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mardi 4 août 2026

The Furious (1h53, 2025) de Kenji Tanigaki

Avec Xie Miao, Joe Taslim, Yang Enyou, Jeeja Yanin, Brian Le, Joey Iwanaga, Yayan Ruhian, Sahajak Boonthanakit, Manatsanun Phanlerdwongsakul, Guo Junqing.

Kenji Tanigaki est un cascadeur, coordinateur d'action ou metteur en scène d'actions sur de multiples films. Ici il dirige cette nouvelle référence en matière d'actions. Des combats à mains nues ou avec tout ustensile disponible sous la main (un marteau est utilisé de manière inédite dans la séquence de la boîte de nuit). Avec en tête Xie Miao, impressionnant, et qui campe un personnage muet : très bonne idée qui permet d'obtenir des scènes intéressantes. The Furious définit un nouveau standard des combats urbains.

La ligne dramatique est simple. Des mafieux kidnappent des enfants. Ils kidnappent la fille de Xie Miao. Qui fera tout pour retrouver sa fille. Il croisera Joe Taslim, qui lui aussi possède une motivation pour retrouver ces gangsters. Ils vont s'entraider bien sur. Autre composante importante : ces méchants sont sans éthique et extrêmement violents.

Ce monument définit donc de nouveaux standards en matière de combat. Avec une violence extrême (et une utilisation importante du sang numérique qui gicle sur la caméra fictive) et avec une utilisation judicieuse des décors dans lesquels se trouvent les combattants. Et aussi avec beaucoup d'humour, il faut le reconnaître. Humour noir, tant il survient dans des contextes de hautes brutalités.

poster du film Bande-annonce The Furious 

mardi 11 novembre 2025

La Fureur Du Dragon (The Way Of The Dragon, 1h39, 1972) de Bruce Lee

Avec Bruce Lee, Nora Miao, Chuck Norris, Ping-Ou Wei,  Chung-Hsin Huang, Robert Wall, Ti Chin, Tony Liu, Little Unicorn, Malisa Longo, Ngan Wu.

Bruce Lee prend le contrôle complet ici, il est crédité du scénario, de la mise en scène et de la chorégraphie des combats. Il interprète un chinois qui vient aider à Rome un restaurant chinois qui est convoité par des méchants locaux, occidentaux.
La première moitié du film est consternante. Entre les séquences de visite des principaux monuments de Rome (séquence sans intérêt) et les scènes de comédie écrites par Bruce Lee qui sont littéralement nulles, cette première moitié de film est pénible. La direction d'acteur le concernant est catastrophique. le reste de la distribution est moins pire que d'habitude (c'est-à-dire moins mauvais que chez Lo Wei pour Big Boss, 1971 et La Fureur De Vaincre, 1972). Bruce Lee grimace principalement. Même si ses expressions faciales sont, dans l'ensemble, assez variées. L'arc dramatique retardant le plus possible les moments où Bruce Lee montre ses talents en boxe chinoise et kung-fu.

Nora Miao est bien mieux ici, avec un personnage plus étoffé que dans La Fureur De Vaincre (1972, Lo Wei) ou que dans Big Boss (1971, Lo Wei). D'ailleurs, dans la distribution, nous retrouvons beaucoup d'acteurs vus aussi dans ces deux films. Nous retrouvons Ping-Ou Wei, ricanant et grimaçant dans le rôle du perfide homme de main, pleutre, et habillé de manière rigolote. 

Ensuite commencent à apparaître les séquences de combats, que nous attendions. Ici il affronte des Occidentaux, avec une belle séquence au nunchaku, une bonne séquence avec Robert Wall, et un combat d'anthologie contre Chuck Norris, dans le Colisée (même si le décor de studio avec fausse perspective est mignon).

poster du film Bande-annonce La Fureur du dragon 

La Fureur de Vaincre (Fist of Fury, 1h35, 1972) de Lo Wei

Avec Bruce Lee, Nora Miao, James Tien, Maria Yi, Robert Baker, Fu Ching Chen, Shan Chin, Ying-Chieh Han, Chikara Hashimoto, Jun Katsumura, Chung-Hsin Huang, Kun Li, Feng Tien.

