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dimanche 13 septembre 2020

Pulp Fiction (1994) de Quentin Tarantino

Avec Tim Roth, Amanda Plummer, John Travolta, Samuel L. Jackson, Bruce Willis, Ving Rhames, Rosanna Arquette, Eric Stoltz, Uma Thurman, Harvey Keitel.

Pulp Fiction PosterLa fiction pulpeuse de Quentin Tarantino fonctionne bien et résiste au temps. Les personnages restent encore extrêmement stupides et d'ailleurs Quentin Tarantino, à ce titre, est un des grands metteurs en scène de personnages crétins, que nous pouvons mettre dans le groupe de tête des Woody Allen et frères Coen (Joël et Ethan). Grands spécialistes des personnages stupides,  grands spécialistes des personnages crétins qui parlent pour ne rien dire, qui ont des idées catastrophiques, qui créent leur drame.
Si nous mettons à plat les différentes scènes, nous nous rendons compte qu'il n'y a pas d'histoire et c'est là la force du film: une succession de scènes toutes parfaitement maîtrisée au niveau des dialogues, de l'interprétation, voire de la mise en scène qui sont liés plus ou moins à d'autres, mais il est impossible de raconter une histoire. Il n'y a pas un point A et point B clairs, mais de petits pas d'un groupe de personnages. C'est-à-dire de petites histoires pour chacun des personnages. Le boxeur, les deux tueurs, le mafieux, les 2 braqueurs de café, etc. Bref tout ce petit monde qui ne fait rien si ce n'est parler et rejoignent les autres par moment et par intermittence, avec un dernier tiers qui montre les liens entre les différentes histoires. Pour donner un ensemble brillant, toujours ludique, délicieusement vulgaire, à revoir et visionner. Il faudrait que des chercheurs étudient le film pour voir ce qu'il dit sur la société et l'environnement dans lequel il a été créé. Probablement pas grand-chose. Mais comme le film est un exercice de style très brillant, le film reste très impressionnant.

lundi 27 février 2017

Les Huit Salopards (The Hateful Eight, 2015) de Quentin Tarantino

Avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Michael Madsen, Tim Roth, Demian Bichir, Bruce Dern, Channing Tatum, Zoë Bell, Dana Gourrier, Gene Jones, Lee Horsley, Craig Stark, James Parks.
Les 8 Salopards Steelbook Blu-rayAprès quatre navets successifs Quentin Tarantino revient avec un bon film et même peut-être son meilleur film. En tout cas c'est probablement son meilleur film depuis Jackie Brown. Peut-être parce que le film possède une unité de lieu.
Une des grandes qualités du film est de faire monter progressivement la tension au sein de cette taverne avec ses personnages contraints de rester à cause de la tempête de neige extérieure. Par de très petites touches, petit à petit, à travers les dialogues qui sont comme d'habitude prolixes, la tension monte petit à petit et nous nous disons qu'il se trame quelque chose. Même si nous ne comprenons pas de suite ce qui se trame. En tout cas nous sentons qu'il va se passer quelque chose. À travers une multitude de dialogues et d'histoires racontées par les personnages à tour de rôle, il se passe peut-être différentes choses, mais on se dit que tout ceci est inutile et qu'il y a une autre chose qui se trame. Ce que le personnage de Kurt Russell comprend de suite (bonne vieille règle scénaristique).
Des grandes qualités du film sortent en tête son comique gore, sanguinolent, effroyable. La tête de Channing Tatum qui explose un moment où on ne l'attend pas. C'est hilarant. Les vomissements de sang de Kurt Russell après son empoisonnement et sa dernière donne sur  le visage de Jennifer Jason Leigh sont aussi d'un haut niveau comique. Et tous les éléments de violence sanguinolente y concourent dans le dernier tiers du film.
Le film contient son lot de séquences inutiles qui ont principalement pas beaucoup d'intérêt vis-à-vis de l'intrigue principale (le film dure presque trois heures). La séquence de la torture et de l'assassinat du fils de Bruce Dern nous paraît gratuite, voire ennuyeuse. Son seul intérêt est peut-être de permettre d'exprimer des fantasmes d'homosexualité. La séquence de flash-back où nous est montrée l'arrivée le matin de la bande avec Channing Tatum est inutile (elle est introduite par une voix-off inutile - un intertitre aurait suffit voire rien du tout: le spectateur aurait compris). Si ce n'est à Channing Tatum d'avoir un peu de dialogues et d'explications pour expliquer pourquoi des gens pourraient avoir de l'intérêt pour le personnage de Jennifer Jason Leigh, qui n'en a littéralement aucun (à part ses 10000 dollars de valeur, morte ou vive).
Les Huit salopardsNous sommes aussi surpris de la médiocrité de l'interprétation de Michael Madsen et de Tim Roth dont les personnages sont pratiquement sans intérêt.
Bruce Dern dans son rôle un peu passif est un peu gâché , n'apporte pas grand-chose si ce n'est d'être de la matière pour faire valoir le personnage de Samuel Jackson.
Par contre le film est un festival Samuel Jackson qui porte le film. Kurt Russell est aussi parfait et confirme qu'il est probablement l'acteur le plus sous-estimé de sa génération. Mais la découverte du film est celle de Walton Goggins, qui avec Samuel Jackson, porte le film. Nous apprécions aussi la musique d'Ennio Morricone qui bien sûr rappelle fortement la musique de The Thing (1982)de John Carpenter. On comprend en lisant les interviews de Tarantino que ce film est en quelque sorte un hommage au film de John Carpenter. Nous y retrouvons certains éléments effectivement: la paranoïa, la promiscuité du lieu, la neige, le froid, l'impossibilité de partir.
Autres qualités du film, ce sont les magnifiques décors de neige qui entourent et qui préfigurent les scènes de huis clos à l'intérieur de la taverne. Magnifiques images en cinémascope qui donnent une puissance au film.
Le film contient de multiples scènes d'anthologie. Principalement toutes celles où il y a du sang à l'image! Quentin Tarantino laissera son empreinte en tant que réalisateur du sang !

vendredi 28 mars 2014

LITTLE ODESSA (1994) DE JAMES GRAY



Avec Tim Roth, Edward Furlong, Moira Kelly, Maximilian Schell, Vanessa Redgrave, Paul Guilfoyle.

Rattrapage pour ce beau film, polar, film de gangsters, film de famille, drame, assez prenant, dont on devine une conclusion dramatique mais qui n'est pas celle que l'on imaginait.
Les partis pris de James Gray donnent une force au film: peu de musique si ce n'est qu'a quelques moments, musique chorale; ne pas hésiter à filmer les personnages de dos, en plan rapproché ou d'ensemble; la photo avec ses couleurs très uniformes, presque monochrome; et le choix de finir le film là où les schémas et patrons auxquels le spectateur est habitué ne vont pas.
On comprend où Ryan Gosling a pris ses idées de jeu: il copie Tim Roth depuis plusieurs films maintenant! Bien que le personnage de Tim Roth soit plus bavard que le Gosling de routine.
De la très belle ouvrage.