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dimanche 11 mai 2025

Zero Day (6x50 min, 2025) de Eric Newman, Noah Oppenheim, Michael S. Schmidt

Avec Robert De Niro, Jesse Plemons, Lizzy Caplan, Connie Britton, Joan Allen, Matthew Modine, Angela Bassett, Bill Camp, Dan Stevens, Robina Chaffey.

Un thriller politique qui base son suspense sur une attaque numérique des USA qui provoque des coupures d'électricité de partout et l'arrêt de tout pendant quelques minutes, ce qui provoque beaucoup de morts. Une commission d'enquête est constituée avec un ancien président à sa tête (Robert de Niro) pour trouver d'où est venue l'attaque. De l'intérieur (extrême gauche, extrême droite) ou de l'extérieur (Chine, Russie ou autre). Pour réaliser son travail, la commission à beaucoup de droits, trop selon certains. Si cette commission échoue, l'opposant à la présidente, risque de prendre le pouvoir. De plus il semblerait que le président à la retraite, Robert de Niro, manifeste des symptômes de vieillissement.

À partir de ce point de départ, comme savent bien faire les scénaristes de série, toutes les ficelles sont tirées, pour aboutir à des pistes de coupables présumés, pour que nous sachions bien sur qui sont les coupables uniquement lors du dernier épisode.

La mise en scène est confiée à  Lesli Linka Glatter, une vétérane des séries. Nous sommes dans une mise en scène standard, au service du scénario.

Du côté des personnages, ont peut noter de beaux avec la femme du président (Joan Allen) et sa directrice de cabinet (Connie Britton). Celui de Jesse Plemons est par contre très prévisible. Le personnage de la fille du président (Lizzy Caplan) est lui peu crédible et raté (il nous ennuie et semble juste là pour diluer l'histoire). Il y a enfin Robert de Niro, relativement monolithique, mais qui arrive à faire passer beaucoup d'émotion avec ses yeux.

poster de la série Zero Day

dimanche 8 août 2021

N'Oublie Jamais (The Notebook, 2h03, 2004) de Nick Cassavetes

Avec Ryan Gosling, Rachel McAdams, James Garner, Gena Rowlands, Sam Shepard, Joan Allen.

Ils s'aiment (Ryan Gosling, Rachel McAdams), mais sont de milieux sociaux différents. Ils s'éloignent, il l'attend, elle va se marier. C'est un patron de scénario utilisé des dizaines de fois. Ici, à la fin ils sont dans la même maison de retraite: le film est un retour en arrière où nous ne comprenons pas qui sont les personnes âgées du début, dont une est atteinte de pertes de mémoire (James Garner et Gena Rowlands). Avec des variations qui nourrissent le drame:  la maman de Rachel McAdams, méchante (Joan Allen), qui lui cache les lettres d'amour de Ryan Gosling lorsqu'elle parti faire ses études et la laissé dans son usine; puis nous comprenons que Joan Allen a eu une histoire similaire...

Que retenir? Ryan Gosling fait huître, mais à l'air d'y croire ; Rachel McAdams, son personnage, est insupportable, car elle ne sait pas ce qu'elle veut; la reconstitution historique est de qualité (c'est le minimum); les différences de classe dans cette Amérique profonde sont bien pointées.

Curieusement, le film fait daté, vieux. L'histoire se déroule dans les années trente. Mais il n'est pas post-moderne et raconte une histoire à l'ancienne, avec les clichés qui vont bien et enfilés comme des perles, que plus personne n'ose, mais que Nick Cassavetes a osés en 2004. Ce n'est pas déshonorant, mais ce n'est plus possible dans cette décennie.

 https://fr.web.img6.acsta.net/c_310_420/medias/nmedia/18/35/32/48/18384546.jpg

 

samedi 29 septembre 2018

Jason Bourne: L'Héritage (The Bourne Legacy, 2012) de Tony Gilroy

Jason Bourne : l'héritageAvec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Scott Glenn, Stacy Keach, Donna Murphy, Michael Chernus, Albert Finney, Joan Allen, David Strathairn, Louis Ozawa Changchien, Corey Stoll, Alice Gainer.

Ce Jason Bourne n'est pas du tout déshonorant, bien au contraire. Il reprend les ficelles et les ingrédients de ce qui a fait le succès de la trilogie avec Matt Damon. Ici servi par un acteur, Jeremy Renner, qui tient la route, et qui fournit un personnage différent de Jason Bourne: plus ironique, il connait son passé, il plaisante avec son médecin. Il n'a pas la même personnalité que le personnage  de Matt Damon.
Il s'agit donc d'une continuation des précédents épisodes, traitée sous la forme d'un spin-off, avec des variantes.
Pour être plus précis, celui-ci se déroule en même temps que les deuxièmes et troisièmes de franchise avec Matt Damon. Le tempo et le style ne sont guère différents de la trilogie initiale, même si ici c'est le scénariste qui réalise. Les qualités requises de ce genre de production sont bien présentes. Par exemple un scénario plutôt tortueux qui permet de tenir en haleine le spectateur et l'empêche de deviner ce qui va suivre. Par exemple une distribution haut de gamme avec une pléiade d'acteurs confirmés. Par exemple un mélange de derniers cris technologiques avec des séquences dans la nature, ces séquences dans la nature étant la nouveauté de ce quatrième de franchise. Par exemple une succession d'épreuves pour notre héros qui parait à chaque fois dans une situation inextricable. Par exemple mêler à cette histoire une non-professionnelle que notre héros avec ses super dons doit gérer (ici Rachel Weisz).
Sur le plan de la franchise, l'intérêt de ce spin-off et de pouvoir à terme se faire opposer nos deux personnages, Jeremy Renner et Matt Damon, ou les faire travailler ensemble.
 Au total, dans la veine film d'espionnage à suspenses technologiques et d'action, le film rempli aisément son contrat.

