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dimanche 20 septembre 2026

Marty Supreme (2h29, 2025) de Josh Safdie

Avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion, Tyler Okun, Fran Drescher, Sandra Bernard, Kevin O’Leary, Abel Ferrara, Penn Jillette, Spenser Granese, Koto Kawaguchi.

Josh Safdie nous raconte l'histoire d'un joueur de ping-pong étatsunien : nous sommes après la Seconde Guerre mondiale, et il essaie de participer aux championnats du monde qui se déroulent au Japon, pays vaincu, heureux d'avoir un champion local. Sachant que les Japonais sont très fiers dans cet après-guerre d'avoir un champion.

Le film est librement inspiré d'une histoire vraie, mais il constitue en fait une vraie comédie dramatique. Le film est très nerveux, va très vite et est très bien écrit. Il contient de multiples séquences où l'acteur principal laisse libre cours à son talent ; tous les autres acteurs sont très bons aussi. 

Donc, ici, il s'agit à la fois d'un film historique, d’une aventure dramatique humaine, car ce pauvre joueur de ping-pong est pauvre. Mais il est doué pour se débrouiller et trouver des solutions au dernier moment. Le film nous permet aussi de revoir Gwyneth Paltrow, que nous n'avions pas vu depuis très longtemps, qui est parfaite dans le rôle de l'épouse d'un homme d'affaires très riche qui veut faire des affaires au Japon.

Nous notons aussi la musique de Daniel Laupatin, pas du tout celle qu'on pourrait imaginer pour ce genre de film "historique", mais une musique rythmée et électronique, comme sait si bien le faire Daniel Laupatin, avec beaucoup de sonorités des années 1990. Et une musique très clignotante, c'est bien vu et cela donne du punch à toutes les images. La musique est par moment, peut être un peu trop lourde et insistante, il faut le reconnaître, mais ce n'est pas grave, elle est de qualité et très peu symphonique.

poster du film Bande-annonce Marty Supreme 

samedi 20 juin 2026

En Roue Libre (1h29, 2022) de Didier Barcelo

Avec Marina Foïs, Benjamin Voisin, Jean-Charles Clichet, Albert Delpy, Jean-Pierre Martins, Ariane Mourier, Candice Bouchet, Emilie Arthapignet, Valentin Papoudof, Aleksandra Yermak.

Curieux film. Dont l'argument principal permet à Marina Foïs de montrer son talent. Nous suivons cette histoire, entre deux paumés, où Marina Foïs est prise de panique si elle doit sortir de sa voiture. Ce qui fait qu’elle passe la totalité du film dans sa voiture, sans en sortir. À partir de cet argument, elle est kidnappée par Benjamin Voisin, qui part sur la route avec elle. 

Film de route donc, qui permet à ces deux personnages de s'apprivoiser doucement, de révéler leurs fêlures, leur humanité, et aussi de rencontrer d'autres personnages, dont le psychiatre, ainsi que des gens du voyage, entre autres. Un film initiatique qui se laisse appréhender avec facilité. N'oublions pas Benjamin Voisin, dont le personnage est émouvant sur la durée. 

 poster du film Bande-annonce En roue libre 

dimanche 5 avril 2026

La Femme La Plus Riche Du Monde (2h01, 2025) de Thierry Klifa

Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Marina Foïs, Raphaël Personnaz, André Marcon, Mathieu Demy, Joseph Olivennes, Micha Lescot, Paul Beaurepaire, Anne Brochet.

Le film de Thierry Klifa ne ment pas : il nous parle de la femme la plus riche du monde, c'est à dire, la vie de cette femme, son monde, avec les directives professionnelles, sa vie avec son mari, sa fille, ses obligations de communications, sa déconnexion du réel et plus précisément de la valeur des choses. Elle croise un photographe relativement excentrique (franc parlé, en particulier concernant son homosexualité) qui la divertit et qui s'immisce dans sa vie. Il la distrait et elle lui donne de l'argent, avec bien sûr l'inquiétude de sa famille de la voir donner de l'argent à un profiteur, au sens premier : dès qu'il a besoin d'argent elle lui en donne, et il ne refuse pas. Ce photographe est interprété par Laurent Lafitte, qui s'amuse beaucoup dans ce personnage. Isabelle Huppert rend crédible ce personnage, qui a par ailleurs une vie mièvre et terne, remplie de contraintes. Marina Foïs est la fille, qui ne voit pas d'un bon œil ces sorties d'argent vers le nouvel ami de sa maman.

