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mardi 9 juin 2026

L'Homme Qui Voulu Etre Roi (The Man Who Would Be King, 2h09, 1975) de John Huston

Avec Sean Connery, Michael Caine, Christopher Plummer, Saeed Jaffrey, Doghmi Larbi, Jack May, Karroom Ben Bouih, Mohammad Shamsi, Shakira Caine, Albert Moses

Dans une colonie aux confins du Pakistan et de l'Afghanistan, pendant la colonie de l'Inde sous l'Empire britannique au XIXe siècle, des escrocs britanniques vont à l'aventure dans une région qui n'a jamais vu d'hommes blancs et qui, par un quiproquo, prennent l'un deux pour un Dieu. C'est Sean Connery qui est l'élu, et qui finalement se prend au jeu et oublie la raison première de leur venue : piller leur richesse, la cupidité, la recherche de l'or, la recherche de pierres précieuses. Michael Caine est son acolyte qui garde le sens des réalités et qui voit l'évolution et se rend compte progressivement de l'évolution de son compère. Bien sûr les choses ne se dérouleront pas comme ils l'espèrent, ni pour l'un ni pour l'autre, et cela aboutira à un nombre certain de déceptions de chacun d'eux. 
Le film commence par un voyageur qui raconte l'histoire, le film étant un retour en arrière, et se termine par là où il a commencé.

À noter une très belle musique de Maurice Jarre. 

poster du film Bande-annonce L'Homme qui voulut être roi 

samedi 25 décembre 2021

Pulsions (Dressed To Kill, 1h44, 1980) de Brian de Palma

Avec  Michael Caine, Angie Dickinson, Nancy Allen, Keith Gordon, Dennis Franz, David Margulies.

Il s'agit de la version "unrated", c'est à dire avec les plans sur le pubis d'Angie Dickinson, mais aussi sur ses seins (qui sont en fait ceux de sa doublure corps). Le film est très direct dans ce qu'il montre: sexe, lacérations aux rasoirs. Mais ses qualités ne sont pas exclusivement là.

Passons outre les morceaux de bravoure dont Brian de Palma est un spécialiste: la séquence dans le musée (de la pure mise en scène), la séquence chez l'inconnu jusqu'à la redescente dans l’ascenseur et le meurtre (pareillement, séquence sans dialogue de pure mise en scène et montage); la séquence de Nancy Allen chez le psy Michale Caine à la fin, superbe de tension contrôlée et d'interprétation. Nous pourrions rajouter la séquence de la douche, surprenante parceque débutant le film et mettant l'emphase sur le personnage d'Angie Dickinson, qui disparaitra bientôt pour faire basculer la narration sur d'autres personnages.

Le film fonctionne, car ses personnages sont intrigants, attachants ou paumés, ou pas. Angie Dickinson, Nancy Allen, Keith Gordon, Michael Caine génial dans une interprétation toute en retenue et moues subtiles, Dennis Franz très bien dans un rôle peut présent à l'écran, mais important. Brian de Palma est un grand directeur d'acteur, ce qui est fondamental pour que sa mise en scène baroque et peu subtile fonctionne.

Et bien sur, constituant essentiel, la musique de Pino Donaggio, très organique tout en étant symphonique, nourrie les scènes pour démultiplier leur impact. De la belle ouvrage très pensée.

Pulsions [Blu-Ray]

vendredi 5 février 2021

Tenet (2020, 2h20) de Christopher Nolan

Avec John David Washington, Elizabeth Debicki, Robert Pattinson, Dimple Kapadia, Michael Caine, Kenneth Branagh, Martin Donovan.

Le film a de grandes ambitions. Et il faut reconnaitre que le film contient des éléments spectaculaires et uniques, mais aussi des éléments ridicules.

Un élément amusant, probablement involontaire, et pas recherché par le réalisateur: la manière de se déplacer des personnes qui sont à l'envers, en reculant, fait penser à des singes ou a des handicapés physiques ! Notamment dans des plans d'ensemble.

