Affichage des articles dont le libellé est Paolo Sorrentino. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paolo Sorrentino. Afficher tous les articles

jeudi 16 avril 2026

La Grazia (2h12, 2025) de Paolo Sorrentino

 Avec Toni Servillo, Anna Ferzetti, Orlando Cinque, Massimo Venturiello, Milvia Marigliano, Giuseppe Gaiani, Roberto Zibetti, Vasco Mirandola, Linda Messerklinger.

Les affres du président de la République italienne, qui doit statuer sur une loi relative à l'euthanasie, et sur deux dossiers de grâce pour deux condamnés. À ceci se greffent des inquiétudes personnelles où ce vieux président qui termine son mandat dans quelque mois se pose des questions concernant sa femme.

Paolo Sorrentino arrive à rendre cette histoire intéressante. Le spectateur n'a pas envie de décrocher et se demande ce qu'il va décider. Notamment, car nous percevons des éléments qui vont aider ce juriste à prendre  ses décisions. Et nous voyons comment il fait pour arriver à prendre sa décision, en particulier pour les deux grâces qui lui sont soumises.

Un film au ton bien à lui, en particulier concernant son sujet et son rythme. Comme quoi il est possible de faire un film lent, qui accroche et tient le spectateur jusqu'au bout.

 poster du film Bande-annonce La Grazia

dimanche 26 décembre 2021

La Main De Dieu (È stata la mano di Dio, 2h10, 2021) de Paolo Sorrentino

 Avec Filippo Scotti, Toni Servillo, Teresa Saponangelo, Marlon Joubert, Luisa Ranieri, Renato Carpentieri, Massimiliano Gallo, Betty Pedrazzi, Sofya Gershevich, Monica Nappo.

Tout ça pour ça. Que retenir de ce film? Une tranche de vie pour le jeune Filippo Scotti entre sa mère, son père, sa tante, son frère, la ville de Naples, le football et Maradona. Cela fait beaucoup de choses. Et il semble intéressé par le cinéma (probablement des éléments autobiographiques de Paolo Sorrentino).

Paolo Sorrentino aime le corps des femmes. C'est un des intérêts du film. Paolo Sorrentino a une manière d'aborder le sexe et la sexualité, de manière directe et sans détour, dans un quotidien de la vie de famille qui fait que cela ne choque pas. À noter qu'une dimension des familles italiennes manque: la religion catholique. Elle est absente du film. Ceci explique peut-être cela.

L'ensemble des départements techniques sont de haut niveau: interprétation, photographie (superbe), reconstitution des années 80, décors, avec la ville de Naples et ses décors spectaculaires.  Ils permettent de maintenir l'intérêt, même si l'histoire n'est pas particulièrement passionnante. Le film contient quelques plans superbes, qui donnent des images de toute beauté (par exemple, le lustre allumé sur le sol, qui produit une mémoire visuelle).

Le film dégage néanmoins peu d'émotion. C'est brillant sur la forme. Mais pointe le sentiment que cela tourne à vide.

Bande-annonce La Main de Dieu

mercredi 19 août 2020

Youth (2015) de Paolo Sorrentino

Avec  Rachel Weisz, Paul Dano, Harvey Keitel, Michael Caine, Alex Macqueen, Dorji Wangchuk, Roly Serrano, Nate Dern.

Film sur le cinéma: un vieux réalisateur essaie de réaliser son dernier film, son film-testament, dont il n'arrive pas à trouver la fin. Harvey Keitel, en mode d'interprétation nominale. Son actrice principale, une vieille star, Jane Fonda, méconnaissable, qui finit par lui avouer qu'elle ne veut pas tourner avec lui. Film sur la musique: Michael Caine est un vieux chef d'orchestre et compositeur à la fin de sa vie qui prend sa retraite brutalement.
Bande-annonce YouthTout ce beau monde, plus un sosie de Diego Maradona, plus une Miss Univers, plus la fille du chef d'orchestre (Rachel Weisz, parfaite comme à chaque fois) qui a des soucis conjugaux, plus un acteur célèbre à état d’âme (Paul Dano), se retrouvent dans un hôtel de luxe qui fait aussi clinique et centre de soins pour millionnaires à états d’âme.
Il s'agit d'un film pour Palme d'Or ou Prix du Jury ou Grand Prix à Cannes: nous y retrouvons les qualités ou défauts de The Lobster (2015, Yorgos Lanthimos) ou The Square (2017, Ruben Östlund) et autres de Michael Haneke: peu de lien avec une réalité contemporaine: il s'agit de riches, bourgeois ou pas, qui ont des états d’âme et des soucis sur leur vie ou leur fin de vie. Est-ce un sujet intéressant en cette période du vingt et unième siècle, oui s'il y a du drame, de la souffrance, mais cela est sans lien avec aucune des problématiques politiques, sociales ou sociétales actuelles.
Dans les qualités: le film contient des plans sublimes (formellement, Luca Bigazzi à la photographie), des mises en abime ou des dialogues savoureux et quelques belles séquences qui impriment l’œil.
Michael Caine et Harvey Keitel sont dans leurs interprétations standards. Harvey Keitel, éternel second rôle, toujours médiocre qui restera pour sa seule interprétation de qualité : le Bad Lieutenant (1992) d'Abel Ferrara. Nous nous demandons si ces personnages n'auraient pas nécessité de grandes stars, plutôt que des acteurs confirmés sans charismes.