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samedi 20 février 2021

Autopsie D'Un Meurtre (Anatomy Of A Murder, 2h41, 1959) de Otto Preminger

Avec James Stewart, Lee Remick, Ben Gazzara, Arthur O'Connell, Eve Arden, Kathryn Grant, George C. Scott, Orson Bean, Russ Brown, Murray Hamilton, Brooks West, Ken Lynch.

Quelle hystérésis pour ce film de tribunal ? Il y en a plusieurs. Scénario qui nous raconte le procès de Ben Gazzara qui a tué le violeur de sa femme (Lee Remick). La narration est uniquement du point de vue de son avocat (James Stewart) qui découvre petit à petit les choses et au travers des réponses des témoins ou de l'accusé lors du procès. Il n'y a pas de flashback comme souvent dans ce genre de film qui pourrait donner des informations supposées réelles au spectateur. L'avocat en sait toujours autant que le spectateur. C'est très bien. 

Ensuite, le film est intéressant dans le fait que l'accusé n'est pas sympathique, et qu'il a bien tué le violeur présumé de sa femme. Et aussi parce que sa femme semble avoir le quotient intellectuel d'une huître. Et  aussi parce que l'avocat, qui semble être de bonne foi, découvre tout ceci au fur et à mesure et dois défendre son dossier en prenant en compte ces éléments; il considère que son client Ben Gazzara ne ment pas et à tué l'amant sous le coup de folie. 
 
Le défaut du film va se trouver peut-être dans le personnage secondaire interprété par Arthur O'Connell qui n'a pas beaucoup d'intérêt et qui pourrait être retiré de la narration: il n'apporte rien si ce n'est la recherche au Canada pour trouver une information qui aidera James Stewart.
Une des qualités aussi de cette histoire et que il n'y a pas de méchant virulent. L'accusé n'est pas sympathique, sa femme non plus. Le procureur ne pas particulièrement vindicatif; seul l'adjoint du procureur  (George C. Scott) est mordant dans la deuxième partie du film.
La toute fin du film impose une ouverture vers une possibilité de mensonges de bon aloi.
Le spectateur ne voit pas passer le temps malgré la durée. L'ensemble est très bien rythmé.
 
Autopsie d'un Meurtre [Blu-Ray]

dimanche 15 septembre 2019

L'Homme De L'Ouest (Man Of The West, 1958) de Anthony Mann

Avec  Gary Cooper, Julie London, Lee J. Cobb, Arthur O'Connell, Jack Lord, John Dehner, Royal Dano, Robert J. Wilke.

L'Homme de l'Ouest [Blu-ray]L'homme de l'ouest, c'est Gary Cooper (Link Jones) qui vient de l'ouest, prend le train pour trouver une institutrice (il possède avec lui l'argent pour la payer), mais qui va retrouver son passé de bandits et tueur pendant le voyage, et perdra l'argent qu'il avait pour sa quête d'institutrice. Sur un canevas du style "j'ai changé de vie et mon passé me rattrape", Anthony Mann signe un western violent (plus psychologiquement que graphiquement) où l'enjeu dramatique est de sauver Julie London qui se trouve prise au piège de cette horde sauvage: voir la scène où ils la forcent à se déshabiller - scène non dénuée d'un certain érotisme (nous sommes dans les années 50) , ou alors la scène où l'on se rend compte qu'elle a été violée. Mais aussi l'autre enjeu tout aussi important et accointé est comment Link Jones va s'en sortir, tiraillé entre son envie de revenir à la sauvagerie ou de rester civilisé.
L'Homme de l'OuestLe film contient une incongruité: le personnage de Lee J. Cobb est censé être plus âgé que Link Jones alors que Gary Cooper, l'acteur, est manifestement plus âgé que lui (les deux acteurs ont dix ans de différence, mais ils en paraissent beaucoup plus - Cooper a le visage marqué par l'âge - ridé - alors que Cobb pas du tout -); ceci est représenté par les cheveux gris de Cobb. Ce petit détail anachronique n'empêche pas de suivre le film et sa dramaturgie de fonctionner.
Par ailleurs, la distribution des seconds rôles contient des visages familiers et importants pour le film (Cooper n'étant pas très subtile dans son interprétation, loin de là): Jack Lord champion des séries télévisées, John Dehner qui pareillement apparait dans plus de 200 génériques, et  Royal Dano, visage familier souvent distribué sur des personnages handicapés mentaux, fiévreux, psychotiques ou malsains.
Western sans beaucoup d'action, car  beaucoup se déroule principalement dans une ferme abandonnée. Puis le final dans un désert rocheux et une ville fantôme, à l'image de Link Jones et Dock Tobin, tous deux des fantômes d'un ouest sauvage, en voie de disparition. Jones essayant d'en sortir, et Tobin ne voulant pas en sortir.