vendredi 16 août 2019

Le Souffle De La Violence (The Violent Men, 1955) de Rudolf Maté

Bande-annonce Le Souffle de la violence - Édition SpécialeAvec Glenn Ford, Barbara Stanwyck, Edward G. Robinson, Dianne Foster, Brian Keith, May Wynn, Warner Anderson, Basil Ruysdael, Lita Milan, Richard Jaeckel.


Un western à la fois riche (Harry Kleiner au scénario) et rapide, sans trop de mousse dramatique (96 minutes). Le canevas est standard: un grand propriétaire (un cattle baron, Edward G. Robinson en infirme qui fait trop confiance à sa femme) veut posséder toute la vallée pour ses bêtes. Il est prêt à tout, avec l'aide de son frère (Brian Keith, grimé en brun avec moustache mexicaine), allant jusqu'à incendier les maisons et tuer ceux qui ne veulent pas lui vendre. Le héros, Glenn Ford (impeccable dans son interprétation rentrée qui fait passer des émotions avec des expressions minimales), s'en moque tant qu'il n'est pas concerné directement, et en plus il finira par travailler pour le grand propriétaire: héros qui ne le devient que mis au pied du mur et uniquement parce qu'il se trouve concerné.
https://sidoniscalysta.com/western-de-legende/469-le-souffle-de-la-violence.htmlÀ la manette il y a la femme du grand propriétaire, Barbara Stanwyck, parfaite en égoïste menteuse prête à tout pour posséder tous les terrains et manipulant adroitement son mari et son frère (qui est aussi son amant): le Mal incarné. La chérie de Glenn Ford n'est pas en reste en femme égoïste et manipulatrice, mais Glenn Ford fini pas la plaquer pour la fille du grand propriétaire (Dianne Foster, le seul personne constant et... contre la violence).
Tout ceci est mené tambour bâtant avec meurtres dans le dos (Richard Jaeckel dans le rôle du tueur), incendies, embuscades, un enchainement de violences et de meurtres réguliers.
Beaucoup de décors extérieurs requis pour les déplacements entre les différents lieux.
Pour les scènes d'intérieur en studio chez le cattle baron ou chez Glenn Ford, d'affreuses toiles peintes pour figurer l'extérieur à travers les fenêtres font un peu tache.
Au total le film porte bien le titre français, ainsi que le titre original étendu: the violent women and men.


Bas Les Masques (Deadline USA, 1952) de Richard Brooks

Bande-annonce Bas les masquesAvec Humphrey Bogard, Ethel Barrymore, Kim Hunter Ed Begley, Warren Stevens, Paul Stewart, Martin Gabel, Joe De Santis, Joyce Mackenzie, Audrey Christie, Fay Baker, Jim Backus, Parley Baer, Bill  Baldwin, Ralph Brooks, James Dean, Paul Dubov, June Eisner.


Un film étalon sur la presse (ici un grand quotidien sur le point d'être vendue à son concurrent), sur le capitalisme (le journal est vendu pour des raisons financières, faire des plus valus, ce que dénonce le film: le capitalisme à outrance), la liberté d'expression, avec les scènes au journal, les scènes sur le terrain par les journalistes enquêteurs.
Ici l'enquête est au tour d'un homme politique corrompu et lié au meurtre d'une jeune femme.
Bas les masques [Blu-ray]Toutes les qualités documentaires sont là: la préparation et la fabrication du journal, jusqu'à son impression et sa distribution. Humphrey Bogart est le rédacteur en chef et mène l'équipe du journal: choix des sujets de couverture. Il est complètement dédié à son métier, au point d'avoir délaissé sa (ex) femme. Très belles scènes avec Kim Hunter, modernes, notamment la première où Humphrey Bogard, ivre (il  a appris que le journal allait être vendu) vient la voir et se comporte comme si elle était toujours sa femme, mais la mise en scène nous fait comprendre que cette scène a déjà eu lieu et que Kim Hunter est dans une routine, et donc qu'ils sont séparés. Modernité dans ses interactions entre les personnages, et mise en scène qui fait comprendre l'arrière-plan dramatique.
Tout ceci est rapide (87 minutes), sans distorsion inutile, tout en questionnant le rôle de la police, qui est l’absente de l'enquête: ce sont les journalistes qui font le travail pour retrouver qui a commis le meurtre.

La Chevauchée Sauvage (Bite The Bullet, 1975) de Richard Brooks

Avec Gene Hackman, James Coburn, Candice Bergen, Ben Johnson, Ian Bannen, Jan-Michael Vincent, Dabney Coleman, Sally Kirkland, Jean Willes, Walter Scott, Jerry Gatlin, John McLiam.

