samedi 18 janvier 2025

Gringo (1h51, 2018) de Nash Edgerton

Avec Joel Edgerton , Charlize Theron , David Oyelowo , Thandiwe Newton , Bashir Salahuddin , Glenn Kubota , Melonie Diaz , Amanda Seyfried .

Ce film nous avait échappé. Comédie fortement teintée d'humour noir où de méchants capitalistes exploitent leurs employés et les pays en voie de sous développement (ici le Mexique). Nous sommes dans l'industrie pharmaceutique et la société étatsunienne veut mettre sur le marché un produit frelaté. L'usine est au Mexique. Mais les ouvriers et l'usine mexicaine sont accointés à une mafia locale qui ne possède pas beaucoup d'humour. Dans cet environnement de requins et tueurs, David Oyelowo essaie de sauver sa peau.

Scénario complexe : les deux scénaristes, Anthony Tambakis et Matthew Stone ont tricoté une histoire avec de multiples personnages. David Oyelowo est très bon dans ce personnage de souffre douleur. Ajoutons une apparitions malheureusement trop courte du trop rare Sharlto Copley. Charlize Theron et Joel Edgerton jubilent dans leur personnage d'horribles managers seulement préoccupés par leur propre personne.

Un film à l'humour noir ravageur qui n'a probablement que peu de rapport avec la fiction.

Bande-annonce Gringo

vendredi 17 janvier 2025

La Ruche (1h21, 2021) de Christophe Hermans

Avec Ludivine Sagnier , Sophie Breyer , Mara Taquin , Bonnie Duvauchelle , Tom Vermeir , Romain Guillermic , Arthur Buyssens , Vincent Overath.

L'histoire d'une mère et de ses trois filles. De prime abord, rien ne laisse présager d'un intérêt que cela pourrait suscite. Mais la mère est plutôt dysfonctionnelle. Ses filles maintiennent le navire à flot. Elles aident leur mère à leur manière, à travers différentes tranches de vie. L'apparition ponctuelle du père permet au film de préciser les personnages, que ce soit la mère, qui a visiblement besoin de soins, mais aussi les filles, dans la détestation de leur père. Le film a le mérite de montrer que les choses ne sont pas toutes blanches ou toutes noires, que les individus peuvent avoir des qualités et des défauts.

Christophe Hermans signe un très beau film, plutôt naturaliste dans ce qu'il peint, voire documentaire, où chaque personnage possède ses fêlures : la mère, Ludivine Sagnier, dans une interprétation toute en subtilités, en premier ; et chacune des filles, à leur manière aussi.  Avec des mentions spéciales pour Sophie Breyer et Mara Taquin, dans de beaux personnages, toutes deux passionnantes.

Un bijou dans son genre avec des personnages décrits avec subtilités. 





mercredi 15 janvier 2025

Le Jardinier (1h50, 2025) de David Charhon

Avec Jean-Claude Van Damm, Jérôme Le Banner,  Matthias Quiviger, Kaaris, Poqssi, Nawell Madani, Michaël Youn, David Charhon, Elie Semoun, Vincent Desagnat.

Ce téléfilm voit confronté un jardinier à un groupe de policiers de type Forces Spéciales qui essaient de tuer Michael Youn. La raison importe peu, c'est un prétexte pour confronter le jardinier, Jean-Claude Van Damme à ces policiers. Cela n'est donc pas un traité d'éthologie. Quoi que...

Cela se veut humoristique. Le film arrive à faire sourire un petit peu. L'humour ne vient pas de Michael Youn mais de Matthias Quiviger qui dispose de dialogues hilarants et qui est le seul qui est bon.

À défaut d'être amusant, à défaut de suspense (le film n'en contient pas), le film paraît pathétique pour son côté série Z, pour la performance de Michael Youn (il est loin le temps de Fatal Bazooka), pour la performance de Jean-Claude Van Damme (les quelques combats sont mal découpés et surtout cadrés de manière à ce qu'on ne voie pas que Jean-Claude Van Damme est doublé). Sans parler de la poursuite finale, voiture et moto, digne d'un téléfilm, dont les transparences évoquent les films MGM des années soixante, pour un intérêt très limité.