dimanche 4 février 2018

La Vengeance Dans La Peau (The Bourne Ultimatum, 2007) de Paul Greengrass

Avec Matt Damon, Julia Stiles, David Strathairn, Scott Glenn, Paddy Considine, Edgar Ramírez, Albert Finney, Joan Allen, Tom Gallop, Corey Johnson, Daniel Brühl, Joey Ansah, Colin Stinton, Dan Fredenburgh, Lucy Liemann, Bryan Reents.

La Vengeance dans la peauCe troisième de franchise est maintenant cadencé par la volonté de Jason Bourne de savoir d'où il vient; il est toujours amnésique, mais joue avec ses anciens commanditaires qui se démènent pour le faire disparaître.
Les qualités du premier de franchise ont disparu. Place à l'action, à l'ultra-technologie et aux séquences de bravoure, avec toujours comme questionnement: comment  va-t-il s'en sortir. Et petit à petit remonter vers ses anciens patrons, pourris bien sûr.
Il est possible de sauver du découpage hystérique des séquences d'action mais néanmoins très spectaculaires, la séquence jubilatoire à la gare de Londres ou la poursuite à Tangier, qui sont des mélanges d'actions à mains nues, avec  une violence sèche de bon aloi, avec une exploitation de la géographie du lieu.
Franka Potente ayant disparu, les scénaristes embarquent Julia Stiles, et cela apporte un peu de respirations au scénario.
Cette trilogie se conclue sur une note ironique avec le rictus de Julia Stiles qui laisse penser que cela va continuer. Cette trilogie est de bonne tenue et très honorable.
Elle a d'ailleurs ringardisé la franchise James Bond et neutralisé la franchise Fast & Furious. Montage au cordeau, intrigues multiples et jubilatoires, actions spectaculaires, high-tech mesuré. Pas besoin ici de pouliche siliconée, pas besoin de phallocratie. Ce qui est étonnant est que Jason Bourne se sort de toutes les situations, ce qui est invraisemblable, mais finalement nous y croyons et adorons cela. C'est la force de cette franchise: c'est improbable, c'est invraisemblable, mais c'est réaliste et les personnages autour de Jason Bourne ne sont pas plus grands que nature. La distribution est d'ailleurs judicieuse.
Cette franchise est aussi la meilleure interprétation de Matt Damon: il n'a jamais été aussi bon. 

La Mort Dans La Peau (The Bourne Supremacy, 2004) de Paul Greengrass

Avec  Matt Damon, Franka Potente, Joan Allen, Julia Stiles, Karl Urban, Gabriel Mann, Joan Allen, Marton Csokas, Tom Gallop, John Bedford Lloyd, Ethan Sandler, Michelle Monaghan, Karel Roden, Tomas Arana, Oksana Akinshina, Yevgeni Sitokhin, Marina Weis.
La Mort dans la peau - Blu-ray + Copie digitale
Ce deuxième de franchise permet de reprendre là où se termine le premier. Nous retrouvons Frank Potente, mais les scénaristes ont décidé de la tuer pour donner une motivation à Jason Bourne. Cela commence déjà mal: quel manque d'idée. Les scénaristes font ce que le personnage fait croire dans le premier de franchise: elle ralentit le héros, il faut donc l'éliminer.
Par ailleurs, le metteur en scène change. Nous y retrouvons des éléments qui faisaient la qualité du premier. Mais il y a introduction de ce qui réduira l'intérêt pour la franchise: la surcharge de technologie, des scènes se déroulant exclusivement en ville, une mise en scène des séquences d'actions tellement découpées et hachées qu'elles manquent de lisibilité et de spatialisation (faire bouger la caméra et enchainer les plans de moins d'une seconde à la limite du ridicule donne plutôt l'impression de brouillon que de maîtrise). Et fondamentalement, l'absence d'ancrage dans une réalité. Jason Bourne n'a maintenant d'interaction uniquement avec des collègues, des policiers ou des tueurs.
Mais au total, le potentiel sympathie avec le personnage de Jason Bourne fonctionne; nous sommes heureux lorsqu'il se sort de situations improbables. Le questionnement pour le spectateur n'est pas de savoir si Jason Bourne va s'en sortir, mais de savoir comment il va s'en sortir. Il n'y a donc plus de suspense. Et au total, voir Jason Bourne faire trembler l'ensemble des autres personnages, bardés de leurs technologies et certitudes, est assez jubilatoire. Seul contre tous. C'est ce qui sauve ce deuxième de franchise.