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dimanche 1 septembre 2024

L'Année Du Dragon (Year Of The Dragon, 1985) de Michael Cimino

Avec Mickey Rourke, John Lone, Ariane, Leonard Termo, Raymond J. Barry, Caroline Kava, Eddie Jones, Joey Chin, Victor Wong.

Il est toujours étonnant de voir la préoccupation récurrente de Michael Cimino concernant les communautés qui ont immigré aux USA. Ici il s'agit des Chinois à New York, et des Polonais (Mickey évoquant sa communauté en permanence). Le policier, Mickey Rourke, en tant que policier est chargé de contrer la mafia chinoise, qui gangrène la police, et la ville. Il utilise des méthodes expéditives afin de pousser les nouvelles générations de cette mafia au crime.

Autre élément, son personnage principal n'est pas un héros. Il est égoïste, il trompe sa femme, il n'a aucune considération pour les autres. Il est au total antipathique et ne suscite aucune empathie.

Le temps accentue le côté artificiel du film. Nous ne savons pas s'il est documenté ou inspiré de faits réels. La forme est brillante, voire impressionnante avec des moments de bravoure au niveau de la mise en scène, mais nous ne sortons pas de l'impression permanente que nous sommes face à des abstractions. C'est sa forme qui impressionne, en particulier la mise en scène qui sauve le film.

L'Année du Dragon [Blu-Ray]

Voyage Au Bout De L'Enfer (3h03, 1978) de Michael Cimino

Avec Robert De Niro, Christopher Walken, John Savage, John Cazale, Meryl Streep, George Dzundza.

Nous savons que la subtilité n'est pas le fort de Michael Cimino. Il excelle par contre dans la mise en scène de séquences collectives où de multiples personnages interagissent, que ce soit dans un bar, que ce soit lors d'un bal, que ce soit dans un décor de villes ou que ce soit dans un décor de montagne. La destinée de ce groupe d'une même communauté avant, pendant, et après leurs passages au Vietnam pour la célèbre guerre, est par certaines composantes passionnante. Malgré le collectif, c'est l'interaction gré à gré, deux par deux qui intéresse Michael Cimino, quelque soit le lien entre les personnages : ami, amie, copain, bourreau, copain d'infortune, hiérarchie. Peux importe, mais dans la dimension collective, c'est la destiné individuelle de chacun qui intéresse Michael Cimino.

Le film commente et présente les effets de la guerre du Vietman sur cette communauté. Et à ce titre le film ne contient aucun héros. Comme souvent chez Michael Cimino, son personnage principal n'est pas particulièrement sympathique : Robert de Niro, dans un bon rôle, entre son amour plus ou moins caché de la femme de son ami, sa posture de tête brulée au Vietman qui a des effets collatéraux sur ses amis. Il y a aussi le personnage de Christopher Walken, une espèce de fantôme ; John Savage excelle dans un personnage à fleur de peau et  aux multiples stigmates physiques et psychologiques. Et sans oublier Meryl Streep, George Dzundza ou John Cazale. La direction d'acteur est extrêmement efficace, sans être particulièrement subtile.

Michael Cimino réussit de multiples moments de bravoure, où il met en scène des séquences d'anthologie, y compris la séquence finale où ils et elles se mettent à chanter. C'est un film impressionnant, au premier sens du terme, c'est-à-dire qu'il cause une vive impression, dont nous gardons des images, et provoque des réactions. Une œuvre d'art en quelque sorte.

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dimanche 14 mars 2021

Le Canardeur (Thunderbold And Lightfoot, 1974, 1h55) de Michael Cimino

Avec Clint Eastwood, Jeff Bridges, Geoffrey Lewis, George Kennedy,  Catherine Bach, Gary Busey, Jack Dodson.

Le format CinémaScope embrasse et filme de manière sublime les paysages, les montagnes, les rivières et des prairies. Michael Cimino a réalisé pour son premier film un western avec des voitures à la place des chevaux. Ce qui donne des plans sublimes avec un superbe paysage où l'on voit passer dans l'herbe une voiture !

L'autre qualité et élément marquant du film: la relation entre Clint Eastwood et Jeff bridges, deux personnages paumés qui se croisent par hasard. Le premier est un prêtre au début du film et nous aurons peu d'explication sur cette situation de départ plutôt surnaturelle. Le deuxième est un jeune homme qui vole une voiture, qui a l'air joyeux, libre, mais qui ne dit rien sur son passé. 
Ils vont rencontrer les anciens acolytes de Clint Eastwood qui ne sont pas faciles, mais qui sont plutôt des rigolos et aussi des méchants puisqu’ils finiront par tuer Jeff Bridges à force de lui donner des coups de poings et de pieds. Le film parle énormément du machisme américain et de sa contrepartie c'est-à-dire la misogynie et l'homosexualité refoulée à travers le travestissement de Jeff Bridges que ne semble pas supporter George Kennedy ou du plan sur George Kennedy qui enlève son masque pour regarder les organes génitaux du jeune couple dans la maison du patron de la banque. Le film regorge de plans équivoques.
Le film trimbale ou colporte une mélancolie forte qui court à travers les deux personnages principaux. Personnages qui retrouvent un peu de gaieté suite à leur rencontre, avec les petites scènes au café pour le petit-déjeuner ou alors dans la chambre d'hôtel avec les deux filles que ramène Jeff Bridges alias Lightfoot.
Le film conforte son lot de plans étonnants dans ce film de gangster et de polar au Far West. Un exemple typique: lorsque George Kennedy et son copain retrouvent Thunderbolt et Lightfoot dans la montagne, les frappes, les menaces, il leur donne des coups et puis finalement la scène se termine au bord de la rivière tous assis sur les cailloux, comme s'ils allaient pique-niquer ensemble. Étonnant !
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