Bande-annonce La Chevauchée sauvage - Édition SpécialeCurieux film dans son ensemble.  Curieux, car il s'agit d'une course extrême de chevaux dans l'ouest finissant. Avec comme enjeu dramatique le questionnement de qui va gagner la course. Avec un lot de protagonistes au début et puis leur nombre se réduisant petit à petit, se concentrant sur trois candidats sérieux, dont le cheval des riches (qui n'intéressent pas Richard Brooks ou alors pour montrer la veulerie des capitalistes) et surtout James Coburn et Gene  Hackman. Avec pendant un certain temps des focus sur les autres participants de la course: Jan-Michael Vincent (qui incarne le jeune sans cervelle), le mexicain (Mario Arteaga), le Lord anglais, Ben Johnson (qui représente le vieil Ouest mourant), ou Candice Bergen, suivie plus longtemps par le scénario. Nous pouvons questionner la raison de la présence du mexicain, qui n'est là que pour aider à caractériser le personnage de Candice Bergen. Et en conséquence nous pouvons nous demander pourquoi dans les concurrents ne figurent pas un Afro-Américain ni un Indien, par exemple. Il est probable que cela aurait modifié le scénario de sa linéarité sur la course de chevaux et aurait fait diverger la trame dramatique (traitement des Indiens et des Afro-Américains, racisme). Nous pouvons donc regretter un manque d'ambition de ce scénario, même si le film tel quel reste passionnant.
https://sidoniscalysta.com/home/457-la-chevauchee-sauvage.html?search_query=la+chevauchee+sauvage&results=77Pour revenir aux chevaux, le film d’ailleurs nous présente des ralentis sur les cavalcades, dont celle de l'arrivée de la course, qui fonctionnent bien grâce à ces ralentis. Le ralenti est rarement une figure de mise en scène. Mais ce n'est pas le cas ici. Il y a même deux plans où dans le même plan un cheval est au ralenti et l'autre pas; très bonne idée.
Même si nous n'avons pas d'intérêt particulier pour les chevaux, le film est passionnant. Les décors sauvages jouent un rôle important. L'arrivée de la technologie et du monde moderne: le train, une moto side-car, le télégraphe, donnent une richesse visuelle au film.
Gene Hackman est le personnage du film. Il est de toutes les interactions avec les autres personnages. Il représente le personnage qu'a choisi le scénariste, qui est le plus riche (formidable interprétation de Gene Hackman): il est généreux, il aide les autres concurrents, il défend et aide les animaux; son défaut est peut-être d'être misogyne (voir les séquences au bordel, tout comme les autres personnages le sont surement). C'est aussi le seul personnage qui reste un peu mystérieux: nous ne comprenons.pas ses motivations; ce qui n'est pas le cas des autres: argent, gloire, prétexte à libérer un prisonnier





Prisonnier De La Haine (The Sheperd Of The Hills, 1941) de Henry Hathaway

Avec John Wayne, Beulah Bondi, James Barton,  Selmer Jackson, Betty Field, Marjorie Main, Harry Carey, Marc lawrence, Fuzzy Knight, John Qualen, Dorothy Adams, Samuel S. Hinds.

Prisonnier de la haine - Édition SpécialeDrame campagnard se situant chez les montagnards qui font du trafic d'alcool de contrebande, où les conflits familiaux président à la destinée de tout individu. John Wayne, dans un rôle noir, vit dans la vengeance de sa mère abandonnée par son père. Père qu'il exècre et qu'il souhaite tuer. Arrive dans ses montagnes remplies de haines un inconnu, Harry Carrey, qui veut acheter un terrain pour s'y installer (ce qui étonne tout le monde, mais le spectateur comprend assez vite pourquoi), et veut faire le bien.
L'ensemble est filmé dans des décors (montagnes, forêts) réels superbes.
La grande surprise et l'immense plaisir que procure ce film est le personnage de Betty Field, le love interest de John Wayne, qui est rayonnante et absorbe les plans où elle est présente. Elle se balade pieds nus en permanence, et présente une bonne humeur, une énergie, une espièglerie, une gaieté à l'opposé du personnage de John Wayne, et de sa famille.
Le film bénéficie d'un scénario riche (Grover Jones et Stuart Anthony crédités) avec une multitude de personnages secondaires incarnés, mais la révélation du film est Betty Field: lumineuse, ludique.
John Wayne n'est pas en reste avec un personnage tourmenté et à la noirceur certaine (qui montre son talent dans la scène sur la tombe de sa mère), qui vit dans une famille où la matriarche (Beulah Bond impressionnante de noirceur) prend les décisions pour tous: toutes les séquences dans la famille en question sont superbes.
Très bonne surprise que ce John Wayne, bien qu'il ne soit pas de tous les plans, Harry Carey et Betty Field se partageant les autres.



samedi 27 juillet 2019

White Heat (L'Enfer Est A Lui, 1949) de Raoul Walsh

Avec James Cagney, Virginia Mayo, Edmond O'Brien, Steve Cochran, Margaret Wycherly, John Archer, Wally Cassell, Fred Clark, Claudia Barrett, Ray Bennett, Marshall Bradford, Robert Carson, Bill Cartledge, Leo Cleary, Fred Coby, Tom Coleman, Garrett Craig.