Le petit défaut du film est que nous n'avons pas d'empathie. Aucun personnage n'en suscite. Ce qui donne l'impression de regarder des animaux en cage, avec leurs turpitudes sans lien social ou sociétal avec une quelconque réalité. C'est peut-être l'effet recherché par Thierry Klifa...

poster du film Bande-annonce La Femme la plus riche du Monde

mercredi 11 février 2026

La Vie De Ma Mère (1h45, 2023) de Julien Carpentier

Avec Agnès Jaoui, William Lebghil, Salif Cissé, Rosita Fernandez, Alison Wheeler, Franck Beckmann, Serge Feuillard.

Une comédie dramatique typique. Un fleuriste, William Lebhil, qui a sa mère sous curatelle, se retrouve à devoir s'occuper d'elle pendant quelques jours. Ce qui va perturber toutes les composantes de sa vie, professionnelle, personnelle et familiale.
Le film a le mérite de parler de ce genre de situation : avoir un parent sous curatelle,  c'est-à-dire sous dépendance, car il n'a plus sa tête  et son autonomie. Ici la maman bipolaire est interprétée par Agnès Jaoui. Le film a le mérite de présenter des situations qui ne sont pas trop aisées, afin de doser le curseur entre empathie, tristesse, colère ou danger du côté du fils.
Il est difficile de dire du mal du film. Le duo Agnès Jaoui et William Mebghil fonctionne. Le film trace son histoire et l'empathie avec William Lebghil fonctionne.

 poster du film Bande-annonce La Vie De Ma Mère 

 

 


La Belle Etincelle (1h30, 2023) de Hervé Mimran

Avec Lionnel Astier, Laurent Bateau, Mélanie Doutey, Bernard Campan, Angélique Bridoux, Vincent Chalambert, Moon Dailly, Godefroy Donzel.

Un chef anciennement étoilé, mais déchu, se retrouve à faire la cuisine dans un restaurant abandonné avec un autiste comme cuisinier. C'est l'argument du film de manière très synthétique. Nous ne divulgâcheront rien de la suite, mais tout est prévisible et cousu de fil blanc dans ce film par ailleurs très sympathique, car nous aimons toujours les histoires de rédemption et de personnages qui deviennent plus humains, même si, pour le coup, ici cela est relativement peu progressif et par moment un peu rapide. 
Il est à préciser que les autres membres du restaurant sont aussi des personnes ayant des handicaps, ce qui amène son lot de comédie dramatique et d'éléments comiques au film . 
Le personnage de Mélanie Doutey est très attachant. L'évolution du personnage de Bernard Campan est cousue de film blanc. 
Au total le film ne contient pas de surprises, mais plutôt une histoire agréable, même si prévisible et finalement pas désagréable à regarder ; il n'y a pas de mal à écrire des choses simples basées sur l'émotion et sur l'empathie des personnes. Le titre du film annonce la couleur.
 
poster du film Bande-annonce La belle étincelle 

lundi 24 novembre 2025

Ballad Of A Small Player (1h41, 2025) de Edward Berger

Avec Colin Farrell, Fala Chen, Tilda Swinton Alex Jenning, Chik-Ka Lai, Alan K. Chang,  Margaret Cheung, Jason Tobin, Deanie Ip, Selena Fong, Christina Yong, Anthony Chau-Sang Wong, Adrienne Lau.

Après Conclave (2024), Edward Berger revient avec cette production Netflix.

Nous notons un travail sur la photographie magnifique , opérée par James Friend. Nous notons aussi la musique de Volker Bertelmann, plutôt impressionnante, étant très en avant, et consubstantielle à l'impression que fait le film. Nous notons aussi le personnage de Tilda Swinton, qui évoque le dessin animé, avec un beau travail sur ses costumes. Nous notons Colin Farrell , impressionnant au niveau de l'interprétation d'un personnage malade du jeu. Nous notons le scénario, sous ses impressions de linéarité, ne l'est pas du tout. Bref, le film sous ses exubérances, mais aussi grâce au pathétique de ses personnages, Colin Farrell en tête, évoque le dessin animé. Tous ces éléments mis ensemble donnent un film qui tient le spectateur jusqu'au bout, sous une forme de suspense à peine déguisé : comment ce personnage pathétique et ridicule, Colin Farrell, va s'en sortir. 

