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samedi 4 avril 2020

3h30 Pour Yuma (3:10 to Yuma, 1957) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Van Heflin, Felicia Farr, Leora Dana, Henry Jones, Richard Jaeckel

Ce film de Delmer Daves est une curiosité, sans être pleinement convaincant.
15.10 do Yumy PosterLe sujet concerne le transport vers le train de 3h10 à Yuma d'un méchant interprété par Glenn Ford; ceci étant fait par Van Heflin, fermier, qui a besoin d'argent, et se retrouve seul à transporter le méchant, car personne d'autre ne veut le faire (ceux qui l'aidaient le quittent un à un). C'est un canevas de scénario déjà vu et fait et qui le sera encore.
Le scénario prend son temps pour installer ses différents personnages en préalable, avec d'un côté le fermier qui galère et de l'autre le bandit un peu insouciant, mais conscient dans certains nombres de valeurs.
Nous sommes étonnés aussi de la séquence avec Felicia Farr, scène de séduction où la relation avec Glenn Ford se termine au lit, plutôt moderne et un peu surprenante par rapport au reste de l'histoire et ce qui va suivre. Si ce n'est pour montrer et caractériser le personnage de Glenn Ford, qui après la dureté du début du film, montre une expérience et un recul sur la vie.
Nous sommes moyennement convaincus par la fin du film où finalement Glenn Ford aide Van Heflin qui possède une éthique et une certaine morale. Et accepte d'aller en prison.
La photo du film en noir et blanc aide beaucoup à l'ambiance et au ton âpre du film.


samedi 22 février 2020

La Dernière Caravane (The Last Wagon, 1956) de Delmer Daves

La dernière caravane PosterAvec Richard Widmark, Felicia Farr, Susan Kohner, Tommy Rettig, Stephanie Griffin, Ray Stricklyn, Nick Adams, Carl Benton Reid, Douglas Kennedy, George Mathews, James Drury, Ken Clark.


Delmer Daves est un des grands du Western. Voire peut-être le plus grand. Par rapport à un John Ford ou un Howard Hawks, ses westerns vieillissent beaucoup mieux. Probablement parce qui'ls ne contiennent aucun élément d'humour ou de comique (qui vieillissent très mal chez Ford ou Hawks).
Ici nous avons un film passionnant. L'histoire commence par un meurtre de sang-froid. Sans explication. Elle viendra à la fin du film. Le meurtrier est Richard Widmark (qui est un blanc élevé par les Commanches), qui va se retrouver à aider des pèlerins racistes (pas tous) mais appliquant la Bible et se voulant de bons chrétiens, donc accueillants. Ils vont être massacrés. Et il va les guider à travers le territoire hostile des apaches.
La Dernière CaravaneLa grande qualité du film est de cadencer par de petites scènes positives (ou des scènes d'intimité entre deux personnages), puis des scènes de violences, avec un crescendo. Avec une première grosse surprise qui réoriente l'histoire pour la rendre plus dramatique (le massacre).
Bien que tous les chromos du western avec caravane et Indiens soient présents, le film est passionnant à suivre, grâce à la richesse de ses personnages et par la beauté des images.
En évoquant la beauté, coté personnages, la distribution féminine est très riche et magnifique: Felicia Farr, le love interest, Susan Kohner, la métis, demi-soeur de Stephanie Griffin, troisième personnage féminin clef, qui elle est raciste et bigote.Tout ce beau monde évoluera au gré des évènements dramatiques auxquels ils vont être confrontés.

dimanche 17 février 2019

Cow-Boy (1958) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Jack Lemmon, Anna Kashfi, Brian Donlevy, Dick York, Victor Manuel Mendoza, Richard Jaeckel, King Donovan, Vaughn Taylor, Donald Randolph, James Westerfield, Eugene Iglesias.

Cow-boy - Blu Ray
Comme son titre l'indique, le film nous raconte la vie des gardiens et conducteurs d'un troupeau de bovins, au mode de vie nomade dans l'ouest faisant transiter les troupeaux du Mexique (ici) vers la grande ville où il y a le marché au bétail, et l'opéra. À la tête, le patron, c'est Glenn Ford, dans un rôle plutôt expressif, mais dont l'interprétation toujours un peu rentrée lui donne une force certaine. Jack Lemmon est le citadin qui souhaite retrouver l'élue de son coeur, Mexicaine dont le père refuse qu'elle s'amourache d'un valet de chambre (situation au début de Jack Lemmon).
Tout ce beau monde au grès du déplacement du troupeau aura des hauts et des bas, des désillusions, des drames. Le tout avec un arrière-plan presque documentaire: nous suivons la vie des ces gardiens de vaches, à travers les évènements qui rythment les déplacements: la nuit, les repas, un décès, les Indiens, les animosités, gestion des animaux qui représentent des dollars.
Bref le film n'est pas dans ses décors, qui ne sont pas travaillés picturalement, mais dans les personnages, leurs noirceurs et obsessions et comment elles évoluent au cours du récit (Edmund H. North et Dalton Trumbo au scénario). D'une manière générale, l'ensemble du casting est plutôt bien écrit et fait interagir un ensemble de personnages de manière habile.
Beau travail pour un western plus riche que la moyenne.

samedi 16 février 2019

L'Homme de Nulle Part (Jubal, 1956) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Ernest Borgnine, Rod Steiger, Valerie French, Felicia Farr, Basil Ruysdael, Noah Beery Jr., Charles Bronson, John Dierkes, Jack Elam, Richard Burton.

L'Homme de nulle part Blu-rayL'homme de nulle part, c'est Jubal, Glenn Ford (tout en retenu dans une interprétation sobre et puissante), qui est retrouvé gisant sur un chemin de terre par un propriétaire (beaucoup de terres et beaucoup de vaches) interprété par Ernest Borgnine, qui lui propose immédiatement un travail dans son ranch. Rejoindre le ranch veut dire susciter l'intérêt de la femme d'Ernest Borgnine (Valérie French, brune), susciter l'intérêt, c'est-à-dire la détestation, du revendiqué contremaitre (Rod Steiger, dans un jeu tout en extériorisation et outrances - il en fait des tonnes comme tous les malades de l'Actors Studio -). Détestation, car il sent le mouton (nous sommes dans le monde des garçons de ferme qui s'occupent du bétail bovin) et donc détesté des cowboys (les vaches ont besoin d'espaces, les moutons de clôtures), mais aussi, car il est un rival pour la femme du patron. Et assez vite Valerie French lui fait des appels sans dissimulation.
Le patron le nommera assez vite contremaître, c'est-à-dire son second, ce qui n'introduira pas de l’apaisement. Intrigues amoureuses, rivalités de pouvoirs, recherche d'une famille pour Jubal (très belle scène où il explique ce qui est arrivé à son père et comment s'est comporté son père): un cocktail qui fonctionne bien. À cela, ajoutons des pèlerins pas trop intégristes dont une des jeunes femmes (Felicia Farr, blonde) tombe instantanément amoureuse de Jubal. Ce qui encore n'est pas fait pour apaiser les tensions.
Le tout est dans un ensemble de décors naturels magnifiques, filmés avec un format panoramique avec de très belles couleurs. Avec une impression de documentaire sur la vie dans un ranch et la vie de cette communauté (le syndicat des propriétaires de la vallée).
Le scénario est bien écrit: chaque personnage, même les secondaires sont écrits de manière à les caractériser plutôt finement et à ce qu'ils enrichissent la dramaturgie (le personnage de Charles Bronson par exemple).
Au total ce western, très bavard et sans grande scène d'action, est un classique instantané.