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dimanche 10 avril 2022

Le Monde Perdu (The Lost World: Jurrasik Park, 2h09, 1997) de Steven Spielberg

Avec Jeff Goldblum, Julianne Moore, Pete Postlethwaite, Arliss Howard, Richard Attenborough, Vince Vaughn, Peter Stormare, Vanessa Chester.

Outre le brio de la mise en scène de Steven Spielberg, le film recèle de multiples éléments qui le rendent passionnant.

D’abord, il s'agit d'un film de jungle, un vrai, qui n'est pas sans évoquer King Kong avec son bateau qui ramène  le T-Rex à la fin pour en faire une attraction de foire.

Ensuite le scénario qui gère ses rebondissements en séquences d'anthologie, mais aussi une multitude de personnages (beau travail de David Koepp, qui est potentialisé par l'histoire de Michael Crichton), avec une contribution importante grâce à son humour ironique du personnage de Jeff Goldblum; il aide grandement le film. Les autres personnages étant très fonctionnels. La séquence d'anthologie est celle qui implique les deux T-Rex et le camion qui tombe dans le vide. Séquence d'anthologie qui fonctionne dans sa durée avec ses multiples rebonds.

Du côté des effets spéciaux, qu'ils soient numériques ou devant caméra, pour donner des tyrannosaures impressionnants, ils assurent le spectacle et égaient l’œil. Et nous constatons que les effets devant caméras produisent quelque chose de plus impressionnant, plus carné, que les dinosaures tout numériques, qui finalement font toujours dessin animé, et font numériques. Mais ce n'est pas grave, car le King Kong (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack est une marionnette animée, et cela fonctionne parfaitement.

Le type casting fonctionne à merveille, ceux qui ne sont pas rasés, les chauves, les adipeux, les cheveux longs, les porteurs de lunette, meurent inexorablement. À l'exception de Pete Postlethwaite, qui est chauve et britannique, qui ne sera pas une victime du T-Rex, mais une victime de lui même. Bonne idée, car le personnage possède un peu d'empathie.

Le Monde Perdu : Jurassic Park [Blu-Ray]


samedi 18 janvier 2020

Mortal Engines (2018) de Christian Rivers

Avec Hera Hilmar, Robert Sheehan, Hugo Weaving, Jihae, Ronan Raftery, Leila George, Patrick Malahide, Stephen Lang.
Bande-annonce Mortal Engines
Intéressante tentative de renouveler le CGI porn et de le faire sortir des horreurs commises en son nom (les hommes en collant de Marvel et compagnie, la guerre des étoiles pour les bébés - Star Wars - ou les Transformers - liste non exhaustive, sans parler des Peter Jackson -).
Un univers futuriste dystopique (évidemment) qui permet un mélange de steampunk, de gothique, de film d'horreur. Nous y retrouvons la noirceur et la saleté qu'affectionne Peter Jackson.
La direction d'acteur n'est pas subtile. Hugo Weaving est très bon, mais son personnage est creux et l'acteur manifestement surqualifié. Nos deux héros principaux sont bien incarnés: Hera Hilmar et Robert Sheehan sont très bons et leur alchimie fonctionne, c'est un point fort pour le film.
Le personnage du robot Shrike (avec la voix de Stephen Lang), bien que surprenant lorsqu'il apparait, arrive à être humain lors de la scène de sa mort et lors du flashback où nous est montré quelle a été sa relation avec la petite fille: nous y retrouvons un univers détraqué avec de l'émotion typique de Peter Jackson.
Que manque-t-il au film?  Un peu plus de lisibilité dans l'histoire: il y a des villes qui se déplacent, et qui mangent de plus petites villes. Il y a des villes montgolfières. Et il y a un mur avec une autre civilisation (visiblement indochinoise, un peu ridicule à la fin - probablement mis là pour le public asiatique) qui apparait dans un dernier tiers. Un peu plus de lumières: le film est très sombre, littéralement.
Le film contient de bonnes idées. Mais le montage de deux heures est pour le coup, pour une fois, peut être un peu court: beaucoup de choses sont effleurées ou arrivent sans préparation et il est évident que cet univers est conçu comme une nouvelle franchise et une infinité de développements possibles (suites, spin-off).
À noter que la musique de Junkie XL est très peu inspirée, voire casse les oreilles (ou mal utilisée dans le mixage son).

Alita: Battle Angel (2019) de Robert Rodriguez

Avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Keean Johnson, Jeff Fahey, Leonard Wu, Casper Van Dien, Ed Skrein.

