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mardi 21 avril 2026

Le Relais De L'Or Maudit (Hangman's Knot, 1h21, 1952) de Roy Huggins

Avec Randolph Scott, Donna Reed, Claude Jarman Jr., Frank Faylen, Glenn Langan, Richard Denning, Lee Marvin, Jeanette Nolan.

Cela commence comme un western, avec la diligence, les espaces arides, puis il y a une bascule dont l'argent est le moteur, et le film continue de nuit dans un relais où les preneurs d'otages de la diligence sont assiégés par des gens, eux aussi motivés par l'argent (l'or du titre). L'argent est le prétexte. Cela permet à Roy Huggins de construire un film Noir où les kidnappés affrontent les kidnappeurs, et où ceux-ci affrontent ceux qui les assiègent. Les caractères et personnalités se manifestent au cours des évènements.

Le film n'épargne pas le spectateur : tentative de viol, lynchage par pendaison, couardises et trahisons. Le scénario de Roy Huggins est dense, égrenant ses rebondissements régulièrement. Et tout cela en 81 minutes ! C'est une production Harry Joe Brown et Randolph Scott de très bonne qualité, avec un scénario qui pourrait être transposé dans de multiples univers. À noter que Roy Huggins est surtout très connu pour sa carrière de scénariste pour des séries télévisées, et que celui-ci est le seul sur lequel il est crédité de metteur en scène.

Du côté de la distribution, Donna Reed domine dans un personnage qui possède de la substance. À noter que le titre original, "le nœud du pendu" est un titre intéressant, et est bien une composante de la noirceur du film. 

 Le Relais de l'or maudit [Édition Collection Silver] [Blu-ray]

 

lundi 30 mars 2026

La Prisonnière des Comanches (Comanche Station, 1h13, 1960) de Budd Boetticher

Avec Randolph Scott, Nancy Gates, Claude Akins, Skip Homeier, Richard Rust, Rand Brooks, Dyke Johnson, Foster Hood.

Randolph Scott a comme activité de retrouver les femmes blanches kidnappées par les Indiens. Il parcourt les territoires pour les échanger contre de la valeur marchande. Il rachète Nancy Gates aux Comanches et la conduit vers son mari. Celui-ci a offert une belle prime pour celui qui retrouve et ramène sa femme. Ceci est le point de départ. La prime suscitant l'intérêt de plusieurs chasseurs de primes, le chemin de retour ne sera pas de tout repos. Avec de plus des Indiens sur le sentier de la guerre, car mécontents pour d'autres raisons. Et avec aussi le sentiment que si le mari ne se charge pas lui-même de cela, c'est qu'il n’est pas un homme.

Tout ceci est mené encore une fois  avec le brio de Burt Kennedy au scénario, et le talent de Boetticher pour caractériser de manière simple ses personnages secondaires, ici Claude Akins et ses deux équipiers. À ceux-ci ajoutons des intentions cachées de Randolph Scott. Sans temps morts inutiles, soixante-treize minutes directes, pour une scène finale encore poignante pour Randolph Scott et sa quête.

Comanche Station [Édition Spéciale] [Blu-ray]

dimanche 15 mars 2026

La Chevauchée De La Vengeance (Ride Lonesome,1959) de Budd Boetticher

Avec Randolph Scott, Karen Steele, Pernell Roberts, James Best, Lee Van Cleef, James Coburn. 

Scénario, très original, de Burt Kennedy. Plus qu'original, c'est que tous les personnages secondaires  sont bien incarnés, écrits, existent en quelques secondes. Que ce soit Pernell Roberts et James Coburn (dans un premier rôle) qui discutent sur la signification du mot "amnestie" ou de leur volonté de devenir éleveurs ; mais, pour cela, ils doivent éliminer Randolph Scott. Que ce soit les méchants, James Best dans le rôle du frère demeuré qui est formidable dans tous ses plans, ou Lee Van Cleef, son frère, dans un petit rôle, mais très important pour l'arc dramatique, qui comprend ce qui se trame. Que ce soit Karen Steele dans le personnage féminin, qui sait manier les armes tout en ayant une belle plastique.
Avec en personnage principal, Randolph Scott, plutôt mutique, qui a des intentions non déclarées, que nous découvrons progressivement, mais qui attire tout le monde (pour le tuer). Le titre français divulgache déjà des choses. Le titre original est standard et conforme au personnage du solitaire.

Et tout ceci en 73 minutes :  images sublimes et inoubliables (le plan final !), histoire au cordeau sans temps morts, mais avec des temps calmes importants.

Sur le plan de la mise en scène, la scène d'ouverture est sublime : la grue (le film est en Cinémascope et en décors naturels) qui recadre Randolph Scott vers James Best en train de prendre le café. Et le plan final est extraordinaire avec l'arbre en feu d'une couleur orange, très symbolique et hyper interprétable. 

Avec une superbe musique, plutôt enjouée de Heinz Roemheld sur les plans de transitions lorsque les personnages se déplacent d'un point à l'autre. Musique enjouée qui semble célébrer les décors, tout en étant en décalage avec le drame qui se trame.

Le principal défaut serait l'attaque des Mescaleros, séquences d'action typique avec les Indiens, assez mollassonne et sans brio. C'est quand même un chef-d'œuvre de Budd Boetticher.

La Chevauchée de la vengeance [Édition Collection Silver Blu-ray + DVD] 

dimanche 27 février 2022

Tokyo Joe (1h28, 1949) de Stuart Heisler

 Avec Humphrey Bogart, Alexander Knox, Florence Marly, Sessue Hayakawa, Jerome Courtland, Gordon Jones, Teru Shimada, Hideo Mori, Charles Meredith, Rhys Williams.

