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lundi 1 avril 2024

Oppenheimer (3h, 2023) de Christopher Nolan

Avec Cillian Murphy, Emily Blunt, Robert Downey Jr., Alden Ehrenreich, Scott Grimes, Jason Clarke, Kurt Koehler, Tony Goldwyn, John Gowans, Macon Blair, James D'Arcy, Kenneth Branagh, Harry Groener, Gregory Jbara.

Christopher Nolan continue de faire des films où les personnages ne suscitent aucune empathie. La forme est travaillée, avec se montage hystérique qui hache plusieurs scènes à différentes période de la vie de Cillian Murphy (qui interprère le personnage dont le patronyme donne le titre du film) dans un mode staccato : le film est quasiment un montage séquence permanent.

Nous avons l'impression qu'il a été conçu pour ne pas être visionnable sur ordiphone. Ce qui en soit est très louable. Et nous avons aussi le sentiment que ce film de 3h n'est finalement que la version cinéma d'une série télé de dix épisodes d'une heure, par exemple. Ce format serait plus adéquat pour raconter une telle histoire.

Le film couvre une petite partie de l'histoire étatsunienne, où cohabitent communistes, nazis, étatsuniens, européen. Le film semblent vouloir dénoncer beaucoup de choses mais n'arrive à être crédible sur aucune  : la création de la bombe atomique, son utilisation pour l'attaque, son utilisation pour la dissuasion (les passages où les personnages discutent ces aspects là sont les plus intéressants), la persécution des communistes, l'hystérie du maccarthysme, la corruption des politiques.

Le film indique que c'est un projet et un collectif de savants qui a créé la bombe, et pas Oppenheimer, connu comme le père de la bombe atomique. Ce qui est louable.

Le personange de sa femme, interprété par Emily Blunt, est inexistant et n'apporte rien. 

Oppenheimer

vendredi 5 février 2021

Tenet (2020, 2h20) de Christopher Nolan

Avec John David Washington, Elizabeth Debicki, Robert Pattinson, Dimple Kapadia, Michael Caine, Kenneth Branagh, Martin Donovan.

Le film a de grandes ambitions. Et il faut reconnaitre que le film contient des éléments spectaculaires et uniques, mais aussi des éléments ridicules.

Un élément amusant, probablement involontaire, et pas recherché par le réalisateur: la manière de se déplacer des personnes qui sont à l'envers, en reculant, fait penser à des singes ou a des handicapés physiques ! Notamment dans des plans d'ensemble.

Le film nous montre que le CGI porn arrive à faire des choses réalistes et impressionnantes. Les progrès sont impressionnants au niveau des rendus réalistes.
John David Washington surjoue dans la majorité de ses plans et ne suscite pas beaucoup d'empathie, voire de l’antipathie. Le réalisateur n'a pas le temps de lui créer un background, une histoire pour que le spectateur s'attache à lui; l'histoire est contée de son point de vue, qui est celui de quelqu'un qui ne comprend pas ce qui se passe.
Si nous continuons sur la distribution, il y a Kenneth Brannagh qui est ridicule et en totale roue libre avec son accent russe. Comment peut-on autant manquer de discernement et laisser cabotiner Kenneth Brannagh? Un acteur russe aurait servi le personnage (l'alibi de sa binationalité anglais de fonctionne pas). Pour terminer sur la distribution, l'élément le plus intéressant et passionnant du film est Elizabeth Debicki qui grâce à son physique hors norme absorbe et phagocyte tout ce qu'il y a autour lors de chacune de ses apparitions. Elle fait penser à un extraterrestre. Belle surprise du film.
Autre qualité dans la distribution: Robert Pattinson est parfait et révèle encore une fois son talent d'acteur.

Le travail sur l'image et ses dimensions est superbe et impressionne: le film est visuellement somptueux et les changements de rapports de l'image donnent un impact visuel au film. À voir si cela fonctionnera aussi bien si le film est visionné sur tablette ou ordiphone (principaux diffuseurs dorénavant).

Par moment le montage  à la serpe avec des ellipses un peu brutales sur les mouvements de personnages entre un lieu à un autre accroche l'oeil et donne une impression de coupe pour accélérer. Est-ce un choix artistique du réalisateur et du moteur? Néanmoins dans un film qui donne l'impression d'une maîtrise complète cela fait un peu bizarre et en tout cas se remarque.