Un conseil pour les futurs auteurs : une comédie ne doit pas durer plus de quatre-vingt-dix minutes.

poster du film Bande-annonce Le Jardinier

samedi 11 janvier 2025

Le Comte De Monte-Christo (2h58, 2024) de Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte

Avec Pierre Niney , Bastien Bouillon, Anaïs Demoustier, Anamaria Vartolomei, Laurent Lafitte , Pierfrancesco Favino , Patrick Mille, Vassili Schneider , Julien De Saint Jean.

Nous sommes heureusement surpris de ne pas trouver des séquences d'actions : la tartine actions et poursuites n'a pas été ajouté au scénario. Et ce n'était effectivement pas nécessaire, car la qualité principale est l'histoire, l'histoire et ses circonvolutions de trahisons et vengeances multiples.  Et cette histoire n'est pas polluée par des séquences d'action pour en faire un film actuel. Les deux réalisateurs abusent par contre un peu des plans à base de drones ou de plan verticaux, ce qui par moment donne l'impression d'interlude avec de jolies images et casse la tension du film.

Le casting est riche dans son ensemble, mais nous ne sentons pas suffisamment la noirceur du personnage. Pierre Niney n'est pas particulièrement impressionnant, même s'il est juste. La noirceur du personnage ne transparaît pas sur le physique, malgré maquillages et prothèses qui essaient ; par contre sur ses actes, c'est bien le cas. Le reste de la distribution est de qualité.

Le montage manque de rythme, ce qui fait que les trois heures de durée paraissent à partir d'un certain moment longuettes et nous regardons notre montre. Nous remercions les auteurs de ne pas avoir rajouté des séquences d'action, de combat ou de poursuites, inutiles. La force est l'histoire et ses circonvolutions qui sont suffisantes pour l’intérêt du spectateur. Les trois heures du film passent bien au final, car la noirceur du personnage ressort finalement et suscite l'intérêt dans le dernier tiers, malgré cette baisse de rythme au milieu.

Bande-annonce Le Comte de Monte-Cristo

Muzzle (1h40, 2023) de John Stalberg Jr.

Avec Aaron Eckhart, Penelope Mitchell, Diego Tinoco, Stephen Lang, Delissa Reynolds, Kyle Smithson, David Anderson, Luis Chávez, Grainger Hines.

Bonne surprise que ce polar canin, sombre (photographie) et Noir. Aaron Eckhart est dans la brigade canine, il fait la paire avec son chien, entraîné pour la détection de substances illicites.

Aaron Eckhart excelle dans ce personnage, asocial, traumatisé par un évènement du passé (c'est le cas de beaucoup de personnages dans les fictions de nos jours), qui va être mis à pied suite à une intervention qui tourne mal : des morts et son chien policier abattu. Mais son chien tué pendant l'intervention ne lui paraît pas être accidentel, mais curieusement lui semble avoir été réalisé sciemment. Ce qui aura pour effet de mettre notre policier en quête d'explications, et compte tenu de  son état psychologique, rechercher justice voire vengeance lui-même.

Le film est sombre, dans l'esprit du personnage principal, mais aussi par sa photographie entre les scènes de nuit ou en sous-sols, et sombre par l'univers dépeint. Un polar solide, sombre, sans post-modernisme ni autodérision, qui côtoie directement des personnages qui n'aiment pas lumière. Aaron Eckhart est très performant dans cet ensemble.

 Muzzle

Riposte (Trirgger Warning, 1h46, 2024) de Mouly Surya

Avec Jessica Alban, Mark Webber, Anthony Michael Hall, Alejandro De Hoyos, Tone Bell, Jake Weary, Gabriel Basso, Kaiwi Lyman, Nadiv Molcho.

Nous sommes ici dans le patron standard qui consiste à avoir un ancien militaire des forces spéciales champion dans les combats et les maniements des armes qui rentrent au bercail pour une raison X ou Y dont on se moque et qui se retrouve à devoir faire justice lui-même parce que quelqu'un de proche est mort par exemple. Le patron de scénario à la John Wick à encore frappé.

