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mardi 2 mai 2023

Halloween Kills (1h45, 2021) de David Gordon Green

Avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, Will Patton.

Le deuxième film de la nouvelle franchise Halloween possède les défauts de ses qualités ou la qualité de ses défauts.

Dans le défaut c'est l'immortalité du personnage de Michael Myers qui annihile toute séquence de suspense pour en faire des séquences de surprises ; le spectateur sait qu'il ne mourra jamais et il faut reconnaître que c'est embêtant, le film en devient lassant. L'intérêt se transfère ensuite sur les meurtres que nous espérons sanguinolents et violents.
Ensuite le film nous explique qu'il est le mal incarné, ce qui suppose des croyances, ce qui rationnellement est complètement débile, et nuit fortement à l'intérêt du film.
Le seul intérêt du film est son enchaînement de séquences de meurtres très bien mises en scène et très bien emballées, mais avec assez peu de suspense ou alors un suspense du niveau de celui d'un Destination Finale qui lui au moins va être droit au but et n'essaie pas de donner des explications en parlant du bien et du mal et ce genre de croyances.
La musique garde une certaine qualité et bien sûr possède un rôle important dans la tension que génèrent les images.
C'est un film d'horreur qui ne fait pas peur, car il y a assez peu de surprises dans ce film.
Halloween Kills [Version Longue]

dimanche 27 février 2022

Halloween (2018) de David Gordon Green

Avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, James Jude Courtney, Haluk Bilginer, Will Patton, Rhian Rees, Jefferson Hall, Toby Huss, Virginia Gardner, Dylan Arnold, Miles Robbins, Drew Scheid.

Cet Halloween, qui se situe plusieurs décennies  après le film de John Carpenter (La Nuit Des Masques, 1978) reprend les même personnages, plus de nouveaux. Michael Myers est en hôpital psychiatrique depuis toutes ces années, et un utile accident va le libérer, pour permettre bien sûr son retour sur les lieux du premier film. Le film fonctionne parfaitement et fait sursauter régulièrement (avec certains meurtres brutaux, dont un enfant, plutôt inhabituel le meurtre direct d'un enfant), jusqu'à la bascule de son médecin, où ensuite pour le dernier quart d'heure le film devient plus mécanique et surtout moins crédible: l'affrontement dans la maison de Jamie Lee Curtis est invraisemblable et fait décrocher le spectateur.

Néanmoins le film possède les qualités plastique d'un film Blumhouse. Et le réalisateur a su créer une atmosphère qui maintient une tension sous-jacente en permanence, la technique de la caméra subjective aidant, mais surtout aussi par un montage brillant pour détourner l'attention du spectateur pour le surprendre et le faire sursauter.

John Carpenter est présent à travers la musique. Qui est correcte et dans la lignée de ses musiques de film, mais en moins synthétique.

Halloween [Blu-Ray]

dimanche 29 août 2021

La Nuit Des Masques (Halloween, 1h37, 1978) de John Carpenter

Avec Donald Pleasence, Jamie Lee Curtis, Nancy Kyes, P.J. Soles, Charles Cyphers, Kyle Richards, Kyle Richards, Brian Andrews, John Michael Graham, Tony Moran.

Halloween est le film qui a lancé la carrière de John Carpenter, par son succès commercial; mais pas sur le plan stylistique, car son film précédent, Assaut (1976) avait déjà marqué les esprits par son utilisation de la caméra.

Ici c'est le film de tueur en série à l'arme blanche qui est lancé, celui-ci s'attaquant de préférence à des adolescents ou des jeunes adultes. Le film donnera lieu à beaucoup de suites au sein de la franchise  Halloween, et de multiples plagiats.

Le film finalement ne contient pas une histoire très compliquée, mais plutôt une histoire simpliste. Ce canevas très simple permet à John Carpenter de soigner sa mise en scène, ses décors et sa lumière (beaucoup de séquence de nuit bien sûr): caméras subjectives, traveling, caméra portée, panoramique, en format large. Cet ensemble pour filmer souvent des décors sombres (de nuit ou dans une maison sans électricité), ou mieux, des bouts de décors sombres, ce qui permet de mettre la tension des qu'un personnage passe devant un bout de ces décors dans le noir.

