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dimanche 8 août 2021

Les Rivières Pourpre (2000) de Mathieu Kassovitz.

Avec Jean Reno, Vincent Cassel, Nadia Farès, Dominique Sanda, Karim Belkhadra, Jean-Pierre Cassel, Didier Flamand, François Levantal, Francine Bergé, Philippe Nahon, Laurent Lafitte

Une superproduction française des années 2000 agrégeant des éléments très tendances à l'époque de sa conception: le tueur en série (le film de tueur en série est un sous-genre du film policier), la star Jean Réno, le jeune acteur qui monte Vincent Cassel. l'occultisme et l'ésotérisme, le sujet avec l'eugénisme, une enquête policière avec collecte des indices (ici menée par un policier fatigué et qui travaille à l'instinct), un metteur en scène talentueux, Mathieu Kassovitz (entre Assassin(s), 1997, et Gothika, 2003), le gore et l'horrible avec meurtres abjects. Auquel nous pouvons ajouter le roman original.

Pour un résultat qui reste une réussite dans le genre, équilibré dans ses arcs dramatiques, le film prenant son temps avant de faire rencontrer les deux policiers, Jean Réno et Vincent Cassel. La distribution est d'ailleurs superbe. Le personnage de Nadia Farès et son interprétation crèvent l'écran lors de ses quelques apparitions. L'interprétation de Jean Réno arrive à rendre son personnage émouvant par moment. Sans parler de la distribution complémentaire, avec des acteurs marquants (Dominique Sanda, Jean-Pierre Cassel, Phlippe Nahon, Laurent Lafitte).

Dommage qu'une franchise n'ait pas pu naître avec ces personnages; au moins avec celui de Jean Réno.

Les Rivières pourpres [Blu-Ray]

dimanche 11 octobre 2020

Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001) de Jean-Pierre Jeunet

Avec Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus, Lorella Cravotta, Serge Merlin, Jamel Debbouze, Clotilde Mollet, Claire Maurier, Isabelle Nanty, Dominique Pinon, Artus de Penguern, Yolande Moreau, Urbain Cancelier, Maurice Bénichou, Michel Robin, Andrée Damant, Claude Perron, Armelle, Ticky Holgado, André Dussollier.

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain reste un délice à visionner. Grâce à son beau travail d'écriture sur la narration, mais aussi grâce à l'emballage formel et grâce à la voix off qui possède son utilité, ce qui est rare (usuellement la voix off est signe de paresse, mais ici elle enrichit les textures et la bande-son).

Audrey Tautou est parfaite et son interprétation très fine, et nous imaginons Jean-Pierre Jeunet extrêmement précis et très préoccupé par les détails. Il a trouvé en Audrey Tautou une pâte à modeler parfaite pour le personnage, en particulier au niveau des expressions faciales. Et il faut reconnaitre que l'ensemble de la distribution secondaire est parfaite: le film est un bréviaire de casting.

Dans les grandes qualités du film, il y a encore la musique, parfait complément à l'emballage formel. 

Le film est peut-être faiblement empreint d'une quelconque réalité sociétale. Mais son abord direct et franc du sexe est une vraie joie.

À la nouvelle vision de ce film, il est aisé de comprendre pourquoi il n'a pas été refait par un studio étatsunien. Typiquement français? Typiquement parisien? Typiquement Jeunet? Typiquement bascule vers les années 2000? Cela pourrait être intéressant comme sujet pour un chercheur: pourquoi ce film n'a-t-il pas été refait pas les états-uniens.

 Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain

samedi 18 janvier 2020

Happy End (2017) de Michael Hanneke

Avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz, Fantine Harduin, Franz Rogowski, Laura Verlinden, Aurélia Petit, Toby Jones.

Bande-annonce Happy EndQue dire devant un tel film? De grands acteurs sont aux services d'une histoire qui nous intéresse peu, voire aucunement. Si ce n'est que la représentation d'une famille de bourgeois avec leurs turpides est toujours sympathique, et nous sommes heureux de leurs souffrances et souhaitons un suicide collectif (ce n'est malheureusement qu'un seul des personnages qui tente vainement de se suicider). Il y a bien une histoire avec une progression dramatique, qui ne nous touche pas et qui n'a aucune hystérésis. Un scénario vide en quelque sorte.
Le film manque d'horreurs psychologiques et laisse un sentiment d'inachevé, d'un refus d'aller jusqu'au bout. Le film laisse un sentiment de manque. C'est d'ailleurs une des caractéristiques des personnages: leur manque de sentiment. Personnages néanmoins bien interprétés par cette distribution.
Mais qu'est-ce qui différencie ce film avec un téléfilm, si ce n'est sa distribution haut de gamme? Et encore, certains téléfilms développent une complexité supérieure. Le sujet aurait pu être très bien pour une série télévisée.
Nous soupçonnons Michael Hanneke d'être un grand ironique et d'avoir fait un film à l'image de son affiche: vide.

samedi 27 juillet 2019

Le Chant Du Loup (2019) de Antonin Baudry

Avec François Civil, Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz, Paul Beer, Etienne Guillou-Kervern, Nicolas Van Beveren, Damien Bonnard, Paul Granier, Sylvain Loreau, Guillaume Duhesme, Jean-Yves Berteloot, Sébastien Landry, Alexis Michalik, Simon Thomas.