Le film nous montre que le CGI porn arrive à faire des choses réalistes et impressionnantes. Les progrès sont impressionnants au niveau des rendus réalistes.
John David Washington surjoue dans la majorité de ses plans et ne suscite pas beaucoup d'empathie, voire de l’antipathie. Le réalisateur n'a pas le temps de lui créer un background, une histoire pour que le spectateur s'attache à lui; l'histoire est contée de son point de vue, qui est celui de quelqu'un qui ne comprend pas ce qui se passe.
Si nous continuons sur la distribution, il y a Kenneth Brannagh qui est ridicule et en totale roue libre avec son accent russe. Comment peut-on autant manquer de discernement et laisser cabotiner Kenneth Brannagh? Un acteur russe aurait servi le personnage (l'alibi de sa binationalité anglais de fonctionne pas). Pour terminer sur la distribution, l'élément le plus intéressant et passionnant du film est Elizabeth Debicki qui grâce à son physique hors norme absorbe et phagocyte tout ce qu'il y a autour lors de chacune de ses apparitions. Elle fait penser à un extraterrestre. Belle surprise du film.
Autre qualité dans la distribution: Robert Pattinson est parfait et révèle encore une fois son talent d'acteur.

Le travail sur l'image et ses dimensions est superbe et impressionne: le film est visuellement somptueux et les changements de rapports de l'image donnent un impact visuel au film. À voir si cela fonctionnera aussi bien si le film est visionné sur tablette ou ordiphone (principaux diffuseurs dorénavant).

Par moment le montage  à la serpe avec des ellipses un peu brutales sur les mouvements de personnages entre un lieu à un autre accroche l'oeil et donne une impression de coupe pour accélérer. Est-ce un choix artistique du réalisateur et du moteur? Néanmoins dans un film qui donne l'impression d'une maîtrise complète cela fait un peu bizarre et en tout cas se remarque.

Christopher Nolan s'est bien amusé avec la séquence finale de progression des troupes au sol entre les bâtiments de la mine abandonnée; cela n'est pas sans rappeler le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. 

Par ailleurs, un bon film étatsunien a besoin d'un bon méchant. Ici le méchant russe ridiculement interprété passe son temps à bavasser pour raconter sa vie ceci entre différentes scènes d'action. Il parle avec un ton sérieux et sentencieux. Il n'a pas d'humour. Il suscite le rire. Cela est étonnant que dans un film hyper travaillé à forte prétention et ambition des éléments ridicules comme ceux-là apparaissent.

Tenet [Blu-Ray]

mercredi 19 août 2020

Youth (2015) de Paolo Sorrentino

Avec  Rachel Weisz, Paul Dano, Harvey Keitel, Michael Caine, Alex Macqueen, Dorji Wangchuk, Roly Serrano, Nate Dern.

Film sur le cinéma: un vieux réalisateur essaie de réaliser son dernier film, son film-testament, dont il n'arrive pas à trouver la fin. Harvey Keitel, en mode d'interprétation nominale. Son actrice principale, une vieille star, Jane Fonda, méconnaissable, qui finit par lui avouer qu'elle ne veut pas tourner avec lui. Film sur la musique: Michael Caine est un vieux chef d'orchestre et compositeur à la fin de sa vie qui prend sa retraite brutalement.
Bande-annonce YouthTout ce beau monde, plus un sosie de Diego Maradona, plus une Miss Univers, plus la fille du chef d'orchestre (Rachel Weisz, parfaite comme à chaque fois) qui a des soucis conjugaux, plus un acteur célèbre à état d’âme (Paul Dano), se retrouvent dans un hôtel de luxe qui fait aussi clinique et centre de soins pour millionnaires à états d’âme.
Il s'agit d'un film pour Palme d'Or ou Prix du Jury ou Grand Prix à Cannes: nous y retrouvons les qualités ou défauts de The Lobster (2015, Yorgos Lanthimos) ou The Square (2017, Ruben Östlund) et autres de Michael Haneke: peu de lien avec une réalité contemporaine: il s'agit de riches, bourgeois ou pas, qui ont des états d’âme et des soucis sur leur vie ou leur fin de vie. Est-ce un sujet intéressant en cette période du vingt et unième siècle, oui s'il y a du drame, de la souffrance, mais cela est sans lien avec aucune des problématiques politiques, sociales ou sociétales actuelles.
Dans les qualités: le film contient des plans sublimes (formellement, Luca Bigazzi à la photographie), des mises en abime ou des dialogues savoureux et quelques belles séquences qui impriment l’œil.
Michael Caine et Harvey Keitel sont dans leurs interprétations standards. Harvey Keitel, éternel second rôle, toujours médiocre qui restera pour sa seule interprétation de qualité : le Bad Lieutenant (1992) d'Abel Ferrara. Nous nous demandons si ces personnages n'auraient pas nécessité de grandes stars, plutôt que des acteurs confirmés sans charismes.