Bande-annonce Alita : Battle AngelUn classique instantané, qui montre que le CGI porn peut avoir de la substance (confère les contre-exemples: franchise Star Wars et franchise Marvel). Ici nous apprécions le mélange d'une multitude de choses déjà vues ailleurs: des cyborgs, une dystopie, des robots et des jeux du cirque, des éléments gothiques qui rappellent les ruelles de Londres et Jack Éventreur, des chasseurs de primes, un monde d'en haut et un monde d'en bas. Mais le tout lié par un bon scénario où le personnage principal devient vite attachant, accompagné par des personnages tout aussi intéressants: Christoph Waltz en Docteur Frankenstein du futur (dans sa meilleure interprétation), par exemple.
Tout cela est montré avec une utilisation des images numériques qui sert le sujet, le film et la dramaturgie.
C'est lorsque l'on met tout cela ensemble que la saveur unique du film résulte. Le film contient la pâte de James Cameron avec son héroïne sexuée ou la séquence sous l'eau, mais aussi les apports du cinéma d'horreurs (avec quelques éléments de gore) que nous avons déjà vu chez Robert Rodriguez. Ce qui donne un mélange plus que sympathique.
Ajoutons à cela des séquences de bravoure spectaculaires, pour donner un blockbuster (qui n'en a pas été un: le film est un bide commercial en salle) au-dessus de la moyenne pour toutes les raisons que nous venons d'évoquer.
Par ailleurs: l'échec commercial était prévisible; Jennifer Connelly (sublime, comme à chaque fois) est dans la distribution (elle n'a tourné que dans des bides commerciaux, malheureusement). Sa présence dans une distribution est une garantie d'échec commercial. Ajoutons à cela un film par moments assez sombre, et des scènes de gore numérique (la scène où le chasseur de prime se fait couper le visage par Alita est tragi-comique), un chien tué. Cela fait beaucoup de choses négatives pour une frange du grand public.

mercredi 3 avril 2019

Ready Player One (2017) de Steven Spielberg

Bande-annonce Ready Player OneAvec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Lena Waithe, Simon Pegg, Mark Rylance, T.J. Miller, Hannah  John-Kamen, Philip Zhao, Win Morisaki, Ralph Ineson, Susan Lynch, Clare Higgins, Laurence Spellman, Perdita Weeks.


Ready Player One est symptomatique de certaines grosses productions étasuniennes. De leurs qualités, et de leurs défauts.
Dans les qualités, il y a l'installation de l'univers, fouillé et dystopique ici, avec une multitude de détails qui le rendent crédible, sur les transports, dans les décors, dans les machines impliquées dans la relation entre les personnages. Il y a aussi le brio technique, incluant une bonne direction d'acteur. Ainsi que le travail sur l'image: une bonne partie du film est un dessin animé, et le reste est un mélange de dessins animés dans lequel sont intégrés des acteurs filmés.
Dans les défauts, il y a l'obligation d'avoir une histoire centrée sur la volonté de domination d'un méchant dans un univers où il y a une organisation totalitaire. Histoire qui une fois installée (protagonistes, la quête, ceux qui vont aider les héros, ceux qui vont embêter les gentils) devient vite ennuyeuse et sans intérêt. Le spectateur se consolant sur le brio technique du dessin animé. Ou alors avec les clins d'oeil ludiques vers les personnages de films (une multitude de personnages de films des années 80 et 90 apparaissent dans le dessin animé) ou de films cités (en l’occurrence, une longue séquence ludique à Shining de Stanley Kubrick). Mais la progression dramatique confine à l'ennui.
Après un début qui suscite l'intérêt, le film nous perd dans son histoire de méchant et de gentils. Il ne reste plus que le brio technique et les références à d'autres films qui pullulent dans les images.
Nous pouvons nous demander quel est l'apport de Steven Spielberg dans cette production. Surement les thématiques de la famille véhiculée par le héros. Mais finalement nous nous en moquons. C'est peut-être un peu moins stupide qu'une production Marvel...

lundi 18 mars 2019

Docteur Strange (2017) de Scott Derrickson

Bande-annonce Doctor StrangeAvec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Tilda Swinton, Rachel McAdams, Mads Mikkelsen, Scott Adkins, Amy Landecker, Benedict Wong, Michael Stuhlbarg, Benjamin Bratt, Juani Feliz.

Ce dessin animé Marvel est un peu plus intéressant que la moyenne dans sa première moitié. Installation de l'univers, caractérisation des personnages. Mais ensuite dès qu'il s'agit d'avoir un méchant, qui veut dominer le monde, le film fait bâiller et devient ennuyeux. Encore et toujours le même scénario. C'est encore le même schéma pour ces productions qui provoque la nausée.
Ici le film est accompagné d'un ésotérisme orientalisant de pacotille qui a probablement pour vocation d'attirer le public asiatique.
Seule qualité: la distribution et l'interprétation. Ils y croient. Mais pas nous.

dimanche 21 octobre 2018

Tarzan (2016) de David Yates

Avec Alexander Skarsgård, Margot Robbie, Christoph Waltz, Samuel L. Jackson, Djimon Hounsou, Ella Purnell, Jim Broadbent, Casper Crump, Lasco Atkins, Mark Preston, Rory J. Saper.