 Il va faire face à la corruption locale à des anciens amis qui n'en sont plus ou inversement peu importe. Le il ici et Jessica Alba qui s'en sort très bien à la fois dans les scènes d'action et dans les scènes dramatiques. Le film se déroule dans un décor de désert qui peut faire penser à western rempli d d'analphabètes. Ainsi que d'adepte des armes et de l'extrême droite très à la mode en ce moment aussi. 

Au total cette série B est très correcte et ne dépareille pas dans le lot de film standard identique. Le personnage de Jessica Alba étant justicier qui tue sans préoccupation de la légalité. Au total il n'y a aucune généralité. Mais c'est plutôt sympathique de voir Jessica Alba, c'est bien écrit (trois scénaristes crédités...) et l'utilisation des décors est plutôt réussi.
 
Bande-annonce Riposte

mercredi 8 janvier 2025

Le Miraculé (1h28, 1987) de Jean-Pierre Mocky

Avec Michel Serrault, Jean Poiret, Jeanne Moreau, Sylvie Joly, Jean Rougerie, Roland Blanche, Sophie Moyse, Marc Maury, Hervé Pauchon, Georges Lucas, Jean Abeillé, Dominique Zardi.

Évidemment avec un tel sujet nous ne pouvions avoir que du grand Jean-Pierre Mocky. Jean Poiret, couvert de croûtes et sale fait semblant d'être en fauteuil roulant pour toucher une assurance et veut faire croire en allant à Lourdes qu'un miracle le fera marcher. Il est suivi à la culotte par Michel Serrault en enquêteur d'assurance muet qui suspecte l'arnaque et qui le suit jusqu'à Lourdes. Dans les accompagnants il y a Jeanne Moreau en bonne sœur aidante de tout et n'importe quoi. Et l'abbé Humus interprété par Marc Maury que malmène le scénario. Jean-Pierre Mocky en profite pour montrer toute l'exploitation commerciale faite des bondieuseries de Lourdes. Et un anticléricalisme primaire jubilatoire.

Le bestiaire de Jean-Pierre Mocky est bien là, acteurs plus ou moins amateurs au visage que personne ne ferait tourner (si ce n'est Bruno Dumont), des séquences graveleuses pas du tout politiquement correct et donc indispensables. Il y a souvent des fesses et des nichons chez Jean-Pierre Mocky. Et cela va très vite : il se passe énormément de chose et le spectateur ne peut pas louper une scène, qui sont presque toutes d'anthologie. Pas de perte de temps pour expliquer, le montage est très rapide et cela fonctionne.

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lundi 6 janvier 2025

Saints & Sinners (In The Land Of Saints And Sinners, 1h46, 2023) de Robert Lorenz

Avec Liam Neeson, Kerry Condon, Desmond Eastwood, Conor MacNeill, Seamus O'Hara, Bernadette Carty, Ciarán Hinds, Niamh Cusack. Michelle Gleeson.

Liam Neeson revient sur ces terres ancestrales de l'Irlande. Il a son trauma usuel que nous avons déjà oublié. Il y a l'IRA et son terrorisme. Ces terroristes vont croiser Liam Neeson qui est un tueur local qui travaille sur de petits contrats. Bien évidemment, il ne faut pas embêter le Liam Neeson qui se retrouve donc à devoir tuer tous les méchants qui embêtent les autres. Le film possède de magnifiques décors naturels qui donnent un climat et une ambiance au film. Même dans ces paysages désertiques de l'Irlande il se passe des choses horribles et assez incroyables. Liam Neeson à l'air de croire à son personnage.

Robert Lorentz est un produit des films de Clint Eastwood (producteur, assistant), il sait comment se fabrique un film. Et son deuxième était déjà avec Liam Neeson (The Marksman, 2021), ils se sont bien entendus.

Une production honnête, sans révolution, mais qui convient à la tristesse et au poids que porte le personnage de Liam Neeson. Liam Neeson n'est pas un des Saints du titre. Il s'agit donc d'une cuvée légèrement au-dessus de la moyenne des productions Liam Neeson standards.

