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vendredi 31 juillet 2026

La Fracture (Fractured, 1h39, 2019) de Brad Anderson

Avec Sam Worthington, Lily Rabe, Stephen Tobolowsky, Adjoa Andoh, Lucy Capri, Chris Sigurdson, Chad Bruce, Stephanie Sy, Lauren Cochrane, Erik Athavale.

Honnête série B racontée du point de vue de ce pauvre Sam Worthington, qui est typecasté sur des personnages à trouble et à souffrance. Le film est traité comme un film d'horreur et cela fonctionne (le scénariste, Alan B. McElroy, est un scénariste chevronné qui a écrit un nombre important de séries B, dont certaines d'horreur). Le spectateur est en permanence dans le questionnement sur la réalité que perçoit le personnage de Sam Worthington. C'est plutôt malin et le spectateur se plait à essayer de deviner ce qu'est la réalité, car différents personnages n'ont pas la même perception sur certains évènements qui se sont produits. Bien sûr les choses seront clarifiées dans les derniers moments du film. 

Sam Worthington est parfait et démontre qu'il est un excellent acteur (pour mémoire c'est lui le personnage principal des films Avatar de James Cameron, mais il est peint en bleue dans ceux-ci). 

poster du film Bande-annonce La Fracture

dimanche 26 juillet 2026

Elize : Surgie de l'ombre (1h33, 2026) de Felipe Vellasco

 Avec Lorena Comparato, Denise Weinberg, Julia Konrad, Ana Julia Dorigon, Henrique Kimura, Miwa Yanagizawa, Gustavo Falcão, Julia Shimura, Marat Descartes, Flora Sandyá.

Cette production Netflix aligne tous les chromos attendus : inspiré d'une histoire vraie, d’un meurtre horrible, des flashbacks familiaux sur une famille à problème, et des retours en avant pour relancer la fuite en avant, une histoire de couple qui passe du bonheur au malheur, des éléments d'enquête policière, et un personnage qui souhaite changer de classe.

Tout ceci est très bien fait. Lorena Comparato est formidable. Le spectateur est de tout cœur avec elle. L'ensemble est mené en quatre-vingt-dix minutes, sans images inutiles, dans une société brésilienne qui donne à voir des gens aisés et des gens moins aisés, mais où le malheur est partout.

poster du film Bande-annonce Elize : Surgie de l'ombre 

jeudi 23 juillet 2026

L'Origine Du Mal (2h03, 2022) de Sébastien Marnier

Avec aure Calamy, Doria Tillier, Dominique Blanc, Jacques Weber, Suzanne Clément, Céleste Brunnquell, Véronique Ruggia Saura, Naidra Ayadi, Clotilde Mollet, Blandine Laignel.

Laure Calamy se spécialise dans les rôles de psychopathe. Encore très bonne ici, portée un excellent scénario signé de Sébastien Marnier et Fanny Burdino. Le film est un thriller à la limite de l'horreur où le scénario fait le lien entre une brochette de personnages qui possèdent chacun divers degré de fêlures, et surtout de détestations mutuelles. Et où aucun des multiples personnages n'est celui que l'on comprend de prime abord ou n'est ce que l'on imagine.

Sébastien Marnier signe un exercice de style réussi, où le scénario est habile et empêche le spectateur de deviner ce qui se passe dans la suite.  Et il faut parler de la distribution formidable : Dominique Blanc et Laure Calamy en tête.

poster du film Bande-annonce L'Origine du mal 

lundi 30 mars 2026

Une Bataille Après L'Autre (One Battle After Another, 2h41, 2025) de Paul Thomas Anderson

Avec Teyana Taylor, Leonardo DiCaprio, Sean Penn, Benicio Del Toro, Regina Hall, Wood Harris, Alana Haim, Shayna McHayle, Paul Grimstad, Dijon, Brooklyn Demme, Sachi Diserafino, Melissa Dueñas, 

Paul Thomas Anderson compose plusieurs films en un. Il prend son temps pour installer ses personnages. L'exposition doit bien durer trente minutes.

