mercredi 11 février 2026

La Belle Etincelle (1h30, 2023) de Hervé Mimran

Avec Lionnel Astier, Laurent Bateau, Mélanie Doutey, Bernard Campan, Angélique Bridoux, Vincent Chalambert, Moon Dailly, Godefroy Donzel.

Un chef anciennement étoilé, mais déchu, se retrouve à faire la cuisine dans un restaurant abandonné avec un autiste comme cuisinier. C'est l'argument du film de manière très synthétique. Nous ne divulgâcheront rien de la suite, mais tout est prévisible et cousu de fil blanc dans ce film par ailleurs très sympathique, car nous aimons toujours les histoires de rédemption et de personnages qui deviennent plus humains, même si, pour le coup, ici cela est relativement peu progressif et par moment un peu rapide. 
Il est à préciser que les autres membres du restaurant sont aussi des personnes ayant des handicaps, ce qui amène son lot de comédie dramatique et d'éléments comiques au film . 
Le personnage de Mélanie Doutey est très attachant. L'évolution du personnage de Bernard Campan est cousue de film blanc. 
Au total le film ne contient pas de surprises, mais plutôt une histoire agréable, même si prévisible et finalement pas désagréable à regarder ; il n'y a pas de mal à écrire des choses simples basées sur l'émotion et sur l'empathie des personnes. Le titre du film annonce la couleur.
 
poster du film Bande-annonce La belle étincelle 

Les Dossiers Oubliés (Dept. Q, saison 1, 9 épidodes de l'ordre d'1h chacun, 2025) de Scott Frank

Avec Matthew Goode, Alexej Manvelov, Jamie Sives, Chloe Pirrie, Steven Miller, Leah Byrne, Alison Peebles.

Série policière où un policier sur le retour après avoir été grièvement blessé est affecté à la tête d'une équipe de policiers qui doit réouvrir des crimes non résolus du passé, et ceci pour des raisons politiques, car l'institution ne résout pas assez de crime. L'ensemble des épisodes est centré sur un des dossiers retenus par cette équipe qui va enquêter à sa manière pour rechercher une personne disparue. Les scénaristes font le choix de nous montrer très tôt que la personne recherchée est toujours vivante et kidnappée quelque part sans nous expliquer où ni par qui. Et ils font aussi le choix de mettre dans cette équipe de policiers des personnes légèrement décalées par rapport aux autres, dont un ancien policier syrien, par exemple, qui amène un peu d'humour indirectement à cet ensemble. 
Contrairement à d'habitude, il nous est expliqué assez peu de choses sur la vie personnelle des policiers en question, et c'est très bien ; celui pour lequel nous avons un peu plus d'information sur l'entourage est le chef de l'équipe (Matthew Goode, très bon). Ce qui est largement suffisant et ne pollue pas trop l'intrigue. Celui-ci a été victime d'un tir avec le décès d'un collègue et nous avons son suivi psychologique. 
L'avantage d'une fiction de série est de tirer toutes les pistes possibles de l'histoire,  et ceci dans tous les sens et de rythmer cela avec chacun des épisodes en nous faisant croire peut-être que nous aurons une solution là, mais, sachant qu'il reste derrière encore 5 ou 6 épisodes, nous savons que ce ne sera pas la bonne ce n'est pas grave : tout cela est bien cadencé et surtout bien incarné par des personnages qui ont leur propre humanité, même de manière décalée.
 
poster de la série Les Dossiers oubliés 

The Prince And The Pauper (Crossed Swords, 1h48, 1977) de Richard Fleischer

Avec Oliver Reed, Raquel Welch, Mark Lester, Ernest Borgnine, George C. Scott, Rex Harrison, David Hemmings, Harry Andrews, Julian Orchard, Murray Melvin, Lalla Ward, Sybil Danning, Charlton Heston.

Scénario intéressant où un prince se retrouve dans la peau d'un pauvre, et inversement. D’après un roman de Mark Twain. Bien sûr, le Prince va tout faire pour retrouver son statut, et, chemin faisant, va fréquenter de vrais pauvres. Et le pauvre trouve très bien son nouveau statut de prince. Le scénario est partiellement prévisible.

Richard Fleischer essaie de rendre visuellement attractive cette histoire avec des plans qui exploitent au maximum les décors. Le personnage d'Oliver Reed est un peu faire valoir et va aider le Prince pauvre à retrouver son statut, mais ce n'est pas un héros et est même un antihéros.

La distribution est phénoménale avec une pléthore d'acteurs confirmés. Mais aucun des personnages ne suscite l'empathie et ne peut être qualifié de héros du film. Nous suivons les péripéties comme si nous étions étrangers à cette histoire. Un film curieux.

 poster du film Le Prince et le pauvre 

Wake Up Dead Man : Une Histoire à Couteaux Tirés (2h24, 2025) de Rian Johnson

Avec Daniel Craig, Josh O'Connor, Glenn Close, Josh Brolin, Kerry Washington, Andrew Scott, Cailee Spaeny, Daryl McCormack.

Superproduction où Daniel Craig reprend son rôle d'enquêteur. Le meurtre est ici celui d'un pasteur fou (John Brolin s'éclate avec ce personnage), et toutes les personnes de la paroisse ou le personnel de l'église peuvent avoir une raison de le tuer. La progression dramatique du scénario nous amène à soupçonner régulièrement une nouvelle personne de l'entourage, c'est le principe de type de scénario.

Le film possède son climat, mélange de superstitions, d'éléments rationnels et d'éléments d'humour. Le plaisir du spectateur est de deviner qui est le coupable, tout en étant influencé par l'intrigue qui nous influence régulièrement vers un des personnages. Et l'intrigue tient bien sa durée de 2h20 sans que le spectateur regarde sa montre. De la mécanique bien huilée.