Bande-annonce Saints & Sinners

Mon Voisin Le Tueur (The Whole Nine Yards, 1h38, 2000) de Jonathan Lynn

Avec  Bruce Willis, Matthew Perry, Rosanna Arquette, Michael Clarke Duncan, Natasha Henstridge, Amanda Peet, Kevin Pollak, Harland Williams, Carmen Ferland.

Un film délicieusement années 80 avec une grosse star, Bruce Willis, avec une distribution de second rôle d'une richesse impressionnante où l'on retrouve une star de la série Friends, Matthew Perry très à l'aise dans le personnage, et un ensemble d'actrices avec Rosanna Arquette, Natasha Hentsridge et Amanda Peet. Excusez du peu. Nous pourrions rajouter Michael Clarke Duncan et Kevin Pollak dans les rôles secondaires.

Matthew Perry est le personnage central. Il est de toutes les scènes, entre son voisin, des mafieux et ses femmes. La ligne dramatique est simple : il reconnaît dans son nouveau voisin un tueur de la mafia qui sort de prison. Sa femme qui fait tout pour essayer de le tuer contacte la mafia. Le tout est mené sous la forme d'une comédie de boulevard où des couples plus ou moins improbables peuvent s'associer. Le scénario (Mitchell Kapner crédité) contient aussi de petites touches régulières de grivoiseries de bon aloi.

C'est complètement insignifiant, mais c'est aussi un très beau catalogue de ce qu'un collectif de talents peut faire sur la base d'un scénario éculé et déjà vu de multiples fois. L'ensemble fonctionne et se laisse regarder avec curiosité.

 Mon voisin le tueur

Histoire D'Un Crime (Crime Diaries: The Celebrity Stylist, 1h30, 2023) de Jacques Toulemonde Vidal

Avec Diana Belmonte , Ernesto Benjumea, Nelson Camayo , Camilo Colmenares , Myriam De Lourdes, Juana del Rio, Laura Alonso Escobar, Ana Maria Gomes.

Le film est inspiré d'une histoire vraie c'est-à-dire le meurtre d'un styliste et de sa mère. Ce styliste étant celui de certains noms de stars locales en Colombie. Et il est retrouvé mort avec sa mère. Une procureure enquête, en particulier sur son frère qui paraît être un bon suspect.

Le film possède son propre climat notamment avec des personnages légèrement décalés, avec une interprétation plutôt subtile notamment le frère et la procureure, les deux personnages principaux. Décalé aussi par le fait que le film utilise peu de musique extra diégétique.
Le film à l'avantage d'être assez court, c'est-à-dire 80 minutes de durée, alors qu'il est relativement dense. La structure dramatique est très standard pour les productions Netflix, c'est-à-dire que il y a un événement initial puis ensuite une série de flashbacks pour un certain nombre de petites séquences dramatiques où nous voyons le background de certains personnages et leur vie domestique. C'est une maladie typique de ces protections Netflix. Comme si cela était forcément intéressant d'avoir ses états d'âme ou de connaître la situation familiale de l'enquêteur principal par exemple. Au total ne retiendrons l'interprétation des acteurs principaux ,plutôt subtils et légèrement décalés, ce qui donne un peu de sel et de piment au film.
 Crime Diaries: The Celebrity Stylist | Rotten Tomatoes
 

dimanche 29 décembre 2024

La Methode Williams (King Richard, 2h24, 2021) de Reinaldo Marcus Green

Avec Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor, Jon Bernthal, Saniyya Sidney, Demi Singleton, Tony Goldwyn, Mikayla Lashae Bartholomew, Daniele Lawson, Layla Crawford, Erika Ringor, Noah Bean.

Dans la boîte à outil des productions Netflix il y a l'histoire vrai, la vie de vrais gens qui ont existé. Quelque soit le domaine. Et quelque que soit la renommé du personnage. Ici il s'agit du sport et en particulier sur tennis.  Le film conte l'histoire de la famille Williams, qui a donné deux joueuse au tennis mondial. L'histoire de leur père et son obsession du tennis et de ses filles. Le film raconte comment leur père a préparé ses filles à être des championnes de tennis.

