Avec Prabhas, Rana Daggubati, Anushka Shetty, Tamannaah Bhatia, Sathyaraj, Ramya Krishnan, Nassar, Rohini, Meka Rama Krishna, Adivi Sesh, Prabhakar.
Ce qui saute aux yeux dans un premier temps, c'est la croyance presque naïve dans un spectacle total où tout est faux, mais tout est énorme. Les décors, les effets spéciaux, les monstres, les combats, les séquences, les méchants sont perfides et calculateurs, tout est démultiplié ici dans un concept de film pour l'Inde. C'est-à-dire avec une histoire rabâchée et expliquée à maintes reprises avec une interprétation des acteurs dans la caricature permanente.
Les décors sont grandioses. La partie numérique des images, omniprésentes dans beaucoup de parties de l'image, transparaît souvent, mais ce n'est pas grave, car le film date de déjà de plus de dix ans et la nature numérique des plans transparait. C'est donc en quelque sorte un dessin animé, avec une patine auquel le spectateur s'habitue. Les deux personnages principaux, les deux frères sont hilarants, si on les considère au premier degré dans leur interprétation. Mais cela fonctionne : l'un est perfide et torve (il est vrai appuyé par son papa au bras déformé), l'autre à une hauteur d'âme inégalée, même s'il a la finesse du sanglier (il est très fort, très puissant). Ils se disputent à leur manière tous les deux le trône, et une femme, bien sûr.
Même les montages-séquences chorégraphiés où les acteurs chantent en playback sont souvent magnifiques et nous les regardons jusqu'au bout. D'ailleurs, ils ne sont pas différents des montages séquences des productions actuelles en Occident, où de jolis plans sont enchainés, souvent au drone, avec une chanson (souvent pop) et qui sont en l'occurrence en général beaucoup plus embêtantes que ceux-ci, chorégraphiées et avec un travail de costumes et décors.
La voix des acteurs est aussi hilarante, super grave et virile pour les hommes, et elle s'exprime comme des coups canon, mais cela fait partie du charme ; la bande-son est complètement fausse ; il n'y a pas un son réel dans ce que nous entendons. C'est en quelque sorte un livre de sons et d'images géant qui nous est raconté : un conte où un bébé est poursuivi pour être tué, car il est le fils d'un des rois potentiels ; il atterrit dans un village de pauvres où il sera élevé, mais sera irrésistiblement attiré par des cascades d'eau vers son monde original. C'est le point de départ du film.
Nous sommes ici dans le grandiose tel qu’on peut aussi l'imaginer ou le copier chez un James Cameron avec Avatar (2009) ou un Peter Jackson avec Le Seigneur Des Anneaux (2001 à 2003) ou Le Hobbit (2012 à 2014). Mais ici cela est beaucoup plus divertissant, car mélangeant à la fois l'exotisme, la comédie, l'action, le romantisme, le ridicule, pour un spectacle total.
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