Tarzan - Blu-ray + Copie digitale

Dans le genre du film de jungle, nous demandons Tarzan.
Ce Tarzan-là n'est plus en Afrique, mais en Angleterre, et des histoires de géopolitiques et d'argent (des diamants) l'obligent à retourner dans la jungle.Le film utilise l'alibi historique et colonialiste pour sortir Tarzan de sa retraite (il ne nous est pas expliqué pourquoi il rechigne, mais c'est un prétexte scénaristique comme un autre).
Ce qui produit un film pas du tout linéaire et qui explique surement une partie de son échec commercial. Le film est cadencé par des séquences de l'histoire de Tarzan qui revient en Afrique, avec de multiples retours en arrière: son enfance dans la jungle, sa relation aux animaux, sa relation avec sa chérie (Margot Robbie, très bien). Mixées avec les séquences actuelles où il doit sauver sa chérie et déjouer des belligérants esclavagistes. Mais le film arrive à toujours relancer l’histoire en mixant ces passés, et la poursuite de sa chérie kidnappée par le méchant (Christoph Waltz, très bon, tout en retenue).
L'autre explication de l'échec commercial vient des éléments sombres brassés par le film: l'esclavage, le pillage. Il y a peu de personnages bons, généreux dans le film. Même Tarzan lui-même apparait plus animal qu'humain, et tue sauvagement.
Sur la distribution, tous les acteurs sont bons. Alexander Skarsgård est impressionnant par son physique et juste par son interprétation. Margot Robbie ne joue pas les faire valoir. Seul le personnage de Samuel Jackson semble un artifice scénaristique (élément comique et lien vers les USA of America).
Le film a l'élégance de ne durer que 1h40.

vendredi 28 septembre 2018

Jumanji: Bienvenue Dans La Jungle (2017) de Jake Kasdan

Avec Dwayne Johnson, Jack Black, Kevin Hart, Karen Gillan, Nick Jonas, Bobby Cannavale, Alex Wolff, Madison Iseman, Morgan Turner, Ser'Darius Blain, Rhys Darby, Tim Matheson, Missi Pyle.

Jumanji : Bienvenue Dans la Jungle [DVD]Le film commence plutôt bien et met en place un certain nombre de choses qui sont intéressantes. Par exemple les personnages qui changent de sexe dans le jeu vidéo. Dwayne Johnson qui est peureux. Un Jack Black qui s'éclate à jouer une fille. Tous ces éléments préparatoires et le début sont plutôt bien faits et bien écrits.
Ensuite le film se perd dans l'empilement et l'enchaînement de scènes d'actions vite vues, et ce des milliers de fois ailleurs, traitées correctement sur le plan technique et aussi du point de vue spectaculaire, mais sans aucune invention et donc avec un sentiment de lassitude et de déjà-vu (gros bâillements lors de certaines séquences). Dommage, cela débutait bien.

mercredi 12 septembre 2018

Thor: Ragnarok (2017) de Taika Waititi

Avec Chris Hemsworth, Tom Hiddleston, Cate Blanchett, Idris Elba, Jeff Goldblum, Tessa Thompson, Karl Urban, Mark Ruffalo, Anthony Hopkins, Benedic Cumberbatch, Ray Stevenson, Zachary Levi, Tadanobu Asano, Taika Waitiki, Rachel House, Jasper Bagg, Rob Mayes.

Thor : Ragnarok Blu-ray
Les dessins animés Marvel sont produits comme des petits pains et sortent à grande vitesse. Ici le personnage principal est ce crétin de Thor qui est embarqué dans une histoire dont nous ne comprenons rien et en plus qui ne nous intéresse même pas. Le dessin animé est plutôt réussi avec un décalque quasi identique des vignettes de bande dessinée dont il est issu. Ce qui donne un graphisme de bande dessinée au service d'un film d'action, rehaussé ou abaissé par des éléments d'humour, mais qui quelque part rend tout ceci un peu plus léger bien que sans aucun enjeu dramatique. Nous nous demandons juste quand le public aura assez de ce genre de film vide de sens et sans aucun enjeu dramatique si ce n'est présenter des séquences d'action plus ou moins organisées selon le même schéma et probablement les même sur tous les films de Marvel?