Après toutes ces années, ce film reste encore une claque.
Bande-annonce L'Enfer est à luiPatron de scénario plagié de multiples fois: un flic (Edmond O'Brien) infiltre une bande de cambrioleurs dirigés par le psychopathe Cody Jarrett (James Cagney). Le film mélange les séquences de préparation et de réalisation de casses, puis de planques, mais aussi les séquences d'enquêtes et de technologies utilisées par les policiers pour les suivre, les rechercher ou les infiltrer.
James Cagney s'en donne à cœur joie en chef de gang malade dans sa tête: tueur de sang froid, en proie à des céphalées violentes et des crises de démences, qui bat sa femme (Virginia Mayo, parfaite), obsédé par sa maman, et qui veut dominer le monde. Qui est un danger permanent, qui peut être amical comme sortir son pistolet et tirer en quelques secondes.
Le film fonce, enchaine les séquences sans temps morts, avec fluidité, jusqu'au final d'anthologie dans une raffinerie pétrolière en feu avec Cody Jarrett criblé de balles et en train de bruler qui hurle à sa mère qu'il est au sommet du monde.

La Route De L'Ouest (The Way West, 1967) de Andrew V. McLaglen

La Route de l'Ouest - Édition SpécialeAvec Kirk Douglas, Robert Mitchum, Richard Widmark, Lola Albright, Sally Field, Jack Elam, Connie Sawyer, Stubby Kaye, Harry Carrey Jr., Nick Cravat, John Mitchum.

Robert Mitchum (en éclaireur indien, un peu mou), Kirk Douglas (dans un personnage obsessionnel dans lequel il excelle), Richard Widmark (un peu fade et ne se distinguant guère des autres, représente le père de famille standard).
Cette ruée vers l'ouest est la conduite d'un convoi qui veut coloniser de nouveaux territoires de l'Ouest américain.
Le film n'est pas un monument, mais il contient quelques éléments mémorables. Le personnage de Kirk Douglas, que l'on aime haïr, qui va jusqu'à se faire fouetter par son employé afro-américain. Ou alors la séquence avec les Indiens, et la peine de mort par pendaison de celui qui a tué l'enfant indien. Ou alors on peut apprécier l'histoire d'amour entre le jeune fermier et la toute jeune Sally Field, qu'il finit par épouser enceinte d'un autre. Ou encore le franchissement du précipice avec les cordes ascenseurs pour descendre les chariots. Bref, les moments les plus intéressants ne sont pas le fait des grandes stars de la distribution (sauf pour Kirk Douglas), mais des personnages secondaires.
Le film se laisse suivre, et il est sauvé par ses éclairs de violences (probablement l'influence des westerns spaghettis venus d'Europe), toutes importantes pour la progression dramatique du film.

L'Homme Qui N'A Pas D'Etoile (The Man Without A Star, 1955) de King Vidor

Avec Kirk Douglas, Jeanne Crain, Claire Trevor, Richard Boone, William Campbell, Jay C. Flippen, Jack Elam, Myrna Hansen.

Bande-annonce L'Homme qui n'a pas d'étoile - Édition Spéciale Combo Blu-ray + DVDScénario très riche pour ce western classique et référentiel. Scénario qui mélange l'histoire individuelle de Dempsey Rae (Kirk Douglas) avec l'histoire des États-Unis d'Amérique. L'histoire individuelle est plutôt riche: c'est un cow-boy qui émigre pour trouver du travail, qui chemin faisant prend sous son aile un jeune qu'il forme, se font embaucher par Jeanne Crain qui représente le gros propriétaire qui veut croitre, mais Dempsey Rae fuit les barbelés du Texas, c'est-à-dire les petits éleveurs qui bornent leurs terrains dans cet Ouest qui est à tous et qui n'a pas encore de propriétaire et de barrière.
Il devient le contremaitre de Jeanne Crain (et son aspirant amant) et doit affronter les propriétaires qui mettent des barbelés pour protéger leurs terres du gros propriétaire qu'il représente. Dans ce schéma sont inclus: la relation amoureuse et intéressée avec Jeanne Crain, la relation avec le jeune qu'il forme mais qui se révèle être bouillonnant (il tire puis il réfléchit), et l'affrontement avec des nouveaux cow-boys texans pas sympathiques du tout (Richard Boone à leur tête). Cet ensemble de lignes dramatiques est riche (deux scénaristes crédités: Borden Chase, D.D. Beauchamp) et constitue un festival pour Kirk Douglas dans un personnage torturé qui doit être de tous les plans, et qui finira par changer de camp.
La distribution féminine est réussie: Jeanne Crain, la rousse, la riche propriétaire dans ce monde d'homme, ambitieuse, que rien n'arrête pour arriver à ses fins. Et Claire Trevor, la blonde, la tenancière de saloon, plus légère, mais qui aide à caractériser le personnage de Dempsey Rae.
En résumé: un classique, qui garde sa force plus de soixante ans après.