Un groupe de militants révolutionnaires états-uniens, contre le gouvernement états-unien, Trumpiste vraisemblablement par ce qui nous est montré, réalise un certains nombres d'actions : libérer des immigrants des camps où ils sont enfermés, attaque de banque. Ensuite il y a la traque de ces individus. Puis ensuite un de ceux-ci est particulièrement traqué. Ce dernier est Leonardo DiCaprio. Il est traqué, car il est un des derniers non attrapés, et l'état recherche aussi sa fille, qui est liée au groupuscule.

Poursuites. Violences. Revendications. Humours. Extrême droite. Fascisme. Racisme. Neutres. Justice expéditive. Secte. Suprémacisme. Révolutionnaires. Mexicains. Les ingrédients qu'assemble Paul Thomas Anderson sont puissants et sont évidemment un message. Le tout avec par moment de vrais moments de comédie dans le cours de l'action dramatique. Le film est aussi très direct sur le plan sexuel. Et d'une manière générale, nous ne sommes pas dans un haut degré de subtilité. Mais nous ne sommes pas dans un univers de personnes subtiles. 

L'utilisation régulière du sexe est de bon aloi. Cela met de l'hystérésis dans le film. Cela l'ancre dans une forme de réalisme. 

Le film est à l'image de sa distribution : riche et varié. 

poster du film Bande-annonce Une bataille après l'autre 

mercredi 11 février 2026

Eden (2h09, 2024) de Ron Howard

Avec Jude Law, Ana de Armas, Vanessa Kirby, Daniel Brühl, Sydney Sweeney, Jonathan Tittel, Felix Kammerer, Toby Wallace, Ignacio Gasparini, Richard Roxburgh, Paul Gleeson, Thiago Moraes.

Ron Howard continue à tracer ses histoires de famille. Ici, sur une ile déserte avec des familles composées ou recomposées. Avec un argument tiré d'une histoire vraie. Un couple d'Européens vie dans une ile de l'archipel des Galapagos. Dans un désert donc. Retiré du monde. Lui, c'est Jude Law (très physique), un philosophe qui plane (il a des convictions et il devise sur la destinée du monde) et sa femme malade (Vanessa Kirby, très subtile). Ils sont rejoints sans qu'ils l'aient demandé par un couple d'Allemands avec leur fils rejoignent cette ile. Puis une Baronne de pacotille (Ana de Armas, très bien) avec sa cour, qui a acheté l'ile et veut de l'approprier. 

Tout ce petit monde va s'entredéchirer et mettre à mal leur conception de la vie. La nourriture et l'eau sont rares dans l'ile et ils se retrouvent tous à se poser la question de comment se procurer ces choses élémentaires. De multiples tensions vont déchirer ce monde, avec mensonges, trahisons, vengeances. Tout ce qu'il faut pour un drame en vase clos (c'est à dire sur une petite ile ici).

Par contre, aucun des personnages ne suscite l'empathie. Nous surveillons ceci d'un œil qui anticipe bien sûr les progressions de tensions et de différents drames. Les acteurs sont bons, et le montage dose ses moments de drame, qui sont dans l'ensemble prévisibles, et il s'agit juste de deviner quand ils vont avoir lieu.  

poster du film Bande-annonce Eden 

Les Survivants (1h34, 2022) de Guillaume Renusson

Avec Denis Ménochet, Zar Amir Ebrahimi, Victoire Du Bois, Valentine Atlan, Guillaume Pottier.

Un thriller qui raconte les pérégrinations d'une immigrée afghane qui essaie de rejoindre la France à partir de l'Italie à travers les Alpes. Avec les policiers qui contrôlent les frontières. Avec les fascistes locaux qui traquent les immigrés dans les montagnes. Avec le temps froid et la neige (nous sommes en hiver), et avec Denis Ménochet qui est le personnage principal, qui est un local, qui connait les sentiers et qui connait ceux qui traquent les immigrés qu’elle va croiser. Comment va-t-il se comporter ? Va-t-il l'aider ? Comment ? Comment va-t-elle s'en sortir, puisqu'elle est de toute façon en situation illégale ?

