Affichage des articles dont le libellé est John Powell. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est John Powell. Afficher tous les articles

samedi 17 mai 2025

Don't Worry Darling (2022) de Olivia Wilde

Avec Florence Pugh, Harry Styles, Chris Pine, Olivia Wilde, KiKi Layne, Gemma Chan, Nick Kroll, Sydney Chandler, Kate Berlant, Asif Ali, Douglas Smith.

Le propos du film est de nous présenter une société parfaite où les gens vivent en harmonie, mais une société de type phallocratique, les femmes faisant la cuisine, le ménage, et le mari travaillant, dans le style d'une vie des années 50 en Amérique du Nord. Cette "communauté" est regroupée dans un désert. Les maris allant tous les matins en même temps, chacun avec une voiture, travailler au même endroit, dans quelque chose comme un centre de recherche. C'est l'argument initial du film.

Il va apparaître que ce monde si parfait, d'un point de vue phallocratique, rempli de belles couleurs et de beaux vêtements, ne l'est peut-être pas complètement. Il est peut-être artificiellement parfait.  De petites touches sont égrenées au cours de la première moitié du film.

Chris Pine est le chef de cette communauté, de cette secte pourrait-on dire. Le film, sous des atours de mise en forme luxueuse, n'est pas parfait et manque d'originalité sur son scénario. Et il pourrait être de plus plus sombre, plus noir, plus pervers. Nous comprenons bien que cette communauté représente une vision parfaite de la vie par ceux qui l'ont construite ; les idéaux qu'elle porte sont bien maigres, assez restreints, pour donner vie à une communauté étriquée. Nous aurons l'explication dans le film. C'est peut-être là l'intérêt du film : nous donner à voir l'idéal familial et féminin des hommes états-uniens.

D'ailleurs le scénariste et sa réalisatrice n'ont pas convié la composante religion dans ce monde parfait, croyance en dieux, le livre référentiel (par exemple la Bible). Car finalement le dieu est le chef de la communauté, Chris Pine.

Olivia Wilde et sa scénariste Katie Silberman on fait du beau boulot, même si le film n'est pas exempt de longueur lorsque nous avons compris ce qu'il en retourne, le film aurait pu accélérer (les deux heures de durée sont excessives pour un tel sujet).

poster du film Bande-annonce Don't Worry Darling

dimanche 4 février 2018

La Vengeance Dans La Peau (The Bourne Ultimatum, 2007) de Paul Greengrass

Avec Matt Damon, Julia Stiles, David Strathairn, Scott Glenn, Paddy Considine, Edgar Ramírez, Albert Finney, Joan Allen, Tom Gallop, Corey Johnson, Daniel Brühl, Joey Ansah, Colin Stinton, Dan Fredenburgh, Lucy Liemann, Bryan Reents.

La Vengeance dans la peauCe troisième de franchise est maintenant cadencé par la volonté de Jason Bourne de savoir d'où il vient; il est toujours amnésique, mais joue avec ses anciens commanditaires qui se démènent pour le faire disparaître.
Les qualités du premier de franchise ont disparu. Place à l'action, à l'ultra-technologie et aux séquences de bravoure, avec toujours comme questionnement: comment  va-t-il s'en sortir. Et petit à petit remonter vers ses anciens patrons, pourris bien sûr.
Il est possible de sauver du découpage hystérique des séquences d'action mais néanmoins très spectaculaires, la séquence jubilatoire à la gare de Londres ou la poursuite à Tangier, qui sont des mélanges d'actions à mains nues, avec  une violence sèche de bon aloi, avec une exploitation de la géographie du lieu.
Franka Potente ayant disparu, les scénaristes embarquent Julia Stiles, et cela apporte un peu de respirations au scénario.
Cette trilogie se conclue sur une note ironique avec le rictus de Julia Stiles qui laisse penser que cela va continuer. Cette trilogie est de bonne tenue et très honorable.
Elle a d'ailleurs ringardisé la franchise James Bond et neutralisé la franchise Fast & Furious. Montage au cordeau, intrigues multiples et jubilatoires, actions spectaculaires, high-tech mesuré. Pas besoin ici de pouliche siliconée, pas besoin de phallocratie. Ce qui est étonnant est que Jason Bourne se sort de toutes les situations, ce qui est invraisemblable, mais finalement nous y croyons et adorons cela. C'est la force de cette franchise: c'est improbable, c'est invraisemblable, mais c'est réaliste et les personnages autour de Jason Bourne ne sont pas plus grands que nature. La distribution est d'ailleurs judicieuse.
Cette franchise est aussi la meilleure interprétation de Matt Damon: il n'a jamais été aussi bon. 