Le Chant Du Loup (2019) de Antonin Baudry

Avec François Civil, Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz, Paul Beer, Etienne Guillou-Kervern, Nicolas Van Beveren, Damien Bonnard, Paul Granier, Sylvain Loreau, Guillaume Duhesme, Jean-Yves Berteloot, Sébastien Landry, Alexis Michalik, Simon Thomas.

Bande-annonce Le Chant du LoupLe film à suspense où un sous-marin français est sur le point de tirer un missile sur la Russie. Pour l'arrêter, il faut entrer en contact avec lui par un biais autre que les communications officielles, car une fois l'ordre de tirer donné, le sous-marin lanceur de missile est coupé du monde; le film indique qu'il s'agit de la procédure officielle.
Le scénario parait invraisemblable, et nous ne savons pas s'il est plausible. Néanmoins, dans le genre suspense technologique, avec une touche de film d'espionnage (ici lié à des islamistes) le film est prenant et donc efficace. Grâce à ses décors (intérieurs de sous-marins, postes de commande, bâtiments à terre) et par sa distribution, avec un ensemble d'acteurs de qualité (Mathieu Kassovitz, Reda Khated, Omar Sy). François Civil est moins convaincant, mais le responsable est le personnage écrit par le scénariste qui est peu crédible (ses errements en cas d'alerte, le cannabis, etc., mais tous nécessaire pour les articulations dramatique...).
Le film est efficace dans sa progression dramatique. Le scénario est bien équilibré entre le personnage de l'Oreille d'Or et son travail et ses problèmes au travail ou sa vie sentimentale, et la progression dramatique principale qui arrive au suspense du dernier tiers. L'ensemble des séquences sous l'eau sont captivantes et font ressentir le confinement au spectateur. 
À noter aussi le prologue, bien découpé et mettant bien en appétit le spectateur.

Toxic Avenger part II (1989) de Michael Herz et Lloyd Kaufman

Avec John Altamura, Ron Fazio, Phoebe Legere Rick Collins, Rikiya Yasuoka, Tsutomu Sekine, Mayako Katsuragi, Shinoburyo, Lisa Gaye, Jessica Dublin, Erika Schickel, Dan Snow.

Revenir aux productions Troma est toujours salutaire.
Bande-annonce The Toxic Avenger II - Director's CutLe Toxic Avenger, est un superhéros de la vraie Amérique, l'Amérique profonde, celle des routes défoncées, des maisons laides, des arrière-cours remplies d'ordures, celles des obèses et des banlieues grises. Ce n'est pas le porno numérique des productions Disney et Marvel ici, mais un superhéros  qui se bas à main nue avec son balai-brosse, qui ici dans cette suite, va au japon à la recherche de son père (argument débile et jubilatoire qui s'avèrera une erreur). Il y a une telle croyance dans ce qui est filmé devant la caméra, littéralement avec des bouts de ficelles, et avec des "acteurs" et "actrices" pris aux coins de la rue, que cela en est touchant, et surtout amusant. Il y a un semblant de cohérence dramatique avec une quête. Mais le film n'est pas là. Il est dans les loufoqueries enfilées comme des perles sur l'ensemble de la durée, mélangeant gore, érotisme, violence, combats, slapstick, gags lourdingues, débilités, et une bonne dose d'idées saugrenues réalisées avec des effets spéciaux devant la caméra.


Les Douzes Salopards (The Dirty Dozen, 1967) de Robert Aldrich

Avec Lee Marvin, Ernest Borgnine, Charles Bronson, Jim Brown, John Cassavetes, George Kennedy, Robert Ryan, Telly Savalas, Donald Sutherland, Clint Walker, Ben Carrythers, Robert Philips, Colin Maitland, Al Mancini.

Bande-annonce Les Douze salopards - Edition Blu-RayCe film de Robert Aldrich est à la fois énervant et jubilatoire. Énervant, car la ligne dramatique est facile, voire simple, et aussi, car tout ceci n'est pas très subtil. Mais aussi jubilatoire, car l'empathie du spectateur avec le groupe fonctionne bien, malgré la débilité des personnages; et nous jubilons lorsqu'ils arrivent à leur fin.
Le film est divisé en trois parties: le recrutement de ce commando suicide, l'entrainement des membres de ce commando, quasiment tous des condamnés à mort, puis la mission qu'ils effectuent pour tuer le plus de généraux allemands possible afin de désorganiser l'ennemi avant le débarquement. Les deux premières parties sont les plus intéressantes, et ce schéma fonctionne toujours très bien dans les films.
Au total, Lee Marvin est crédible en sous-officier rebelle, bien que son âge soit un peu suspect. Ensuite, la brochette d'acteurs dans les seconds rôles fonctionne bien et ils sont plutôt bien caractérisés (physique, névrose, ethnie).
Un film plutôt rugueux, à la serpe, qui ne fait jamais dans la dentelle. Mais qui est diablement efficace.

