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mercredi 11 février 2026

Eden (2h09, 2024) de Ron Howard

Avec Jude Law, Ana de Armas, Vanessa Kirby, Daniel Brühl, Sydney Sweeney, Jonathan Tittel, Felix Kammerer, Toby Wallace, Ignacio Gasparini, Richard Roxburgh, Paul Gleeson, Thiago Moraes.

Ron Howard continue à tracer ses histoires de famille. Ici, sur une ile déserte avec des familles composées ou recomposées. Avec un argument tiré d'une histoire vraie. Un couple d'Européens vie dans une ile de l'archipel des Galapagos. Dans un désert donc. Retiré du monde. Lui, c'est Jude Law (très physique), un philosophe qui plane (il a des convictions et il devise sur la destinée du monde) et sa femme malade (Vanessa Kirby, très subtile). Ils sont rejoints sans qu'ils l'aient demandé par un couple d'Allemands avec leur fils rejoignent cette ile. Puis une Baronne de pacotille (Ana de Armas, très bien) avec sa cour, qui a acheté l'ile et veut de l'approprier. 

Tout ce petit monde va s'entredéchirer et mettre à mal leur conception de la vie. La nourriture et l'eau sont rares dans l'ile et ils se retrouvent tous à se poser la question de comment se procurer ces choses élémentaires. De multiples tensions vont déchirer ce monde, avec mensonges, trahisons, vengeances. Tout ce qu'il faut pour un drame en vase clos (c'est à dire sur une petite ile ici).

Par contre, aucun des personnages ne suscite l'empathie. Nous surveillons ceci d'un œil qui anticipe bien sûr les progressions de tensions et de différents drames. Les acteurs sont bons, et le montage dose ses moments de drame, qui sont dans l'ensemble prévisibles, et il s'agit juste de deviner quand ils vont avoir lieu.  

poster du film Bande-annonce Eden 

mercredi 16 avril 2025

Top Gun : Maverick (2h10, 2022) de Joseph Kosinski

Avec Tom Cruise, Val Kilmer, Miles Teller, Jennifer Connelly, Bashir Salahuddin, Jon Hamm, Charles Parnell, Monica Barbaro, Lewis Pullman, Jay Ellis, Danny Ramirez, Glen Powell, Jack Schumacher, Manny Jacinto, Kara Wang.

Devant un tel produit, les bras nous en tombe. Un hyper classicisme est à l’œuvre sur le scénario et l'arc dramatique. Presque à la limite du ridicule, telle cette relation de Tom Cruise à Jennifer Connelly, cousue de fil blanc et sans enjeux dramatique. Tout cela est artificiel, voire parodique.

Autre élément très classique est le petit groupe d'élu qui s’entraîne et cohabitent pour une mission dangereuse. Tout cela dans une progression hyper classique, prévisible, sans réel suspense. Le canevas du film de groupe assemblé pour une mission est respecté à la lettre. Nous essayons de deviner lequel du groupe de reviendra pas de la mission, c'est un maigre enjeux dramatique.

Par contre, ce qui justifie la vision du film, le seul élément où le film est innovant est sur les images, sur la forme, et sur leur contenu très spectaculaire pendant les vols. Sur la forme, car le changement de ratio de disons 2.35 pour les scènes de transition, dialogues, vie courante à 1.85 pour les séquences en avion de chasse, la vision est très efficace et spectaculaire, et convie des éléments d'immersion. Sur le plan de la cinétique, du mouvement, de l'énergie qu'il produit lors du changement de format de l'imagine, le film imprime sa marque et fait le job, et montre des choses jamais vues, notamment l'effet des G sur les pilotes, qui il semblerait est réel, c'était un des objectifs des concepteurs du film : que les acteurs volent vraiment et que le spectateur perçoivent les sensations des pilotes. C'est qui est réussit, effectivement.

 poster du film Bande-annonce Top Gun: Maverick

dimanche 26 décembre 2021

Impardonnable (The Unforgivable, 1h52, 2021) de Nora Fingscheidt

Avec Sandra Bullock, Viola Davis, Vincent D'Onofrio, Jon Bernthal, Richard Thomas, Linda Emond, Aisling Franciosi, Emma Nelson, Will Pullen, Tom Guir,  Jessica McLeod, Rob Morgan, Andrew Francis, W. Earl Brown.