Suicide Squad (2016) de David Ayer

Avec Margot Robbie, Will Smith, Jared Leto, Cara Delevingne, Jai Courtney, Joel Kinnaman, Viola Davis, Karen Fukuhara, Jay Hernandez, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Ike Barinholtz, Scott Eastwood, Adam Beach, Ben Affleck, Common, Ezra Miller, Ray Olubowale.

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Le bon côté de chez DC Comics est la noirceur de l'univers et de certains personnages. C'est ce qui les rend plus intéressants par rapport aux héros Marvel (dont il est aisé de comprendre qu'ils aient été rachetés par Disney, spécialiste des films pour enfants fait par des enfants avec la complexité du cerveau d'un enfant).
Ici c'est une brochette de personnages méchants qui sont assemblés pour affronter une créature de style La Momie. L'histoire est débile et ne nous intéresse pas, comme d'habitude. Par contre les personnages de cette équipe sont plutôt intéressants et leur caractérisation; les flashbacks pour expliquer leur passé sont plutôt bien venus et ils donnent un peu de profondeur. La faiblesse du film est son méchant. Le premier c'est le Joker que nous ne voyons pas longtemps, mais que la fin nous indique qu'il réapparaîtra. Et l'autre c'est une espèce de momie qui débarque, nous ne savons pas pourquoi, et qui ne nous intéresse pas.
Il y a un bon travail de direction d'acteur et d'interprétation et il faut reconnaître que de ce côté-là les acteurs sont au top.

dimanche 29 juillet 2018

La Momie (2017) de Alex Kurtzman

Avec Tom Cruise, Sofia Boutella, Annabelle Wallis, Russell Crowe, Jake Johnson, Courtney B. Vance, Marwan Kenzari, Stephen Thompson, Simon Atherton, Matthew Wilkas, Sohm Kapila, Sean Cameron Mitchael, Rez Kempton, Selva Rasalingam, Javier Botet, Dylan Smith, Parker Sawyers, Neil Maskell.
La Momie - Blu-ray + Copie digitale
Très bonne surprise que cette momie. Vrai film d'horreur, sombre sur le sujet et sur la forme.
La Momie est un film d'horreur qui prend le contre-pied de ce à quoi nous pourrions nous attendre. Tom Cruise est une victime qui se retrouve embarquée dans cette histoire. Il perd ses combats. Il subit l'histoire et ne contrôle rien. Ce n'est pas le héros exemplaire. Et il finit d'ailleurs par mourir deux fois dans le film...
Côté bestiaire, le film est riche et introduit les classiques de la Universal (docteur JeKyll et Mister Hyde, la momie donc, les vampires)  avec l'intégration d'un must du film d'horreur, le mort-vivant ou le zombie (les zombifiés par notre momie en cheffesse).
Une autre qualité du film, c'est qu'il ne dure pas 2h20 ou 2h40. Mais 1h30, bon choix et bonne décision. Le film est très dense.
Au total le film et finalement un film d'horreur fait avec alacrité et pas mal de moyens. Les éléments d'horreur sont parfaitement intégrés dans des séquences spectaculaires de type film d'actions (il y a Tom Cruise au générque). Pour finir effectivement dans quelque chose qui se veut une ouverture vers des suites. Qui n'existeront probablement pas vu l'échec commercial du film. Échec commercial qui n'est pas justifié et qui fait de ce "petit" film d'horreur un bon film d'horreur très au-dessus de la moyenne du genre.

samedi 12 mai 2018

La Planète Des Singes : Suprématie (2017) de Matt Reeves

Avec  Andy Serkis, Woody Harrelson, Judy Greer, Amiah Miller.

Les ordinateurs et les images générées par ordinateur progressent perpétuellement et produisent ici des singes d'un réalisme époustouflant au niveau des textures et des expressions faciales. Cela est un peu moins vrai dans les séquences d'action ou lorsqu'ils marchent. Néanmoins le spectateur à du mal à voir la différence avec de vrais singes.Et cela constitue le clou principal du film: il est hallucinant de ce point de vue.
La Planète des Singes : Suprématie (Blu-ray 3D) - Combo Blu-ray 3D + Blu-ray + Digital HD - Édi...Ceci étant dit, le film n'est pas là. Le film est conduit par un vrai scénario et une histoire plutôt travaillée. Scénario qui ménage finalement assez peu de séquences d'action, au profil d'une histoire qui fait le lien avec le film de Franklin Schaffner (La Planète des Singes, 1968), mais qui est travaillée: notre méchant,Woody Harrelson, est finalement en guerre avec d'autres humains; ou alors la rencontre avec le singe qui parle qui vient d'un zoo est vraiment une très bonne idée. L'intégration de la petite fille dans le groupe de singe est aussi une bonne idée.
Bref ce troisième de reboot n'est pas traité à la légère, mais au contraire très écrit et bien mis en œuvre. Une réussite.
Dans les éléments négatifs, il y a le peu de subtilité dans l'interprétation de César: sa mine renfrognée perpétuelle (il est dans des mimiques qui sont souvent les mêmes d'une séquence à l'autre) manque de subtilité (l'ordinateur est piloté par les expressions faciales d'Andy Serkis) et nous ennuie un peu. D'ailleurs  et c'est un peu surprenant, le personnage de César est le moins intéressant.
Et nous ne sommes pas surpris de la fin. Mais elle apporte un soulagement après la suite d'évènements intenses qui constituent le film.
Le film finalement sacrifie assez peu au dictat des séquences d'action. Le film en renferme deux: une au début  et une à la fin. Entre les deux est un voyage, pas initiatique, mais de survie. Qui donne la substance au film. 
Vivement la suite.