L'Aventurier du Rio Grande (The Wonderful Country, 1959) de Robert Parrish

Avec Robert Michum, Julie London, Gary Merrill, Albert Dekker, Jack Oakie, Charles McGraw, Anthony Caruso, Mike Kellin, Victor Manuel Mendoza, Jay Novello, John Banner.

Bande-annonce L'Aventurier du Rio Grande - Édition SpécialeRobert Mitchum interprète un gringo au Mexique, travaillant pour les Mexicains, mais recherché coté américain, et qui passe son temps entre les deux. C'est un peu cela le sujet du film: Martin Brady, alias Robert Mitchum, parfait dans le rôle d'un paumé qui ne sait pas où se poser: coté américain ou coté mexicain, ayant des attirances et des rejets de chaque côté, attirances ou rejets professionnels ou sentimentaux. Martin Brady n'est pas un héros (dès la deuxième séquence, il  tombe de son cheval et se retrouve avec une jambe dans le plâtre). Il essaie de survivre dans un monde de frontière entre le Texas et le Mexique. Il subit les évènements et ne maîtrise rien. C'est un antihéros.
Le Mexique est présenté sous une forme beaucoup plus riche que d'habitude: des gens riches bienveillants ou qui complotent, des gens pauvres accueillants, de multiples décors. Toutes les scènes au Mexique sont des réussites. Souvent le mexicain à Hollywood est soit un méchant, soit un voleur, soit le comique de service. Ici à travers les différentes séquences et les belles images nous découvrons ce "wonderful country" du titre original.
Ajoutons les personnages cotés américain du Rio Grande avec Gary Merrill en officier neurasthénique qui combat les Commanches, avec Julie London (hypnotique: elle avale le spectateur dans chacun de ses plans, y compris ce pauvre Martin Brady) la femme de l'officier ou Albert Dekker en capitaine des rangers. Qui tous incarnent des seconds rôles très vites caractérisés et reconnaissables. Avec de belles lignes de dialogues, en particulier dans la bouche de Julie London, quand elle dit à Martin Brady/Mitchum: "vous n'êtes pas un homme" ou "nous sommes ce que nous faisons".
Un western classique et atypique à la fois donc. Où  Robert Mitchum est parfaitement à l'aise en tant que cabossé dans ces entre-deux (états, femmes, employeurs, styles de vie).

Rio Lobo (1970) de Howard Hawks

Avec John Wayne, Jorge Rivero, Jennifer O'Neill, Jack Elam, Christopher Mitchum, Victor French, David Huddleston, Bill Williams, Sherry Lansing, Hank Worden, Jim Davis, Mike Henry, Robert Donner, Susana Dosamantes.

Nous comprenons qu'ici Howard Hawks a voulu développer certains éléments du patron de scénario déjà à l'œuvre pour ses Rio Bravo (1959) et El Dorado (1966). En particulier il a souhaité développer et montrer comment est née la relation entre John Wayne et un acteur plus jeune, ici en l'occurrence celui qui interprète Frenchy (Jorge Rivero) et qui était interprété par Colorado (Ricky Nelson) dans Rio Bravo et par Mississippi (James Caan) dans El Dorado.
Autre variante par rapport aux deux premiers films: le temps passé dans la prison qui est au cœur des deux premiers, mais qui ici dure très peu de temps. il s'agit d'une variante beaucoup moins en chambre que El Eldorado et Rio Bravo.
Rio LoboLe film ici aussi se distingue par sa distribution féminine plus étoffée avec Sherry Lansing, Susana Dosamantes et Jennifer O'Neill dans des rôles d'importances différentes, mais clés pour la progression dramatique. Par ailleurs la romance du love interest (Jennifer O'Neill) est avec Frenchy et pas du tout avec John Wayne. Il est évident que cela aurait été ridicule avec le vieillard John Wayne.
Autre élément réussi de cette variante est le personnage comique (Stumpy/Walter Brennan dans dans Rio Bravo, Bull/Arthur Hunnicutt dans El Dorado) ici tenu par Jack Elam qui compose un personnage en couleur et plutôt sympathique par la folie qu'il exprime.
Cette version du film introduit une variante par rapport à la séquence de prologue qui est l'attaque du train par les sudistes, qui mène ensuite à la connaissance du personnage de John Wayne avec Frenchy. Longue séquence plutôt spectaculaire qui permet d'amorcer le film. Et d'ailleurs ce sera la seule séquence d'action du film. Le film au total est plutôt un film de comédie plutôt relâché et avec assez peu de violence. Et surtout assez peu de drame. Cela vient surtout de l'absence du personnage qui sombre dans l'alcool présent dans les deux précédents films (c'est-à-dire Robert Mitchum et Dean Martin). Ici ce personnage n'existe plus. Ce qui fait passer ce troisième film de la catégorie des comédies et pas des drames. Ce qui peut faire penser que le film est plus léger. Néanmoins nous restons toujours hallucinés par cette dernière image où nous voyons John Wayne blessé, boîter, marchant en s'appuyant sur Sherry Lansing le visage balafré. Dernière image du dernier film de Howard Hawks.
Sur la forme,  le cadrage ici est pensé pour la télévision similairement à El Dorado. Mais aussi l'influence du western spaghetti avec les éléments d'humour ou de violence.

