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dimanche 27 février 2022

L'Attaque De La Malle-Poste (Rawhide, 1h29, 1951) de Henry Hathaway

Avec Tyrone Power, Susan Hayward, Hugh Marlowe, Dean Jagger, Edgar Buchanan, Jack Elam, George Tobias, Jeff Corey, James Millican.

Unité de lieu (un relais pour diligence) et de temps (se déroule sur moins de 24 heures): des bandits (avec à leur tête Hugh Marlowe (parfait dans un western) veulent attaquer une diligence remplie d'or. Ils séquestrent Tyrone Power (l'homme de main du relais) et Susan Hayward (une passagère en escale) jusqu'à l'arrivée de la diligence remplie d'or. Le groupe de bandits est constitué d'évadés de prison. Ils ne sont pas complètement assortis entre eux et arrivent avec des tensions. Avec un des bandits, Jack Elam, dans un de ses premiers rolles, littéralement fou et obsédé par Susan Hayward. Et avec Hugh Marlowe pour un personnage de méchant en chef, mais éduqué, pas une grosse brute, qui doit gérer le fou Jack Elam et les deux autres qui semblent avoir le QI d'une huitre.

Et avec Tyrone Power encore dans un rôle de personnage simple qui qui arrive à faire passer des émotions avec pas grand-chose. Qui va devoir composer avec Susan Hayward s'ils souhaitent s'en sortir, tous les deux, ou mieux, tous les trois, car Susan Hayward a une petite fille avec elle. Petite fille, bébé qui marche à peine, qui donnera lieu à une scène impressionnante du film où Jack Elam tire à côté de la petite fille (qui par accident est sortie de la maison) pour faire peur à sa mère: les explosifs (impacts de balle au sol) sont clairement à côté de la petite fille pendant cette séquence. C'est une bonne histoire.

 L'Attaque de la Malle-Poste [Édition Limitée Blu-Ray + DVD]

samedi 12 octobre 2019

L'Homme De La Plaine (The Man From Laramie, 1955) de Anthony Mann

L'Homme de la plaine [Édition Spéciale]Avec James Stewart, Arthur Kennedy, Cathy O'Donnell, Donald Crisp, Alex Nicol, Aline MacMahon, Jack Elam, Wallace Ford, John War Eagle, James Millican, Frank DeKova, Beulah Archuletta.
Violence de l'histoire et du scénario qui en font un film très riche. Entre le personnage de James Stewart obsédé par la vengeance de son frère, le fils du cattle baron psychotique (Alex Nicol) et Arthur Kennedy en contremaitre qui se cherche un père adoptif dans le mensonge - en trafiquant avec les Indiens -. Le film est une montagne russe avec des pics de noirceurs dramatiques. Avec de-ci de-là des éléments de violence hors caméra, mais très bien représentés et très efficaces.
L'homme de la plaine PosterLe film dans son format CinémaScope est d'une limpidité impressionnante. L'écran large joue de manière perpétuelle avec la profondeur de champ et les éléments de décor autour des personnages qui sont consubstantiels au drame qui se noue et la lisibilité de la scène.
L'histoire est un canevas d'enquête. L'enquêteur est James Stewart, qui cherche à savoir qui est responsable de la mort ou qui a tué directement son frère. Pour cela il dispose d'une palette de personnages entre les Apaches,  le cattle baron et son fils taré, entre ses hommes de main et les Indiens dans le village. Et d'ailleurs le film ne répond pas complètement à cette question nous ne savons pas à la fin si le responsable est le fils psychote ou Arthur Kennedy. Mais les deux meurent.
Grand film donc avec une richesse dramatique. Où les deux personnages féminins sont bien intégrés dans cette histoire d'hommes: la fiancée d'Arthur Kennedy, Cathy O'Donnell (parfaite en naïve) , qui n'est pas insensible au charme de James Stewart, et la cattle baronne (Aline MacMahon) qui fait de la résistante; étant les seules à jouer l'apaisement et le consensus.

samedi 27 juillet 2019

La Route De L'Ouest (The Way West, 1967) de Andrew V. McLaglen

La Route de l'Ouest - Édition SpécialeAvec Kirk Douglas, Robert Mitchum, Richard Widmark, Lola Albright, Sally Field, Jack Elam, Connie Sawyer, Stubby Kaye, Harry Carrey Jr., Nick Cravat, John Mitchum.

Robert Mitchum (en éclaireur indien, un peu mou), Kirk Douglas (dans un personnage obsessionnel dans lequel il excelle), Richard Widmark (un peu fade et ne se distinguant guère des autres, représente le père de famille standard).
Cette ruée vers l'ouest est la conduite d'un convoi qui veut coloniser de nouveaux territoires de l'Ouest américain.
Le film n'est pas un monument, mais il contient quelques éléments mémorables. Le personnage de Kirk Douglas, que l'on aime haïr, qui va jusqu'à se faire fouetter par son employé afro-américain. Ou alors la séquence avec les Indiens, et la peine de mort par pendaison de celui qui a tué l'enfant indien. Ou alors on peut apprécier l'histoire d'amour entre le jeune fermier et la toute jeune Sally Field, qu'il finit par épouser enceinte d'un autre. Ou encore le franchissement du précipice avec les cordes ascenseurs pour descendre les chariots. Bref, les moments les plus intéressants ne sont pas le fait des grandes stars de la distribution (sauf pour Kirk Douglas), mais des personnages secondaires.
Le film se laisse suivre, et il est sauvé par ses éclairs de violences (probablement l'influence des westerns spaghettis venus d'Europe), toutes importantes pour la progression dramatique du film.