Bruce Lee revient à Shanghai où se trouve son école, car son maître vient de mourir. Il est visiblement très affecté. Il ne croit pas à une mort naturelle. Il mène à sa manière l'enquête lui même. Et souhaite venger son maître s'il n'est pas mort de manière naturelle, évidemment. Rien n'est divulgâché ici, c'est une tautologie.  Shanghaï semble être un protectorat japonais ou quelque chose d'équivalent, les Japonais étant très présents, y compris avec une école d'arts martiaux, concurrentes de celle de Bruce Lee.

Les méchants sont à moustaches, et aussi japonais. Et ceux-ci voient l'école chinoise comme une concurrente. Ils sont torves, menteurs, lâches et ricanants. La dramaturgie est simple pour ne pas dire à la serpe. Les écoles s'affrontent, s'invectivent, et Bruce Lee, solitaire, agit sans réfléchir aux conséquences et conduit son chemin.

Nora Miao amène une possibilité de relation amoureuse. Celle-ci est peu convaincante, car le personnage de Bruce Lee est trop obsédé, furieux et enragé pour un ensemble de combats pour venger son maître. Nous percevons qu'il est obsédé et enragé au milieu de combats très spectaculaires. Combats particulièrement lisibles  dans leur découpage et montage, et  jouissifs dans leur violence excessive. Il est tellement enragé, qu'il finit par foncer sur les armes de la police pour suggérer qu'il se suicide.

poster du film Bande-annonce La Fureur De Vaincre 

samedi 1 novembre 2025

Operation Dragon (Enter The Dragon, 1h42, 1973) de Robert Clouse

Avec Bruce Lee, John Saxon, Jim Kelly, Ahna Capri, Shih Kien, Robert Wall, Angela Mao, Betty Chung, Geoffrey Weeks, Bolo Yeung. 

Le film commence par un affrontement entre Sammo Hung et Bruce Lee. Pas de périphrase ou de prétexte au combat ici. En lien avec l'histoire qui va suivre (il s'agit d'un tournoi organisé par un méchant chinois sur une ile). Mais nous comprenons les scénaristes qui se sont dit : le public vient pour ça, donnons leur dès le début, car ensuite nous avons une histoire à installer et les coups seront plus rares (les combats mettent longtemps à arriver). D'ailleurs ce premier combat est saisissant : le physique de Bruce Lee est très sec et très maigre et celui de Sammo Hung plutôt adipeux.

Par rapport à ses trois précédents films (Big Boss - 1971, Lo Wei -, La Fureur De Vaincre - 1972, Lo Wei - et La Fureur Du Dragon - 1972, Bruce Lee -), la forme est ici plus maîtrisée, les décors, le montage, la direction d'acteur sont supérieurs à celle des trois précédents films de Bruce Lee, et il se révèle crédible en acteur. Robert Clouse et son équipe connaissent leur métier.

Le méchant est réussi : chinois (ancien de l'école de Bruce Lee), perfide, ricanant, et avec une arme secrète, et maltraitant les femmes. 

Bien sûr la partie intéressante du film concerne les différents combats, où nous retrouvons Bolo Yeung, Robert Wall, ainsi que Jim Kelly et John Saxon. Ou alors avec Bruce Lee en solo lorsqu'il enquête sur l'ile. Ou encore le flashback avec sa sœur, qui affronte de méchants combattants. Tous sont spectaculaires et font l'intérêt du film. Il y a bien une histoire derrière les combats, qui est de découvrir ce qui se passe dans cette ile où des personnes disparaissent mystérieusement.

poster du film Bande-annonce Opération dragon 

mercredi 29 octobre 2025

Big Boss (1h40, 1971) de Lo Wei et Chia-Hsiang Wu

Avec Bruce Lee, Maria Yi, James Tien, Nora Miao, Kun Li, Ying-Chieh Han, Tony Liu, Shan Chin, Hua-Sze Li, Marilyn Bautista. 

