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samedi 8 mars 2025

Brannigan (1h51, 1975) de Douglas Hickox

Avec John Wayne, Richard Attenborough, Judy Geeson, Mel Ferrer, John Vernon, Daniel Pilon, John Stride, James Booth, Arthur Batanides, Ralph Meeker, Lesley-Anne Down.

John Wayne fait du John Wayne dans ce polar qui capitalise sur le succès de la franchise Dirty Harry (L'Inspecteur Harry de Don Siegel date de 1971, Magnum Force de Ted Post date de 1973). Pourquoi pas. Nous apprécions la brutalité du personnage, même si elle est très mesurée et n'a rien à voir avec celle de Harry Callahan : le lieutenant Brannigan est un agneau à côté. La différence d'âge est telle qu'il n'était pas possible de faire le même personnage, en particulier dans sa relation aux femmes. Néanmoins, quand un filon apparaît au box-office, il est normal d'essayer de l'exploiter. L'urbanisme de la franchise Dirty Harry est très différent ; ici ce sont les décors de Londres, ce qui produit un climat très différent.

Par ailleurs, le scénario s'essaye à comparer le culturel entre les USA et le Royaume-Uni. Avec en filigrane, la même idée qu'Un Shériff A New York (Coogan's Bluff, 1968, Don Siegel). Cet antagonisme n'est heureusement pas trop insistant même si par moment pas léger. La distribution de second rôle est de qualité, avec Richard Attenborough, Mel Ferrer et John Vernon. Douglas Hickox gère son scénario et l'illustre bien (Gerry Fisher à la photographie). Le scénario est travaillé pour convier certains clichés de la mythologie John Wayne (à noter que quatre scénaristes sont crédités). Il ne devait pas être évident de diriger un monstre comme John  Wayne. La vision du film est rehaussée par la présence de Judy Gleeson pour la caution romantique.

Et il faut reconnaître que la première scène où apparaît John Wayne est jubilatoire.  Ce qui a le mérite d'installer le personnage. Et d'éviter enfiler des scènes identiques par la suite.

Brannigan

samedi 9 octobre 2021

Le Crocodile De La Mort (Eaten Alive, 1h31, 1976) de Tobe Hooper

Avec Neville Brand, Mel Ferrer,  Carolyn Jones, Marilyn Burns, William Finley, Stuart Whitman, Roberta Collins, Robert Englund, Kyle Richards.

Tobe Hooper sait créer des univers fermés, glauques où vivent des personnes démentes. Pour ce deuxième film, juste après son Massacre A La Tronçonneuse (1974), il s'agit ici d'un hôtel dont le propriétaire est dément, tueur en série, et qui possède un crocodile comme animal de compagnie (le crocodile du titre est anecdotique, les qualités du film ne sont pas sur celui-ci).

Cet hôtel est peu engageant, mais il y a toujours des clients qui arrivent pour demander des chambres pour la nuit, heureusement pour le scénario et le film. Le film regorge de personnages troubles ou excessifs, surtout masculins, que ce soit du côté du propriétaire de l’hôtel (Neville Brand, excellent en malade mental bigot), ou des clients: William Finley (en mari masochiste), Robert Englund (en idolâtre de son pénis),

Le travail sur les décors (de studio), poisseux, combiné à une bonne direction d'acteur, avec un peu de nudités, fonctionnent parfaitement. Avec en plus un enfant que le tueur persécute, ce qui est plutôt rare dans les films étasuniens.

Le Crocodile de la Mort

 


mercredi 19 août 2020

Elena Et Les Hommes (1956) de Jean Renoir

 Avec Ingrid Bergman, Jean Marais, Mel Ferrer, Jean Richard, Jacques Jouanneau, Juliette Gréco, Pierre Bertin, Dora Doll, Frédéric Duvallès, Renaud Mary, Jacques Morel.

Elena et Les Hommes [Blu-Ray]Nous retrouvons dans ce film la caricature de la vision des Français que nous pouvons trouver dans un film hollywoodien des années cinquante. Il manque juste la baguette et le béret. Le film est très bruyant et braillant. Ça cri, ça chante, ça bouge beaucoup dans le plan, ça rentre d'un côté pour repartir de l'autre. Comme dans une pièce de théâtre de boulevard. Avec la caricature de la femme, de l'amoureuse, de l'amant, de la maitresse.
Bref, cet ensemble manque cruellement de finesse et est extrêmement lourd. Ce qui date violemment le film, qui devient assez vite ennuyeux.
Et ceci avec la direction d'acteur qui va avec: elle est balourde et sans aucune finesse.
Le seul élément de finesse est le visage d'Ingrid Bergman, dont tous les hommes tombent amoureux. Et ceci de manière exagérée. Hormis son charme physique, sa personnalité est peu développée. Le personnage de Jean Marais, qui est le pivot dramatique, est assez creux et sans substance. Et nous ne comprenons pas vraiment pourquoi il tombe amoureux d'Ingrid Bergman, hormis parce que c'est Ingrid Bergman, et donc pour des ficelles scénaristiques.
Les images sont magnifiques et explosent avec de multiples couleurs. Il y a beaucoup de décors, beaucoup de costumes. Donc beau travail du directeur de la photographie, des décorateurs et costumiers. Pour le reste...