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dimanche 8 octobre 2023

Le Pire Voisin Au Monde (A Man Called Otto, 2h06, 2022) de Marc Forster

Avec Tom Hanks, John Higgins, Tony Bingham, Lily Kozub, Mack Bayda, Cameron Britton, Juanita Jennings, Peter Lawson Jones, Max Pavel, Kailey Hyman, Peter Sipla, Patrick Stanny.

Tom Hanks interprète un voisin rigide et obsédé par les règles. Les règles collectives, car il vit dans un lotissement où tout le monde se connaît, ou presque, car de nouveaux voisins s'installent en face de chez lui. Ils sont envahissants, mais généreux. Cela va changer le cours de sa vie de retraité, car il vient juste de débuter sa retraite.

Marc Forster passe d'un James Bond (Quantum Of Solace, 2008) à une série Z de luxe (World War Z,  2013) à ce film, qui bénéficie d'un bon scénario, qu'il traite avec honnêteté.

Il s'agit donc d'une comédie dramatique qui dose bien les éléments d'humour, les éléments de drames, les articulations qui font que le film maintient son rythme et que le spectateur ne se lasse pas. Le scénariste David Magee qui signe le film et sait y faire dans le mélange de poncifs de l'Americana pour servir un film qui sait pointer les effets pervers du capitalisme tout en manifestant une préoccupation pour les personnages qui possèdent des caractères d'unicité. Le film arrive aussi à évoquer certains sujets liés à la vieillesse : la dépendance, les maladies, l'entraide.

Bande-annonce Le Pire voisin au monde

mardi 3 août 2021

Une Affaire De Détails (The Little Things, 2h08, 2021) de John Lee Hancock

Avec Denzel Washington, Rami Malek, Jared Leto, Chris Bauer, Michael Hyatt, Terry Kinney, Natalie Morales, Isabel Arraiza, Joris Jarsk, Glenn Morshower, Sofia Vassilieva.

John Lee Hancock continue son chemin dans le cinéma états-unien. Et reste intéressant, car ses films sont toujours remplis de qualités. Nous lui devons deux films majeurs de Clint Eastwood: scénariste d'Un Monde Parfait (1993, et accessoirement un des meilleurs films de Kevin Costner) et de Minuit Dans Le Jardin Du Bien Et Du Mal (1997). Et lui même reste toujours un réalisateur intéressant: par exemple son Alamo (2004) n'est pas déshonorant, ou The Highwaymen (2019) est très recommandable.

Ici il se confronte à un sous-genre du film policier, le film de tueur en série, ici vite présumé identifié, mais toujours dans l’ambiguïté, y compris à la fin ou le film laisse ouverte beaucoup de portes.

Le film est très bon, grâce à diverses ambiguïtés, et ceci pour chacun des personnages: Denzel Washington, Rami Malek ou Jared Leto. A ce titre, le seul défaut du film est le personnage (ou l'interprétation) de Rami Malek, qui bascule dans le dernier quart du film et se laisse manipuler au point d'enfreindre les procédures de la police, ce qui parait peu crédible à la vue de tout ce que le personnage a fait en préalable.

Sinon, Denzel Washington excelle dans ces rôles de monsieur tout le monde, avec beaucoup de traumas que des séances de psychologues aideraient à faire passer, mais qui n'auront jamais lieu. Jared Leto compose encore et avec brio un personnage hors norme avec une transformation physique qui rend l'acteur méconnaissable.

Une affaire de détails Poster

mardi 22 décembre 2020

The Highwaymen (2019, 2h12) de John Lee Hancock

Avec  Kevin Costner, Woody Harrelson, Kathy Bates, John Carroll Lynch, Thomas Mann, Dean Denton, Kim Dickens, William Sadler, W. Earl Brown, David Furr, Jason Davis, Josh Caras, David Born!,