Bruce Lee est un immigrant chinois qui arrive en Thaïlande où il est accueilli par des ouvriers chinois qui travaillent dans une fabrique de blocs de glace. Des employés disparaissent. Le chef (Chih Chen) est un Asiatique ricanant, torve bien sûr, menteur bien sûr. Et le grand patron est du même acabit. Le typecasting opère : les méchants sont avec lunettes ou moustaches et ricanants de prime abord.

Le scénario est débile, d'ailleurs, beaucoup des personnages le sont. La direction d'acteur est catastrophique : il n'y en a pas et les personnages surjouent et grimacent. Bruce Lee n'est pas en reste et est catastrophique au niveau de son interprétation. La bande son est ridicule, donc hilarante et est constitutive du plaisir : les coups donnés ressemblent à des gifles sur des morceaux de viande. Les décors d'intérieur, de carton-pâte, donnent une patine particulière au film. Nous ne sommes pas loin de Chan Cheh, avec un film sans femme, où les hommes nourrissent des obsessions entre eux (amour, amitié, haine), se retrouvent torse nu très vite et s'affrontent avec violence.

Après ces considérations de formes, nous sommes là pour visionner les performances de Bruce Lee. Ce n'est donc pas l'interprétation qui nous intéresse. C'est son premier film en tant qu'artiste kung-fu, et qui, par son succès, en fera une star internationale. Les combats ne sont pas dirigés par Bruce Lee  dans ce film, mais par Chia--Hsiang Wu. Bruce Lee ne se retrouve pas torse nu rapidement, mais il y viendra. Le canevas dramatique met du temps à donner la possibilité à Bruce Lee de frapper. Mais c'est là où nous apprécions : les coups, les combats, les expressions faciales de Bruce Lee traduisent une violence qui fait penser à des dérèglements ou une forme de folie, se transformant en une espèce d'animal (les cris) sans foi ni loi (tous les coups sont permis, en particulier dans l'entrejambe). 

poster du film Big Boss 

dimanche 28 mai 2023

Les 5 Maîtres De Shaolin (Five Shaolin Masters, 1h49, 1974) de Chang Cheh

Avec David Chiang, Lung Ti, Sheng Fu, Kuan-Chun Chi, Fei Meng, Lung-Wei Wang, Ka-Yan Leung,

Dans ce film, Chang Cheh pousse l'épure et l’exagération à leur maximum. Pour un produit d'avant-garde conséquence de multiples partis pris : le film ne possède aucun personnage féminin ; le film est constitué d'une série continue de  combats ; il n'y a littéralement aucune histoire ; le film contient son lot de dialogues débiles (en version française, mais il n'est pas possible qu'il en soit autrement en version originale) ; la direction d'acteur est inexistante ; les décors sont d'une pauvreté anémique : des carrières, un chemin, une rivière, des arbres et des végétaux ; le film utilise de multiples effets de zoom. La résultante est qu'il y a trop de personnages, trop de combats, trop de grimaces.

Pour une histoire dont nous nous moquons, mais l'attention est maintenue, pas par l'interprétation catastrophique, mais par ses combats : Liu Chia-Liang et Liu Chia-Yung aux chorégraphies

Mais le film réuni Ti Lung, David Chiang et Fu Sheng, dans des personnages typiques. Les autres sont moins connus et disparaissent au bout d'un moment.

Au total, le film est tellement excessif dans la volonté de filmer uniquement des combats, qu'il en devient sympathique. Ceux qui meurent à la fin ne nous gênent pas, car les stars elles survivent (les trois précités). 

Les 5 Maîtres De Shaolin


dimanche 6 novembre 2022

Un Seul Bras Les Tua Tous (The One-Armed Swordsman, 1h55, 1967) de Chang Cheh

Avec Jimmy Wang Yu, Chung-Hsin Huang, Chiao Chiao, Yin-Tze Pan, Yanyan Che, Chuan Chen, Hsiung Chao, Pei-Shan Chang.

Nous sommes ici dans la mythologie du sabreur manchot. Jimmy Wang Yu est celui-ci. Il perd son bras par une femme qui l'aime et le déteste en même temps. Il quitte son école de Kung Fu pour vivre dans l'anonymat. Mais son passé va le contraindre à remettre en avant son talent à cause d'une femme.