L'Homme Qui N'A Pas D'Etoile (The Man Without A Star, 1955) de King Vidor

Avec Kirk Douglas, Jeanne Crain, Claire Trevor, Richard Boone, William Campbell, Jay C. Flippen, Jack Elam, Myrna Hansen.

Bande-annonce L'Homme qui n'a pas d'étoile - Édition Spéciale Combo Blu-ray + DVDScénario très riche pour ce western classique et référentiel. Scénario qui mélange l'histoire individuelle de Dempsey Rae (Kirk Douglas) avec l'histoire des États-Unis d'Amérique. L'histoire individuelle est plutôt riche: c'est un cow-boy qui émigre pour trouver du travail, qui chemin faisant prend sous son aile un jeune qu'il forme, se font embaucher par Jeanne Crain qui représente le gros propriétaire qui veut croitre, mais Dempsey Rae fuit les barbelés du Texas, c'est-à-dire les petits éleveurs qui bornent leurs terrains dans cet Ouest qui est à tous et qui n'a pas encore de propriétaire et de barrière.
Il devient le contremaitre de Jeanne Crain (et son aspirant amant) et doit affronter les propriétaires qui mettent des barbelés pour protéger leurs terres du gros propriétaire qu'il représente. Dans ce schéma sont inclus: la relation amoureuse et intéressée avec Jeanne Crain, la relation avec le jeune qu'il forme mais qui se révèle être bouillonnant (il tire puis il réfléchit), et l'affrontement avec des nouveaux cow-boys texans pas sympathiques du tout (Richard Boone à leur tête). Cet ensemble de lignes dramatiques est riche (deux scénaristes crédités: Borden Chase, D.D. Beauchamp) et constitue un festival pour Kirk Douglas dans un personnage torturé qui doit être de tous les plans, et qui finira par changer de camp.
La distribution féminine est réussie: Jeanne Crain, la rousse, la riche propriétaire dans ce monde d'homme, ambitieuse, que rien n'arrête pour arriver à ses fins. Et Claire Trevor, la blonde, la tenancière de saloon, plus légère, mais qui aide à caractériser le personnage de Dempsey Rae.
En résumé: un classique, qui garde sa force plus de soixante ans après.

Rio Lobo (1970) de Howard Hawks

Avec John Wayne, Jorge Rivero, Jennifer O'Neill, Jack Elam, Christopher Mitchum, Victor French, David Huddleston, Bill Williams, Sherry Lansing, Hank Worden, Jim Davis, Mike Henry, Robert Donner, Susana Dosamantes.

Nous comprenons qu'ici Howard Hawks a voulu développer certains éléments du patron de scénario déjà à l'œuvre pour ses Rio Bravo (1959) et El Dorado (1966). En particulier il a souhaité développer et montrer comment est née la relation entre John Wayne et un acteur plus jeune, ici en l'occurrence celui qui interprète Frenchy (Jorge Rivero) et qui était interprété par Colorado (Ricky Nelson) dans Rio Bravo et par Mississippi (James Caan) dans El Dorado.
Autre variante par rapport aux deux premiers films: le temps passé dans la prison qui est au cœur des deux premiers, mais qui ici dure très peu de temps. il s'agit d'une variante beaucoup moins en chambre que El Eldorado et Rio Bravo.
Rio LoboLe film ici aussi se distingue par sa distribution féminine plus étoffée avec Sherry Lansing, Susana Dosamantes et Jennifer O'Neill dans des rôles d'importances différentes, mais clés pour la progression dramatique. Par ailleurs la romance du love interest (Jennifer O'Neill) est avec Frenchy et pas du tout avec John Wayne. Il est évident que cela aurait été ridicule avec le vieillard John Wayne.
Autre élément réussi de cette variante est le personnage comique (Stumpy/Walter Brennan dans dans Rio Bravo, Bull/Arthur Hunnicutt dans El Dorado) ici tenu par Jack Elam qui compose un personnage en couleur et plutôt sympathique par la folie qu'il exprime.
Cette version du film introduit une variante par rapport à la séquence de prologue qui est l'attaque du train par les sudistes, qui mène ensuite à la connaissance du personnage de John Wayne avec Frenchy. Longue séquence plutôt spectaculaire qui permet d'amorcer le film. Et d'ailleurs ce sera la seule séquence d'action du film. Le film au total est plutôt un film de comédie plutôt relâché et avec assez peu de violence. Et surtout assez peu de drame. Cela vient surtout de l'absence du personnage qui sombre dans l'alcool présent dans les deux précédents films (c'est-à-dire Robert Mitchum et Dean Martin). Ici ce personnage n'existe plus. Ce qui fait passer ce troisième film de la catégorie des comédies et pas des drames. Ce qui peut faire penser que le film est plus léger. Néanmoins nous restons toujours hallucinés par cette dernière image où nous voyons John Wayne blessé, boîter, marchant en s'appuyant sur Sherry Lansing le visage balafré. Dernière image du dernier film de Howard Hawks.
Sur la forme,  le cadrage ici est pensé pour la télévision similairement à El Dorado. Mais aussi l'influence du western spaghetti avec les éléments d'humour ou de violence.