Bande-annonce Le Chant du LoupLe film à suspense où un sous-marin français est sur le point de tirer un missile sur la Russie. Pour l'arrêter, il faut entrer en contact avec lui par un biais autre que les communications officielles, car une fois l'ordre de tirer donné, le sous-marin lanceur de missile est coupé du monde; le film indique qu'il s'agit de la procédure officielle.
Le scénario parait invraisemblable, et nous ne savons pas s'il est plausible. Néanmoins, dans le genre suspense technologique, avec une touche de film d'espionnage (ici lié à des islamistes) le film est prenant et donc efficace. Grâce à ses décors (intérieurs de sous-marins, postes de commande, bâtiments à terre) et par sa distribution, avec un ensemble d'acteurs de qualité (Mathieu Kassovitz, Reda Khated, Omar Sy). François Civil est moins convaincant, mais le responsable est le personnage écrit par le scénariste qui est peu crédible (ses errements en cas d'alerte, le cannabis, etc., mais tous nécessaire pour les articulations dramatique...).
Le film est efficace dans sa progression dramatique. Le scénario est bien équilibré entre le personnage de l'Oreille d'Or et son travail et ses problèmes au travail ou sa vie sentimentale, et la progression dramatique principale qui arrive au suspense du dernier tiers. L'ensemble des séquences sous l'eau sont captivantes et font ressentir le confinement au spectateur. 
À noter aussi le prologue, bien découpé et mettant bien en appétit le spectateur.

lundi 3 juin 2013

La haine (1995) de Mathieu Kassovitz



Revoir La Haine de Mathieu Kassovitz est une bonne surprise: le film tient toujours la route à la fois par sa forme et sur le fond.
Le fonds qui d'ailleurs reste toujours très actuel, malheureusement pourrait-on dire.
Et la forme qui elle est toujours aussi bien pensée : le noir et blanc, la mise en scène, l'interprétation, les décors, les dialogues, le casting, etc. Bref tout est parfait et le film n'a quelque part pas une once de date: il tient toujours la route et est toujours aussi fort.
La le là où le film est intéressant, c'est dans la peinture de ses personnages principaux (son trio de copains), Saïd Tagmaoui, Vincent Cassel, etc.… Ces personnages que l'on pourrait croire a priori mauvais, se révèlent tout à la fois un petit peu délinquant, voire un peu plus pour certains, rigolo et attachant, c'est-à-dire très humain, essayant de sortir de leur ghetto, et au total on les on suit leurs péripéties avec plaisir. Même si le film n'est pas rigolo,  tant s’en faut, il contient une d'humour plutôt bienvenu dans la lourdeur et le drame de l'ensemble.
Revoir ce film en ce moment aussi est curieux, car il fait penser que le réalisateur, très prometteur à cette époque, n'a depuis pas forcément tenu ses promesses, ou en tout cas n'a pas réalisé de film avec la même intensité que celui-ci, avec un ancrage dans le réel aussi fort. Il est vrai qu'il est peut-être difficile de refaire la même chose: ce film étend très lié à un contexte sociologique,  sociétal et historique particulier.
Un film à voir et à revoir…

vendredi 2 novembre 2012

Babylon A. D. (2008) de Mathieu Kassovitz


Avec Vin Diesel, Mélanie Thierry, Michelle Yeoh, Lambert Wilson, Mark Strong, Jérôme Le Banner, Charlotte Rampling, Gérard Depardieu, Joel Kirby, Souleymane Dicko, David Bell Radek Bruna.


Nouveau visionnage avec ce film qui s'était fait descendre par la critique et qui n'a pas bonne presse. Et c'est complètement injustifié. Le film prenant même de la saveur avec le temps. Cette dystopie étant plus intéressante que n'importe quel film d'hommes en collants.
Vin Diesel est très bon. Le premier tiers du film est suffisamment riche et mystérieux pour intriguer. Le film contient un certain nombre d'images qui expliquent l'échec du film sur le marché nord-américain (un chien pendu, un lapin qui se fait dépecer, par exemple). En prime avec un Gérard Depardieu en méchant russe.
Ensuite le film se déroule pendant le transfert du paquet (Mélanie Thierry, excellente) jusqu'à New-York. Cette partie-là est intéressante par ses décors. Elle est décevante par les combats, qui sont peu lisibles, qui manquent d'espace, et qui apparaissent confus. Mais le spectaculaire reste présent en permanence.
La dernière partie du film, censée expliquer les différentes choses, n'est pas très limpide et introduit des personnages, importants, que nous n'avons pas vus pendant tout le reste du film (Lambert Wilson et Charlotte Rampling). Mais qui explique qu'une partie du monde est dominé par une secte.
Le film souffre peut-être de son scénario, ou en tout pour ce qu'il en reste à l'écran (par exemple, le personnage de Michelle Yeoh est insignifiant et ne sert à rien). Cela résulte probablement de coupes. Mais l'ensemble reste un spectacle de qualité rempli d'éléments spectaculaires.
Et nous aurions aimé voir la suite (la fin laisse de multiples possibilités)
Une curiosité.
Bande-annonce Babylon A. D.