Il s'agit d'un film de survie, avec poursuites dans la neige, refuges et cachettes, jeux du chat et de la souris dans les Alpes en hiver et en altitude, donc. Le spectateur ressent le froid. Tout cela fait de ce film à suspense un drame honnête. Denis Ménochet est très bon. De même que Zar Amir Ebrahimi. 

 poster du film Bande-annonce Les Survivants 

dimanche 12 octobre 2025

Dans L'Angle Mort (Im toten Winkel, 1h57, 2023) de Ayse Polat

Avec Katja Bürkle, Ahmet Varli, Çagla Yurga, Aybi Era, Max Hemmersdorfer, Nihan Okutucu, Tudan Ürper, Muttalip Müjdeci, Riza Akin, Aziz Çapkurt.

Thriller qui fait le choix de raconter l'histoire de plusieurs points de vue. Mais ces points de vue ne sont pas ceux de personnages, mais deux groupes de personnages et d'un observateur externe par le biais de caméras qui contribuent à rajouter du stress. Dans un contexte où un groupe secret de policiers turcs surveille un avocat kurde en Turquie qui est interviewé par des journalistes allemands. Au milieu de ceci il y a une petite fille pour le moins bizarre qui sent que quelqu'un observe. 

Un ton de thriller, avec des impressions d'éléments de fantastique, avec un arrière-plan politique sont mélangés avec des scènes de la vie domestique et quotidienne d'un des policiers. 
Un thriller noir à la limite du fantastique qui fonctionne parfaitement. Grâce à son ton, qui commence comme un film d'espionnage, puis qui évolue vers des impressions d'irréalités, grâce à ces vues caméras que la scénariste réalisatrice ne nous explique pas, en tout cas nous en aurons une compréhension à la fin. Grâce aussi à la petite fille, qui fait littéralement peur, donc on ne sait pas forcément quelle est la réalité et quel est l'imaginaire. Pour retomber sur des éléments très concrets et brutaux dans la dernière partie du film.
Un exercice de style très réussi qui fonctionne : le spectateur est intrigué jusqu'au bout. 
poster du film Dans l'angle mort 

samedi 4 octobre 2025

Les Chambres Rouges (1h58, 2023) de Pascal Plante

Avec Juliette Gariépy, Laurie Babin, Sasha Samar, Samir Firouz, Sebastien Beaulac, Meng-che Yang, Ginette Déry, Marielle Walter, Le Hoang Vu, Elisabeth Locas, Myriam Baillargeon.

Pascal Plante réussit un film au climat prégnant, à la limite de l'horreur, où deux femmes sont fascinées par un tueur en série : elles suivent son procès au jour le jour et se font des convictions sur sa culpabilité ou pas, et vont faire des recherches de leur coté pour étayer ces convictions.

Juliette Gariépy excelle dans son personnage dont nous ne savons jamais vraiment qui elle est  et surtout dont nous ne devinons jamais ce qu'elle va faire. Un personne presque mutique dont nous comprenons son fonctionnement à travers ses actes et la mise en scène de Pascal Plante.

Le film distille un climat de tension assez fort, à la limite du fantastique. Un bel exercice de style porté par son actrice principale. La tension est prégnante en permanence.

poster du film Bande-annonce Les Chambres rouges 

vendredi 4 juillet 2025

Désigné Coupable (The Mauritanian, 2h09, 2021) de Kevin MacDonald

Avec  Tahar Rahim, Jodie Foster, Shailene Woodley, Benedict Cumberbatch.

Belle histoire d'un Mauritanien enfermé et torturé à Guantanamo parce qu'il a eu des accointances avec Oussama Ben Laden. Le film a le mérite de constituer des éléments documentaires intéressants sur le fonctionnement à l'intérieur de la prison de Guantanamo. Ce prisonnier est confié à une avocate ouvertement anti George Bush, interprétée par Jodie Foster. L'histoire est racontée de son point vu, sa découverte, ses convictions, ses doutes. Jusqu'au procès final. Mais aussi du point de vue du prisonnier. Le Mauritanien est interprété par Tahar Rahim, vraiment très bon, qui arrive à susciter le doute chez le spectateur, et aussi l'émotion. Le film raconte donc le calvaire et sa résilience, avec l'armée étatsunienne qui essaie par tous les moyens d'obtenir ses aveux. A ce titre le film est assez marquant et va plus loin que d'autres qui ont évoqué les tortures infligées aux prisonniers par l'armée étatsunienne.