Le film crée en quelque sorte son propre genre. De grosses composantes d'humour, un drame pour le personnage de Colin Farrell, des éléments irréels avec les croyances locales ou la croyance en des fantômes, un côté dessin animé (voir l'interprétation de Colin Farrell ou la patine de la photographie). Ajouter la musique originale, symphonique, très en avant, qui tire le film vers le fantastique et le suspense. Tout ceci contribue à produire un film qui possède sa propre originalité et ne ressemble à aucun autre. Et bien sûr, à voir pour tout adorateur de Colin Farrell qui livre une interprétation impressionnante.

 poster du film Ballad Of A Small Player 

dimanche 23 novembre 2025

Partir Un Jour (1h38, 2025) de Amélie Bonin

Avec Juliette Armanet, Bastien Bouillon, François Rollin, Tewfik Jallab, Dominique Blanc, Mhamed Arezki, Pierre-Antoine Billon, Amandine Dewasmes, Solal Lucas, Jean-Pierre Schlagg.

Une cheffe qui va ouvrir bientôt son restaurant gastronomique doit revenir chez ses parents, car le père a la santé qui vacille. Ce retour au source chez ses parents, qui tiennent eux un restaurant pour routiers, va perturber ses projections. Retour aux sources qui sera perturbé par différentes choses. Le film fonctionne grâce à ses multiples arcs dramatiques : sa relation avec son père, avec sa mère, avec son chéri, avec son copain d'enfance (Bastien Bouillon dans un rôle qui change de ses interprétations sombres). Tout en cherchant son plat-signature pour l'ouverture de son restaurant. Et tout en gérant la capacité diminuant de ses parents à gérer leur restaurant.

Cet ensemble fonctionne bien. Juliette Armanet porte le film de bout en bout, avec cette multitude de sujets à traiter pour son personnage, et une interprétation assez subtile. Les acteurs sont bons et il n'y a pas de temps morts pour le personnage principal.

Cerise sur le gâteau, les personnages chantent, il s'agit donc d'une comédie musicale : les personnages chantent sur des chansons connues, qui servent l'histoire, qui sont donc des dialogues chantés. Cela est très fluide et fonctionne très bien, ce mode d'expression paraissant naturel. Excellente idée, qui donne au film une patine poétique bienvenue. L'utilisation des retours en arrière et leur intégration dans les scènes actuelles est aussi élégante, fusionnée dans la séquence courante.

poster du film Partir un Jour 

 

 

 

dimanche 16 novembre 2025

Eddington (2h28, 2025) de Ari Aster

Avec Joaquin Phoenix, Deirdre O'Connell, Emma Stone, Micheal Ward, Pedro Pascal, Cameron Mann, Matt Gomez Hidaka, Luke Grimes, Amélie Hoeferle, Clifton Collins Jr., William Belleau, Austin Butler.

À travers cette histoire au Nouveau-Mexique, où un Sheriff (Joachim Phoenix dans un rôle de geignard permanent) affronte le maire local (Pedro Pascal), mais aussi sa femme mentalement dérangée (Emma Stone en faire valoir et levier dramatique de l'évolution du personnage du shérif), sa belle-mère et ses adjoints. Ari Aster parle de l'Amérique du Nord profonde, entre superstition, racisme et immigration, amour des armes, affrontements politiques et affrontement de classes, complotismes et croyances. Sans aborder frontalement ces sujets. Avec l'élément plus intéressant du film, l'évolution du personnage de Joachim Phoenix, qui, s'il peut contenir des éléments d'empathie de la part du spectateur,  évolue fortement pendant le film en devenant de plus en plus complexe plus le film avance, pour une certaine jubilation du spectateur, il faut reconnaître.