Même si ce film est distribué par Netflix, le nom de John Lee Hancock suscite la curiosité. Scénariste de grands films de Clint Eastwood (Un Monde Parfait, 1993, et Minuit Dans Le Jardin Du Bien Et Du Mal, 1997), mais aussi scénariste de ses propres films, souvent sur des histoires des États-Unis d'Amérique souvent dans un contexte historique: son Alamo (2004) est très sympathique ou récemment son film sur le créateur d'une chaine de restauration rapide (Le Fondateur, 2016), ou ses films sur des sportifs états-uniens. Et lorsque nous regardons la distribution, sachant que Kevin Costner choisit ses films avec parcimonie (il coproduit le film ici, avec Woody Harrelson d'ailleurs) et n'a pas encore sombré dans le DTV comme certains de ses contemporains (cf. Bruce Willis ou Nicolas Cage), le film prend plus d'intérêt encore.

Ici il est encore question d'une histoire des États-Unis d'Amérique: ces hommes des routes sont les deux ex-flics recrutés pour traquer et tuer Bonnie Parker et Clyde Barrow. Il s'agit donc d'un film sur eux, mais à l'envers: nous ne les voyons jamais, mais voyons leur traque par ces policiers. Policiers à la retraite que la police officielle va chercher, car ce sont des policiers d'une autre époque, brutaux, violents, qui employaient des méthodes qui ne se font plus. Ici il n'est pas question de romantisme, les deux tueurs sont montrés comme de sang-froid pour l'ensemble des meurtres. Et le parti prix de ne jamais les montrer, est très symptomatique de l'ambition du film.

Cet ensemble produit un film où le duo de tête fonctionne parfaitement bien, les deux Texas Ranger sortis de leur retraite étant interprétés par Kevin Costner et Woody Harrelson, avec une histoire qui montre que les hors-la-loi étaient les héros des gens, où les vieux flics qui rempilent sont montrés comme fatigués et travaillant avec leur méthode, à l'ancienne, et avec patience. Bon film donc, pour arriver à leur rencontre avec les hors-la-loi tant recherchés, où rien ne sera laissé au hasard.

La relation des deux Texas Ranger est particulièrement bien écrite. Leur relation étant mixée avec la progression dramatique de la traque des deux hors la loi.

The Highwaymen Poster

dimanche 31 mai 2020

1917 (2019) de Sam Mendes

Avec  Dean-Charles Chapman, George MacKay, Daniel Mays, Colin Firth.

Que dire sur un tel film? La prouesse technique est sans intérêt: le faux plan séquence que constitue le film nous indiffère. La reconstitution (tranchées, costumes) est surement de grande qualité. Le CGI porn se laisse voir. Les acteurs sont de qualité. Le spectaculaire fonctionne. Les tranchées et les paysages sont chouettes.
Bande-annonce 1917Mais il y a un sentiment permanent et diffus que tout cela manque de quelque chose...
Il n'y a qu'un seul arc dramatique. Cela manque de complexité. Le film est conçu comme un jeu vidéo avec ses différents plateaux. Et il n'y a pas de suspense puisque nous imaginons qu'il va arriver à rejoindre les troupes qu'il doit prévenir et donc qu'il va passer chacun des plateaux (épreuves).
Une scène intrigue et comporte un peu de mystère: la rencontre avec la Française et le bébé. La scène accroche le spectateur et l'ambiance du film est différente. Beau travail, mais un peu vain.
Le problème fondamental du film est qu'il ne parle pas de la guerre, qu'il  ne parle pas de la guerre de 1914-1918. Nous n'apprenons rien sur cette guerre (nous en apprenons beaucoup plus dans Au Revoir Là-Haut d'Albert Dupontel -2017-). Si ce n'est que certains chantent avant d'aller au front. C'est bien maigre.
Le seul argument dramatique, la succession de plateaux au cours desquels notre soldat qui court affronte un nouvel ennemi et duquel il doit sortir, nous ennuie assez vite. Le scénario ne fait qu'enchainer ces niveaux. Et ceux-ci ne suscitent même pas un sentiment de suspense vis-à-vis de l'atteinte de l'objectif final que nous oublions (prévenir des troupes qu'elles ne doivent pas charger). Il n'y a qu'un suspense interne au plateau, bien maigre car nous savons qu'il va s'en sortir.