  

mardi 13 mars 2018

Blade Runner 2049 (2017) de Denis Villeneuve

Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Jared Leto, Ana de Armas, Sylvia Hoeks, Robin Wright, Dave Bautista, Mackenzie Davis, Carla Juri, Lennie James, David Dastmalchian, Wood Harris, Hiam Abbass, Edward James Olmos, Mark Arnold, Tomas Lemarquis, Barkhad Abdi, Krista Kosonen.

Blade Runner 2049 [Blu-ray + Digital UltraViolet]Ce 2049 est la suite directe du film de Ridley Scott, un nombre certain d'années après. Avec Ryan Gosling en chasseur de Réplicants, tout comme l'était Deckard dans le premier film. Ryan Gosling qui est très bon et qui arrive à être expressif avec ses yeux et fait passer différentes émotions: très belle performance, émouvante.
Le film reprend tous les gimmicks du film de Ridley Scott.
Les décors sont à la fois très beaux, horribles, impressionnants, qu'ils soient d'intérieur ou d'extérieur. Le film est visuellement superbe.
Le film est aussi très culotté. Faire un film aussi lent, aussi mou, au regard des films actuels, c'est très disruptif. Le film est encore plus lent que le film de Ridley Scott, qui était déjà plutôt mou. Ici le film prend son temps, étire les séquences, peut être un peu trop. Le film dure 2h40, et peut paraitre par moment longuet, mais c'est justement sa qualité: prendre de la densité sur la durée, au fur et à mesure de la progression de la narration et des découvertes de Ryan Gosling.
La direction d'acteur est subtile, avec même Dave Bautista, qui se révèle bon acteur, dans une scène courte, mais marquante (et aussi dans le court métrage de Luke Scott présent en bonus dans le Blu Ray).
Concernant les personnages, la déception est celui de Jared Leto, qui est en quelque sorte le descendant de Tyrell, dont les séquences ennuient ou au mieux sont insignifiantes. Ce personnage pourrait très bien être retiré de l'histoire. Cela vient peut-être de l'interprétation de Jared Leto, faiblement subtile, à l'opposé de celle de Joe Turkel en Eldon Tyrell.
Autre élément de déception: la musique, qui si par moment, grâce à la reprise de mélodie fétiches du premier film, fonctionne, reste au total assez bruyante et peu agréable. Ce n'est pas une musique symphonique, c'est déjà cela. Mais elle marque peu les esprits.
L'ensemble des personnages féminins constitue par contre la bonne surprise du film: de la femme de main de Wallace, de Robin Wright à la prostituée ou la femme virtuelle de Ryan Gosling, délicieuse Ana de Armas, l'ensemble de ces personnages marquent le film et lui donnent une substance qu'il n'y avait pas dans le film de Ridley Scott.
Nous sentons aussi que le côté étouffant du film de Ridley Scott n'a pas été retenu: ici les choses sont plus amples (la séquence dans la décharge à ciel ouvert, l'élevage de larves d'insectes en ouverture, Las Vegas), moins denses, et donnent au film sa propre patine.
Bref, au total, ce n'est pas une grosse déception, au contraire, car cette variation des thèmes du film de Ridley Scott se révèle passionnante au fur et à mesure de sa vision.
Vivement la suite.

mardi 30 mai 2017

Deadpool (2016) de Tim Miller

Avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein, Gina Carano, Brianna Hildebrand, T.J. Miller, Andre Tricoteux, Jed Rees, Rachel Sheen, Taylor Hickson, Leslie Uggams, Karan Soni, Paul Lazenby, Sean Quan, Kyle Rideout, Naika Toussaint.