Ari Arster crée ici quelque chose de beaucoup plus digeste que son piètre film précédent, le pensum Beau Is Afraid (2023), mais reste dans le manque de subtilité et dans une lourdeur certaine. Il n'a pas la main légère. Mais cela est normal finalement, car l'histoire n'évolue pas auprès de personnages subtils.

Nous notons que les scènes d'actions sont très dynamiques et percutantes. Ari Aster devrait s'essayer à réaliser un action-movie, un film d'action en bonne et due forme, le résultat devrait être intéressant. 

poster du film Bande-annonce Eddington 

samedi 15 novembre 2025

La Bonne Conduite (1h35, 2021) de Arnaud Bedouët

Avec Alban Lenoir, Olivier Saladin, Aïmen Derriachi, André Wilms, Nailia Harzoune, Jisca Kalvanda, Milouda Chaqiq, Amar Bourennani, Benjamin Quique, Yussif Timéra, Saïd Benchnafa, Mohamed Makhtoumi.

Bonne surprise ce film, qui se révèle extrêmement bien écrit, en évitant la lourdeur en abordant un certain nombre de clichés. Le scénario marche sur les crêtes et aborde ces clichés, mais Arnaud Bedouët s'en sort toujours et évite toute mièvrerie ou sentimentalisme. Même si la teneur peut paraître dramatique, au total, cette galerie de personnages est montrée avec ses qualités et ses défauts et prônes pour une inclusion. Même si la teneur générale est cousue de film blanc, les personnages sont suffisamment bien écrits pour que le spectateur y croie. Alban Lenoir est parfait dans son personnage : un militaire qui vient traiter les affaires de son père qui vient d'être hospitalisé. Son père tient une auto-école dans une cité populaire. La rigueur, la droiture, la précision du personnage va se confronter à cet univers qui nécessite des adaptations, pour le moins. Les multiples confrontations, le collègue de son père, les clients de l'auto-école, les anciens copains d'enfance, la vie dans la cité vont le faire évoluer.

Un bon scénario, une belle distribution, une direction d'acteurs et d'actrices de qualité. Bref, une réussite. 

poster du film Bande-annonce La Bonne conduite 

mercredi 27 août 2025

Everybody's Fine (1h39, 2009) de Kirk Jones

Avec Robert De Niro, Drew Barrymore, Kate Beckinsale, Sam Rockwell, Lucian Maisel, Damian Young, James Frain, Melissa Leo, Kate Moennig.

Une père, veuf, va à la rencontre de ses enfants, qui ont quitté le foyer depuis longtemps, et a qui il n’a jamais parlé.  Il est veuf. Il n'a vraisemblablement pas beaucoup parlé avec ses enfants. C'est sa femme qui parlait avec eux. A l'approche de Noël, aucun des enfants ne peut venir le voir. Il décide d'aller les voir un par un. C'est le point de départ. Il fera donc le voyage pour les voir un par un, en train, en bus. Au grès des rencontres, petits et gros mensonges apparaissent, retrouvailles et questionnements, petites rancoeur et gestion de ce que l'on veut montrer plutôt que la réalité.

Robert De Niro tient là un beau rôle où son interprétation reste mesurée dans la grimace. Il y est sobre, ce qui va très bien au personnage, et le rend émouvant. L'affiche est plutôt trompeuse : c'est un drame avec quasiment aucun moment d'humour. Néanmoins dans l'ensemble il s'agit d'un bon scénario qui progresse par petites touches subtiles et d'une mise en image bien servie par de bons acteurs.

 poster du film Bande-annonce Everybody's Fine

dimanche 17 août 2025

Himizu (2h09, 2011) de Sion Sono

Avec  Shôta Sometani, Fumi Nikaidô, Tetsu Watanabe, Mitsuru Fukikoshi, Megumi Kagurazaka, Ken Mitsuishi, Makiko Watanabe, Asuka Kurosawa.

L'arrière-plan est la dévastation de l'après-tsunami de 2011. Nous suivons la vie d'un petit groupe de sans-abri où l'un d'entre eux loue des barques et héberge d'autres sans-abri. Shôta Sometani, qui a de multiples raison d'être malheureux, croise Fumi Nikaidô, une jeune fille pleine de vie et de ressource. Arrivera-t-il à sortir de ses névroses grâce à cette rencontre et grâce aux autres personnes qu'il héberge. C'est l'enjeu dramatique du film.