À cette conception se rajoute la musique de John Carpenter, minimaliste, répétitive, mais contribuant parfaitement à chaque scène; musique qui pulse telle un métronome, sur des images qui ne bougent pas beaucoup, où le personnage attend inquiet, ou se déplace lentement, toujours inquiet.

Ce qui fait que le film fait régulièrement sursauter, c'est-à-dire qu'il contient régulièrement des surprises.

Le personnage de Donald Pleasance, psychiatre du tueur en série, mais qui se comporte plus comme un religieux qui affronte le mal absolu; dans une interprétation fiévreuse à fleur de peau, qui a un rôle important dans la montée de la tension.

Halloween [Combo Dvd + Blu-Ray] [Combo Blu-ray + DVD]

mardi 11 mai 2021

New-York 1997 (Escape from New York, 1981, 1h39) de John Carpenter

Avec  Kurt Russell, Lee Van Cleef,  Ernest Borgnine,Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hubley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau, Tom Atkins.

Le film matrice de John Carpenter où son sens de la série B est au summum. La promiscuité du budget fournit une patine riche avec des décors souvent dans l'ombre. La décoration est justement inventive, très accessoirisée, avec un superbe travail de Joe Alves. Ajoutons le travail photographique de Dean Cundey: beaucoup de noirs, de plans dans la pénombre, le film se déroulant lors d'une nuit. Que la dystopie est belle...

Avec une musique au diapason de la narration par John Carpenter et Alan  Howarth. La musique est à la  fois simple et simpliste, du plus bel effet et colore instantanément chaque plan: en la rythmant, en faisant montée la tension ou en jouant la surprise lorsqu'il le faut.

Du côté des effets visuels et effets spéciaux, le film garde son charme et tient toujours la route du spectaculaire (comme déjà évoqué, gros travail du département décoration).

Le film garde un ton sec et contient de belles bascules nerveuses dans le drame: les choses sont calmes, un détail annonciateur, et subitement tout bascule. Le film est une montagne russe. Le film contient de belles scènes-chocs. Une superbe en exemple: l'aspiration de Season Hubley par le sol avec avant quelques dialogues d'apaisement après une tension progressive qui monte (les habitants des égouts qui sortent en surface).

New York 1997

samedi 4 mai 2019

The Ward (2011) de John Carpenter

Avec Amber Heard, Mamie Gummer, Danielle Panabaker, Laura-Leigh, Lyndsy Fonseca, Jared Harris, Sali Sayler, Sean Cook, Sydney Sweeney, Mika Boorem, Milos Milicevic, Lonny W. Waddle.
The Ward : L'Hôpital de la terreur Blu-rayJohn Carpenter nous fait du Carpenter dans ce film qui est le dernier qu'il a réalisé jusqu'à maintenant. Nous y retrouvons sa mise en scène typique avec ses longs travellings ou ses panoramiques, ici dans un univers d'hôpital psychiatrique (couloirs, chambres, parties communes). Le film fait penser par moment aux scènes dans l'hôpital psychiatrique de L'Antre de la Folie (1994). Si le film ne fait pas forcément peur, car il est plus dans le registre du film de suspense, il contient néanmoins quelques séquences de surprises où le spectateur sursaute. Ce n'est pas un film d'horreur (même si graphiquement il s'y apparente), mais plutôt un film à suspense.
Sinon le film dans une unité de temps et de lieu permet d'allonger un ensemble de clichés et de choses déjà vu maintes fois ailleurs, mais plutôt bien emballés. John Carpenter est très fort pour filmer les décors et en tirer une atmosphère. En l'occurrence ici c'est cet hôpital psychiatrique avec son pavillon des handicapés mentaux, très cinégénique.
Le film n'est pas surprenant non plus dans le sens où nous devinons la fin et son retournement.
Par contre, ce qui manque fortement au film, et cruellement, c'est une musique à la John Carpenter! Ici il n'a pas composé la musique du film et cela se ressent fortement: elle est d'une banalité et remplie de clichés. Il est d'ailleurs curieux (et regrettable) de constater que depuis ce film John Carpenter se contente de faire vivre sa musique à travers des concerts et est devenu un musicien à temps plein et non plus un cinéaste.