Photo De Famille (2018) de Cecilia Rouaud

Avec Vanessa Paradis, Camille Cottin, Pierre Deladonchamps, Jean-Pierre Bacri, Chantal Lauby, Laurent Capelluto, March Ruchmann, Claudette Walker, Jean Aviat, Emilie Cazenave, Guilaine Londez, Sandra Nkake, Rio Vega, Sadio Niakate.

Une reprise du synopsis en dit beaucoup sur le film:"Gabrielle, Elsa et Mao sont frères et sœurs, mais ne se côtoient pas. Surtout pas. Bande-annonce Photo de familleLa première est « statue » pour touristes, au grand dam de son fils ado. Elsa, elle, est en colère contre la terre entière et désespère de tomber enceinte. Et Mao, game designer de génie chroniquement dépressif, noie sa mélancolie dans l’alcool et la psychanalyse. Quant à leurs parents, Pierre et Claudine, séparés de longue date, ils n’ont jamais rien fait pour resserrer les liens de la famille. Pourtant, au moment de l’enterrement du grand-père, ils vont devoir se réunir, et répondre, ensemble, à la question qui fâche : « Que faire de Mamie ? » ".
Dans le genre film choral à la française, véritable sous-genre de la comédie dramatique, ce film n'est pas plus mauvais qu'un autre. Belle distribution, bonne direction d'acteur (pas de fausses notes), avec un mélange heureux d'acteurs de différentes générations. Il n'a pas une hystérésis énorme (rien de mémorable), mais l'on ne peut pas dire que c'est un navet. Peut être l'histoire de la mamie et de ce que l'on en fait peut raisonner cher certains ou certaines. Une bonne comédie dramatique qui permet de passer le temps.

lundi 10 juin 2019

Amanda (2018) de Mikhaël Hers

Avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin, Ophelia Kolb, Marianne Basler, Jonathan Cohen, Greta Scacchi, Nabiha Akkari, Raphaël Thiéry, Claire Tran, Elli Medeiros, Zoé Bruneau, Lily Bensliman, Luke Tristan Haines, LawrenceValin.

Bande-annonce AmandaUn oncle (Vincent Lacoste) se retrouve à devoir gérer sa jeune nièce après la mort subite de sa maman (dans un attentat). Avant que cela n'arrive le film prend son temps pour installer les personnages et surtout le personnage de Vincent Lacoste. Puis le drame survient et le film procède par petites touches et oblige le spectateur à se questionner sur ce qu'il ferait lui-même dans pareille situation. Les personnages sont finement écrits et interprétés, avec mention spéciale à la petite fille qui interprète parfaitement et avec émotion son personnage. Le réalisateur aime filmer lorsqu'ils sont en déplacements, qui sont des intermèdes entre des scènes fortes et permettent d'apaiser le drame.
Vincent Lacoste est dans un ses interprétations nominales, un peut toujours similaires, mais il est surtout un élément sur lequel rebondissent les autres personnages qui sont parfaits: sa nièce, sa fiancée (très beau travail de Stacy Martin), sa tante, par exemple.

Frères Ennemis (2018) de David Oelhoffen

Avec Matthias Schoenaerts, Reda Kateb, Sabrina Ouazani, Adel Bencherif, Nicolas Giraud, Sofiane Zermani, Gwendolyn Gourvenec, Marc Barbé, Astrid Whettnall, Yann Goven, John Sehil, Raphaël Magnabosco.

Bande-annonce Frères ennemis
David Oelhoffen est accointé à un corpus de films intéressants. En tant que scénariste (L'Affaire SK1, bon policier-enquête de Frédéric Tellier sortie en 2015) ou réalisateur (le très beau Loin Des Hommes sorti en 2015 aussi). Ici il est réalisateur, toujours avec Reda Kateb, qui interprète à nouveau un personnage mutique.
Belle distribution et interprétations pour ce film policier autour de la traque de trafiquants dans une cité HLM. Avec Matthias Schoenaerts en trafiquants et Reda Kated en flic, tous deux issus de la même cité et anciens copain d'enfance.
Le scénario mélange habilement traque par la police et l'enquête associée, enquête au sein du milieu des trafiquants victimes de trahison, pour se rejoindre à un moment donné. Le tout dans un ensemble documenté sur le milieu de la police et sur le milieu des trafiquants, ici des immigrés d'Afrique du Nord.
De la belle ouvrage efficace. Il lui manque peut-être un peu d'âme ou de portée philosophique (comme en avait Loin Des Hommes).