Le schéma est ultra classique. Et la forme aussi. Chang Cheh refera une version plus violente du film avec le génial La Rage Du Tigre (1971) qui sera beaucoup plus violente, furieuse et masculine (les femmes n'y ont aucune influence sur l'histoire) et aussi moins mièvre que celui-ci qui manque de subversion dans un canevas sans surprise. Jimmy Wang Yu fait ce qu'il peut, mais il n'est pas vraiment aidé, supporté, transporté, par les autres acteurs qui sont un peu fades ou alors dans les ricanements, ni par les deux actrices (pour les deux seuls personnages féminins) qui sont dans la minauderie gênée. Les combats ne sont pas particulièrement mémorables, si ce n'est le super méchant (que nous découvrons à la fin) avec ses outils particuliers et sa botte secrète qui permettent de sortir de la routine des combats usuels pour ce genre de production.

Bande-annonce Un seul bras les tua tous

dimanche 23 octobre 2022

Les Disciples De Shaolin (1h46, 1975) de Chang Cheh

Avec Sheng Fu, Kuan-Chun Chi, Ming Li Chen, Ching-Ping Wang, Ti Lu, Tao Chiang, Hark-On Fung, Chiang Han, Shou-Yi Fan, Li Hsu, Stephan Yip, Hui-Huang Lin.

Ce film est la compilation de ce qu'il y a de pire chez Chang Cheh. Nous y trouvons une direction d'acteur catastrophique avec des acteurs qui grimacent ou qui passent leur temps à ricaner. Nous y trouvons les décors en carton-pâte ou alors d'une pauvreté visuelle de type chemin avec des herbes au bord. Nous y trouvons une musique ridicule qui surjoue. Nous y retrouvons aussi un schéma dramatique sans intérêt et ridicule qui fait que le film fait sourire, mais pas volontairement.

Le film n'est pas dénué d'intérêt si nous considérons uniquement les combats. Ils sont plutôt assez secs et très amusants avec le son ridicule qui est rajouté à chaque coup entre les sifflements des mouvements et les coups de canon chaque fois que les personnages sont censés se toucher.

L'histoire est pour le moins débile et surtout mélange une flopée de personnages tous plus crétins les uns que les autres, y compris le héros principal, Fu Sheng, dénué de talent d'acteur.

Comme bon nombre de films de Chang Cheh, les hommes se retrouvent très vite torse nu. Et les personnages féminins sont des faire-valoir sans grand intérêt.

Les Disciples de Shaolin

mardi 3 août 2021

Ip Man 3 (Yip Man 3, 1h45, 2015) de Wilson Yip

Avec Donnie Yen, Lynn Xiong, Jin Zhang, Mike Tyson, Patrick Tam, Karena Ng, Louis Cheung, Kent Cheng, Ka-Yan Leung, Danny Kwok-Kwan Chan, Babyjohn Choi.

Le pauvre Ip Man, maitre du wing chun, qui a formé Bruce Lee, est la vache à lait des scénaristes pour un sous-genre du film de Kung-Fu: le film de Ip Man.

Ici, il n'y a pas de surprise. L'interprétation et la direction d'acteur manquent de subtilité. Comme à chaque fois. Il doit y avoir une explication rationnelle. Est-ce le manque de subtilité de Wilson Yip? Probablement pas, car cela ne semble pas dépendre du réalisateur. Le sourire permanent de benêt de Donnie Yen est crispant et fait penser un temps à un sketch du SNL. Mais non. Heureusement il perd son sourire, car sa femme se retrouve avec un cancer (belle performance fonctionnelle de Lynn Xiong, toujours aussi charmante). Jin Zhang est plus crédible au niveau de l'interprétation, et tout aussi doué au niveau du wing chun (sa contribution aux combats est de bon aloi).

Néanmoins les combats sont bien là, à intervalles réguliers et très violents: la narration est uniquement structurée autour de ceux-ci, les scénaristes devant imaginer des transitions qui conduisent à ces combats tout en complétant les personnages. En particulier pour notre Ip Man, alias Donnie Yen, un arc dramatique avec sa femme, atteinte d'un cancer qui ne peut être soigné. Trois scénaristes sont crédités, cela laisse dubitatif...