samedi 30 janvier 2016

The Thing (1982) de John Carpenter

Avec Kurt Russell, T.K. Carter, Wilford Brimley, David Clennon, Keith David , Richard A. Dysart, Charles Hallahan, Richard Masur, Donald Moffat, Peter Maloney.

Le chef d’œuvre des chefs d’œuvre. La paranoïa. Le froid. La musique d'Ennio Morricone - qui ressemble à du John Carpenter pur jus -. La bête et les sculptures de Rob Bottin. La dramaturgie de série B voire série Z. Le beau travail de montage notamment sur les ellipses. Un film noir sur fond de neige. Le scénario ajusté et équilibré de Bill Lancaster (John Carpenter revient systématiquement sur la qualité du scénario de Bill Lancaster lors de ses interviews sur The Thing).
La force du film est son climat, l'atmosphère qu'il dégage. Revoir The Thing est un antidote à la diarrhée d'images de beaucoup de productions d'horreur (les found footages par exemple - évoqués ici à travers les images filmées par les Suédois... non, les Norvégiens -), ou de productions horribles (les films Marvel avec leur pornographie - on y montre tout, y compris tout ce qu'on peut montrer maintenant avec les images générées par ordinateur -).

vendredi 11 décembre 2015

Ghosts of Mars (2001) de John Carpenter

Avec Natasha Henstridge, Ice Cube, Jason Statham, Pam Grier, Clea DuVall, Richard Cetrone, Joanna Cassidy, Wanda De Jesus, Doug McGrath, Robert Carradine, Peter Jason, Rodney A. Grant, Rex Linn, Rosemary Forsyth.
 
Avec Ghost of Mars John Carpenter revient à de la bonne série B, avec une belle distribution et une direction artistique plutôt réussie. Côté distribution, une galerie d'habitués des séries B, des belles gueules.
Le film contient une petite dose d'humour noir (l'ouverture de la boîte de conserve à la machette).
Les séquences d'action restent molles, sans tonus, voire mal découpées et par moment manquant de lisibilité. Ce qui est regrettable. Est-ce un problème de montage? Ou un problème de réalisateur de seconde équipe?
L'univers et l'arrière-plan décrit, la vie et la société sur mars, matriarcale, sont intéressants et nous regrettons que ces éléments ne soient pas plus développés. Mais ils contribuent aux relations entre les personnages, féminins en particulier, entre Pam Grier, Natasha Henstridge et Clea DuVall).
Le méchant du film ne s'exprime que par cris ou grognements; cela est un peu ridicule et gâche le plaisir.
Natasha Henstridge est plutôt crédible et se révèle plutôt une actrice correcte.
La possession des corps est une thématique récurrente chez Carpenter: The Thing, Vampires, L'Antre de la Folie, par exemple. On peut se demander pourquoi il n'a jamais réalisé de film de zombies.
Bonne musique une nouvelle fois, signée John Carpenter.
Encore un film personnel: réalisation, co-écriture du scénario, montage, musique. Il est intéressant pour différentes raisons, mais lassant dès qu'il y a des séquences d'action.