Deadpool - Blu-ray + Digital HDLa machine à fabriquer des superhéros fonctionne à plein régime. Ici légèrement décalé, notre superhéros est peu recommandable, fait peur (complètement défiguré) et le tout se déroule dans un environnement sombre (décors, costumes). D'ailleurs il n'y a pas de logo Disney ni Marvel, comme si c'était un enfant que l'on ne souhaite pas reconnaitre.
Notre héros est mal poli, violent, vulgaire, et une partie du métrage nous explique comment il en est arrivé là. C'est la partie la plus intéressante. Ensuite il faut affronter le super méchant, qui est en l’occurrence celui qui l'a transformé comme ça.
La séquence d'ouverture permet de montrer ce qui est faisable avec le numérique: stopper et naviguer au milieu d'une séquence d'action, pour un spectaculaire démultiplié. Tout y est techniquement parfait. Le film contient des séquences d'action spectaculaires et époustouflantes. Ainsi que des moments d'humour réussis. Avec aussi beaucoup de vulgarité bien sûr. Et un ton très potache, mais qui sied bien à cet univers et qui finalement lui permet de rejoindre la catégorie des films de superhéros décalés et donc intéressants: Mystery Men (Kinka Usher, 1999), Super (James Gunn, 2010), Green Hornet (Michel Gondry, 2011) ou Kick-Ass (Matthew Vaughn, 2010) par exemple.

mercredi 14 septembre 2016

Jurassic World (2015) de Colin Trevorrow

 Jurassic World - Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook

Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson, Ty Simpkins, B.D. Wong, Judy Greer, Irrfan Khan, Vincent D'Onofrio, Jake Johnson, Lauren Lapkus, Katie McGrath, Omar Sy.

Cette franchise commence à être indigeste. Les dinosaures font plastoc (il est vrai que je n'en ai jamais vu en vrai, mais eux non plus!). La distribution est affreuse (cosmopolitisme pour mieux pénétrer les marchés, indien, asiatique, francophone). Le type casting annihile toute empathie: dès leurs apparitions nous savons qu'ils vont mourir: ils sont gros, ils ont le bouc ou de la barbe. Certains survivent à la fin; mais on aimerait bien qu'ils y passent aussi! Les seuls à sauver sont Chris Pratt et Bryce Dallas Howard qui assurent le job, mais sans conviction.
La musique orchestrale est mauvaise, pléonastique à souhait; on a l'impression qu'ils ont utilisé des boucles orchestrales libres de droits.
L'histoire est encore la même, un parc d'attractions, des barrières, les méchantes bêtes qui s'échappent (quelle surprise!), il n'y a pas de suspense.
Les séquences d'actions (camion, moto) sont peu plausibles: la course en moto au milieu des dinosaures est invraisemblable et pas crédible (on se croirait revenu aux transparences des années 50). Pourquoi ne pas faire directement un dessin animé puisque le réalisme n'est pas possible?
Pas d'invention: encore des velociraptors et encore un tyrannosaure. Quel manque d'invention, d'innovation! Un bon gros navet. Mais pas un nanar: c'est un mauvais film, mais pas sympathique.

lundi 11 janvier 2016

Ant-Man (2015) de Peyton Reed

Avec  Paul Rudd, Evangeline Lilly, Corey Stoll, Michael Douglas, Bobby Cannavale, Michael Peña, T.I., Wood Harris.

Un film de super héros qui n'est pas trop ennuyeux. Un surprise que cette production Marvel: moins bête que la grosse artillerie usuelle.
De la bonne mécanique de précision, parfaite dans son genre. Mélangeant actions, aspiration d'un méchant à dominer le monde, intrigue familiale, effets comiques avec des seconds rôles indispensables. On peut être dubitatif lorsque l'on voit qu'il faut créditer quatre intervenants pour le scénario, pour arriver à ce résultat. Pourquoi pas. Joe Cornish et Edgard Wright étant sûrement garant du côté humoristique. Adam McKay est aussi crédité, auteur de quelques un des chefs d'oeuvre de Will Ferrell. Le film n'est pas déshonorant. Malgré sa ficelle scénaristique, avec un patron typique, le film recèle un beau travail: distribution, direction d'acteur, direction artistique phénoménale, et des personnages. Paul Rudd amène de l'humanité dans cet univers pas du tout humain, artificiel, fabriqué, caricatural, incroyable (dans le sens où l'on ne peut croire un seul instant à cette histoire) et bien ficelé (on se laisse prendre à la progression dramatique). La suite sera forcément moins intéressante, l'effet de surprise ne pouvant plus opérer.

lundi 31 août 2015

Terminator Genisys (2015) de Alan Taylor


 Terminator Genisys Blu-ray

Avec Arnold Schwarzenegger, Jason Clarke, Emilia Clarke, Jai Courtney, Byung-Hun Lee, Matt Smith, J.K. Simmons, Dayo Okeniyi.