Reconstitution, intrigue sur le fait qu'il soit coupable ou pas, procédures du camp de prisonniers pour les visites de son avocat, procédures d'accès aux informations secrètes. Le scénario est dense et riche. Le film est passionnant sur la durée, grave à l'interprétation tout en subtilité de Tahar Rahim.

poster du film Bande-annonce Désigné Coupable 

samedi 17 mai 2025

Don't Worry Darling (2022) de Olivia Wilde

Avec Florence Pugh, Harry Styles, Chris Pine, Olivia Wilde, KiKi Layne, Gemma Chan, Nick Kroll, Sydney Chandler, Kate Berlant, Asif Ali, Douglas Smith.

Le propos du film est de nous présenter une société parfaite où les gens vivent en harmonie, mais une société de type phallocratique, les femmes faisant la cuisine, le ménage, et le mari travaillant, dans le style d'une vie des années 50 en Amérique du Nord. Cette "communauté" est regroupée dans un désert. Les maris allant tous les matins en même temps, chacun avec une voiture, travailler au même endroit, dans quelque chose comme un centre de recherche. C'est l'argument initial du film.

Il va apparaître que ce monde si parfait, d'un point de vue phallocratique, rempli de belles couleurs et de beaux vêtements, ne l'est peut-être pas complètement. Il est peut-être artificiellement parfait.  De petites touches sont égrenées au cours de la première moitié du film.

Chris Pine est le chef de cette communauté, de cette secte pourrait-on dire. Le film, sous des atours de mise en forme luxueuse, n'est pas parfait et manque d'originalité sur son scénario. Et il pourrait être de plus plus sombre, plus noir, plus pervers. Nous comprenons bien que cette communauté représente une vision parfaite de la vie par ceux qui l'ont construite ; les idéaux qu'elle porte sont bien maigres, assez restreints, pour donner vie à une communauté étriquée. Nous aurons l'explication dans le film. C'est peut-être là l'intérêt du film : nous donner à voir l'idéal familial et féminin des hommes états-uniens.

D'ailleurs le scénariste et sa réalisatrice n'ont pas convié la composante religion dans ce monde parfait, croyance en dieux, le livre référentiel (par exemple la Bible). Car finalement le dieu est le chef de la communauté, Chris Pine.

Olivia Wilde et sa scénariste Katie Silberman on fait du beau boulot, même si le film n'est pas exempt de longueur lorsque nous avons compris ce qu'il en retourne, le film aurait pu accélérer (les deux heures de durée sont excessives pour un tel sujet).

poster du film Bande-annonce Don't Worry Darling

dimanche 13 avril 2025

Holland (1h50, Jeff Pope) de Mimi Cave

Avec Nicole Kidman, Gael García Bernal, Matthew Macfadyen, Jude Hill, Jeff Pope, Isaac Krasner, Lennon Parham.

Le titre n'a rien à voir avec l'histoire. Il semblerait que les personnages ou du moins certains d'entre eux soient d'origine hollandaise, avec une culture des habits traditionnels ridicules (sur lesquels la mise en scène joue en peu) et les tulipes.

Pour cette production MGM Amazon, Nicole Kidman est une femme au foyer. Son mari est très occupé par ses affaires et part souvent en déplacement. Elle le soupçonne d'infidélité et décide d'enquêter à sa manière, en se faisant aider par un collègue, Gael Garcia Bernal, parfait. Nos deux apprentis enquêteurs vont découvrir ce que fait réellement le mari lors de ses déplacements. Le film bascule alors dans le thriller horrifique, sans réelle surprise, mais efficace.