Au scénario nous retrouvons de grosses pointures: le vétéran Peter Craig, la vétérane Coutenay Miles, et une autre vétérane Hillary Seitz. Pour un ensemble riche, riche de multiples personnages que croise ou a croisé Sandra Bullock (qui s'est éclatée à montrer comment elle peut ne pas être jolie) dans cette histoire de réinsertion difficile après avoir tué un flic (et purgée sa peine de prison). Le tout sur une durée qui permet tout à la fois de composer un scénario riche, des sous-intrigues variées, pour qu'en permanence le spectateur se dise qu'elle ne va pas s'en sortir. Au point que nous pensons qu'elle ne s'en sortira pas (le film dose des sous-intrigues à potentiel positif de manière à faire croire que cela peut aller mieux, et puis non). Jusqu'au rebondissement final, insoupçonné et très bien amené.

La force du scénario et du film est que le spectateur est tout le temps du point de vue de Sandra Bullock. Il n'en sait jamais plus qu'elle. Et il n'y a pas de sous-intrigues où Sandra Bullock n'est pas présente.

Le film possède aussi une qualité documentaire sur les USA, en montrant des gens qui travaillent, qui n'ont pas beaucoup d'argent, dans des décors qui ne font pas studio ni Hollywood.

Bande-annonce Impardonnable

dimanche 14 mars 2021

Da Vinci Code (2006, 2h29) de Ron Howard

Avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen, Jean Reno, Paul Bettany, Alfred Molina, Jürgen Prochnow, Jean-Yves Berteloot, Etienne Chicot, Jean-Pierre Marielle.

Cette franchise essaie de renouveler le film enquête en le transposant dans un univers historique avec sectes secrètes, Jésuites, et Opus Dei.

Le bon coté du film est que Tom Hanks est une victime, embarqué de force, qu'il n'est pas à la direction et qu'il est victime de ce qui se passe. Audrey Tautou est dans la conduite de l'intrigue, puis le film s'essouffle sur sa deuxième moitié, principalement à partir de la rencontre du personnage de Ian McKellen, qui est forcément un personnage qui porte la duplicité... Le film baisse de rythme et l'intrigue s’essouffle.

Le défaut du film est de brasser trop de personnages: celui de Jean Reno ou celui d'Aflred Molina sont inutiles. Le scénario aurait dû être resserré et recentré sur moins de personnages. Ou alors, choisir le format série télévisée qui permet de développer l'ensemble des personnages accointés.

La distribution est riche. Les moyens sont importants. Le film n'est pas renversant tout en étant d'une qualité certaine mais irrégulière. Nous en retenons Audrey Tautou, parfaite, et Paul Bettany, impressionnant en psychopathe.

Da Vinci Code DVD

 

 

vendredi 5 février 2021

Une Ode Americaine (Hillbilly Elegy, 2020, 1h56) de Ron Howard

Avec  Amy Adams, Glenn Close, Haley Bennett,  Gabriel Basso, Freida Pinto, Bo Hopkins, Owen Asztalos, Jesse C. Boyd, Stephen Kunken.

Les qualités de Ron Howard sont connues. Un sens de la distribution et une direction d'acteur juste et fine. Ensuite, une qualité dans la reconstitution et un sens du détail, que ce soit dans les comédies, les films historiques, les films fantastiques ou les thrillers. Et il faut reconnaitre qu'il sait choisir ses scénarios. Et qu'en conséquence ses films dépendent de l'intérêt que provoquent ses scénarios, à défaut d'apporter une personnalité folle sur sa mise en scène.

Ici, il s'agit de l'histoire vraie d'une famille dans les États-Unis d’Amérique profonds (Ohio), entre violences familiales, alcoolisme, drogue, un ensemble d'ingrédients pour servir la narration. Nous suivons l'évolution d'une famille à partir du fils qui doit retrouver sans mère à l’hôpital suite à une overdose, alors qu'en même temps des moments clefs se jouent pour sa carrière (il sort de l'université et est sur le point de rejoindre un cabinet important). Le film gère ses retours en arrière et en avant avec brio: il a le dilemme de s'occuper de sa vie professionnelle ou de sa mère et sa soeur, bref le retour du passé et sa famille qu'il n'a pas choisit ou son amie et son nouveau métier.

La distribution est brillante avec en tête Glenn Close et Amy Adams (confirmant encore une fois son grand talent). Beau film choral qui arrive à parler de multiples sujets, effleurés, mais bien réels: différences sociales, riches, pauvres, famille, travail, racisme, addictions - drogue, alcool -, violence familiale. Malgré toutes ces thématiques, le film ne sombre pas dans le larmoyant et le mièvre. C'est une des qualités de Ron Howard de faire film réussi sur des sujets pareils.

 Une ode américaine Poster

lundi 23 novembre 2020

Gladiator (2000, 2h35) de Ridley Scott

Avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed, Richard Harris, Derek Jacobi, Djimon Hounsou, David Schofield, John Shrapnel, Tomas Arana, Ralf Moeller,  Spencer Treat Clark, David Hemmings,  Tommy Flanagan, Sven-Ole Thorsen, Omid Djalili.

