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samedi 4 avril 2026

Women Talking (1h44, 2022) de Sarah Polley

Avec Rooney Mara, Judith Ivey, Emily Mitchell, Kate Hallett, Liv McNeil, Claire Foy, Sheila McCarthy, Jessie Buckley, Michelle McLeod, Kira Guloien, Shayla Brown, Frances McDormand, Ben Whishaw.

Les femmes d'une communauté religieuse arriérée, c'est à dire une secte de 2010, c'est-à-dire phallocrate, misogyne et féminicide, débattent et discutent pour savoir si elles doivent quitter cette communauté, où elles sont battues, violées, où la pédophilie est possible. La religion chrétienne est évoquée.

Le film est assez fort, car il ne montre jamais les monstres, les hommes, si ce n'est enfants. Nous ne rencontrerons pas leur décision, mais ce film de discussion dans une grange reste puissant et dense en permanence.

 poster du film Bande-annonce Women Talking 

dimanche 5 juillet 2020

Chernobyl (2019) de Craig Mazin et Johan Renck

Avec Jessie Buckley, Jared Harris, Stellan Skarsgård, Adam Nagaitis, Emily Watson, Paul Ritter, Robert Emms, Sam Troughton, Karl Davies, Michael Socha, Laura Elphinstone, Jan Ricica, Adrian Rawlins, Alan Williams, Con O'Neill.

Difficile de rester de marbre devant ce film de cinq fois une heure qui est prenant de bout en bout. Il est difficile de décrocher et de ne pas enfiler les cinq épisodes d'affilés.
À la fois parce que son sujet est glaçant et d'actualité (il y a eu Fukushima depuis) et grâce au traitement qui est passionnant.
Chernobyl PosterLa manière dont toutes les choses sont racontées permet de maintenir la tension pendant chacun des cinq épisodes: juste après l'évènement et ses conséquences immédiates avec les interrogations, l'aveuglement, l'inconscience, les mensonges, racontés par plusieurs points de vue; puis les conséquences à long terme et la gestion mise en place par la commission d'enquête qui rapporte à Mikhaïl Gorbatchev, puis l'enquête, puis finalement le procès avec un flash-back qui rappelle le déroulé des évènements avec les explications et qui nous montre ce qui s'est passé; c’est là où la série est maline: elle ne montre la catastrophe lors des premières minutes du premier épisode puis lors du dernier épisode.
La musique de Hildur Guðnadóttir est quasi parfaite et complète parfaitement les images avec une petite tension stimulante qui indique et donne un parfum aux images. Elle se confond pratiquement avec du bruitage par moment.
Au niveau de l'interprétation et de la distribution, nous avons aussi du grand niveau avec Jared Harris parfait ainsi que Stellan Skarsgård dans le rôle de l'apparatchik du parti communiste.
Une belle explication des effets d'un totalitarisme, d'une dictature, d'une institution où le mensonge règne. Ici c'est le soviétisme et le communisme tel qu'ils étaient pratiqués en Union soviétique qui est montrée, avec ses carriéristes, avec ses inféodés qui ne pensent qu'à monter dans la hiérarchie. Mais cela pourrait être similaire dans bien de sociétés ou d'états. La phrase finale du film qui parle du mensonge est finalement une bonne synthèse du sujet. En plus de l'hommage évidemment aux victimes et aux personnes qui ont fait ce qu'il fallait pour sauver et aider, autre sujet principal du film.
Le film montre aussi un élément positif du communisme: l'individu de compte-pas, c'est le commun, avec ces gens qui se sacrifient pour les autres, pour l'état: les pompiers, les plongeurs, les mineurs, les nettoyeurs (forcés). C'est impressionnant la manière dont certains nombres de personnes se sont dédiés pour les autres, avec un appuie d'argent ridicule. Ce qui veut dire que le pays était très pauvre, où alors qu'ils ne sont réellement pas intéressés par l'argent.
Nous restons scotchés en permanence à l'écran et souhaitons en permanence voir l'épisode suivant. C'est parfait. On peut peut-être juste regretter que la version originale soit en anglais, mais ce n'est pas gênant finalement, car le physique les acteurs la décoration des effets spéciaux le maquillage tout concourt à faire quand que nous y croyons dur comme fer !
Au total dans cette série est passionnante et probablement un des chefs-d'œuvre du genre !

lundi 11 novembre 2019

Joker (2019) de Todd Phillips

Avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy, Brett Cullen, Shea Whigham, Bill Camp, Glenn Fleshler, Leigh Gill, Josh Pais, Rocco Luna, Marc Maron, Sondra James.

JokerVoilà comment l'univers de DC Comics et de Batman se retrouve inséré dans l'acteur Joachim Phoenix. Qui est de tous les plans et qui porte le film. Le film devrait plus s'appeler "Joachim Phoenix" que "Joker". Joachim Phoenix qui porte un personnage très lourd en passés et souffrances psychologiques et qui arrivera à convertir toute ses brimades et sa maladie mentale dans un personnage qui deviendra le Joker de l'univers Batman. Le film se concluant par la naissance du Joker.
Le film est sombre bien sûr, et dépeint un univers et un environnement extrêmement noir, dramatique et chaotique. 
La mise en scène est vraiment au service du personnage de Joachim Phoenix, sans recours à des diarrhées d'images numériques. C'est en quelque sorte la surprise du film, accointé aux superhéros, mais prenant le contrepoint des franchises Marvel et DC Comics. Mais le scénario à une tendance à l'explication de texte un peu lourde et rabâche ce que le spectateur a compris à quelques reprises: certains dialogues sont inutiles, en particulier dans le dernier tiers du film.
Il est par ailleurs assez amusant de constater que ce film est plutôt une espèce de pamphlet anti Trump et anti-capitaliste, avec ces gens simples, pauvres qui se révoltent, pendant que les riches sont à l'opéra.. 
Dans les constituants du film, il y a aussi la très belle musique d'Hildur Guðnadóttir, utilisée  à bon escient et pas du tout lourdingue. Et bien sûr la performance de Joachim Phoenix qui porte les stigmates de son mal-être interne sur son propre physique. Sa performance est impressionnante il faut le reconnaître.