Scénario à suspense donc, avec des éléments oniriques (pas très subtiles, mais efficaces), et une fin malheureusement un peu brouillonne (la maladie du retournement dramatique, après le retournement dramatique précédent, avant le...). Néanmoins, il y a de l'idée. Il y a de la noirceur sous les apprêts de cette vie de famille assez standard. Une variante intéressante du film aurait été que le mari, plutôt que d'être responsable de ce que l'on découvre, passe derrière sa femme pour "nettoyer", et que donc ce soit en fait Nicole Kidman qui soit l'auteure. Le personnage de Nicole Kidman exprime un certain mystère (est sa plastique relativement irréelle, son interprétation, les deux, appuyé par ses cauchemars) et nous n'aurions pas été surpris de cette découverte. En l'état, le film est assez conventionnel sur cette composante.

poster du film Bande-annonce Holland


samedi 15 février 2025

Tòkunbò (1h53, 2024) de Ramsey Nouah

 Avec Sunday Aaron, Adunni Ade, Tosin Adeyemi, Tunbosun Aiyedehin, Funlola Aofiyebi, Funny Bone, Tolu Divine, Babalola Opeyemi Ezekiel, Omonua Kelvin, Majid Michel.

Ce film nigérian est une course poursuite où un pauvre hère, Sunday Aaron, qui est exploité par tous le monde, se bat pour trouver de l'argent pour soigner son bébé qui est en train de mourir. Il est poursuivi parce qu'il séquestre dans sa voiture la petite fille d'une femme importante (il lui a été demandé d'effectuer ce transport sans savoir qu'il s'agit d'une petite fille séquestrée). Après une longue exposition le film démarre. Le film se déroule à Lagos et les décors de la ville et ses environs donnent un ton au film. L'ensemble des personnages autour de Sunday Aaron profitent de lui, sauf au final la petite fille qu'il doit transporter de force.

Les multiples rebondissements, même si prévisibles, sont bien agencés et les deux scénaristes profitent au maximum des différents personnage pour faire durer le canevas dramatique (le film dure presque deux heures) : sa femme, son ami, la petite fille, la mère de la petite fille, le commanditaire de l'enlèvement, la police. La dramaturgie et la direction d'acteur sont à la serpe, mais le film fonctionne sur la durée, grasse à son arrière plan social et sociétal, grâce à des décors et lieux que nous ne voyons pas souvent dans un film.

  Tòkunbò

Split (1h57, 2016) de M. Night Shyamalan

Avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley, Haley Lu Richardson, Jessica Sula, Izzie Coffey, Brad William Henke, Sebastian Arcelus, Neal Huff, Ukee Washington.

M. Night Shyamalan est doué pour trouver des idées de scénario, pour créer des films "trucs" ou à torsions multiples. Ici une personne, malade mentale, évolue entre plus d'une vingtaine de personnalités : c'est-à-dire  que son cerveau change de personnalité régulièrement. Nous ne ferons pas l'énumération des personnalités, mais cela permet d'en positionner une qui est celle d'un kidnappeur et meurtrier de jeunes femmes.

Ce personnage est interprété par James McAvoy qui fait un boulot énorme : à travers son interprétation, sa gestuelle, ses postures et sa manière de s'habiller, nous devinons les changements de personnalités. Dans les personnes kidnappées se trouve Anya Taylor-Joy qui comprend certaines personnalités de son kidnappeur et use de stratagèmes pour essayer d'échapper de ses griffes. Ce qui n'est pas le cas de ses copines, otages comme elles. M. Night Shyamalan scénariste veille à bien les typer pour ne pas faire de l'ombre au personnage d'Anya Taylon-Joy.

Le film et son suspense fonctionnent bien jusqu'à l'apparition d'une nouvelle personnalité de notre malade, qui elle tend vers l'irréel et fait basculer le film dans le fantastique. C'est regrettable, car le film jusque là était tenu, maîtrisé, et là il bascule du côté de personne avec des supers-pouvoirs, ce qui est ridicule (et permettra à M. Night Shyamalan de développer ce superhéros dans le film Glass trois ans plus tard, en 2019). Nous ne sommes pas venus voir un film de super héros ou de super pouvoir irréel. Cette bascule du film casse sa raison d'être et le sort fortement d'une certaine vraisemblance. C'est dommage. Mais nous savons que M. Night Shyamalan a toujours de la suite dans les idées de ses films.

poster du film Bande-annonce Split

 



dimanche 9 février 2025

Les Félins (1h37, 1964) de René Clément

Avec Jane Fonda, Alain Delon, Lola Albright, Carl Studer, Sorrell Booke, André Oumansky, Arthur Howard, George Gaynes.