Le film qui a relancé les films en costumes voire les péplums après leur désuétude des années 1990. Avec Russel Crowe, lorsqu'il était mince. Que retenons-nous du film? Une violence plutôt sympathique, mais moins brutale que chez Mel Gibson. Une histoire prévisible, sans savoir si cela correspond à une réalité historique, dont l'ingrédient le plus intéressant est le personnage de Joachim Phoenix, qui interprète un Commode qui tue son père et qui possède un amour immodéré pour sa soeur. Nous comprenons qu'il manque de beaucoup d'amour. Ce qui en fait un méchant assez trouble, pathétique et psychotique, ce qui en fait un personnage parfait pour la narration.

L'ensemble est bien conduit. Les productions values sont au top, mais c'est une tautologie pour un film de Ridley Scott. La narration est simple et tout ce que nous imaginons arrive. Curieusement, le film arrive à produire de l'émotion lorsque l'on considère le personnage de Russell Crowe avec sa femme et son enfant et sa terre. Curieusement, car le reste du film est surtout dans la brutalité et la balourdise. 

Le principal intérêt du film est le personnage d'Olivier Reed, halluciné et possédé, que nous ne voyons que trop peu. Et la plastique de Connie Nielsen, trop rare, qui interprète habilement celle qui doit naviguer entre tous (son frère, Gladiator, les sénateurs).

Gladiator Poster

mardi 13 mars 2018

Blade Runner 2049 (2017) de Denis Villeneuve

Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Jared Leto, Ana de Armas, Sylvia Hoeks, Robin Wright, Dave Bautista, Mackenzie Davis, Carla Juri, Lennie James, David Dastmalchian, Wood Harris, Hiam Abbass, Edward James Olmos, Mark Arnold, Tomas Lemarquis, Barkhad Abdi, Krista Kosonen.

Blade Runner 2049 [Blu-ray + Digital UltraViolet]Ce 2049 est la suite directe du film de Ridley Scott, un nombre certain d'années après. Avec Ryan Gosling en chasseur de Réplicants, tout comme l'était Deckard dans le premier film. Ryan Gosling qui est très bon et qui arrive à être expressif avec ses yeux et fait passer différentes émotions: très belle performance, émouvante.
Le film reprend tous les gimmicks du film de Ridley Scott.
Les décors sont à la fois très beaux, horribles, impressionnants, qu'ils soient d'intérieur ou d'extérieur. Le film est visuellement superbe.
Le film est aussi très culotté. Faire un film aussi lent, aussi mou, au regard des films actuels, c'est très disruptif. Le film est encore plus lent que le film de Ridley Scott, qui était déjà plutôt mou. Ici le film prend son temps, étire les séquences, peut être un peu trop. Le film dure 2h40, et peut paraitre par moment longuet, mais c'est justement sa qualité: prendre de la densité sur la durée, au fur et à mesure de la progression de la narration et des découvertes de Ryan Gosling.
La direction d'acteur est subtile, avec même Dave Bautista, qui se révèle bon acteur, dans une scène courte, mais marquante (et aussi dans le court métrage de Luke Scott présent en bonus dans le Blu Ray).
Concernant les personnages, la déception est celui de Jared Leto, qui est en quelque sorte le descendant de Tyrell, dont les séquences ennuient ou au mieux sont insignifiantes. Ce personnage pourrait très bien être retiré de l'histoire. Cela vient peut-être de l'interprétation de Jared Leto, faiblement subtile, à l'opposé de celle de Joe Turkel en Eldon Tyrell.
Autre élément de déception: la musique, qui si par moment, grâce à la reprise de mélodie fétiches du premier film, fonctionne, reste au total assez bruyante et peu agréable. Ce n'est pas une musique symphonique, c'est déjà cela. Mais elle marque peu les esprits.
L'ensemble des personnages féminins constitue par contre la bonne surprise du film: de la femme de main de Wallace, de Robin Wright à la prostituée ou la femme virtuelle de Ryan Gosling, délicieuse Ana de Armas, l'ensemble de ces personnages marquent le film et lui donnent une substance qu'il n'y avait pas dans le film de Ridley Scott.
Nous sentons aussi que le côté étouffant du film de Ridley Scott n'a pas été retenu: ici les choses sont plus amples (la séquence dans la décharge à ciel ouvert, l'élevage de larves d'insectes en ouverture, Las Vegas), moins denses, et donnent au film sa propre patine.
Bref, au total, ce n'est pas une grosse déception, au contraire, car cette variation des thèmes du film de Ridley Scott se révèle passionnante au fur et à mesure de sa vision.
Vivement la suite.