Les personnages passent du mutisme à des cris, ce qui rend le film  par moment pénible. Nous comprenons bien que la culture japonaise est de ne pas exprimer ce que l'on ressent, et ici Sion Sono joue de cela : les personnages masculins finissent par exploser. Mais la subtilité de la direction d'acteur n'est pas le propre du réalisateur. Ses personnages masculins sont en permanence sur le point d'exploser, et explosent. Bien sûr, les arcs dramatiques justifient tout cela, car nous sommes dans un monde de drames et de souffrances. Qui heureusement est égayé par le personnage féminin, où Fumi Nikaidô amène un peu de gaîté, d'optimisme, de possibilité de joie de vivre. À voir si notre personnage principal, Shôta Sometani, très bon, arrivera à se sortir de son mal-être, même si sa posture permanente nous empêche une empathie durable avec lui.

Malgré les lourdeurs évoquées, le film reste puissant, marquant, et nous avons de l'empathie pour certains de ces personnages.

Poster for Himizu (2011)

mardi 27 mai 2025

La Prisonnière De Bordeaux (1h48, 2024) de Patricia Mazuy

Avec Isabelle Huppert, Hafsia Herzi, Noor Elasri, Jean Guerre Souye, William Edimo, Magne-Håvard Brekke, Lionel Dray.

Nous ne savons pas qui est la prisonnière de Bordeaux. Isabelle Huppert dans un rôle de femme de chirurgien. Où est-ce Hafsia Herzi qui se retrouve hébergée par Isabelle Huppert afin de pouvoir visiter son mari en prison. Toutes deux ont un mari emprisonné et c'est comme ça qu'elles se rencontrent : lorsqu'elles vont visiter leurs maris, elles se croisent, et se nouent une relation. Nous comprenons bien que le personnage d'Isabelle Huppert s'ennuie dans sa vie courante bien que très aisée. Et Hafsia Herzi est de niveau social différent et se bat pour gagner sa vie, et s'occuper de ses enfants ; mais elle doit aussi s'occuper des camarades de son mari qui sont des voleurs ou des médiocres. Ce qui va introduire une histoire de butin volé non encore retrouvé. 

Le film a le mérite de montrer les procédures pour aller visiter une personne en prison. Chose rarement montrée ou en tout cas nous n'en sommes pas encore familiers. 
Le film n'aborde pas les problématiques d'hébergement au sein des prisons. Qui est un problème sociétal en tout cas en France. Le sujet est cette prisonnière de Bordeaux qui peut être un de ces deux personnages féminins, où le personnage d'Isabelle Huppert est prisonnier de sa bourgeoisie et de son train de vie médiocre ; cela peut être aussi le personnage de Hafsia Herziqui est quelque part prisonnière de l'hébergement que lui propose Isabelle Huppert, mais aussi de toutes les composantes de sa vie personnelle (enfant, maris, accointés).
Les deux actrices sont formidables et les deux personnages sont bien brossés et suscitent tous les deux une empathie du spectateur pas forcément pour les mêmes raisons.
poster du film Bande-annonce La Prisonnière de Bordeaux 

dimanche 30 mars 2025

Rester Vertical (1h38, 2016) de Alain Guiraudie

Avec Damien Bonnard, India Hair, Raphaël Thiéry, Christian Bouillette, Basile Meilleurat, Laure Calamy, Sébastien Novac, Baptiste Roques.

Alain Guiraudie n'aurait il pas signé là son chef-d’œuvre ? Riche de multiples personnages qui évoluent beaucoup au cours de l'histoire. Damien Bonnard trainant sa carcasse entre India Hair et Raphaël Thiéry. Le film est riche de multiples thématiques, effleuré, exposé, évoqué. La paternité, la maternité, la misère financière, la misère sociale, le couple et l'engagement, s'occuper d'un bébé, l'écriture d'un scénario, la déchéance sociale, la mort, et les loups. Entre autres.

