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jeudi 24 décembre 2020

Mank (2020, 2h11) de David Fincher

Avec Gary Oldman, Amanda Seyfried, Lily Collins, Tom Pelphrey, Arliss Howard, Tuppence Middleton, Monika Gossmann, Joseph Cross, Sam Troughton, Toby Leonard Moore, Tom Burke, Charles Dance, Ferdinand Kingsley.

C'est curieux. Le film parait interminable. Pourquoi? Est-ce parce qu’aucun des personnages ne suscite l'empathie ou un intérêt particulier? Le scénariste du Citizen Kane d'Orson Welles, Mank, alcoolique, mais doué, misogyne, mais respectant sa femme (à sa manière), n'est pas un personnage intéressant. La dimension de création artistique de son travail n'est pas évoquée (hormis son alcoolisme, mais il n'a jamais été démontré que l'alcool procure du talent) et manque...

Les scènes les plus intéressantes concernent ses réunions mondaines avec le gratin d'Hollywood de l'époque où beaucoup de noms résonnent sur le plan historique, réunion d'ailleurs avec William Randolph Hearst (interprété par Charles Dance) qui est le modèle du personnage de Charles Foster Kane d'Orson Welles. Ces scènes évoquent la montée du nazisme (en Europe), et contiennent des joutes verbales qui mettent en avant l'ironie et le sens du bon mot de Mank.

La performance technique est au top, les acteurs sont bons et Gary Oldman produit une performance de haut vol. Mais le personnage nous indiffère. Il y a beaucoup d'énergie, beaucoup de travail, pour un résultat qui fait pschitt... Et le noir et blanc ne produit aucun effet notable.

Sur les activités d'un scénariste à Hollywood, le film de Nicholas Ray (Le Violent, 1950) est plus intéressant avec moins de furie et moins de personnages (il est vrai que dix ans séparent les deux diégèses).

 Mank Poster

mardi 24 novembre 2020

The Laundromat: L'affaire des Panama Papers (2019, 1h35) de Steven Soderbergh

Avec Gary Oldman, Antonio Banderas, Meryl Streep, James Cromwell, Sharon Stone, Matthias Schoenaerts, Nonso Anozie ,  Robert Patrick, Jeff Michalski, Jane Morris, Chris McLaughlin, Jay Paulson, Jeffrey Wright.

Très bonne surprise que ce Steven Soderbergh. Le film est inventif sur la forme, ironique et tragique sur le fond.  Le film s'attaque aux vices de l'argent et ridiculise le système financier international qui permet de cacher de l'argent dans des sociétés-écrans. Et le côté documentaire du film explique comment il faut faire. La satire est virulente, amusante et déprimante. Le film explique comment il est possible de créer des sociétés pour masquer de l'argent.

Le ton est didactique avec un canevas humoristique et des histoires à la croisée des chemins: l'histoire de Meryl Streep, celle de Nonso Anozie et son adultère, celle de Mathias Schoenart en Chine. Avec comme liant les Dupont et Dupont du masquage de l'argent: Gary Oldman et Antonio Banderas qui visiblement s'amusent beaucoup, et nous aussi.

Un film qui provoque un bien-être et beaucoup d'humour, d'ironies et de tragédies. Très beau travail d'écriture de Scott Z. Burns.

The Laundromat: L'affaire des Panama Papers Poster

mardi 3 février 2015

La planète des singes - l'affrontement (2014) de Matt Reeves

Avec Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman, Keri Russell.

Déception pour ce deuxième volet du reboot de cette franchise. Le type-casting et la distribution sont catastrophiques : Gary Oldman qui fait un méchant (acteur britannique, il a de grandes lunettes et une affreuse moustache) ce n'est plus possible et incroyable (c'est-à-dire qu'il n'est pas possible de croire à son personnage). Jason Clarke, impressionnant dans Zero Dark Thirty (et meilleur que celle que l'on commence à voir trop souvent) assure le minimum syndical sans brio. Les créatures numériques, même capturées avec motion control (il y a « trol » dans « control »), jouent mieux que les acteurs de chairs. Mention spéciale à l'Orang-Outang, mâle ou femelle, ce n'est pas caractérisé, mais impressionnant. Donc une distribution déplorable.
La performance technique est bien là et les singes sont toujours impressionnants. Et leur manière de communiquer par gestes, comme les sourds, est excellemment réalisée et fait passer des informations de narrations et de caractérisation.
Mais les humains sont trop cons pour que nous y croyions.
Au total, dans le sous-gendre du film post-apocalyptique, au-delà de la perfection formelle indéniable (le film contient de beaux décors post apocalyptique, les singes), le film ne fait pas beaucoup peur et n'est pas un gros vecteur de tension. Dans le même genre le Je Suis Une Lègende de Francis Lawrence (d'ailleurs, à quand la suite – un des rares bons films de Will – je te tiens par la barbichette - Smith) était beaucoup plus impressionnant et contenait de bons moments de terreur. Espérons que le troisième volet remontera la pente. Notre préconisation aurait été de le confier à Bruno Dumont.
La Planète des Singes : L'Affrontement [Blu-Ray]