Il s'agit donc d'un film historique donc ainsi que l'histoire d'un personnage qui a vraiment existé. Le film raconte l'adolescence jusqu'à la première victoire. 

Le film se laisse regarder, sans être passionnant, mais il nous tient l&légèrement en haleine car nous souhaitons savoir comment elles vont arriver à la compétition compte tenu de la manière dont le père est dépeint. Sa croyance et sa foi dans le talent de ses filles est à la limite du surnaturel. Et il faut reconnaître que Will Smith s'efface bien derrière le personnage. Et il n'est pas nécessaire de pratiquer ou aimer le tennis pour suivre l'histoire.

Bande-annonce La Méthode Williams

vendredi 27 décembre 2024

Messagères De Guerre (The Six Triple Eight, 2h07, 2024) de Tyle Perry

Avec Kerry Washington, Ebony Obsidian, Milauna Jackson, Kylie Jefferson, Shanice Shantay, Sarah Jeffery, Pepi Sonuga, Moriah Brown, Jeanté Godlock, Dean Norris, Sam Waterston.

Dans le genre du film sur la Seconde guerre mondiale, donnez-moi l'histoire des femmes noires qui se sont engagées et qui sont traitées de manière abjecte par les blancs dominants racistes et phallocrates.

Il est dur de dire du mal de ce film. Et en l'occurrence il n'est pas nécessaire de le faire. Cette histoire de trieuses du courrier de l'armée étatsunienne pendant la guerre est inspirée d'une histoire vraie. Un bataillon de femmes noires, très peux considéré du fait de leur genre (femme) et de leur couleur de peau (noire), bien que membres de l'armée, il leur est confié la tâche de trier et faire acheminer le courrier aux militaires sur leur théâtre d'opérations. Chose impossible à faire. Et grâce à la misogynie et au racisme, il va leur être demandé de le faire, en espérant qu'elles n'y arriveront pas.

Une de thématique qu'aborde le film est la complexité de la logistique du courrier  qui doit arriver vers chaque soldat, qui sont par définition sur des théatres d'opération qui bougent : comment faire suivre le courrier postal ?

Bonne histoire où l'on aime détester les racistes et misogynes. Mise en image réussie, et tous les éléments de forme sont au top du technique. La distribution est réussie, avec Kerry Washington possédée par son personnage. Le canevas dramatique est prévisible, mais nous suivons les aventures de ces soldates.

Bande-annonce Messagères de guerre

mardi 24 décembre 2024

Trap (1h45, 2024) de M. Night Shyamalan

Avec Josh Hartnett, Ariel Donoghue, Saleka Shyamalan, Alison Pill, Hayley Mills, Jonathan Langdon, Mark Bacolcol, Marnie McPhail, Kid Cudi, Marcia Bennett.

Un gentil papa emmène sa fille au concert de sa star de la musique pop préférée. C'est Josh Hartnett dans le rôle du papa qui fait tout pour plaire à sa fille. Par ailleurs nous apprenons qu'un tueur en série commet ses crimes et qu'il y a un lien avec ce qui se passe au concert. Vu le titre du film, nous imaginons qu'il y a un piège quelque part. En l’occurrence, il y en a plusieurs, de différents niveaux, c'est à dire que chaque piège va concerner une ou plusieurs personnes, jusqu'au dernier moment, c'est à dire jusqu'à l'épilogue du film. Le film et son scénario nous révelle progressivement les informations, par petites touches, tout en restant dans la salle de concert. Pourquoi y a t il autant de policier pour la sécurité du concert ? Pourquoi le réalisateur nous montre progressivement toutes les sorties possibles de la salle de concert ? M. Night Shyamalan distille progressivement les informations par petites touches, ce qui maintient en permanence l'attention du spectateur.