Les Aventures de Jack Burton dans Les Griffes du Mandarin (Big Trouble in Little China, 1986) de John Carpenter

Avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, James Hong, Victor Wong, Kate Burton, Donald Li, Peter Kwong, Carter Wong, James Pax, Suzee Pai, Jeff Imada.
Serait-ce le chef d’œuvre de John Carpenter? Carpenter n'est jamais plus intéressant que lorsqu'il travaille pour un studio, et qu'il n'est pas maître de tout à bord. Les Mémoires de L'Homme Invisible, Starman, The Thing, et donc Jack Burton. Les meilleurs Carpenter sont ceux où il travaille sous contrainte.
La musique, signée Carpenter, toujours dans son style à lui, avec des orchestrations Rock, est aussi une de ses meilleures.
Ici il y a un mélange d'antihéros (Kurt Russell parfait en gros bourrin qui manque de délicatesse), de film d'action d'inspiration asiatique, de grotesque, de film fantastique et de film de monstre, d'humour, dans un florilège de poncifs de série, avec un léger recul, jamais condescendant. Kurt Russell n'est pas le héros, mais l'antihéros: ce n'est pas lui qui sort les gens des situations, mais son acolyte asiatique. Antihéros, pas très futé, contrairement au Snake Plissken de Escape from New-York. D'ailleurs ici les acteurs jouant les Chinois, que l'on voit toujours dans les autres productions étatsuniennes, où ils jouent les Chinois, peut être un peu caricaturalement, semblent ici jubiler d'interpréter ces personnages, basés sur des légendes chinoises.

jeudi 26 novembre 2015

Vampires (1998) de John Carpenter

Avec James Woods, Daniel Baldwin, Sheryl Lee, Thomas Ian Griffith, Maximilian Schell, Tim Guinee, Mark Boone Junior.

John Carpenter construit un film d'horreur, de vampires, qui se passe dans des décors désertiques et au soleil. Ce qui change des canons du genre.
Construit autour de séquences très verbeuses, menées par James Woods, dans une posture d'homosexuel refoulé, et de moments de violence gore quand nos chasseurs procèdent à l'exécution des vampires ou quand les vampires se vengent.
La qualité du film réside dans ce mélange de lenteur (avec les standards de montage hystériques post Tony Scott et Michael Bay, le montage de John Carpenter peut paraître mou), de musique rock (musique de Carpenter orchestrée en guitares électriques et batterie), de décors ensoleillés (plutôt inhabituel dans le film d'horreur), et de violence gore.
Au total, un film très personnel pour Carpenter (qui signe la mise en scène, la musique et le montage) mais que l'on a presque envie de trouver fatigué, pas au niveau de nervosité et de sécheresse, de légèreté, que l'on trouve chez lui quand il est en forme et qui est absente ici.
Un film en petite forme, en mineur.

mardi 6 novembre 2012

Los Angeles 2013 (Escape From L.A., 1996) de John Carpenter

Avec Kurt Russell, Steve Buscemi, Peter Fonda, Cliff Robertson, Valeria Golino, Stacy Keach, Pam Grier, Bruce Campbell, Georges Corraface, Michelle Forbes, A.J. Langer.
 
Bizarre comme le titre est (déjà) ridicule.
Ce n'est pas un grand Carpenter. Il manque du style, de l'élégance. Le film fait penser à une série-B qui essaie de se la jouer grand film d'action. Alors que visiblement les moyens ne sont pas forcements là au niveau des effets spéciaux, même s'il y a un gros travail sur les décors et les costumes.

Le film est aussi très influencé par la scénographie des jeux vidéo, avec toute les dix minutes un nouveaux plateaux. Cela permet de maintenir l'intérêt du spectateur. Et c'est là que l'on va trouver des plateaux plus ou moins intéressants. La clinique de Beverly Hills est rigolote avec ses monstres de la chirurgie esthétique. Le surf tsunami avec Peter Fonda est dynamique et cool avec une belle musique. Her-she et sa troupe sont  sympas. Par ailleurs d'autres séquences ne sont pas mémorables: l'attaque avec les ailes-deltas est par exemple poussive.
Un film inégal qui est sauvé par son casting bien incarné: Kurt Russel, George Corraface, Steve Buscemi, Valeria Golino, Pam Grier, Stacy Keach ou sont tous impeccables.
Bande-annonce Los Angeles 2013