Bhatia, Sathyaraj, Ramya Krishnan, Nassar, Rohini, Meka Rama Krishna, Adivi Sesh, Prabhakar.

Ce qui saute aux yeux dans un premier temps, c'est la croyance presque naïve dans un spectacle total où tout est faux, mais tout est énorme. Les décors, les effets spéciaux, les monstres, les combats, les séquences, les méchants sont perfides et calculateurs, tout est démultiplié ici dans un concept de film pour l'Inde. C'est-à-dire avec une histoire rabâchée et expliquée à maintes reprises avec une interprétation des acteurs dans la caricature permanente.
Les décors sont grandioses. La partie numérique des images, omniprésentes dans beaucoup de parties de l'image, transparaît souvent, mais ce n'est pas grave, car le film date de déjà de plus de dix ans et la nature numérique des plans transparait. C'est donc en quelque sorte un dessin animé, avec une patine auquel le spectateur s'habitue. Les deux personnages principaux, les deux frères sont hilarants, si on les considère au premier degré dans leur interprétation. Mais cela fonctionne : l'un est perfide et torve (il est vrai appuyé par son papa au bras déformé), l'autre à une hauteur d'âme inégalée, même s'il a la finesse du sanglier (il est très fort, très puissant). Ils se disputent à leur manière tous les deux le trône, et une femme, bien sûr.
Même les montages-séquences chorégraphiés où les acteurs chantent en playback sont souvent magnifiques et nous les regardons jusqu'au bout. D'ailleurs, ils ne sont pas différents des montages séquences des productions actuelles en Occident, où de jolis plans sont enchainés, souvent au drone, avec une chanson (souvent pop) et qui sont en l'occurrence en général beaucoup plus embêtantes que ceux-ci, chorégraphiées et avec un travail de costumes et décors.
La voix des acteurs est aussi hilarante, super grave et virile pour les hommes, et elle s'exprime comme des coups canon, mais cela fait partie du charme ; la bande-son est complètement fausse ; il n'y a pas un son réel dans ce que nous entendons. C'est en quelque sorte un livre de sons et d'images géant qui nous est raconté : un conte où un bébé est poursuivi pour être tué, car il est le fils d'un des rois potentiels ; il atterrit dans un village de pauvres où il sera élevé, mais sera irrésistiblement attiré par des cascades d'eau vers son monde original. C'est le point de départ du film.
Nous sommes ici dans le grandiose tel qu’on peut aussi l'imaginer ou le copier chez un James Cameron avec Avatar (2009) ou un Peter Jackson avec Le Seigneur Des Anneaux (2001 à 2003) ou Le Hobbit (2012 à 2014). Mais ici cela est beaucoup plus divertissant, car mélangeant à la fois l'exotisme, la comédie, l'action, le romantisme, le ridicule, pour un spectacle total.

poster du film Bande-annonce La Légende de Baahubali : 1ère Partie 

lundi 1 novembre 2021

Kabadadaari (2h26, 2021) de Pradeep Krishnamoorthy

Avec Sibiraj (Sibi Sathyaraj), Nandita Shwetha, Nassar, V. Jayaprakash, Suman Ranganath, Sampath Maitreya, Pradeep Krishnamoorthy, J. Satishkumar.

Ce film est une production tamoule c'est-à-dire un film de Kollywood. Film policier avec enquête pour élucider un meurtre commis il y a bien des années. Le titre signifie "hypocrite" en tamoul.

Un policier qui fait la circulation (qui n'a pas d'arme, comme il le fait remarquer), et qui aimerait être muté dans un service où il ferait des enquêtes (un vrai policier quoi) enquête de sa propre initiative avec l'aide d'un journaliste puis d'un policier à la retraite sur un meurtre perpétré 30 années auparavant.
Le film en profite pour dénoncer la corruption politique.
C'est Sibirai qui interprète le policier, un peu gauche et timide, qui provoque l'empathie du spectateur. L'enquête et les ramifications sont complexes, ce qui permet de garder l'intérêt sur la durée très longue du film. Ce n'est pas de la comédie, mais son personnage est bien écrit, car il mène l'enquête sans être un enquêteur chevronné.
La durée du film et le scénario permettent de multiplier les sous-intrigues avec un journaliste et un flic à la retraite qui aident de notre policier dans son enquête. La forme de la narration est par moment extrêmement lourde et explique de manière ostentatoire (voix off, dialogues explicatifs entre personnages) pour que le spectateur comprenne bien où en est l'histoire et où notre policer en est de son enquête et où est-ce qu'il va aller pour la suite.
Cela donc peut paraître un peu poussif et lourd, mais néanmoins le film maintient le rythme et l’intérêt sur la durée.
Le film possède une coloration et une utilisation des décors réels qui rend film visuellement intéressant.
Les séquences chantées passent très bien: elles font un bilan de l'état d'esprit du personnage au moment où elles apparaissent.
KabadadaariKabadadaari (2021) - IMDb