Ma Mère Est Folle (2018) de Diane Kurys

Avec Fanny Ardant, Vianney, Patrick Chesnais, Arielle Dombasle, Jules Rotenberg, Quentin Minon, Ella Leyers, Karim Barras, François Neycken.
Bande-annonce Ma mère est folle
Un navet dans toute sa splendeur. Il y a pourtant de l'effort. Mais la mayonnaise ne prend pas.
Le film est mal écrit: l'évolution des personnages est brutale. Tout tombe à plat. Ou alors téléphoné.
Le film souhaite faire rire. Il n'arrive pas à faire sourire (Vianney ne peut pas faire rire, les excentricités de Fanny Ardant n'y arrivent pas, seule peut être Arielle Dombale). Et est rempli de clichés (l'homo de service est un esthète: comment peut-on encore filmer de pareilles conneries).
Le pauvre Vianey se débat avec un personnage sacrifié par le scénariste; aucune scène n'a été écrite pour son personnage et se débat dans un personnage passif dont le scénariste a oublié d'expliquer pourquoi il change de point de vue sur sa maman (celle du titre, Fanny Ardant en roue libre, qui est très professionnelle, mais ne semble pas faire partie du même film que les autres).
Comble de la fainéantise et de la médiocrité de la mise en scène: une voix off apparaît soudainement pour expliquer des états d'âme du personnage, pour que le spectateur comprenne ce que la mise en scène est incapable d'expliquer?
C'est en fait un film vieux, un film de vieillards du cinéma. Ou plutôt un film rance.
Curieusement la seule chose à sauver est la musique originale (pas les chansons affreuses).

En Guerre (2018) de Stéphane Brizé

Avec Vincent Lindon, Mélanie Rover, Jacques Borderie, David Rey, Olivier Lemaire, Martin Hauser, Jean Grosset, Isabelle Ruffin, Bruno Bourthol, Sébastien Vamelle, Jean-Noël Tronc, Valérie Lamond.

Bande-annonce En guerreDans la veine film social à forte réalité économique, Stéphane Brizé fait un sans faute. Après La Loi Du Marché (2015) avec Vincent Lindon, nous retrouvons ici une réalité dramatique. Ici le combat d'employés pour empêcher la fermeture de leur usine que la maison mère a décidé de relocaliser dans un pays de l'Est.
Toutes les arcanes de ce genre de conflit nous sont montrés (cinq noms au générique associés au scénario), pour aboutir in fine à un drame complet, et bien vu (le spectateur ne s'y attend pas). Trahisons, mensonges, entre grévistes, entre direction et grévistes, rancoeurs entre ouvriers et cadres, absurdité de la mondialisation, inutilité des représentants de l'état ou de la justice. Bref, un vrai bréviaire des conséquences de la mondialisation. Vincent Lindon est concerné, pour ne pas dire possédé, dans son rôle de leader de la contestation des employés.
Au point d'aller au bout de son personnage. Pendant le récit, nous essayons d'imaginer comme cela va se terminer: fin heureuse, solution mitigée, fin dramatique. C'est le drame qu'a choisi Stéphane Brizé, malheureusement le plus plausible et proche de la réalité que nous entendons dans les médias pour ces sujets.
La mise en scène est de type reportage pendant les séquences de manifestations.
Au total le film est fort. Il va au bout de ses choix. Tout en surprenant le spectateur.

En Liberté ! (2017) de Pierre Salvadori

Avec Adèle Haenel, Pio Marmai, Damien Bonnard, Vincent Elbaz, Audrey Tautou, Jackee Toto, Hocine Choutri, Octave Bossuet, Norbert Ferrer, Martin Pautard, Emmy Stevenin, Jean-Louis Barcelona.
Bande-annonce En liberté !

Film rigolo et un peu fou, c'est à dire un savant mélange de comédie, de drame dans un contexte de film policier. Le film multi style est une réussite, d’abord grâce à un travail de scénario (ils sont trois à être crédités: gros travail d'écriture ou de réécriture?), puis d'interprétation.
Un flic ripou provoque la mise en prison d'un innocent, qui devient inadapté en prison et se comporte comme un fou une foi sortie de prison. La femme de ce flic ripou, apprend une fois mort qu'il était ripou et de sa forfaiture. Elle décide par culpabilité d'aider cet innocent.
Le film est un dosage habile de comédie et de drame, avec égrainé régulièrement des éléments "énormes" apparentés au dessin animé.
Le sérieux d'Adèle Haenel est bien exploité ici, où elle reste dans son style d'interprétation qui nous connaissons, mais au service d'une comédie.
Très bonne livrée pour Pierre Salvadori donc.