La distribution est formidable. Et Glenn Close arrive à composer un personnage qui la met au-dessus des autres.

poster du film Bande-annonce Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés 

Boléro Le Mystère Ravel (2h, 2024) de Anne Fontaine

Avec Raphaël Personnaz, Doria Tillier, Jeanne Balibar, Emmanuelle Devos, Vincent Perez, Mélodie Adda, Serge Riaboukine, Sophie Guillemin.

Le film nous présente le personnage de Maurice Ravel, ses interactions avec les gens de son époque, de sa mécène qui lui commande le Boléro, ses rencontres féminines. Le film parle assez peu de création, de composition, mais suffisamment pour rendre le film intéressant concernant ce fameux Bolérie. Mais aussi sur la conception de la musique et de la vie de musicien de Maurice Ravel, ses us et coutumes, ses lieux de vie ou comment il gagnait sa vie. En particulier sa tournée en tant que pianiste en Amérique du Nord, où il découvre le jazz.

La ligne dramatique est donc la vie de Maurice Ravel pendant la composition du célèbre Bolèro. Avec régulièrement des interactions avec sa cliente, sa mécène, qui paye pour qu'il crée une musique de ballet ; avec aussi ses interactions avec différentes femmes, dont une prostituée aux gants (étonnante scène).

Il est vrai, pour faire écho avec le titre, que le personnage garde sa part de mystère, et est entièrement tourné vers la musique et sa création. Le film se termine par la direction du Boléro par Raphaël Personnaz, alias Maurice Ravel dans un montage séquence jubilatoire. 

poster du film Bolero 

Athena (1h39, 2022) de Romain Gavras

Avec Dali Benssalah, Sami Slimane, Anthony Bajon, Ouassini Embarek, Alexis Manenti, Birane Ba, Iless Hachi, Younès Benbakki, Meriam Sbia.

Le membre d'une cité a peut-être été assassiné par des policiers. Cela provoque l'embrasement de la cité et une guerre de tranchées, littéralement. La cité devient une forteresse qui refuse l'accès aux forces de l'ordre avec incendies et cocktails Molotov et meute pour défendre et attaquer les forces de l'ordre. 
Le film est spectaculaire et maintient une tension permanente jusqu'à sa conclusion. Il n'y a pas de héros, mais plusieurs personnages principaux que l'on suit au cours du récit : leader des insurgés, un policier qui essaie de temporiser et de raisonner qui se trouve être le frère du leader. Et il y a aussi un leader du trafic de drogue, qui est aussi un membre de la fratrie. Tout ce monde n'a pas les mêmes intérêts et les mêmes ambitions et s'affrontent autour de petits arcs dramatiques qui nourrissent soit directement, soit indirectement l'arc dramatique principal, c'est-à-dire l'embrasement.
Le réalisateur choisit de donner le point de vue à un des policiers que nous retrouverons un peu plus tard au cours de l'intrigue à l'intérieur de la cité et il sera aussi un élément important des drames qui vont suivre dans la deuxième partie du film. 
Sur la forme le film est très efficace et impressionnant. Il peut être vu comme une actualisation de La Haine de Mathieu Kassovitz. Ne serait-ce que sur la forme, le film de Mathieu Kassovitz était stylisé (le noir et blanc, par exemple), ici, c'est une explosion graphique qui fait penser à un Escape From New-York (1981) de John Carpenter, en plus survitaminée ou alors au film Tueurs Nés (1994) d'Oliver Stone pour le côté hystérique.
 
poster du film Bande-annonce Athena 

Un Petit Frère (1h56, 2022) de Léonor Serraille

Une fresque familiale où Annabelle Langronne se bat pour vivre sa vie, et pour élever ses enfants. Un très beau film où les rêves sont oblitérés par le pragmatisme réaliste. Entre sa situation où son entourage essaie de la marier absolument, et ses enfants à élever pour qu'ils s'en sortent mieux qu'elle. Les deux petits garçons qui jouent ses fils sont formidables. Jusqu'aux dénouements finaux où nous comprenons ce que sont devenus ses enfants.

Une histoire toute en subtilités, moins joyeuse que Jeune Femme (2017) avec Laeticia Dosch qui n'était pas joyeux non plus, mais dont la vitalité amenait une énergie comique. Ici le spectateur comprend et suit Annabelle Langronne et est de tout cœur avec elle ; même si rien de joyeux ne se produit et ne réussira que partiellement dans ses ambitions. 

poster du film Bande-annonce Un petit frère 

dimanche 1 février 2026

La Petite (1h33, 2023) de Guillaume Nicloux

Avec Fabrice Luchini, Mara Taquin, Maud Wyler, Juliette Metten, Veerle Baetens, Lucas Van den Eynde, Viv Van Dingenen.

Guillaume Nicloux continue sa création. Ici il n'y a ni Michel Houellebecq, ni Gérard Depardieu. Mais nous avons Fabrice Luchini, qui part à la recherche puis à la pêche (dans le sens où il essaie de l'attraper) de son petit fils en gestation auprès d'une mère porteuse, qui loue ses ovaires et son ventre pour de l'argent.

Le film pose la problématique de l'élevage de cet enfant : quelle est sa famille, qui va l'élever, qui sera son père, qui sera sa mère. Avec le postulat dramatique du début de film qui est que le père biologique décède.

Nous garderons les questionnements que pose le film. Nous garderons l'interprétation de Fabice Luchini, très sobre et très émouvant dans sa manière rentrée de jouer ces émotions. Nous garderons Mara Taquin, toute en énergie. Pour au total un Guillaume Nicloux qui signe un film plutôt intéressant, sérieux (pas iconoclaste) et amusant par moment.

poster du film Bande-annonce La Petite