Néanmoins, pour la castagne, le film répond à son cahier des charges et les combats sont divertissants, secs et teigneux.

Ip Man 3 Poster

dimanche 14 février 2021

Ip Man: La Légende Est Née (1h40, 2010) de Herman Yau

Avec  Yu-Hang To, Yi Huang, Biao Yuen, Siu-Wong Fan, Rose Chan, Chun Ip, Sammo Kam-Bo Hung, Bernice Liu, Suet Lam, Jiao Xu, Heman Leung, Jun Hui Wen, Shen Al Ji, Sire Ma, Kwok-Lun Lee

Encore une histoire sur le pauvre Ip Man. Il est probable que la réalité soit très différente de tous ces films qui célèbrent son art personnel du kung-fu.

Ici nous avons une production avec beaucoup de moyens pour tout ce qui concerne les éléments techniques: décors, costumes (nous pouvons noter un très bon travail sur les costumes), maquillage et l'ensemble des productions values.
Le scénario est encore le patron standard avec les méchants Japonais, avec la méchante école concurrente, avec le maître trahie, une histoire romantique contrariée, avec le maître qui est assassiné ou en tout cas ici il y a un maître qui meurt tout seul puis un autre qui est assassiné.
 
La qualité de ce genre de film est liée aux combats et aux chorégraphies. Dans ce film ils arrivent à intervalles réguliers et sont plutôt bien exécutés, l'acteur principal étant convaincant; Les chorégraphies sont bien mises en scène avec beaucoup de plan d'ensemble et très peu de plans rapprochés. Les chorégraphies incorporent beaucoup de destructions d'éléments de décors, ce qui leur donne du punch. Le metteur en scène n'insiste pas sur la violence des combats, mais il y a en a quelques-uns de spectaculaires et vraiment violents dans leur manière de casser les meubles les murs et le décor environnant.
Dans les éléments très typiques de ce genre de production, il y a une direction d'acteur et une dramaturgie approximative voire à la serpe, ainsi que des éléments de philosophie associés au kung fu bien sûr, qui sans être risibles sont parfois un peu lourds (et un peu ridicule). 
Sinon il est très sympathique de revoir Sammo Hung (pas longtemps) ainsi que Yuen Biao (sur toute la durée du film), vieux comparses de Jackie Chan (époque où il faisait les cascades lui même).

IP Man [Blu-Ray]
 
 

vendredi 5 février 2021

IP Man Legacy: Master Z (Master Z: The Ip Man Legacy, 2018, 1h47) de Yuen-Woo Ping

Avec Jin Zhang, Dave Bautista, Michelle Yeoh, Tony Jaa, Chrissie Chau, Yan Liu, Xing Yu, Kevin Cheng, Patrick Tam.

Une instance du sous-genre kung-fu, le film de Ip Man.

La richesse du film vient du fait que l'histoire, ultra classique, est rythmée par des combats de kung-fu, mais juste ce qu'il faut pour garder la dynamique et rappeler que c'est un des éléments du film. Jin Zhang étant un maitre de Kung-Fu qui souhaite se ranger et élever son fils. Évidemment tout va faire pour qu'il se serve de son talent d'artiste martial. Pour lutter contre des méchants trafiquants de drogue (Patrick Tam et Dave Bautista, faut gentil que nous savons être méchant dès sa première apparition - moustaches, lunettes et calvitie ne trompent pas).

Les décors et costumes sont riches. Les situations et la narration ne sont pas bâclées. Le film a bénéficié d'un budget substantiel. Jin Zhang est très bien; un peu trop mutique, mais ses combats sont secs et toniques. Michelle Yeoh est très mal coiffée; peu importe que cette coiffure soit crédible historiquement, ce n'est pas possible de l'affubler d'une coiffure aussi laide. 

Et Ip Man dans tout cela? Et bien Jin Zhang, notre maitre kung-fu, se retire du kung-fu après avoir été battu par Ip Man. Donc avant le début du film... Ce n'est pas grave, Jin Zhang fait le job.  Et bientôt il y aura un spin-off: j'ai promené le chien de Ip Man... Il peut y en avoir des milliards comme cela.