Les félins sont Alain Delon, gigolo pour dame riche qui, en fuite, trouve refuge chez une dame riche, mais aussi Lola Albright, la dame riche, qui a besoin d'un chauffeur, et Jane Fonda, la cousine de la dame riche. Il prend le job, ce qui lui permet d'être introuvable par ses poursuivants (le mari de la dernière conquête, un mafieu, veut lui faire passer l'envie de recommencer) pendant quelque temps. Nous sommes sur la Cote d'Azur. Job doré, il semblerait. Par contre il rentre alors dans un univers qu'il ne soupçonne pas. Et c'est là la véritable histoire du film. Entre cette belle dame, Lola Albright, la maîtresse de maison, distinguée, et sa nièce, Jane Fonda, dont nous ne comprenons pas ce qu'elle fait là - elle semble en vacances -, tout ne sera pas de repos. Mensonges, séduction, arrière-pensée, trahison, piège, jeux de chat et de souris, les ingrédients font de ce film une belle curiosité. Nous ne devinons pas où cela va mener, jusqu'à la scène finale, qui cèlera la vie de notre gigolo pour toujours dans un piège qu'il n'imaginait pas. Bien vu pour une conclusion finalement ironique et horrible.

La qualité plastique des trois interprètes principaux est telle que le film est par défaut un plaisir pour les yeux. Lola Albright, actrice prolixe dans les séries des années cinquante jusqu'aux années soixante-dix. Jane Fonda, rayonnante, et Alain Delon, à la plastique lui aussi parfaite.

René Clément sait mettre dans cette tension lancinante des petits éléments d'humour ou de causticité. Le spectateur ne décode que progressivement ce qui se passe, et se trompe souvent sur ce que sera la suite.

Joy House (1964) ( Les félins ) (Blu-Ray)

dimanche 29 septembre 2024

Locked In (1h36, 2023) de Nour Wazzi

Avec Famke Janssen, Rose Williams, Alex Hassell, Anna Friel, Finn Cole, Georgia Thorne, Toby Ryan,  Karl Collins, Lesley Molony, Chris Hallaways, Rachel Holifield, Cameron Robertson.

Encore un scénario Netflix complètement exempt d'originalité, qui a déjà été fait mainte et mainte foi. Le streaming et les algorithmes conduisent à un manque d'originalité patent, à une uniformisation des schémas dramatique, c'est consternant. Y compris pour la structure en flashbacks, qui semble être un obligatoire des cahiers des charges Netflix.

Par contre si l'on sort de congélation de plus de soixante ans, le film peut fonctionner, bien que tarabiscoté, invraisemblable et peu crédible, surtout dans son dernier tiers où revirements s’enchaînent pour une escalade du drame. Et ceci, malgré que le type casting nous indique dès le départ que Alex Hassel est le méchant : il est barbu et porte des lunettes. Mais les trois actrices principales font le job. Il faut reconnaître que la direction d'acteur fonctionne : Nour Wazzi connait son métier.

Mais il nous manque cruellement de la perversion, alors que le scénariste pense sûrement avoir conçu quelque chose de machiavélique, c'est à dire de rusé et perfide. Mais le post-modernisme ne peut plus se contenter de cela, il faut de l'autodérision (absente ici) ou de la perversité (pareillement). Ce genre de flm repose soit sur un schéma dramatique particulièrement torve ou sur un méchant charismatique, amusant ou délicieusement pervers, absent ici (normal car le schéma dramatique fait en sorte de maintenir le plus longtemps possible caché la source du mal).

Bande-annonce Locked In

mardi 30 janvier 2024

Titane (1h48, 2021) de Julia Ducournau

Avec Vincent Lindon, Agathe Rousselle, Garance Marillier, Laïs Salameh, Mara Cisse, Marin Judas, Diong-Kéba Tacu, Myriem Akheddiou,  Bertrand Bonello, Céline Carrère,

Un film de monstres. Là où Julia Ducournau réussit son pari est dans l’enchaînement des différentes histoires : les pérégrinations de tueuse d'Agathe Rousselle puis sa fuite ; sa rencontre avec Vincent Lindon et leur vie commune ; puis la bascule dans la folie (si elle n'était pas déjà là), dans la monstruosité ou autre chose de Vincent Lindon.