Ce Terminator est un peu poussif à se mettre en place. D'autant plus que ce film se considère comme une suite de Terminator (le premier film, du papa James Cameron) et Terminator 2 (le deuxième film, du papa James Cameron), faisant fi  du 3 (magnifique réinterprétation de Jonathan Mostow) et du 4 (beaucoup de bonnes idées, mais un final ridicule), pourtant tout deux de très bonne tenue, technique et artistique. C'est un choix, peut-être regrettable, mais comme les voyages dans le temps peuvent conduire à de multiples possibilités, nous ne sommes pas au bout de la franchise et la suite nous réservera sûrement de bonnes surprises.
Le film est intéressant dans sa manière de faire le lien avec 2015. Le soulèvement des machines arrive par la démultiplication des objets connectés, l'internet of things, ou alors en français, l'internet des objets. Connectés entre eux, des ordinateurs que tout un chacun possède et qui vont nous réduire en esclavage (ce n'est peut-être pas encore le cas? Et notre ordiphone alors?).
La distribution de Jason Clarke est une mauvaise idée: le typecasting l'associant toujours à des personnages ambigus, de méchants, nous neutralise l'effet dès le début sur le fait qu'il va y avoir un retournement. Mauvaise pioche. Retournement intéressant d'ailleurs et qui relance le film, un peu plan-plan (encore!) et mou jusque là.
La bonne idée du film, c'est Arnold Schwarzenegger, version 1984 et version 2015, avec les cheveux blancs. Emilia Clarke et Jai Courtney s'en sortent finalement bien et incarnent le film et la franchise sans problème. Le film est habile à mélanger les éléments du premier et deuxième de franchise, en particulier avec les personnages de Byung-Hun Lee et J.K. Simmons.
Au total le film est un peu en demi-teinte et ne marque pas l'esprit à la première vision. Mais il prend de l'intérêt à la re-vision.
C'est n'est finalement pas la superproduction dévastatrice, mais un bel hommage à la franchise.

Les Tortues Ninja (2014) de Jonathan Liebesman

Avec Megan Fox, William Fichtner, Will Arnett.

L'animation numérique permet de donner vie à ces personnages improbables. Même si le film de Steve Barron n'était pas déshonorant (Les Tortues Ninja,  1990), loin de là, et ce sans images générées par ordinateur.
Les personnages de tortues adolescentes et Ninja sont sympathiques. Mais curieusement, le film ne nous les montre pas beaucoup. De par son sujet, car il nous conte la genèse de ces tortues mutantes. Et au total, même si le sujet se prêtait à beaucoup de délire, le film en est très loin et manque cruellement de subversion.
Heureusement que Megan Fox est là pour aussi fournir la chair là aussi à un sempiternel journaliste qui cherche son sujet (c'était déjà le cas dans le Godzilla de Roland Emmerich; tortue, lézard: ce n'est pas très éloigné).
Avec un méchant très caricatural et c'est là une des faiblesses: l'histoire est plan-plan et a déjà été vu des dizaines de fois. Le méchant est très con - William Fichtner, encore une fois dans le même rôle - et son comparse japonais tout aussi con. Il faut bien le dire.
On retiendra une scène de luge avec un camion, un 4x4 et nos tortues qui fond tous ensemble de la luge.

mardi 11 août 2015

Le Hobbit 2 La Désolation de Smaug (2013) de Peter Jackson, version Director's Cut

Avec des ordinateurs.

Ce Hobbit et ces Hobbits sont fastidieux dans leur déroulement global et le cheminement de nos nains et leur quête: on a très vite oublié ce pour quoi ils s’agitent tous (et pas "toutes" car il y a peu de filles dans cet univers...) et on s'en moque.
Chaque séquence correspond à un plateau de jeu vidéo et consiste à déterminer comment notre groupe va s'en sortir. Qui d'ailleurs pour certaines ne sont pas mal faites ni inintéressantes: l'évasion de la prison des Elfes et la poursuite avec les Orques qui est vraiment pas mal et est le seul élément mémorable de cette suite numérique. La séquence avec les araignées géantes dans la forêt mystérieuse (attention il faut faire croire que l'on a peur) possède quelques éléments gores qui manquent cruellement et ne sont pas assez exploités.
Une multitude de séquences inutiles, longues, bavardes jalonnent le film.
En fait une version hardcore, gore, voire porno de cette suite numérique serait sûrement intéressante, et poncerait le coté niais de ce pudding.
La patine numérique du film le fait tendre vers le film d'animation, ce qu'il est. On a l’impression d'assister à un dessin animé hyper réaliste tout en maintenant une stylisation qui déréalise tout.
Le film essaie d'ajouter un peu d'humour, qui trouve sa petite place à l'interjection de séquences très lourdes.
Quelques séquences gardent leur intérêt, ludique, prisent comme autonome: dans la forêt avec les araignées ou l'évasion de chez les Elfes dans les tonneaux. Tout le reste n'est qu'ennui.

mercredi 8 juillet 2015

Jupiter le destin de l'univers (2014) des Wachovski

Avec Channing Tatum, Mila Kunis, Sean Bean, Eddie Redmayne, Douglas Booth, Tuppence Middleton, Gugu Mbatha-Raw, Doona Bae, Tim Pigott-Smith, James d'Arcy, Terry Gilliam.