Solaris (1972) de Andreï Tarkovski

Avec Natalya Bondarchuk, Donatas Banionis, Jüri Järvet, Anatoli Solonitsyne, Nikolai Grinko, Olga Barnet, Tamara Ogorodnikova, Georgi Tejkh, Sos Sargsyan, Vladislav Dvorzhetsky.
Solaris - Blu-Ray de Andreï Tarkovski
Le film possède une hystérésis folle. Et ceci bien qu'il ne soit pas de tout repos. Beaucoup de bavardages philosophiques. Tout en ne voyant pas où le réalisateur veut en venir. À la fin nous comprenons que le réalisateur et le film nous disent qu'il ne faut pas vivre dans le passé, mais dans le futur. Soit.
L’hystérésis folle vient, pour ce film de science-fiction, d'un ensemble d'images de la nature, d'arbres, d'un lac, et de leurs végétations, magnifiques, de toute beauté. Ceci dans le premier tiers du film.
Le choix d'utiliser qu'avec parcimonie la musique, rend hypnotiques les images. C'est aussi une des forces du film.
Ensuite l'hystérésis vient de la station spatiale au-dessus de la planète Solaris; station spatiale déserte et dans un état d'abandon, qui va à l'encontre de l'imaginaire de la science-fiction occidentale, station délabrée, et partiellement abandonnée: il ne reste que deux personnes, que notre personnage principal, psychologue, retrouve. Les Soviétiques ayant détecté qu'il se passe quelque chose d'anormal dans cette station spatiale. Celle-ci est en orbite autour de la planète Solaris, recouverte d'un océan; cette planète ayant des effets sur ces cosmonautes vivants dans la station. Parmi ces effets, de faire apparaître des personnes dans la mémoire de ceux-ci. Par exemple, notre psychologue retrouve dans cette station sa femme, qui s'était suicidée. Ce qui donne lieu bien sûr à certaines remises en questions: individuelle, collective (la mission sur la station spatiale).
Tout en étant fascinant, le film reste par moment hermétique.

La Horde Sauvage (The Wild Bunch, 1969) de Sam Peckinpah

Avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmond O'Brien, Warrent Oates, Ben Johnson, Julie Sanchez, Emilio Fernandez, Strother Martin, L.Q. Jones, Albert Dekker, Bo Hopkins, Dub Taylor, Paul Harper, Jorge Russek, Alfonso Arau, Chano Urueta, Elsa Cardenas.

Bande-annonce La Horde sauvage - Director's CutLa séquence introductive du film donne le ton: tension, massacre, morts, bref la fin du monde. Le tout monté par un ensemble des coupures et de gros plans et de zooms qui donnent au film une dynamique alors que l'ensemble des plans et de la séquence sont très lents, et sans dialogue. De même que l'utilisation du ralenti  et du zoom comme éléments de mise en scène. Autre élément constitutif de cette séquence d'ouverture est la musique de Jerry Fielding pendant le générique puis la musique de la Fanfare à l'approche du massacre. Les principaux personnages sont installés par cette séquence: notre horde sauvage heureux héros fort peu recommandables, mais peints avec une certaine tendresse par Sam Peckinpah. Les méchants qui poursuivre notre Horde sauvage. Qui sont et encore moins recommandable, car ce sont des chasseurs de prime qui dépouille les cadavres et se repaissent des morts (ils sont en extase devant un ensemble de cadavres pour leur voler leurs affaires personnelles: chaussures pantalon, etc.).
Le climat du film ainsi que l'époque est peinte comme une fin du monde, comme une fin de période, comme la fin des cowboys et des hors-la-loi qui pouvait écumer le pays. Ils sont ici poursuivis par une compagnie ferroviaire et par l'armée américaine. L'automobile arrive. Les armes de masse (mitrailleuse) aussi. Nos héros fort peu recommandables sont aussi en fin de vie et avec une certaine lassitude et finalement tentent un dernier baroud d'honneur pour plonger dans une sauvagerie finale d'anthologie où ils décident de se suicider. Un exemple du talent de Sam Peckinpah à travers sa direction d'acteur, l'économie des dialogues et le sens du montage est la séquence ou Pike et les frères Gorch, chez des prostituées, décident de retourner récupérer leur copain Angel; séquence sans aucun dialogue ou presque où par le regard échangé ils décident d'y aller (se suicider). Séquence d'anthologie qui est précède l'autre, la séquence de marche vers l'arène où ils vont affronter Mapache, ses soldats, accompagnés par la vieille Europe représentée par le militaire Allemand (qui sera tuée en second).
Autre exemple de ce climat de fin du monde est la séquence épilogue, avec le vent, le ciel qui se couvre, la tempête qui marche. Robert Ryan attendant à l'entrée du village avec les charognards qui partent avec les cadavres et avec l'arrivée du vieux et des copains mexicains: très belle séquence encore une fois appuyée de manière imparable par la musique de Jerry Fielding. En fait ce film recèle quasiment que des séquences d'anthologie en plus de celles déjà citées on peut citer l'attaque du train, bréviaire pour apprenti monteur, on peut citer la séquence de la bouteille de whisky partagée entre eux sauf Warren Oates qui se termine par des éclats de rire. Séquence qui montre bien dramatiquement comment l'équipe est soudée mais aussi l'amour de Sam Peckinpah pour ses personnages peu recommandables.