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samedi 30 mai 2026

300 : La Naissance d'Un Empire (300 Rise of the empire, 1h42, 2014) de Noam Murro

Avec Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey, Hans Matheson, Callan Mulvey, David Wenham, Rodrigo Santoro, Jack O'Connell, Andrew Tiernan, Yigal Naor.

Le film est une symphonie de sang giclant, numériquement parlant bien sûr, avec de multiples combats à l'épée et de sections et lacérations de chairs. Le film n'est pas une suite du 300 (Zack Snyder, 2006), mais une histoire qui se déroule en parallèle de la bataille des Spartiates que raconte le film de Zack Snyder.

Le film est un chef-d'œuvre de CGI porn, avec des images somptueuses et stylisées à outrance, de batailles et de combats. Se déroulant beaucoup sur l'eau, donc avec des batailles navales : tout est énorme et pas du tout réaliste. Mais il y a du spectacle. Avec en prime une Eva Green qui domine la distribution, entourée d'hommes en armure du coté perses. Et avec des hommes torses-nus en permanence du coté grecs.

Le film est rythmé par de multiples affrontements, frisant la non-histoire, mais qui suscite fascination ironique et énormité. Mais qui est aussi diablement efficace au niveau de sa violence stylisée.

Si vous aimez Eva Green, si vous aimez le CGI porn,  si vous aimez le sang numérique qui gicle sur l'objectif de la fausse caméra, si vous aimez les hommes en slips qui se découpent les chairs, ce film est pour vous. 

poster du film Bande-annonce 300 : La naissance d'un Empire 

mardi 29 avril 2025

Furiosa (Furiosa : A Mad Max Saga, 2h28, 2024) de George Miller

Avec Anya Taylor-Joy, Chris Hemsworth, Tom Burke, Alyla Browne, George Shevtsov, Lachy Hulme, John Howard, Angus Sampson, Charlee Fraser, Elsa Pataky, Nathan Jones, Josh Helman,  David Field.

Il n'est pas possible d'aborder ce film sans avoir à l'esprit Mad Max Fury Road. Parceque ici George Miller raconte la genèse de Furiosa, le personnage de Charlize Theron dans Mad Max Fury Road. Et aussi parce qu’en comptant l'histoire de Furiosa (ici Anya Taylor-Joy) le film raconte aussi l'environnement et ce que nous apercevions de loin dans Mad Max Fury Road. Mais c'est ici que s'arrête la comparaison. Mad Max Fury Road était un nouveau bréviaire de cinétique et de furies (cf. son titre), en réalisant presque à l'ancienne, c'est à dire en réalisant le plus de choses face caméra, en particulier ses extraordinaires poursuites et séquences d'actions. Ici, dans ce Furiosa, George Miller choisit une approche à l'opposée, très académique, avec un scénario qui raconte progressivement les différentes sociétés constituant ce monde dans le désert. Avec une mise en image où les cadrages d'ensemble sont pléthores. Et où l'utilisation du CGI porn est généralisée (contrairement à Fury Road qui était moins tartiné de CGI), ce qui confère souvent une patine de dessin animé à Furiosa. Sur la forme, la musique de Tom Holkenborg, de bon niveau, est utilisée comme un marteau et pas très subtilement, en particulier lorsqu'il s'agit d'appuyer les surprises du spectateur.

Du côté de la distribution, nous retrouvons de beaux personnages, à tout le moins, avec Anya Taylor Joy, avec George Miller jouant beaucoup sur ses yeux et son magnétisme, le personnage étant mutique pendant une bonne partie du film ; avec Chris Hemsworth (très bonne performance), qui arrive à donner une certaine profondeur à son personnage, presque émouvant tant il semble perdu par moment ; avec Tom Burke qui lui semble être le personnage le plus sympathique, dont la relation avec Anya Taylor-Joy est très bien faite, remplie de subtilités (dans ce monde de brutes, cela se remarque).