Master Z: The Ip Man Legacy Poster

The Grandmaster (2h10, 2013) de Wong Kar-Wai

Avec Tony Chiu-Wai Leung, Ziyi Zhang, Cung Le, Qingxiang Wang, Elvis Tsui, Hye-Kyo Song, Kar-Yung Lau.

Kar-Wai Wong raconte l'histoire de Ip Man, un maitre de Kung-Fu dont le parcours est lié à des pages de l'histoire de la Chine. Et il finira comme maitre à Hong-Kong où il aura un élève qui deviendra célèbre Lee Jun Fan plus connu sous le nom de Bruce Lee. Le film sur Ip Man est un sous genre du film de kung-fu lorsque l'on voit la kyrielle de films qui existent maintenant. Pour draguer la mythologie de Bruce Lee, probablement.

Ici c'est Kar-Wai Wong, le summum du cinéma intellectuel, plastiquement sublime, totalement invraisemblable, donc indispensable.

Ici les combats sont visuellement superbes. Ils sont cadrés en gros plans. Ils sont réglés par Yuen Woo-Ping. Mais nous sentons que c'est la plastique et les textures qui intéressent le réalisateur: gros plans, ralentis, pluie, couleurs, très gros plan sur une goutte d'eau dans une flaque d'eau avec floutage de tout ce qu'il y a autour. Tout cela est une matière qui produit au montage des séquences visuellement et plastiquement intéressantes, très léchées, à la limite du ridicule. Et quelquefois au détriment de la lisibilité sur l'espace et sur le combat lui-même. Il y a beaucoup de très gros plans avec la caméra qui lèche le personnage en remontant (point au milieu, mais pas autour et arrière-plan flou).

La direction d'acteur est laissée de côté: Tony Leung, avec son sourire permanent, rend le personnage hermétique, pour rester poli. Et il faut reconnaitre qu'en artiste martial il est moyennement crédible: il ne déborde pas de tonicité et d'énergie...Erreur de distribution? Disons que c'est la mise en scène et le montage qui provoque cette impression; le souci de Wong Kar-Wai est de faire de la plastique, ce n'est pas de montrer de la tonicité et de l'énergie dans les combats.

La narration est curieuse: Tony Leung, inexpressif pendant l'ensemble du film; il est esclave des évènements, il les subits. Cela donne une impression qu'il s'en moque et qu'il y accorde peu de valeur. Cela rend le film curieux, car il s'agit de son histoire; c'est l'histoire du personnage Ip Man, mais il s'en moque en quelque sorte. Sa femme et son enfant arrivent et partent, sa maitresse virtuelle (Zhang Ziyi, solaire) rentre puis sort de la narration...

Un bijou pour les yeux.

The Grandmaster [Blu-Ray]

mercredi 19 août 2020

Fist Of Legend - la nouvelle fureur de vaincre (1994) de Gordon Chan

Avec Jet Li, Shinobu Nakayama, Siu-Ho Chin, Billy Chow, Yasuaki Kurata, Paul Chun, Ada Choi, Cheung-Yan Yuen, Toshimichi Takahashi, Suk-Mui Tam, Jackson Lou, Sun Wong, Man Biu Lee.