L'unité de lieu est respectée pendant une bonne partie du film : il se déroule dans la salle de concert. Dans la dernière partie du film, nous sortons de ce lieu favorisant le suspense avec des milliers de personnes, avec des issues bloquées par la police, et avec un tueur qui a compris ce qui se passait. Il va passer une partie du film à trouver comment sortir de la salle, pour ensuite aller à l'intérieur d'une maison.  Cette dernière partie casse le ton du film, mais elle permet des explications sur tout ce que nous venons de visionner.

Bande-annonce Trap

lundi 23 décembre 2024

La Famille Asada (2h07, 2020) de Ryôta Nakano

Avec Kazunari Ninomiya, Satoshi Tsumabuki, Haru Kuroki ,  Masaki Suda .

Un curieux film, qui nous capture progressivement, petit à petit, qui fait sourire avec un arrière-plan dramatique. L'arrière-plan est l'après-tsunami de Fukushima. Le film suit une famille de gentils rigolos, qui ont un de ses fils qui dispose d'un appareil photo, et qui fait des photos de sa famille dans des situations dont ils rêvent ensemble (par exemple être une écurie Formule 1, ou être des pompiers). Celui est oisif et vit aux crochets de ses parents. L'autre est autonome et travailleur. Pendant la première partie du film, nous suivons cette famille. Puis le fils photographe part. Il ne sait pas ce qu'il veut faire, mais il va se retrouver à travailler sur les photos des personnes disparues suite à la catastrophe, c'est-à-dire montrer les photos trouvées dans les décombres pour que les gens qui recherchent des proches puissent au moins retrouver des photos. Ces photos viennent des habitations dévastées par le tsunami, recueillies, nettoyées, triées et exposées. Puis dans la troisième partie du film, le fils essaie d'exposer ses photos et puis il revient vers sa famille avec son nouveau statut et une chérie.

Cet ensemble est traité avec de petites touches, avec beaucoup de subtilités, le film faisant beaucoup sourire, avec toujours un drame sous-jacent.  Une famille avec de gentils légèrement excentriques qui finalement profite au maximum d'une vie qu'ils ne pourront avoir, qu'ils effleureront, tout en sachant quelle pourra disparaître très vite, avec une future catastrophe.

 poster du film La Famille Asada

 

 

mercredi 18 décembre 2024

Trouble (1h38, 2024Anders Niska) de Jon Holmberg

Avec Filip Berg, Amy Deasismont, Eva Melande, Måns Nathanaelson, Dejan Cukic, Joakim Sällquist,  Sissela Benn, Björn Skifs, Peter Gardiner.

Cette comédie suédoise est très rafraichissante. Dans le tout venant des production Netflix les aventures de Filip Berg sont amusantes dans le bon sens du terme. Vendeur de produits électronique, qui par un quiproquo se retrouve accusé de meurtre et condamné. Il se rendra vite compte qu'il ne doit compter que sur lui même pour prouver son innocence et devra composer avec des braqueurs, des dealers, son ex-femme, le nouveau mari de son ex-femme, sa fille, des policiers, divers policiers.

La réussite du film de Jon Holmberg et Tapio Leopold est d'agrémenter chaque scènes d'éléments légèrement décalés qui confère à la scène une dimention légèrement saugrenue, ridicule voire absurde, et réaliste à la fois. Le physique et le visage de Jon Holmberg y son pour beaucoup pour donner une crédibilité certaine à cette histoire, c'est à dire à sa descente aux enfers progressives.

Le tout n'est pas traité comme un film noir ou un film à suspense mais sur le ton de la comédie involontaire. Et de plus le film tient sa durée de 1h38, ce qui est a priori long pour une comédie.

Trouble

Julie (en 12 chapitres) (2h08, 2021) de Joachim Trier

Avec Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie, Herbert Nordrum, Hans Olav Brenner, Helene Bjørneby, Vidar Sandem, Maria Grazia Di Meo, Lasse Gretland, Karen Røise Kielland, Marianne Krogh, Thea Stabell, Deniz Kaya.