Dans la production de science-fiction, les Wachovski sont nécessaires, sans être essentiels, mais nécessaires. Comme alternative. Comme exemple d'une science-fiction plus adulte ou plutôt moins infantile comme le sont les franchises Guerre des Étoiles ou Star Trek par exemple. Donc, au titre d'une science-fiction plus inventive, plus noire, empreinte de romantisme, ils sont nécessaires. Tout comme l'est Devid Twohy et sa franchise Riddick, autre exemple, qui elle aussi est une alternative plus adulte aux franchises déjà citées voire aux franchises Marvel et DC Comics.
Ceci étant dit, ce Jupiter Ascending, tout en ayant des qualités certaines, n'est pas exempt de défauts. À commencer par cette musique symphonique atroce qui fait office de bande originale: elle est ridicule et abîme les images; elle fait penser à une musique temporaire que l'on aurait gardée. Et aussi un montage systématique qui alterne séquence d'actions, assez longues en général, et temps calmes où ça parle et donne des explications. Et ce de manière systématique pendant tout le métrage, ce qui lasse sur la durée et n'élève pas le niveau. Le film n'est pas exempt de niaiseries. Les Wachovski ont peut être voulu revenir à une forme "classique" après leur ambitieux et formidable Cloud Atlas.
Le film n'est donc pas exempt de lourdeurs.
Belle distribution néanmoins: Mila Cunis est touchante et rend son personnage intéressant. Et les seconds rôles sont mémorables, en particulier les méchants. Chaning Tatum quant à lui assure le job mais ne porte pas le film, loin de là, et paraît même en retrait.
Dans la contribution technique, designs, maquillages, décors et costumes relèvent le niveau et donnent lieu à un défilé ininterrompu pour les yeux.
Parmi les curiosités, les dernières images, notre héros qui se retrouve avec des ailes, plutôt surréaliste quand on nous a dit qu'il est un loup, mais pourquoi pas à partir du moment où on peut modifier génétiquement: cela donne lieu a des images soit inoubliables soit ridicules. Mais il faut oser, et c'est pourquoi les Wachovski sont essentiels: ils osent, quitte à se planter.
À noter que dans les bonus du vidéogramme, c'est surtout Lana Wachovski qui est très impliquée tandis que son frère est pour le moins en retrait, pour ne pas dire inexistant.

vendredi 17 avril 2015

Godzilla (2014) de Gareth Edwards

Avec Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Ken Watanabe, Elizabeth Olsen, Juliette Binoche, David Strathairn.

Le film est long (2h) et les moyens ont été mis pour relancer cette franchise au niveau international (la franchise est née au Japon). Nous avons en mémoire le chef d’œuvre de Roland Emmerich de1998, patchwork réussi de film catastrophe, de comédie, de comédie de remariage et de film de monstre, mais trop subtil et décalé pour susciter l'intérêt du box-office de l'époque (mais devenu culte grâce au vidéogramme).
Ici le film fait tout pour justifier, expliquer, avec la chronologie des évènements. Et le film présente Godzilla comme "gentil" (comme diraient les enfants),  et les méchants, sont d'autres monstres, les "MUTO" (attention, pour les spécialistes, signifie: Massive Unidentified Terrestrial Organism). D'ailleurs le film devrait s'appeler plutôt "MUTO" que "Godzilla", car le père Godzilla n'est pas souvent à l'écran, et sa façon de se mouvoir avec son gros postérieur le fait plutôt ressembler à une bouteille d'Orangina qui essaie de marcher. Bref il ne fait pas peur et est à la limite du ridicule. Et en plus nous imaginons qu'il ne doit pas se laver les dents tous les jours; c'est vrai, on ne parle jamais du lavage de dents des monstres subaquatiques.
Le film contient son lot de séquences spectaculaires et toutes parfaitement exécutées. Et le film joue parfaitement avec les noirs et ce qu'on ne voit pas: ce choix de ne pas beaucoup montrer rend le film plus intense par moment avec de belles séquences de nuit au suspense réussit.
Au total une bonne série B, mais trop longue, trop sérieuse et manquant d'auto ironie.