Alain Guiraudie sait donner de la richesse, de la texture, à des personnes simples, dans les campagnes, chez les paysans, à des gens dans le besoin. Il montre qu'il est possible de raconter une grande histoire, une histoire de grands sentiments, sans sortir une artillerie qu'il serait possible de trouver dans l'ancienne Hollywood (grands acteurs, grande histoire, gros budget, grand roman, etc.).

L'histoire est simple. Damien Bonnard recherche des loups en Lozère. Il rencontre une bergère, India Hair. Quelques mois plus tard, un enfant né. Mais elle le laisse seul avec l'enfant. Il doit donc composer avec son enfant, son beau père qui veut bien l'accueillir, le commanditaire de son scénario (il est censé écrire un scénario) et ses velléités érotiques, qu'Alain Guiraudie sait appréhender sans détour. La force de Guiraudie est de mettre le spectateur dans la même situation que Damien Bonnard : le spectateur découvre en même temps que lui les choses, et n'en sait jamais plus. Ce qui permet de ne jamais savoir ce vers quoi va évoluer l'histoire, et donc deviner ce que veut faire le personnage ; nous le découvrons lorsqu'il fait.

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dimanche 26 janvier 2025

Filles De Joie (1h31, 2020) de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich

 

Avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne, Nicolas Cazalé, Jonas Bloquet, Sergi López, Els Deceukelier.

Nous suivons la vie quotidienne de femmes françaises, qui se prostituent, en Belgique, pour arrondir les fins de mois. Le film est très émouvant. Il s'agit de tranches de vie quotidienne de ces femmes, chacune avec ses propres problèmes personnels, domestiques ou familiaux, ses problèmes de précarités, mais aussi avec leurs problèmes communs liés à leurs activités en Belgique de travailleuses du sexe, quelque fois les deux se rejoignant.

La dramaturgie n'est peut être pas subtile, mais cela n'était pas forcément évident. Les actrices sont formidables, Sara Forestier et Noémie Lvosky en tête, mais aussi Annabelle Lengronne dans un personnage émouvant. C'est un exemple parfait de comédie dramatique. Comédie car nous sourrions régulièrement. Et dramatique car ces personnages affrontent de manière continuelles dans leur vie des éléments qui perturbent leurs ambitions. Elles se battent pour s'en sortir et avoir une vie meilleure. Le scénario intégrant régulièrement de petits éléments sociétaux qui perturbent la vie courante.

Au total, très beau travail de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich qui évite le sordide tout en ne cachant pas beaucoup de chose.

 poster du film Bande-annonce Filles de joie

lundi 23 décembre 2024

La Famille Asada (2h07, 2020) de Ryôta Nakano

Avec Kazunari Ninomiya, Satoshi Tsumabuki, Haru Kuroki ,  Masaki Suda .

Un curieux film, qui nous capture progressivement, petit à petit, qui fait sourire avec un arrière-plan dramatique. L'arrière-plan est l'après-tsunami de Fukushima. Le film suit une famille de gentils rigolos, qui ont un de ses fils qui dispose d'un appareil photo, et qui fait des photos de sa famille dans des situations dont ils rêvent ensemble (par exemple être une écurie Formule 1, ou être des pompiers). Celui est oisif et vit aux crochets de ses parents. L'autre est autonome et travailleur. Pendant la première partie du film, nous suivons cette famille. Puis le fils photographe part. Il ne sait pas ce qu'il veut faire, mais il va se retrouver à travailler sur les photos des personnes disparues suite à la catastrophe, c'est-à-dire montrer les photos trouvées dans les décombres pour que les gens qui recherchent des proches puissent au moins retrouver des photos. Ces photos viennent des habitations dévastées par le tsunami, recueillies, nettoyées, triées et exposées. Puis dans la troisième partie du film, le fils essaie d'exposer ses photos et puis il revient vers sa famille avec son nouveau statut et une chérie.

Cet ensemble est traité avec de petites touches, avec beaucoup de subtilités, le film faisant beaucoup sourire, avec toujours un drame sous-jacent.  Une famille avec de gentils légèrement excentriques qui finalement profite au maximum d'une vie qu'ils ne pourront avoir, qu'ils effleureront, tout en sachant quelle pourra disparaître très vite, avec une future catastrophe.

 poster du film La Famille Asada