George Miller et Jack Lathouris ont composé une histoire riche, qui fait nous fait rentrer dans la cité qui produit le carburant, dans celle qui fournit les munitions, et celle de Fury Road, qui est le jardin potager de cet univers. Et donc ici le début de la quête de Furiosa, pour retrouver son monde d'origine d'où elle est soustraite ici. George Miller prend le temps de développer, de raconter, tout en restant dans une durée raisonnable. Et enfin, pour la première fois dans la franchise Mad Max, l'héroïne est sympathique ou suscite une certaine sympathie, ce qui n'est pas le cas du personnage de Max Rockatansky, quels que soient ses interprètes, qui est égoïste, pas sympathique du tout. Nous verrons comment cette franchise évolue ; vers un nouveau Furiosa ou pas. En tout cas le personnage a bien sûr du potentiel. Il est clair que cet univers se prédispose à plusieurs séries spin-off. Il est clair que nous attendons avec impatience la suite, qui nous l'espérons sera toujours sous la direction de George Miller.

 poster du film Furiosa: une saga Mad Max


dimanche 5 mai 2024

355 (The 355, 2h02, 2022) de Simon Kinberg

Avec Jessica Chastain, Penélope Cruz, Bingbing Fan, Diane Kruger, Lupita Nyong'o, Sebastian Stan, Edgar Ramírez, Jason Flemyng, Sylvester Groth, John Douglas Thompson, Leo Staar, Pablo Scola.

Cela ressemble à un produit pour plateforme de streaming avec sa distribution hétéroclite conçue pour presque tous les continents (l'Inde par contre ne nous semble pas représentée...). Le canevas est celui des superproductions d'espionnage à gros budget avec multiples éléments technologiques, décors et intrigue que nous avons déjà oubliés (il doit y avoir un méchant qui veut détruire le monde ou quelque chose d'équivalent). Peu importe, ce qui compte pour ce genre de produit est le cadencement régulier de cellules d'actions (fusillades, poursuites, combats à mains nues, etc.). Le film répond au cahier des charges. Son originalité est une distribution féminine, mais cela reste méta, l'intrigue et les éléments dramatiques étant très faiblement féminisés ou très standards et similaires aux franchises de même canevas (James Bond, Mission : Impossible, et leurs succès damnés). 

Dans le genre le film est efficace, répond au cahier des charges, et est suffisamment rythmé pour ne pas susciter l'ennui. Il n'est pas mieux ni moins bien qu'un film de la franchise James Bond ou Mission : Impossible par exemple. Et soutien largement la comparaison.

Bande-annonce 355

dimanche 4 février 2024

Trois Mille Ans à T'Attendre (Three Thousand Years of Longing, 1h48, 2022) de George Miller

Avec Tilda Swinton, Idris Elba, Erdil Yasaroglu, Sarah Houbolt, Sabrina Dhowre Elba, Seyithan Özdemir,  Aamito Lagum, Nicolas Mouawad, Ece Yüksel.

Entre deux épisodes de la franchise Mad Max, George Miller signe (il est coscénariste) un film inclassable, hors du temps, à la fois par son sujet, mais aussi par sa direction artistique et son traitement. Nous pourrions même dire que le film est complètement en décalage de ce qui se produit ces dernières années.

Ce qui finalement le rend curieux, pas indispensable, mais intéressant. Sur sa forme, car le film a bénéficié de moyens. Sur son sujet à base de génie (Idris Elba, solide) qu'une spécialiste des cultures (Tilda Swinton, émouvante) fait apparaître et lui raconte son histoire. Avec moult époques, décors, personnages qui font la richesse visuelle du film. Il faut reconnaître que cette histoire de génie parait anachronique et n'est que faiblement passionnante. Mais il faut considérer ce film, car lorsqu'un Artiste comme George Miller s'y intéresse, le créé (direction artistique, mise en scène, scénario) c'est que c'est forcément intéressant, qu'il y a quelque chose. Nous y retrouvons une partie de son bestiaire et de ses préoccupations.

Au total le film parle de solitude et d'amour. Sous ses oripeaux de film mystérieux, fantastique, se cache le portrait de plusieurs solitudes, qui se rencontrent et qui s'aiment. Dit comme cela, on pourrait presque se croire chez Aki Kaurismäki, mais pas du tout, nous sommes dans un univers fantastique très travaillé.

 Bande-annonce Trois Mille ans à t’attendre