Christopher Nolan s'est bien amusé avec la séquence finale de progression des troupes au sol entre les bâtiments de la mine abandonnée; cela n'est pas sans rappeler le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. 

Par ailleurs, un bon film étatsunien a besoin d'un bon méchant. Ici le méchant russe ridiculement interprété passe son temps à bavasser pour raconter sa vie ceci entre différentes scènes d'action. Il parle avec un ton sérieux et sentencieux. Il n'a pas d'humour. Il suscite le rire. Cela est étonnant que dans un film hyper travaillé à forte prétention et ambition des éléments ridicules comme ceux-là apparaissent.

Tenet [Blu-Ray]

lundi 29 janvier 2018

Dunkerque (2017) de Christopher Nolan

Avec Fionn Whitehead, Mark Rylance, Tom Hardy, Harry Styles, Barry Keoghan, Aneurin Barnard, Kenneth Branagh, Jack Lowden.

Dunkerque (Dunkirk) - Blu-Ray - Christopher Nolan (2017) [Blu-ray + Digital HD]Avec Dunkerque Christopher Nolan signe son film le plus épuré, le moins prétentieux avons-nous envie de dire. Et ceci au service d'une réussite qui est une composition et un mélange d'atmosphères avec un souci de placer la caméra et le spectateur au cœur des sensations que ressentent les personnages. Lorsqu'on leur tire dessus, lorsqu'il coule dans un navire, lorsqu'ils sont dans un bateau échoué, parce qu'il s'écrase dans l'eau avec un avion, etc. Il faut reconnaître au film ce point de vue et une bande-son très travaillée avec une approche heureusement qui ne casse pas l'oreille du spectateur. 
L'architecture du film, composée de plusieurs histoires en parallèle, sans être dans la chronologie, mais qui se rejoignent ou sont des moments identiques à des endroits différents, permet de créer l'intrigue. Finalement ce film ne contient pas de personnage principal; ce ne sont pas les soldats que l'on suit plus ou moins, ce ne sont pas les acteurs. Mais les éléments, la tôle, la mer, les carcasses de bateaux échoués, l'avion.
 Christopher Nolan qui s'échine à créer des histoires compliquées et tortueuses sur des thèmes prétentieux vient de signer son meilleur film très éloigné de ses pensums précédents: il n'y a pas d'histoire, pas de personnage. Mais cela fonctionne.

mercredi 17 août 2016

Inception (2010) de Christopher Nolan

Avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page, Cillian Murphy, Michael Caine, Joseph Gordon-Levitt, Ken Watanabe, Tom Hardy, Tom Berenger, Lukas Haas, Pete Postlethwaite.
Belle distribution pour cette variante de James Bond. Le rêve de Christopher Nolan serait-il de réaliser un James Bond? C'est la première chose qui vient à l'esprit lorsque l'on visionne ce film: la facture, l'exotisme, les lieux multiples, le côté chic, la distribution. Un James Bond tordu.
http://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/ca/15/64/6559178/1508-1.jpgBref, c'est un film d'action très travaillé, où la mécanique complexe, ambitieuse, est dénuée de dimension philosophique et sert des propos sentimentalistes et très mélodramatiques (il veut retrouver ses enfants,  il a du mal à oublier sa femme perdue) alors que l'outil dont disposent nos héros est un outil sans fin. On se demande ce qu'un réalisateur cérébral aurait fait avec un tel sujet. Ici le réalisateur effleure le sujet et n'en garde que le spectaculaire. Cela reste quand même une bonne idée, peu exploitée, mais parfaite pour une franchise et une suite. Ici c'est le spectacle qui est privilégié, visuellement percutant et mémorable.
Par ailleurs, l’enjeu ou la toile de fond de l'histoire, est la domination de multinationales: enjeu prétexte dont le spectateur se moque, tout comme Christopher Nolan.

Si l'on revient à la distribution, le principal intérêt de ce film. Mention spéciale à Joseph Gordon-Levitt et Tom Hardy qui dans des styles différents impriment le spectateur. Leonardo DiCaprio est pataud (il ne pourra pas incarner James Bond). Marion Cotillard est crédible, bien que personnage prétexte (son personnage est peu fouillé).
Au total un film rempli de promesses. Mais elles restent à tenir. Dans la suite?