Humphrey Bogart revient au Japon après la Seconde Guerre mondiale dans le bar qu'il a animé. Il y retrouve sa femme remariée. Ainsi que des mafieux japonais qui essaient de profiter de ses talents de pilote pour faire revenir au Japon des criminels de guerre.

Des documents d'archives tournés au Japon avec une doublure d'Humphrey Bogard nous font croire que cela a été tourné au Japon. Et les cascades avec son personnage sont mal doublés: on voit bien le cascadeur et que ce n'est pas Humphrey Bogard qui tourne et qui fait les prises de judos. Ces défauts techniques dénotent soit d'un manque de précision du réalisateur, soit d'un manque de moyen de la production (le film est produit par la société d'Humphrey Bogard). Probablement les deux.

Au final le film garde certaines qualités: comme cette histoire qui parle de l'immédiat après guerre au Japon, sujet rarement abordé. Où Humphrey Bogart l'Étatsunien a fraternisé avec un japonais et communique avec lui en se faisant des prises judo. Ceci est peu commun dans les films étatsuniens. L'amoureuse, Florence Marly, actrice française visiblement, est un peu fade, même si elle a un beau physique.

Le film n'est pas renversant, mais reste une curiosité.

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dimanche 29 novembre 2020

Les Deux Cavaliers (Two Rode Together, 1961, 1h49) de John Ford

Avec James Stewart, Richard Widmark, Shirley Jones, Linda Cristal, Andy Devine, John McIntire, Paul Birch, Harry Carey Jr., Henry Brandon, Woody Strode, John Qualen, Jeanette Nolan.

Quelle surprise.... John Ford n'a pas réalisé uniquement des films qui montrent comment les Étatsuniens devraient être, mais ici comment ils étaient (et sont toujours pour ce qui concerne le racisme). John Ford nous montre un Far West où il y a l'alcool, la saleté, le cynisme, le racisme, l'individualisme, l'appât de l'argent comme motivation, la bêtise (entre les deux fils tarés, et l'adjoint du shérif qui semble demeuré), et la justice expéditive (voir le lynchage du jeune indien) ou alcoolisée (les prisonniers libérés parce que le juge est ivre mort...). Voire le sexe avec Madame Gomez qui vient de donner naissance à un petit garçon, alors que son mari est mort depuis douze mois. Même les Indiens sont calculateurs avec Henry Brandon qui livre la femme de Woody Strode sachant que cela permettra de se débarrasser de lui.

La partition musicale (George Duning) n'est par contre pas du tout adaptée à la noirceur du film; elle est nominale et ressemble à n'importe quelle partition de Victor Young des années cinquante: mièvre à souhait.

Donc cet univers faiblement reluisant et engageant est surprenant chez John Ford. Mais cela fait du bien et empêche le film de sombrer dans la mièvrerie. Le film évite aussi la séquence chanson. Ce qui est très bien.

Le héros, ici James Stewart, qui n'est pas mutique comme dans le western spaghetti, mais en possède toutes les caractéristiques listées au début. D'ailleurs, la fin avec James Stewart qui part avec Linda Crystal ressemble plus à une convention narrative qu'à quelque chose de plausible.

Richard Widmark rentre plus dans la peau d'un personnage positif.

Les relations des deux personnages principaux avec leurs amoureuses respectives sont très bien écrites. Que ce soit James Stewart avec Annelle Hayes (dans le rôle de Belle, celle qui fait fuir James Stewart qui ne veut pas s'engager avec elle) puis Linda Cristal. Ou Richard Widmark avec (Shirley Jones, solaire). D'ailleurs le seul élément positif du film est la romance de Richard Widmark avec Shirley Jones.

Nous nous demandons si ce film n'a pas influencé ou créé le western spaghetti. Ceux-ci déboulant en 1963 et 1964 avec les films de Mario Caiano ou plus connus, ceux de Sergio Corbucci (Le Justicier du Minnesota, 1964) ou Sergio Leone (Pour une poignée de dollars, 1964). Le film est sorti en Italie en septembre 1961. Nul doute que Sergio Leone s'est précipité pour le visionner.

Les 2 cavaliers Blu-ray

samedi 4 avril 2020

3h30 Pour Yuma (3:10 to Yuma, 1957) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Van Heflin, Felicia Farr, Leora Dana, Henry Jones, Richard Jaeckel

Ce film de Delmer Daves est une curiosité, sans être pleinement convaincant.
15.10 do Yumy PosterLe sujet concerne le transport vers le train de 3h10 à Yuma d'un méchant interprété par Glenn Ford; ceci étant fait par Van Heflin, fermier, qui a besoin d'argent, et se retrouve seul à transporter le méchant, car personne d'autre ne veut le faire (ceux qui l'aidaient le quittent un à un). C'est un canevas de scénario déjà vu et fait et qui le sera encore.
Le scénario prend son temps pour installer ses différents personnages en préalable, avec d'un côté le fermier qui galère et de l'autre le bandit un peu insouciant, mais conscient dans certains nombres de valeurs.
Nous sommes étonnés aussi de la séquence avec Felicia Farr, scène de séduction où la relation avec Glenn Ford se termine au lit, plutôt moderne et un peu surprenante par rapport au reste de l'histoire et ce qui va suivre. Si ce n'est pour montrer et caractériser le personnage de Glenn Ford, qui après la dureté du début du film, montre une expérience et un recul sur la vie.
Nous sommes moyennement convaincus par la fin du film où finalement Glenn Ford aide Van Heflin qui possède une éthique et une certaine morale. Et accepte d'aller en prison.
La photo du film en noir et blanc aide beaucoup à l'ambiance et au ton âpre du film.