Julie et sa vie sentimentale, contée à travers les différents hommes qui traversent sa vie. Cette coproduction norvégienne, française, suédoise et danoise, se déroule à Oslo où Julie (Renate Reinsve, parfaite) ne sait pas ce qu'elle veut, croise différents hommes avec qui elle passe du temps, mais ne sait toujours pas ce qu'elle veut à la fin du film. Les hommes avec qui elle vit ont tendance à ne pas la mettre en avant ; elle ne semble pas en être satisfaite. Elle est confrontée à la maternité et au désir d'avoir un enfant de manière régulièrement, pas ses hommes ou ses parents. Mais elle restera toujours insatisfaite sur ce qui la motive et qu'elle souhaite faire. Elle est dans cet état là au début du film. Mais, elle sera toujours dans cet état là à la fin du film, elle n'évoluera pas. C'est ce qui fait que le film peut paraître long car l'empathie avec son personnage est limité.

La voix off réjoutée par moment n'apporte rien si ce n'est un point de vue extra-diégétique, comme pour nous indiquer que les scénaristes observent un animal dans son environnement.

 Bande-annonce Julie (en 12 chapitres)

La Belle Verte (1h39, 1996) de Coline Serreau

Avec Coline Serreau, Vincent Lindon, James Thierrée, Samuel Tasinaje, Marion Cotillard, Claire Keim, Catherine Samie, Paul Crauchet, Didier Flamand, Michel Lagueyrie, Patrick Timsit, Denis Podalydès, Philippine Leroy-Beaulieu, Francis Perrin, Yolande Moreau.

Un film ambitieux qui dénonce l'exploitation de la planète, le capitalisme, la pollution, l'individualisme, en 1996. Film politique donc. Et relativement en avance sur ces thématiques et par rapport aux préoccupations qui apparaîtront plus tard sur l'avenir de la planète. Avec un argument de science-fiction : les habitants d'une planète non identifiée, une communauté adepte de la non violence, de la culture, du sport et qui vie en communauté. Ils et elles ont quelques pouvoir (par exemple de se transporter dur terre) et le pouvoir de faire un redémarrage du cerveau des gens quand ils sont sur terre. Cela donne sont lot de choses énormes. Choses énormes qui sont liées au contraste entre ces habitants d'une autre planète, présentés comme très évolués, qui regarde les terriens, et en particulier les parisiens comme s'ils étaient des arriérés et hystériques.

Le scenario de Coline Serreau contient quelques bonnes idées de gags. Le film évoque des sujets qui sont devenus maintenant publics et connus de tous le mondes (ce qui ne veut pas dire acceptés de tous...). 
Certains scènes sont peut être peu subtiles, peut être au détriment des messages que Coline Serreau souhaite faire passer. Mais les message sont compris.

Bande-annonce La belle verte

Conclave (2h00, 2024) de Edward Berger

Avec Ralph Fiennes , Jacek Koman , Lucian Msamati , Stanley Tucci , John Lithgow , Bruno Novelli , Thomas Loibl , Brían F. O'Byrne , Isabella Rossellini , Rony Kramer , Sergio Castellitto, Valerio Da Silva.

Excellente surprise que ce film a suspense qui se déroule pendant l'élection d'un nouveau pape. Nous n'avions, à priori, aucune appétance pour cette problématique et ce sujet. Mais le scénario et la mise en scène embarquent le spectateur.

Le film contient un arc dramatique qui maintient la tension de manière permanente. Cette tension est liée à l'élection d'un nouveau pape, le précédent venant de mourir. Cet arc dramatique est ponctué de surprise à intervalles réguliers qui réorientent l'histoire et rajoutent des couches de suspense . C'est bien écrit. Peter Straughan a fait du bon boulot à partir du livre de Robert Harris.

Nous savons pas si ces bonnes idées viennent du roman original et cela nous importe peu. Cela fonctionne parfaitement et le film est relativement jubilatoire. Il convie de multiples thématiques très actuelles dans le cadre de l'élection d'un nouveau pape. Nous notons aussi une très bonne musique de Volker Bertelmann qui est utilisée à bon escient. D'ailleurs le film contient beaucoup de moments de silence où l'on entend surtout les bruits d'ambiance et la respiration des personnages. Avec à l'appuie une photographie extrêment sombre, par moment à la limite de la lisibilité, mais qui contribue pleinement à l'ambiance. Voilà un film qui n'est pas pensé pour être visionné sur ordiphone ou tablette.

