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dimanche 12 juin 2022

La Bourse Et La Vie (1h30, 1966) de Jean-Pierre Mocky

Avec Fernandel, Heinz Rühmann, Jean Poiret, Marilù Tolo, Jean Carmet, André Gabriello, Jacques Legras,  Claude Piéplu, Darry Cowl, Michel Galabru, Andrex, Simone Duhart.

Ce Jean-Pierre Mocky mélange espièglerie, pingrerie et radinerie autour de trois personnages. Le premier est Jean Poiret dans le rôle du méchant avide d'argent qui utilise deux comptables dans une entreprise pour transporter de l'argent à son profit. Ces deux comptables sont un Marseillais interprété par Fernandel et un Alsacien (Heinz Rühmann, hilarant) dans des styles très différents bien sûr, qui vont devoir transporter cet argent ensemble à travers la ville de Bordeaux pour aller à la banque, et puis ensuite en train pour aller à Paris. Tout ceci est basé sur des quiproquos et le fait que ce qui est prévu par les personnages ne se déroule pas comme prévu, ce qui leur permet de côtoyer et rencontrer des personnages loufoques que nous voyons de manière régulière chez Jean-Pierre Mocky. Par exemple ici Jean Carmet dans le rôle d'un prêtre aveugle et chauffard. C'est aussi l'équipe de binoclards à qui Jean Poiret doit donner son argent, groupe iconoclaste dont nous ne comprenons pas bien le rôle, mais ce n’est pas grave, car ils amènent l'exotisme que l'on attend d'un film de Jean-Pierre Mocky. Et c'est aussi l'extraordinaire scène avec leurs confrères parisiens, où l'interprétation de Darry Cowl est géniale, avec Jacques Legras en complément dans la séquence. Dans les galeries de personnages un peu inhabituels, mais typiques du bestiaire Mockien, il y a la présidente directrice générale interprétée par une femme (Simone Duhart) se comportant comme un homme avec les mises en abyme qui en résultent.

Ceci n'est que faiblement subversif, mais au total plutôt sympathique parce qu'il y a un savoir-faire de Jean-Pierre Mocky et son équipe autour de tout cela et aussi grâce au fait qu'il a de très bons acteurs qui donc incarne parfaitement cette galerie d'hurluberlus.

La Bourse et la Vie

mardi 11 mai 2021

Buffet Froid (1979, 1h29) de Bertrand Blier

Avec Gérard Depardieu, Bernard Blier, Jean Carmet, Geneviève Page, Denise Gence, Marco Perrin, Jean Benguigui, Carole Bouquet, Jean Rougerie, Liliane Rovère, Bernard Crombey, 

Le principe du film est de prendre des situations banales, de la vie courante, de la vie de tous les jours, et de les tordre avec des éléments d'absurdité et des mises en abyme. Avec en arrière-plan le parcours d'un tueur.

Le film repose beaucoup sur les décors: le quartier de La Défense et ses tours, la nuit, les esplanades vides, les tours d'appartements vides, le terrain vague la nuit, la gare souterraine, le parking souterrain, les couloirs déserts, la verdure à la fin, le lac et les rochers. Tous étant déserts et vide. Y compris les appartements: celui de Gérard Depardieu qui n'a pas grand-chose d'humain, ou celui de Bernard Blier avec ses cartons non déballés. L'ensemble des décors du quartier de La Défense, couloirs, esplanades, quais, escaliers, halls, sont vides.  Ils accentuent le côté irréel du film, presque fantastique.

Le film est dur avec les femmes: il dénonce la misogynie et montre comment les femmes sont transformées en objet. Très beau personnage tragique de Geneviève Page.

Belle scène d'ouverture avec Michel Serrault sur le quai du RER à la station de La Défense.

Au total, symphonie pour mettre en abime les habitats industriels et dénoncer leur absence d'humanisme, le film reste étonnant et unique en son genre.

Buffet Froid

dimanche 14 mars 2021

Mélodie En Sous-Sol (1963, 1h58) de Henri Verneuil

Avec Jean Gabin, Alain Delon, Claude Cerval, Viviane Romance, Carla Marlier, Maurice Biraud, Henri Virlojeux, Jean Carmet, José Luis de Vilallonga, Rita Cadillac, Dora Doll, Germaine Montero.

Henri Verneuil semble avoir été un gestionnaire efficace. Le film ne traduit aucun point de vue du metteur en scène. Mais le film suscite un peu d'intérêt. Principalement pour sa dimension historique et sa distribution.

Du côte distribution, le type casting fonctionne à fond. Jean Gabin, paresseux, ne sait que sortir les mêmes expressions faciales et mimiques dont il abreuve ses interprétations, vues ailleurs. Pour servir, il est vrai les dialogues de Michel Audiard, par moment réussis. Mais dont le personnage qui se prend pour un cador et se révèle un cave (voir la conclusion du film, bienvenue et décevante pour le spectateur). Type casting aussi pour Maurice Biraud, parfait comme à chaque fois, mais dont l'interprétation ne change pas de film en film. Enfin Alain Delon, l'acteur principal du film (les scènes les plus intéressantes sont les siennes) est celui qui assure la continuité dramatique.