La Mort Dans La Peau (The Bourne Supremacy, 2004) de Paul Greengrass

Avec  Matt Damon, Franka Potente, Joan Allen, Julia Stiles, Karl Urban, Gabriel Mann, Joan Allen, Marton Csokas, Tom Gallop, John Bedford Lloyd, Ethan Sandler, Michelle Monaghan, Karel Roden, Tomas Arana, Oksana Akinshina, Yevgeni Sitokhin, Marina Weis.
La Mort dans la peau - Blu-ray + Copie digitale
Ce deuxième de franchise permet de reprendre là où se termine le premier. Nous retrouvons Frank Potente, mais les scénaristes ont décidé de la tuer pour donner une motivation à Jason Bourne. Cela commence déjà mal: quel manque d'idée. Les scénaristes font ce que le personnage fait croire dans le premier de franchise: elle ralentit le héros, il faut donc l'éliminer.
Par ailleurs, le metteur en scène change. Nous y retrouvons des éléments qui faisaient la qualité du premier. Mais il y a introduction de ce qui réduira l'intérêt pour la franchise: la surcharge de technologie, des scènes se déroulant exclusivement en ville, une mise en scène des séquences d'actions tellement découpées et hachées qu'elles manquent de lisibilité et de spatialisation (faire bouger la caméra et enchainer les plans de moins d'une seconde à la limite du ridicule donne plutôt l'impression de brouillon que de maîtrise). Et fondamentalement, l'absence d'ancrage dans une réalité. Jason Bourne n'a maintenant d'interaction uniquement avec des collègues, des policiers ou des tueurs.
Mais au total, le potentiel sympathie avec le personnage de Jason Bourne fonctionne; nous sommes heureux lorsqu'il se sort de situations improbables. Le questionnement pour le spectateur n'est pas de savoir si Jason Bourne va s'en sortir, mais de savoir comment il va s'en sortir. Il n'y a donc plus de suspense. Et au total, voir Jason Bourne faire trembler l'ensemble des autres personnages, bardés de leurs technologies et certitudes, est assez jubilatoire. Seul contre tous. C'est ce qui sauve ce deuxième de franchise.



La Mémoire Dans La Peau (The Bourne Identity, 2002) de Doug Liman

Avec Matt Damon, Franka Potente, Chris Cooper, Clive Owen, Brian Cox, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Gabriel Mann, Walton Goggins, Josh Hamilton, Julia Stiles, Orso Maria Guerrini, Tim Dutton, Denis Braccini, Nicky Naudé, David Selburg.

La Mémoire dans la peauCe premier de franchise est une belle réussite. Il permet de renouveler le film d'espionnage. Il permet à Matt Damon de produire sa meilleure interprétation; son jeu inexpressif fait merveille ici. Les seconds rôles secondent parfaitement le héros, avec Franka Potente qui apporte des éléments de réalité, de réalisme, qui sert l'histoire et la crédibilité de l'ensemble. D'ailleurs l'ancrage dans une certaine réalité est une des caractéristiques de cette franchise (ce sera encore vrai pour le deuxième de franchise, mais moins pour le troisième). À la fois par les métiers fréquentés par le personnage principal, et par les lieux de transit (par exemple un bateau de pêche, une voiture, une station d'autoroute).
Ce premier de franchise a la bonne idée de varier les décors: la mer et le bateau de pêche, un appartement à Paris, une ambassade une ferme à la campagne; ils apportent une variabilité visuelle et évitent la monotonie.
La richesse du film n'est pas dans ses séquences d'action (même si elles possèdent un coté "à l'ancienne" avec combat à mains nues, poursuite en voiture, course poursuite à pieds), mais dans la confrontation de ses séquences d'action avec le réel et des gens "normaux". Même si, et c'est le propos du film, Jason Bourne n'est pas normal et nous nous en rendons compte avec lui au cours de la progression de l'histoire.