Fist of Legend [Blu-Ray] [Édition Limitée]Un film sur l'affrontement historique entre le Japon qui occupe la Mandchourie et la Chine. Affrontement entre écoles d'arts martiaux interposées. D'un côté il y a Jet Li, de l'école chinoise, dont le maitre vient de mourir et qui revient (il étudie au Japon) pour l'honorer et aussi comprendre ce qui s'est passé.
Le film est le remake d'un des films de Bruce Lee, La Fureur De Vaincre (1972, de Wei Lo). Nous y gagnons au change, car Jet Li est meilleur acteur (est un acteur devrions nous dire, car Bruce Lee ne savait pas jouer la comédie).
Le film est cousu de fil blanc, mais fonctionne parfaitement. Les combats sont spectaculaires, variés et heureusement utilisent assez peu les câbles et ne sont donc pas ridicules. Le canevas de vengeance est sympathique. Et les méchants sont très bien et assez jubilatoires: Billy Chow et Jackson Lou. Et le scénario gère plutôt bien les différents personnages de seconds rôles qui gravitent autour de Jet Li: que ce soit dans son école chinoise, que ce soit coté japonais que ce soit avec sa fiancée (le racisme des deux sociétés, Chinoise et Japonaise est bien montré), que ce soit avec l'oncle de la fiancée.
Nous pouvons noter que le scénario et donc le film contient beaucoup de scènes avec les femmes, que ce soit l'amoureuse prostituée, l'amoureuse japonaise de Jet Li. L'honneur de l'école passe avant la relation amoureuse, mais ces personnages ne sont pas que des éléments fonctionnels.
Laissons de coté la direction d'acteur pachydermique et concentrons-nous sur le coté jubilatoire de sa progression dramatique déjà vue des milliers de fois, mais plutôt addictive avec des combats qui rabattent le caquet promptement au vilain méchant à chaque fois.

samedi 24 décembre 2016

Chinese Zodiac (2012) de Jackie Chan

Chinese Zodiac Blu-RayAvec Jackie Chan, Oliver Platt, Shu Qi, Daniel Wu, Laura Weissbecker, Stephen Chang, Caitlin Dechelle, Xingtong Yao.

C'est bien une superproduction de Jackie Chan. Nous y retrouvons toutes les caractéristiques de ses superproductions: tournage international dans de multiples pays (Vanuatu, Chine, Australie, la France pour l'exotisme). Le film contient son lot de séquences spectaculaires et amusantes en même temps comme savent si bien le faire Jackie Chan et son équipe de cascadeurs. Ici on ne devine pas trop l'emploi de doublure. Même si on détecte bien les fils de sécurité qui ont été enlevés numériquement. Comme à chaque fois avec ses productions chinoises, l'humour est balourd, mais le film est sauvé par sa dimension d'aventure où les séquences sont enfilées sans temps mort et avec régularité: cela se passe sur l'eau dans les airs sur un volcan ou dans la jungle. C'est très varié. Avec une perte du sens de l'ensemble, mais ce n'est pas grave, car la scène suivante contient son lot de spectacle, d'action et d'aventure et qui ne nous laisse pas beaucoup de temps pour réfléchir, car ce n'est pas nécessaire.
C'est plutôt une bonne livraison de spectacle familial pour Jackie Chan.

vendredi 11 décembre 2015

Les Aventures de Jack Burton dans Les Griffes du Mandarin (Big Trouble in Little China, 1986) de John Carpenter

Avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, James Hong, Victor Wong, Kate Burton, Donald Li, Peter Kwong, Carter Wong, James Pax, Suzee Pai, Jeff Imada.
Serait-ce le chef d’œuvre de John Carpenter? Carpenter n'est jamais plus intéressant que lorsqu'il travaille pour un studio, et qu'il n'est pas maître de tout à bord. Les Mémoires de L'Homme Invisible, Starman, The Thing, et donc Jack Burton. Les meilleurs Carpenter sont ceux où il travaille sous contrainte.
La musique, signée Carpenter, toujours dans son style à lui, avec des orchestrations Rock, est aussi une de ses meilleures.
Ici il y a un mélange d'antihéros (Kurt Russell parfait en gros bourrin qui manque de délicatesse), de film d'action d'inspiration asiatique, de grotesque, de film fantastique et de film de monstre, d'humour, dans un florilège de poncifs de série, avec un léger recul, jamais condescendant. Kurt Russell n'est pas le héros, mais l'antihéros: ce n'est pas lui qui sort les gens des situations, mais son acolyte asiatique. Antihéros, pas très futé, contrairement au Snake Plissken de Escape from New-York. D'ailleurs ici les acteurs jouant les Chinois, que l'on voit toujours dans les autres productions étatsuniennes, où ils jouent les Chinois, peut être un peu caricaturalement, semblent ici jubiler d'interpréter ces personnages, basés sur des légendes chinoises.