Julia Ducournau réussi son pari avec un ensemble passionnant, fulgurant, qui mêle horreur, mais aussi empathie. Après avoir montré son personnage monstrueux, sans empathie, sa rencontre avec Vincent Lindon va l'humaniser ou si peu, mais arriver à nous faire avoir de l'empathie, d’abord avec le personnage de Vincent Lindon, puis avec elle, car elle semble trouver un semblant de satisfaction à sa relation avec ce pompier, perdu ou fou ou sous emprise chimique, qui l'accueille (pour une raison que nous ne divulgâcherons pas), mais qui relance l'histoire.

La décision de toujours montrer du point de vue du personnage d'Agathe Rousselle est le bon choix. Nous ne voyons jamais la police qui la recherche (hormis le spot sur l'écran de télévision). Cela ne nous intéresse pas. Et tout laisse à penser que l'issue de l'histoire ne pourra qu'être tragique. Mais pour quoi.

Le talent de Julia Ducournau est d'avoir créé un film inclassable, unique, sans précédent (même chez David Cronenberg), oeuvre d'art brut, puissante, perturbante, qui ne provoque pas de débat (on adore ou on déteste), mais qui fait réfléchir. La force du film est de ne pas expliquer d'où viennent les personnages et de ne pas permettre de deviner où ils vont. Un chef d’œuvre.

Bande-annonce Titane

dimanche 28 janvier 2024

La Fille Du Roi Des Marais (The Marsh King's Daughter, 1h49, 2023) de Neil Burger

Avec Daisy Ridley, Ben Mendelsohn, Brooklynn Prince, Gil Birmingham, Caren Pistorius, Garrett Hedlund, Joey Carson, Joshua Peace, Pamela MacDonald, Dan Abramovici.

Nous sommes ici dans une canevas d'histoire classique où après une exposition pour établir un arrière plan, un évènement majeur va faire revenir le passer et faire basculer le film en thriller.

Dans les ingrédient pour incarner ce canevas nous avons un couple et leur enfant qui vivent dans les marais, en se nourissant de chasse et de ce que offre la nature. Le père est tyrannique et maltraite sa femme. Mais il éduque sa fille à la dure pour savoir vivre et survivre dans un univers de nature. Elle quittera sa famille pour mener une vie normale. Mais son passé, et surtout son père vont revenir la hanter et elle devra gèrer et règler toute seule la situation, sur le terrain, dans les marais.

Bon suspense, belle prestation de Daisy Ridley, qui porte ce film sur ses épaules. Le père, Ben Mendelsohn est plus caricatural et typé, monolithique et ne surprend donc pas. Et le film dans son ensemble est assez prévisible et ne surprend pas, même s'il fonctionne. Nous noterons la très réussi séquence où Daisy Ridley suspecte que son père rode dans sa maison ou à l'extérieur : beau travail d'interprétation et de climat, par le travail de la photographie, du soin et du montage pour créer la tension. Neil Burger sait traiter ce sujet. Nous ne connaissons par Divergente (2014) mais nous apprécions The Illusionist (2006) ou The Upside (2017) son remake réussit de Intouchables (2011), et son Limitless (2011) possède parait-il de bonnes qualités.

Bande-annonce La Fille du roi des marais

vendredi 22 septembre 2023

No Escape (2015) de John Erick Dowdle

Avec Owen Wilson, Lake Bell, Sterling Jerins, Pierce Brosnan, Thanawut Ketsaro, Chatchawan Kamonsakpitak, Sahajak Boonthanakit, Tanapol Chuksrida.

Un film bien troussé où un couple étatsunien avec enfants se trouve pourchassé par des révolutionnaires qui prennent le pouvoir. Il s'agit d'un film concept : et si de riches touristes se retrouvaient piégés dans un pays en révolution où ils représentent ce que les révolutionnaires détestent le plus... 