Du côté des personnages féminins, c'est la misogynie standard de l'époque qui s'exprime. Les deux seuls personnages féminins, la femme de Gabin (Vivianne Romance, subtile, face à un Jean Gabin balourd) et la danseuse suédoise (Carla Marlier, parfaite face à Alain Delon). Curieusement, dans ce film d'homme où les femmes ne sont que des faires valoir, ce sont les personnages les mieux écrits.

Le film de casse est un sous-genre à part entière. Depuis le recrutement et la création du gang, la préparation, la conduite et pour terminer, l'après-casse.

Le film est intéressant dans sa composante personnages, car nos cambrioleurs ne sont pas intelligents ni brillants. D'où la conclusion du film, un enchainement de mauvaises décisions qui conduira notre gang à ne pas jouir de l'argent volé.

Mélodie en sous-Sol [Édition Digibook Collector + Livret]

Le Bal Des Casse-Pieds (1992, 1h39) de Yves Robert

Avec Jean Rochefort, Miou-Miou, Jean Carmet, Odette Laure, Hélène Vincent, Jacques Villeret, Victor Lanoux, Wojciech Pszoniak, Guy Bedos, Michel Piccoli, Jean-Pierre Bacri, Valérie Lemercier, Véronique Sanson, Claude Brasseur, Patrick Timsit, Jean Yanne, Didier Pain.

Jean Rochefort est un vétérinaire entouré de casse-pieds. Ses clients, les amis (dont Jacques Villeret au top de son type casting), sa soeur (Hélène Vincent, parfaite). Mais il croisera Miou-Miou, qui va l'aider à trouver un sens à sa vie. Le film est une succession de scènes, voire de sketches, tous jubilatoires. Où chacun des acteurs se donne à fond. Parmi ceux-ci, outre Jacques Villeret ou Hélène Vincent, Victor Lanoux, Guy Bedos ou Jean Yanne, croquent des personnages jubilatoires qui harcèlent plus ou moins notre pauvre vétérinaire qui n'ose pas les envoyer paitre. Bref, Jean Rochefort est parfait dans ce personnage un peu pleutre qui est la victime des autres, quels qu'ils soient (clients, famille, amis). 

Parmi les personnages éphémères, qui disposent de leurs sketches, Guy Bedos, Michel Piccoli, Claude Brasseur, Jean-Pierre Bacri ou Jean Yanne composent des contributions brillantes, chacune dans un registre qui tient compte de leur mythologie, c'est à dire extrêmement caricaturales, mais qui fait mouche justement. La structure en enchainement de sketches n'est pas préjudiciable. L'unité est assurée par le personnage de Jean Rochefort.

Donc, qualité de l'écriture, humour qui fait mouche dans un univers de petite bourgeoisie, et jolie histoire d'amour avec le personnage de Miou-Miou qui apporte de la douceur et un certain romantisme dans ce monde de casse-pieds.

Le Bal des Casse-Pieds [Blu-Ray]

samedi 25 juillet 2020

Un Idiot A Paris (1967) de Serge Korber

Avec Dany Carrel, Jean Lefebvre, Bernard Blier, Robert Dalban, Micheline Luccioni, Fernand Berset, Jean Carmet, Albert Rémy, Bernadette Lafont, André Pousse, Paul Préboist, Philippe Avron, Yves Robert, Lucien Raimbourg.

L'idiot à Paris c'est Jean Lefebvre qui vient de sa campagne pour voir la tour Eiffel. Il est simple d'esprit et tout le monde se moque de lui dans son village. Il est agriculteur et parle à son cheval. À Paris il va rencontrer Dany Carrel prostituée au grand cœur, Bernard Blier patron tyrannique issu de l'Assistance publique, comme lui, ce qui crée des liens immédiats entre eux. Et plus généralement il passera plutôt inaperçu à Paris.
Un idiot à Paris [Blu-ray]Le film est l'occasion de confronter ce patron, ce simple d'esprit, et cette prostituée au grand cœur. En général servis par des dialogues de Michel Audiard qui sont par moment sublimes et qui servent parfaitement ces personnages. En particulier Dany Carrrel et Bernard Blier. Par exemple le personnage de la prostituée au grand cœur interprété dispose de beaux dialogues, au commissariat ou ensuite lorsqu'elle décide de prendre leurs destins communs  en main; ou Bernard Blier qui fait du très grand Bernard Blier dans la scène de la grève de ses employés ou alors au restaurant.
Le personnage le moins intéressant est celui de Jean Lefebvre même si c'est lui qui est la structure et l'ossature dramatique du film. Mais il est le faire valoir de ces personnages secondaires, ou de personnages que l'on ne voit qu'une seule fois. À ce titre le film contient deux séquences plutôt originales à la fois à la fois humoristiques et tragiques. La première est celle avec Yves Robert qui parle de son HLM, de sa femme et de sa vie horrible, séquence tragi-comique. Et la séquence avec Paul préboist en gardien de square, lui aussi parfait dans son registre.
Dans cet ensemble le réalisateur ne semble qu'un gestionnaire de mise en image du scénario. A noter qu'il a coécrit le scénario.

dimanche 22 décembre 2019

Le Retour Du Grand Blond (1974) de Yves Robert

Avec Pierre Richard, Jean Carmet, Jean Rochefort, Mireille Darc, Michel Duchaussoy , Jean Bouise, Paul Le Person, Colette Castel, Henri Guybet, Hervé Sand.