Du coté de la distribution, le personnage principal est Ralph Fiennes, qui réalise une interprétation magnifique digne d'une nomination aux Oscars et qui arrive à faire passer à travers son visage les tourments intérieur qui l'animent. Son personnage est celui de la personne qui organise le concave qui va élire le nouveau pape. On peut dire aussi qu'il s'agit d'un film politique à travers les différentes thématiques qui sont évoquées jusqu'au dernier moment. Le film contient différentes surprises dont une majeure vers la fin qu'il ne faut absolument pas savoir et le film se savoure au mieux lorsque l'on ne sait rien sur l'histoire, son sujet et sur ses articulations.

 Bande-annonce Conclave

Sans Filtre (Triangle Of Sadness, 2h27, 2022) de Ruben Östlund

 Avec Thobias Thorwid, Harris Dickinson, Charlbi Dean, Vicki Berlin, Dolly De Leon, Timoleon Gketsos, Alicia Eriksson, Woody Harrelson, Zlatko Buric, Sunnyi Melles, Hanna Oldenburg, Carolina Gynning, Iris Berben.

Voilà en film qui est très réfléchi. Pendant sa première moitié il contient différentes scènes qui maintiennent l'intérêt. Mais au bout d'un moment nous comprenons où veut en venir Ruben Östlund.

Le pivot étant la scène de tempête au cours de laquelle le capitaine divague ainsi que son copain russe tous les deux très alcoolisés. Si tout ce qui précède, bien que grotesque, paraît réaliste et plausible, cette scène pivot avec le commandant et le milliardaire russe alcoolisés qui délire fait plutôt basculer le film dans le grotesque, même si celui-ci était déjà présent avant.

Et même cela fait basculer le film dans le convenu et le prévisible ce qui lui ôte beaucoup d'intérêt. Si nous pouvons parler ainsi, le début de film contenait une finesse certaine ou une plutôt une certaine finesse ce qui n'est pas du tout le cas à partir de la tempête et tout ce qui s'en suit. Le réalisateur perd le spectateur qui est conscient de voir un spectacle qui essaie de faire passer des messages à travers ses scénettes. Donner une palme d'or à un tel film questionne sur quels étaient le niveau de médiocrité de autres films qui n'ont pas eu de prix...

Savoir faire une comédie satirique est un un savoir-faire justement. Ce n'est pas donné à tout le monde et c'est très dur à réaliser. Peut mieux faire.

 Bande-annonce Sans filtre

dimanche 1 décembre 2024

Adoration (1h38, 2019) de Fabrice du Welz

Avec Thomas Gioria, Fantine Harduin, Benoît Poelvoorde, Anaël Snoek, Gwendolyn Gourvenec,  Peter Van den Begin,  Charlotte Vandermeersch, Laurent Lucas, Martha Canga Antonio, Sandor Funtek

Belle réussite que cette histoire, très bien écrite (trois scénaristes), où un adolescent, Thomas Gioria, qui vit en autarcie avec sa maman, qui travaille dans un hôpital psychiatrique, ce qui va lui permettre de croiser une nouvelle pensionnaire, Fantine Harduin, qui va bouleverser sa vie. Elle va provoquer l'adoration du titre : il est fasciné par cette jeune fille.

Fabrice du Welz compose avec brio des séquences atmosphériques, par moment en suspension, avec des scènes très brutes et violentes, égrenées tout un long d'un voyage qu'entreprennent nos deux amoureux. Voyage qu'ils vont principalement effectuer sur l'eau, et au cours duquel ils vont croiser différents personnages. Leur dernière rencontre sera décisive pour la suite du récit. Parmi ces personnes qu'ils vont croiser, il y a l'apparition d'un personnage interprété par Benoit Poelvoorde dans une courte apparition, mais puissante et mémorable, pour un personnage lui aussi en suspension et à fleur de peau.

Un beau film et une curiosité.

Bande-annonce Adoration