Poursuite dans le chaos pour survivre et échapper à la mort, pour rejoindre l'ambassade, pour quitter le pays. Le film est cadré comme un téléfilm. La mise en scène utilise bien les décors. L'enjeu dramatique est de nous montrer dans un premier temps qu'il parait impossible qu'ils s'en sortent et donc de nous montrer comment ils vont essayer de s'en sortir. Un film de survie dans la ville.

Owen Wilson est dans un rôle dramatique. Pierce Brosnan est dans un rôle improbable qui semble être là juste pour être utile au scénariste. La curiosité est que nos personnages essaient de se sauver en rejoignant le Vietnam. Ce qui peut paraître ironique selon certains points de vue.

Bande-annonce No Escape

 

dimanche 28 mai 2023

Kill Bok-Soon (2h17, 2023) de Sung-hyun Byun

Avec Jeon Do-yeon,  Fahim Fazli, Esom, Hwang Jung-min, Sol Kyung-gu, Koo Kyo-hwan, Si-ah Kim, Lee Yeon, Lorna Duyn.

Encore un succès-damné de John Wick. Ici en mode coréen, sympathique par certaines composantes, mais ennuyeux au total, et sans aucun enjeu dramatique auquel le spectateur peut se rattacher. Et beaucoup trop long : un bon scénario de série B comme celui-là ne doit pas dépasser 90 minutes.

Notre tueuse professionnelle a une enfant, adolescente, qui apporte des variations dramatiques, et des préoccupations pour notre tueuse en série.

Ses patrons se retournent contre elle (aucun spoiler ici : c'est la norme pour tous les plagiats de John Wick, qui lui plagiait aussi). Nous oublions très vite pourquoi et nous nous en moquons.

Le film possède une faible hystérésis, malgré de multiples personnages et des combats spectaculaires. Peu de choses survivent à la vision. Le film est vite oublié. Dommage, car il y a une débauche de décors, d'énergie, de personnages et d'action. Mais le film fait pschitt. Dommage, car Jeon Do-yeon se donne beaucoup et est de beaucoup de plans ; elle possède un potentiel de sympathie très fort, et impressionne par son interprétation, qui arrive à être subtile par moment : entre le vaudeville avec les turpides de sa fille adolescente, et son job de tueuse de sang-froid.

Bande-annonce Kill Bok-soon


 

samedi 18 mars 2023

Kuruthi (2h02, 2021) de Manu Warrier

Avec Prithviraj Sukumaran, Roshan Mathew,Mammukoya,Srindaa,Murali Gopy,Shine Tom Chacko,Manikandan R. Achari,Navas Vallikkunnu,Naslen.

Cette production de Mollywood (le cinéma Malayalam du Kerala dans le sud de l'Inde), de durée raisonnable, conte le drame d'un veuf, Roshan Mathew (qui vient de perdre femme et enfant, dans une interprétation toute en mélancolie avec toute la misère du monde sur ses épaules) et son père (Mammukoya, le philosophe de service) qui se retrouvent pris en otage d’abord par un policier poursuivi qui se réfugie chez lui avec un prisonnier, puis assiégé par Prithviraj Sukumaran (obsessionnel et hystérique) qui souhaite tuer le prisonnier à tout prix (c'est à dire tuer toutes celles et ceux qui voudraient l'en empêcher). Rajoutons à cela Srindaa, voisine de Roshan Mathew, qui en pince pour lui, mais ils ne sont pas de la même communauté. Bien sûr la maison assiégée avec nos otages est perdue dans la montagne et la fôret ; ce qui permet de resserrer la tension.

Le conflit latent n'est pas clair, mais il semblerait qu'il s'agisse de conflit entre communauté musulmane et hindoue. Plus le film avance, plus la tension monte : d’abord le flic et son prisonnier, puis ceux qui cherchent à le tuer. Le tout se déroulant pour une bonne partie dans la nuit.

Le film contient quelques dialogues moralistes, mais au total il s'agit d'un superbe thriller campagnard qui fonctionne et pour lequel il est difficile de deviner la progression.

Kuruthi