Le Retour du Grand Blond [Blu-Ray]Cette suite du grand blond avec une chaussure noire convie tous les ingrédients qui ont constitué les qualités du premier film. Ou presque, car l'ingrédient Mireille Darc est utilisé ici, mais plutôt dans un mode réduit. Grosso modo on la voit au début puis à la fin. Mais sinon toutes les grandes qualités du premier film sont présentes. Pierre Richard bien sûr dans un rôle de distrait et élastique. Mais c'est aussi l'ensemble de la distribution de second rôle avec en tête Jean Rochefort et Paul Le Person qui sont géniaux grâce à un scénario et des dialogues bien vus. Et Michel Duchaussoy qui remplace le personnage antagoniste de Jean Rochefort (Bernard Blier dans le premier film). Le film ajoute Jean Bouise dans le rôle du ministre ahuri, qui est parfait. C'est donc un festival de personnages de seconds rôles aux petits oignons écrit par les scénaristes Yves Robert et Francis Veber. Sans oublier Jean Carmet qui  passe d'un personnage qui subit à un personnage qui se révèle le plus intelligent du lot; son personnage prenant les choses en main.
N'oublions pas non plus la musique de Vladimir Cosma. Qui en plus ici pastiche celle de John Barry pour James Bond en reprenant son thème lorsque justement Pierre Richard joue a James Bond !

Le Grand Blond Avec Une Chaussure Noire (1972) de Yves Robert

Avec Pierre Richard,  Bernard Blier, Jean Rochefort, Mireille Darc, Colette Castel, Maurice Barrier, Paul Le Person, Jean Carmet, Robert Dalban, Jean Saudray, Robert Castel, Jean Obé.

Le Grand Blond avec Une Chaussure Noire [Blu-Ray]Ce film reste un chef-d'œuvre inégalé dans son genre. L'ensemble du casting depuis Pierre Richard jusqu'à Bernard Blier, en passant par  Jean Rochefort, Paul le Person, Jean Carmet, Mireille Darc et les autres constituent une référence dans son genre. Avec à la fois le personnage de Pierre Richard, mais dans un contexte d'espionnage dont seule Mireille Darc à l'intelligence de se rendre compte qu'il n'est pas un espion. Le trio Jean Rochefort, Bernard Blier et Paul Le Person est inénarrable. Rajoutons à cela la musique de Vladimir Cosma toujours aussi mémorable. N'oublions pas ici Pierre Richard qui crée son personnage de doux dingue qui fera sa renommée.
Le film contient ses séquences d'anthologie: l'entrevue entre Jean-Rochefort et Bernard Blier, la première rencontre entre Pierre Richard et Mireille Darc, avec sa robe ouverte jusque sur les fesses.
Les lignes de dialogue de Francis Veber font mouche. C'est un cinéma comique qui est réussi à tous les niveaux. Avec des personnages ultra-sérieux, hormis celui de Pierre Richard.
Et qui n'a pas besoin de séquence d'action énorme pour devenir mémorable. Ici ce sont les dialogues et les situations. Du grand art.

lundi 17 février 2014

LES FUGITIFS (1986) DE FRANCIS VEBER

Avec Pierre Richard, Gérard Depardieu, Jean Carmet, Maurice Barrier, Jean Benguigui, Roland Blanche, Didier Pain, Michel Blanc.



Le film de pote à la française. Avec Gérard Depardieu et Pierre Richard au sommet de leur popularité. Deux profils extrêmement différents qui doivent cohabiter pour des objectifs qui leur sont propres, mais qui finiront par s'apprécier, s'aimer et le film fini sur ce plan où notre couple Depardieu et Richard part en Italie avec leur enfant. Curieuse image avec une résonnance toute actuelle (voir le mariage pour tous).
Francis Veber confirme encore une fois son aptitude à peindre des personnages masculins dans une histoire où les femmes sont caricaturales, pour le peu qu'il y a: la petite fille, trop adorable, et la surveillante flic très militaire et rigide.
La comédie, la comédie dramatique, le comique et l'humour de situation fonctionnent parfaitement dans cette mécanique bien huilée servie par deux grands acteurs.
Francis Veber a l'élégance de ne pas faire durer son film (1h29) ce qui lui permet d'avoir une tenue sur la durée complète, sans temps morts.