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samedi 22 mars 2025

The Substance (2h21, 2024) de Coralie Fargeat

Avec Demi Moore, Margaret Qualley, Dennis Quaid, Edward Hamilton-Clark, Gore Abrams, Oscar Lesage, Christian Erickson, Robin Greer, Tom Morton, Hugo Diego Garcia.

Coralie Fargeat utilise la mythologie de Demi Moore pour montrer sans subtilité qu'il est dur de vieillir, en particulier pour une star féminine d'aérobic. Demi Moore, teste une substance qui la rajeunit : le truc du scénario n'est pas de la faire rajeunir elle, mais une partie de sa personne. Qui finira par lui causer des problèmes. Ce que le spectateur soupçonne très vite bien sûr : le drame doit arriver, les choses ne peuvent pas se dérouler comme prévu, c'est le principe de la dramaturgie.

Les hommes sont très mal traités et ne semblent avoir leur cerveau uniquement dans leur slip, voire ne pas en avoir du tout. Avec en tête Dennis Quaid, assez hilarant en producteur hystérique rivé sur l'audimat.

Le film dure 30 minutes de trop : les messages sont passés et compris depuis longtemps. Nous comprenons que Coralie Fargeat doit terminer son histoire et va jusqu'au bout de la logique avec son personnage. Le Grand Guignol est réussi, avec beaucoup d'humour, et la scénariste déroule sa farce jusqu'au bout. Mais il est difficile de ne pas regarder sa montre. Dans le genre du body horror, dépasser les deux heures est périlleux (les films de référence sont souvent sous les 100 minutes voire moins, que ce soit chez Cronenberg, Tsukamoto, Carpenter, Yuzna, Ducourau ou Falardeau, par exemple). 

Nous remercions par contre la réalisatrice de ne pas avoir utilisé le CGI porn et privilégié les effets devant caméra (maquillages, prothèses, animatroniques). Les textures et patines sont toutes autres.

 poster du film Bande-annonce The Substance

samedi 20 février 2021

Midway (2019, 2h18) de Roland Emmerich

Avec Ed Skrein, Patrick Wilson, Woody Harrelson, Luke Evans, Mandy Moore, Luke Kleintank, Dennis Quaid, Aaron Eckhart, Keean Johnson, Nick Jonas.

L'intérêt du film vient principalement de ses éléments historiques et de sa volonté de reconstitution de la bataille de Midway. Tout en commençant par l'attaque de Pearl Harbor, jusqu'à  Midway donc, qui était visiblement un piège tendu à la marine japonaise. Comme le film est pro étatsunien, nous laisserons les historiens évaluer cet aspect.

Du coté de la pellicule, ou du fichier numérique, les qualités du film sont donc dans sa reconstitution, qui se veut réaliste et spectaculaire, et qui l'est. Combiné à une narration et une peinture de personnages pro-américains et pro-chinois (curiosité de la mondialisation et de la co-production du film avec la Chine) contre un ennemi commun que sont encore les japonais.

Le film est plutôt agréable dans son genre avec des acteurs sympathiques, bien dirigés, dans un ensemble choral plutôt équilibré, et qui montre le côté japonais aussi. Au total, il s'agit plutôt d'un bon Roland Emmerich, plutôt modeste, un de ses films les plus simples et les plus directs; tout en étant très relatif, car il s'agit d'une superproduction spectaculaire.
Le metteur en scène a coordonné l'ensemble des différents corps de métiers et équipes pour réaliser son ouvrage pour fournir comme résultante quelque chose qui est sympathique.
Sur le plan du spectaculaire le film est une orgie de feu, de carcasses et métaux divers entre avions, navires et porte-avions. Ceci est combiné à de multiples intrigues pour un ensemble de personnages, et le tout de manière très équilibrée.
Après son chef d'oeuvre, son Godzilla (1998), celui-ci est sûrement son meilleur film. Son film le plus sobre et d'ailleurs à ce titre il ne contient aucun humour au second degré ni au premier degré.
 
Midway [Blu-Ray]

mardi 12 novembre 2013

LOIN DU PARADIS (FAR FROM HEAVEN, 2002) DE TODD HAYNES



Todd Haynes signe avec ce film une très belle histoire se déroulant dans l'Amérique des années 50 ou 60. Le film aborde les thèmes de l'adultère, du racisme, de la lutte des classes et de l'homosexualité.
Le film traite ces sujets avec une enveloppe quasi parfaite, c'est-à-dire que les décors et les costumes sont magnifiques; l'interprétation est au diapason (mention spéciale à Dennis Quaid que l'on a peu vu dans ce genre de personnage et de film).
Le personnage interprété par Julianne Moore est pendant une partie du film, en tout cas au début, assez bizarre, presque irréel et tellement énorme dans sa volonté d'être la femme parfaite au service de sa famille et de son mari. Bien sûr cette perfection et ce paradis (voir le titre) éclatent au fur et à mesure que les différentes thématiques - adultère, racismes, homosexualité - sont amenées dans le récit.
Un très beau film qui se conclut quelque part sur le fait qu'il est plus facile d'être homosexuel que de tomber amoureuse d'un noir dans cette Amérique si parfaite et finalement si restreignante.