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dimanche 6 novembre 2022

Big Fish (2h05, 2003) de Tim Burton

Avec Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup, Jessica Lange, Helena Bonham Carter, Alison Lohman, Robert Guillaume, Marion Cotillard, Steve Buscemi, Danny DeVito.

Les tics et le bestiaire de Tim Burton peuvent susciter l'intérêt, ou l'ennui, cela dépend des goûts. Cela dépend aussi des films. Son univers est cohérent. Ce Big Fish est dans la veine personnelle. Il s'agit d'une histoire plutôt sympathique qui permet à Tim Burton de créer un conte qui perturbe cette Amérique profonde. Il y a les lieux qui font peur. Il y a des personnages surnaturels et sympathiques, ou pas. Et des êtres plus ou moins effrayants, typiques du bestiaire de Tim Burton, mélangés aux clichés de la vie parfaite ou supposée rêvée.

Ensuite, l'histoire convie une empathie mesurée pour les différents personnages, avec en tête Billy Crudup et Ewan McGregor. Le personnage d'Albert Finney est lui plus problématique, et surtout la raison de l'intrigue, c'est-à-dire très fonctionnel, et ne suscite aucune empathie. Quant à Jessica Lange, elle est moins que fonctionnelle. Le film à au moins l'intérêt de convier une distribution riche et en général réussie.

Le film est sauvé par sa conclusion, pas prévisible, mais évidente, et tout ce qui précède n'a aucune raison d'exister si ce n'est de préparer cette fin qui est une libération des personnages et de l'arc dramatique.

À noter une très belle musique de Danny Elfman.

Big fish [Blu-ray]

samedi 29 septembre 2018

Jason Bourne: L'Héritage (The Bourne Legacy, 2012) de Tony Gilroy

Jason Bourne : l'héritageAvec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Scott Glenn, Stacy Keach, Donna Murphy, Michael Chernus, Albert Finney, Joan Allen, David Strathairn, Louis Ozawa Changchien, Corey Stoll, Alice Gainer.

Ce Jason Bourne n'est pas du tout déshonorant, bien au contraire. Il reprend les ficelles et les ingrédients de ce qui a fait le succès de la trilogie avec Matt Damon. Ici servi par un acteur, Jeremy Renner, qui tient la route, et qui fournit un personnage différent de Jason Bourne: plus ironique, il connait son passé, il plaisante avec son médecin. Il n'a pas la même personnalité que le personnage  de Matt Damon.
Il s'agit donc d'une continuation des précédents épisodes, traitée sous la forme d'un spin-off, avec des variantes.
Pour être plus précis, celui-ci se déroule en même temps que les deuxièmes et troisièmes de franchise avec Matt Damon. Le tempo et le style ne sont guère différents de la trilogie initiale, même si ici c'est le scénariste qui réalise. Les qualités requises de ce genre de production sont bien présentes. Par exemple un scénario plutôt tortueux qui permet de tenir en haleine le spectateur et l'empêche de deviner ce qui va suivre. Par exemple une distribution haut de gamme avec une pléiade d'acteurs confirmés. Par exemple un mélange de derniers cris technologiques avec des séquences dans la nature, ces séquences dans la nature étant la nouveauté de ce quatrième de franchise. Par exemple une succession d'épreuves pour notre héros qui parait à chaque fois dans une situation inextricable. Par exemple mêler à cette histoire une non-professionnelle que notre héros avec ses super dons doit gérer (ici Rachel Weisz).
Sur le plan de la franchise, l'intérêt de ce spin-off et de pouvoir à terme se faire opposer nos deux personnages, Jeremy Renner et Matt Damon, ou les faire travailler ensemble.
 Au total, dans la veine film d'espionnage à suspenses technologiques et d'action, le film rempli aisément son contrat.

dimanche 4 février 2018

La Vengeance Dans La Peau (The Bourne Ultimatum, 2007) de Paul Greengrass

Avec Matt Damon, Julia Stiles, David Strathairn, Scott Glenn, Paddy Considine, Edgar Ramírez, Albert Finney, Joan Allen, Tom Gallop, Corey Johnson, Daniel Brühl, Joey Ansah, Colin Stinton, Dan Fredenburgh, Lucy Liemann, Bryan Reents.

La Vengeance dans la peauCe troisième de franchise est maintenant cadencé par la volonté de Jason Bourne de savoir d'où il vient; il est toujours amnésique, mais joue avec ses anciens commanditaires qui se démènent pour le faire disparaître.
Les qualités du premier de franchise ont disparu. Place à l'action, à l'ultra-technologie et aux séquences de bravoure, avec toujours comme questionnement: comment  va-t-il s'en sortir. Et petit à petit remonter vers ses anciens patrons, pourris bien sûr.
Il est possible de sauver du découpage hystérique des séquences d'action mais néanmoins très spectaculaires, la séquence jubilatoire à la gare de Londres ou la poursuite à Tangier, qui sont des mélanges d'actions à mains nues, avec  une violence sèche de bon aloi, avec une exploitation de la géographie du lieu.
Franka Potente ayant disparu, les scénaristes embarquent Julia Stiles, et cela apporte un peu de respirations au scénario.
Cette trilogie se conclue sur une note ironique avec le rictus de Julia Stiles qui laisse penser que cela va continuer. Cette trilogie est de bonne tenue et très honorable.
Elle a d'ailleurs ringardisé la franchise James Bond et neutralisé la franchise Fast & Furious. Montage au cordeau, intrigues multiples et jubilatoires, actions spectaculaires, high-tech mesuré. Pas besoin ici de pouliche siliconée, pas besoin de phallocratie. Ce qui est étonnant est que Jason Bourne se sort de toutes les situations, ce qui est invraisemblable, mais finalement nous y croyons et adorons cela. C'est la force de cette franchise: c'est improbable, c'est invraisemblable, mais c'est réaliste et les personnages autour de Jason Bourne ne sont pas plus grands que nature. La distribution est d'ailleurs judicieuse.
Cette franchise est aussi la meilleure interprétation de Matt Damon: il n'a jamais été aussi bon.